dimanche 25 mars 2018

La mort nomade


Usé par des années de lutte stérile contre le crime, l'incorruptible commissaire Yeruldelgger a quitté la police d'Oulan-Bator. Plantant sa yourte dans les immensités du désert de Gobi, il a décidé de renouer avec les traditions de ses ancêtres. Mais sa retraite sera de courte durée. Deux étranges cavalières vont le plonger bien malgré lui dans une aventure sanglante qui les dépasse tous. Éventrée par les pelleteuses des multinationales, spoliée par les affairistes, ruinée par la corruption, la Mongolie des nomades et des chamanes semble avoir vendu son âme au diable ! Des steppes arides au cœur de Manhattan, du Canada à l'Australie, Manook fait souffler sur le polar un vent plus noir et plus sauvage que jamais.



Commentaire:


J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix Polar organisé par le Livre de Poche, que je remercie au passage de m’avoir permis de lire ce dernier opus consacré au commissaire Yeruldegger. Je connaissais le personnage pour avoir lu il y a quelques années le premier tome qui lui était consacré et qui s’appelait d’ailleurs « Yeruldegger », j’avais été séduite par le décor, par le contexte historico-politique de ce pays dont j’ignore tout, par le portrait de cet homme incorruptible en butte à un système judiciaire corrompu. Je pensais retrouver cela dans ce roman. Alors certes, on a bien à nouveau une charge dénonciatrice contre des multinationales qui pillent les terres de Mongolie et les détruisent pour des intérêts financiers énormes, on retrouve cette corruption endémique qui fait que le moindre inspecteur peut être assassiné dès lors qu’il approche de trop près des vérités qui dérangent. Mais j’ai été un peu déçue de voir que l’auteur nous baladait un peu partout dans le monde (aux USA, en Australie) pour les fins de son histoire, nous obligeant à nous concentrer sur des personnages secondaires qui ne nous intéressent pas beaucoup et qui, surtout, détournent notre regard de Yeruldegger. Superbe Yeruldegger, perdu dans le désert du Gobi à plus d’un titre, obligé de sortir de sa retraite, plongé dans un complot qui le dépasse, ballotté par ceux qui le rencontrent, cherchant désespérément à trouver la paix. Ce personnage m’a beaucoup émue, il y a une tristesse infinie qui émane de lui et qui rend la fin poignante. Il faut lire ce livre pour lui.

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