jeudi 1 avril 2021

Queenie


Rupture, dépression, racisme, identité, reconstruction...

Anglaise d'origine jamaïcaine, Queenie habite à Londres avec Tom, son petit ami, et débute une carrière prometteuse. Lorsque ce dernier la quitte, elle sombre dans une spirale infernale et enchaîne les mauvaises expériences, malgré le soutien de ses amies Darcy, Kyazike et Cassandra. En tant que jeune immigrée noire, Queenie doit se battre et relever la tête coûte que coûte. 

Commentaire:

Je tiens tout d’abord à remercier les Editions Calmann-Levy et Netgalley d’avoir pu découvrir ce roman qui m’a tenue en haleine tout du long.

Queenie est une anglaise d’origine jamaïcaine et vit avec Tom, un anglais pur jus. Elle l’aime mais leur couple bat de l’aile depuis des mois car Queenie porte en elle des souffrances personnelles dont elle ne peut pas parler avec lui, car dans sa famille on ne dit rien et surtout on ne consulte pas. Aussi Tom s’est fatigué de faire des efforts et décide de faire un break. De moins c’est ce que pense Queenie qui s’accroche à l’idée que Tom va lui revenir. En attendant, elle se rend à son travail mais elle ne fait rien de constructif ; elle sort le soir et rentre bien souvent mal accompagnée avec des hommes uniquement intéressés par leurs fantasmes qu’ils projettent sur elle : coucher avec une noire c’est exotique, et puis elle est sûrement bonne… Résultat : Queenie se perd, se détruit et sombre le jour où elle comprend que Tom ne reviendra pas et qu’elle est virée de son boulot. Réfugiée chez ses grands-parents, au fond du gouffre, Queenie va oser suivre une thérapie pour renaître et recommencer à vivre.

Une histoire dans l’air du temps qui s’intéresse à une jeune femme issue de l’immigration qui se bat contre les préjugés des uns et des autres, contre sa famille aussi pour se reconstruire. Le roman a du rythme, parsemé d’échanges et de textos souvent drôles, parfois désespérants mais tellement vrais. Un roman à découvrir.

Challenge Plumes féminines 2021


 

Missouri 1627

 


Avortement, amitié, road-trip, trahison...

À 17 ans, Veronica a un avenir prometteur. Élève populaire et brillante, elle vient d'être admise dans une prestigieuse université et sa vie semble toute tracée. Pourtant, le jour où elle découvre qu'elle est enceinte, son monde s'écroule et toutes ses certitudes s'envolent. Elle n'est pas prête.
Parfois, dans la vie, il y a des tests qu'on préfèrerait rater...
Sa seule solution : se rendre dans une clinique à 1 627 kilomètres de chez elle.
Désespérée, elle se tourne vers son ex-meilleure amie, Bailey, punkette affranchie, la seule à qui elle peut demander de l'aide.
Commence alors un périple à mille à l'heure sur les routes des États-Unis.


Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Bayard Jeunesse et Babelio d’avoir pu lire ce roman obtenu lors d’un Masse critique.

« Missouri 1627 » est à destination des jeunes mais les adultes aussi peuvent le lire, et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Véronica et Bailey. Veronica a 17 ans, elle est belle, brillante, sort avec le mec le plus populaire de son lycée et doit bientôt partir pour une université prestigieuse. Mais ce beau rêve se fêle quand elle s’aperçoit qu’elle est enceinte… Comme elle vit dans une famille très croyante (elle porte même une bague de virginité au doigt !), il lui semble impossible de l’annoncer à ses parents car ce serait la fin de tout. Et Veronica n’a pas l’intention de connaître la vie de sa sœur aînée qui a dû renoncer à ses études d’infirmière le jour où elle s’est retrouvée enceinte. La seule solution c’est avorter mais les cliniques acceptant d’accueillir des femmes pour le faire, sont de plus en plus rares… Et loin ! Comme il est hors de question que sa famille, ses amies apprennent la vérité, Véronica songe d’abord à partir avec son petit ami -la difficulté viendra quand elle lui dira pourquoi- puis elle renonce au dernier moment pour jeter son dévolu sur Bailey, une ex-meilleure amie de l’école primaire. Contre toute attente, Bailey accepte de la conduire à Missouri.

Même si ce roman évoque le sujet de l’avortement, il n’en est pas le sujet principal. C’est d’abord ce périple en voiture à travers les Etats-Unis et les retrouvailles de Veronica et Bailey qui sont au cœur  de cette histoire. Veronica a rejeté Bailey dès l’arrivée au lycée car cette dernière n’était pas assez… Trop… Et pour Veronica qui a toujours eu peur finalement de décevoir parents et amis, qui a toujours voulu être la jeune fille parfaite, la fille populaire, garder Bailey comme amie était impossible. Et pourtant, alors qu’elles roulent dans une voiture sans doute volée par Bailey, Veronica comprend que cette fille si à part, est sans doute la seule à la comprendre et à l’accepter telle qu’elle est. Ce périple qui nous fait passer par toutes sortes d’émotions permet à Veronica de ne pas renoncer à ses rêves mais aussi de lui faire comprendre la valeur de l’amitié. 

Challenge Multi défis 2021


samedi 20 mars 2021

Les cinq règles du mensonge

 


Amitié, secret, mensonges, chantage, meurtre...

RÈGLE NUMÉRO UN
Dis un mensonge
RÈGLE NUMÉRO DEUX

Ne change pas ta version
RÈGLE NUMÉRO TROIS
Ne te fais pas prendre
RÈGLE NUMÉRO QUATRE
Ne pas se mentir les unes aux autres
RÈGLE NUMÉRO CINQ
Savoir quand cesser de mentir
Quand quelqu'un meurt, ce n'est plus un jeu...


Commentaire:

Isa n’a jamais oublié les quelques mois qu’elle a passés dans un lycée à Salten, elle a découvert l’amitié, les soirées dans la maison de Kate à boire, s’amuser, flirter et les mensonges. Les quatre amies s’étaient fait une spécialité de mentir : des mensonges pas trop méchants histoire de déstabiliser les camarades de lycée, de se moquer des adultes. Mais un soir, les quatre filles ont passé un pacte et menti une dernière fois aux adultes avant de se séparer en sachant que ce mensonge pèserait sur leur conscience… Quinze ans plus tard, Isa est réveillée par un texto de Kate lui demandant de revenir à Salten car on vient de trouver un corps dans la baie… Isa, Thea et Fatima se retrouvent chez Kate : leurs retrouvailles sont douces amères, fragiles aussi à l’image de la maison de Kate qui, peu à peu, est rongée par la mer.

Quel est ce drame qui s’est déroulé dans la maison de Kate ? Quel est ce corps ?  Quel est ce mensonge qui lie les amies ?  Peu à peu, et trop lentement à mon goût, l’auteure nous donne les réponses, que je ne vous révèlerai pas, sur les événements qui ont eu lieu dans le passé. Encore une fois, comme dans le précédent roman de Ruth Ware, l’ambiance décrite nous installe dans un décor poisseux, une maison lugubre qui s’écroule mais que ne parvient pas à quitter Kate, trop engluée dans son passé. Le mensonge en lui-même me paraît secondaire, ce qui importe ces sont ces jeunes femmes, Kate et Théa surtout, qui ne parviennent pas à surmonter ce qui s’est passé quelques années auparavant et qui se débattent entre mensonges et vérités. J’ai bien aimé ce roman même si je l’ai trouvé en deçà de que fait Ruth Ware car la quatrième de couverture présageait autre chose de plus piquant voire pervers.

Challenge Multi-défis 2021


samedi 6 mars 2021

Les voleurs de curiosité

 


Londres, monstre, sirène, enlèvement, meurtres, enquête...

Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les cas délicats, fait face à l’affaire la plus complexe et la plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronet, a été kidnappée. Mais Christabel n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent effrayer son entourage autant qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités.
Ne ménageant pas ses efforts pour retrouver l’enfant, Bridie entre dans un monde de chirurgiens déments et de saltimbanques mercenaires. Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique qu’elle seule peut voir et par une femme de chambre à la carrure impressionnante, la jeune femme suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, s’exposant ainsi à un passé qu’elle a tenté d’oublier.

Commentaire:

Je remercie tout d’abord Netgalley et les Editions Presses de La Cité de m’avoir permis de découvrir ce roman atypique.

L’intrigue se déroule en 1863 à Londres et une jeune femme, Bridie Devine, est chargée par un notable de retrouver sa fille Christabel. Jusqu’ici, on a l’impression qu’on va plonger dans le Londres miséreux, déjà décrit par d’autres auteurs. Mais tout se corse quand on comprend que cette Christabel relève plus de la sirène que de la petite fille, et une sirène dangereuse en plus car sa morsure peut provoquer la mort pour ceux et celles qui laisseraient traîner leurs doigts près de sa bouche. Quant à Bridie Devine, c’est une jeune femme atypique dans la mesure où elle déambule comme bon lui semble, partout, déguisée en homme ou non, et accompagnée dans son enquête par un fantôme, ancien boxeur mort au cours d’un combat, ce qui explique pourquoi il se balade torse nu, un torse recouvert de tatouages dont une sirène qui se réfugie sous ses aisselles quand elle est effrayée.

On comprend alors que ce qui fait le charme de ce roman, c’est cette ambiance fantastique où les légendes deviennent réelles : Christabel est une sirène qui éveille la convoitise des hommes. Certains

voudraient l’avoir dans leur collection, d’autres voudraient l’étudier, l’examiner, la découper au nom de la science. Mais lui a-t-on demandé à elle ce qu’elle voulait ? Bridie Devine a donc peu de temps devant elle pour retrouver sa trace et cherche aussi bien du côté des hôpitaux que des cirques. Laissez-vous tenter par cette aventure !

Challenge Multi-défis 2021

 

mercredi 24 février 2021

La sacrifiée du Vercors

 


Eté 44, France, épuration, meurtre, vengeance...

Le roman noir sur l’épuration

Une robe bleu roi roulée sous des branchages. Plus loin, une jeune femme sauvagement tondue gît sous un arbre.
Dans cette forêt des contreforts du Vercors, Marie Valette a été violée et assassinée. Elle avait 24 ans.

Ce 10 septembre 1944, Georges Duroy, commissaire de police près le délégué général à l’épuration, et Judith Ashton, jeune photographe de guerre américaine, se trouvent sur la scène de crime.
En cette journée caniculaire, tous deux s’interrogent. Qui a pu s’en prendre si violemment à la fille d’une famille de résistants ?
Jeunes héros sortis de l’ombre, coupable idéal et villageois endeuillés s’affrontent dans les cendres encore fumantes de la Libération. Car au sortir de quatre années de guerre, ce sont les silences et les règlements de comptes qui résonnent sur les flancs arides des montagnes.

Commentaire:

Je dois dire que j’ai été particulièrement attirée par le résumé et la première phrase « le roman noir sur l’épuration ».  Le reste étant aussi alléchant aussi me suis  donc empressée de demander le titre et je remercie Netgalley et les Editions 10/18 de m’avoir permis de le lire.

Je m’attendais à une enquête sombre et compliquée durant l’été 44 en France alors que les Allemands tardent à quitter le territoire et que l’heure des règlements de comptes sonne pendant que les résistants de la dernière heure s’acharnent à faire payer de pauvres filles pour mieux masquer leur propre lâcheté pendant 5 ans. Mais en fait le roman est très court (même pas 200 pages), il se déroule pendant une journée et l’enquête que mène le commissaire Duroy, nommé par le gouvernement provisoire de la République française, le conduit très vite au meurtrier. Il est aidé dans sa quête par une improbable reporter américaine du nom de Judith  Ashton qui est arrivée la première presque sur les lieux du crime. On n’a pas le temps de s’attacher aux personnages, de comprendre leur psychologie que le roman est déjà terminé ! De plus, l’écriture de l’auteur m’a  gênée, j’ai eu du mal à saisir ce qui me dérangeait et puis j’ai réalisé qu’il écrivait en focalisation externe : nous n’avons que les actions des personnages, que les faits dans leur neutralité, ce que le commissaire voit, ce qu’il fait, ce qu’il entend, etc… Sans aucune réflexion personnelle ou digression de l’auteur sur les événements historiques qui se sont déroulés dans le Vercors avant l’arrivée du commissaire. Cela donne une sécheresse au roman qui est sans doute l’effet voulu par l’auteur mais qui ne fait pas de ce roman ce que prétend le résumé. Je suis donc assez déçue, je n’ai pas réussi à m’enthousiasmer pour ce roman.

 

Le renard des Highlands

 


Mésalliance, amour, secrets de famille..

Écosse, 1865

Lorsque Gordon O’Donnell franchit la porte du domaine, Lady Jennifer sent son cœur accélérer sa course folle, tel le vent fouettant les Highlands. Cinq ans se sont écoulés depuis la dernière fois qu’elle a vu cet homme, qu’elle croyait aussi épris d’elle que la réciproque était vraie. Si Gordon n’a rien perdu de sa superbe et semble même s’enorgueillir de sa réussite sociale – odieuse explication de son abandon –, il n’en reste pas moins le fils du jardinier de sa famille… Un Highlander que les Adaire ne consentiront jamais à lui voir prendre pour époux.


Commentaire:

Karen Raney est l’auteure de plus d’une quarantaine de romans historiques dont la plupart se passe en Ecosse. Celui-ci débute une nouvelle série et met en scène les amours impossibles de Gordon O’Donnell, fils de jardinier, et de Lady Jennifer, fille d’un laird (comprenez un lord). Quand l’histoire commence, Gordon est sommé de quitter le domaine où il a vécu car il n’est pas question qu’il puisse aimer ouvertement lady Jennifer et il s’en va, persuadé que sa belle ne veut plus de lui. Cinq ans plus tard, il revient car son père est mourant. Entre temps, il est devenu un homme très riche, bien décidé à faire son devoir et à repartir aussi sec. Mais quand il revoit lady Jennifer, l’amour rejaillit d’autant qu’elle lui explique qu’elle ne l’a jamais oublié.

A ce stade, on en est à peine à la moitié du roman, aussi me suis-je demandé si c’était là toute l’intrigue car je commençais déjà à m’ennuyer un peu. Allait-on avoir un obstacle en la personne du frère, sinistre personnage ? Une femme jalouse sortant de nulle part ? Non ! Je ne vous dirai pas quel obstacle se dresse devant les tourtereaux mais honnêtement je l’ai trouvé peu plausible et facile ainsi que le rebondissement qui suit. La fin étant très convenue, je me suis fait la réflexion que Karen Ranney avait fait mieux. En espérant que la suite sera plus savoureuse.

Challenge Plumes féminines 2021

Challenge Multi-défis 2021

Challenge Séries 2021


lundi 15 février 2021

A rude épreuve

Famille, guerre, deuil, enfance, apprentissage de la vie, condition de la femme...

Septembre 1939. La Pologne est envahie et la famille Cazalet apprend l’entrée en guerre de l’Angleterre. À Home Place, la routine est régulièrement bousculée par les raids allemands. Louise rêve toujours de jouer Hamlet mais doit d’abord passer par une école de cuisine. Au grand dam de sa famille, elle fume, porte des pantalons, découvre la sexualité et fait ses débuts en tant qu’actrice dans un sinistre théâtre de province. Clary, dont le père, Rupert, est porté disparu sur les côtes françaises, renseigne scrupuleusement chaque parcelle de sa vie dans des carnets. Polly, inquiète de la mystérieuse maladie de sa mère, se lie d’amitié avec le cousin de Louise, Christopher, dont les discours pacifistes ont de plus en plus de mal à convaincre. Zoë, la femme de Rupert, a donné naissance à une fille et connu un profond bouleversement. Le volume se clôt sur l’attaque de Pearl Harbor : de Home Place à Londres, la guerre et la terreur d’une possible défaite ne semblent jamais très loin.

Commentaire:

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la suite de la saga des Cazalet, je dirais même que j’ai encore plus aimé que le premier tome. Dans cette deuxième partie qui court de septembre 1939 à décembre 1941, l’auteure s’attache plus particulièrement aux trois filles aînées de chacun des frères Cazalet : Louise fille d’Edward, Clary fille de Rupert et Polly fille de Hugh. Ce sont elles qui nous font vivre la guerre mais aussi les drames familiaux qui touchent la famille. 

Louise est la plus vieille des trois, 17 ans, mais elle est encore à un âge où on la perçoit comme une gamine. C’est sans doute pour échapper à cette entre deux qu’elle quitte le domaine pour tenter de faire carrière dans le théâtre. Ses débuts dans des théâtres poussiéreux en compagnie d’acteurs deux à trois fois plus âgés qu’elle n’est certainement pas ce qu’elle rêvait mais ainsi elle est loin de sa mère et de son père qu’elle méprise. De plus, elle fait la connaissance d’un homme plus âgé qu’elle avec qui elle entretient une relation ambiguë , l’aime -t-elle ou plutôt est-ce l’idée d’être courtisée qu’elle aime ? La fin du roman ne donne pas de réponse. C’est d’ailleurs un personnage que je ne trouve pas sympathique, j’ai préféré ceux de Polly et de Clary. Sans doute parce que ce  qu’elles vivent les oblige à grandir. Pour Clary, c’est la disparition de son père sur les plages de Dunkerque en juin 1940. Pour toute la famille, Rupert est mort mais Clary s’obstine à le considérer vivant, caché quelque part en France, elle va même jusqu’à lui imaginer un destin de résistant auprès du général De Gaulle à qui elle écrit. Courageuse et obstinée Clary qui peut compter sur sa cousine Polly, autre jeune fille éprouvée par les non-dits de la famille, notamment à propos de la santé de sa mère. Celle-ci est malade mais personne dans la famille à commencer par son père Hugh ou sa propre mère ne veut le reconnaître. Comme si en taisant la maladie, on la faisait disparaître. Il y a une conversation très émouvante à ce sujet entre Polly et la vieille préceptrice Miss Milliment.

Et pendant ce temps, pendant que les trois jeunes filles grandissent, la vie à Home Place continue. On sent la guerre et les restrictions aux menus de plus en plus élémentaires qui arrivent sur les tables. On vit les bombardements avec ces avions allemands en colonne dans le ciel, passant au-dessus de la propriété familiale pour aller déverser leurs tonnes de bombes sur Londres. On ressent l’absence et l’attente de jours meilleurs mais qui, au soir du 8 décembre 1941, semblent de plus en plus loin. Je vous recommande vivement cette saga, pour ma part j’attends le mois de mars avec impatience pour aller acheter le troisième tome.

Challenge Pavés 2021

Challenge Séries 2021

Challenge Plumes féminines 2021

Challenge Multi-défis 2021


 

dimanche 14 février 2021

Angry god

 


Pédophilie, amour, haine, secret, vengeance, Arts

Elle est la seule qui puisse le percer à jour... sauf s’il la détruit avant

Au lycée, Vaughn fascine autant qu’il intimide. Beau comme un dieu, prodige de la sculpture, il a le cœur aussi froid que le marbre qu’il cisèle. Surtout, il est prêt à écraser tout obstacle dressé entre lui et la bourse qui lui permettra de partir en Angleterre pour se former auprès de son mentor. Quand cet obstacle prend les traits d’une concurrente au charme magnétique, fraîchement débarquée dans son lycée, Vaughn comprend qu’il va pouvoir joindre l’utile à l’agréable. Évincer la propre fille de son mentor promet d’être très satisfaisant…

Lenora déteste la jeunesse dorée futile qu’elle découvre à All Saints High. Le seul élève qui se distingue est le protégé de son père : Vaughn, un artiste sexy à s’en damner, dont l’ambition et le talent sont sans limites. La noirceur aussi. Mais Lenora connaît le secret qui a fait de lui ce prince sans cœur. Alors, même s’il se comporte en salaud quand il la croise au lycée ou dans l’atelier de son père, elle n’a pas peur de lui. D’un mot, elle peut briser sa fierté éclatante…

Commentaire:

Ce roman est le troisième tome consacré aux enfants des Sinners (précédente série). Vaughn est le fils de Baron et d’Emilia Spencer, il est beau, riche comme crésus et arrogant comme son père. Au lycée, toutes les filles le suivent la langue pendante, prêtes à tout pour qu’il daigne jeter un œil sur elle. Lenora est anglaise, orpheline de mère, fille d’un père artiste qui dirige une école d’Arts très réputée. Tout le monde tient à pouvoir être accepté dans cette école, tout le monde tient à décrocher le stage qui permettra d’être reconnu comme artiste. Lenora veut ce stage mais Vaughn aussi. Mais il veut aussi Lenora mais ne veut surtout pas l’admettre. Entre les deux, chaque rencontre est houleuse, cruelle. Chacun se défie, humilie l’autre… Et on se demande bien pourquoi on continue à lire cette histoire.

Car, au début, je l’avoue, j’ai failli mettre un terme à ma lecture car le personnage de Vaughn est une véritable tête à claques. Il est odieux, méchant, cruel envers Lenora, on se demande comment elle fait pour ne pas porter plainte contre lui. Et surtout on arrive à douter de sa santé mentale car elle est attirée par ce garçon plus que perturbé et qui ferait bien d’aller voir un psychiatre. Et puis, heureusement, l’auteure finit par avoir pitié de nous et commence à égrener des indices qui permettent de mieux comprendre l’attitude de Vaughn, les raisons pour lesquelles il tenait tant à faire ce stage dans cette école d’Arts et ce qu’il ressent pour Lenora. Mais que de tortures avant d’en arriver à une fin apaisée. Des trois romans de la série, c’est celui où les personnages se déchirent le plus. Donc si vous aimez les relations prises de tête, je vous le conseille.

Challenge Séries 2021


samedi 6 février 2021

Jolies filles

 


Réseaux sociaux, tueur en série, meurtres, enquête...

Le corps d'une ravissante jeune femme vient d'être découvert, à demi-nu et lacéré de blessures mortelles, dans une benne à ordures de la banlieue londonienne. Arrivée sur place avec son amant et ex-coéquipier, l'agent Peterson, l'inspectrice Erika Foster est sous le coup d'une double émotion : la révolte face à cette épouvantable scène de crime et la frustration. Car officiant désormais à la brigade des stup, elle n'est pas censée s'occuper de cette affaire... Mais impossible pour la flic de rester sur la touche. Enquêtant clandestinement, Erika découvre un lien avec une autre affaire similaire, survenue quelques mois plus tôt, où la très jolie victime présentait les mêmes incisions. Autre point commun : les deux femmes étaient inscrites sur un site de dating et pensaient avoir rencontré l'homme idéal. Comment démasquer ce prince charmant insaisissable, aux multiples profils ?
Erika le sait : l'assassin a deux pas d'avance sur la police. C'est lui qui mène la danse, au rythme des cadavres. Et quand un nouveau corps est retrouvé dans une poubelle, Erika comprend qu'elle va devoir apprendre à valser, avant de pouvoir frapper à son tour...


Commentaire:

On avait quitté Erika Foster furieuse et écoeurée à la fin de sa précédente enquête « Liquide inflammable » car le poste de Superintendant qu’elle convoitait,  lui avait été refusé pour le donner à Sparks, un homme qu’elle méprisait profondément. Et, en ce début de roman, on la retrouve en train de mourir d’ennui à un poste administratif, à compiler des statistiques sur des crimes à l’arme blanche par exemple. Mais un meurtre va la sortir de sa léthargie : le corps atrocement mutilé d’une jeune fille est retrouvé dans une benne à ordure et Erika va en faire une affaire personnelle. Comme elle ne peut pas enquêter car elle n’est plus dans le service « homicides », elle va jusqu’à aller voir le Superintendant Sparks pour le supplier de l’enrôler dans cette affaire. A son immense surprise, il accepte qu’elle intervienne sous les ordres de l’enquêtrice principale. Erika va alors découvrir qu’une autre jeune fille a été assassinée selon le même mode opératoire et jetée dans une benne à ordure et elle comprend que le tueur va recommencer. Une course poursuite s’engage pour découvrir qui tue ces jolies filles.

C’est la quatrième fois que je lis les enquêtes policières d’Erika Foster et j’apprécie toujours autant le caractère de cette femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, capable d’aller voir un homme qu’elle méprise pour faire amende honorable, tout cela parce qu’elle veut participer à l’enquête et  découvrir qui tue des jeunes filles. Dans cette enquête cette fois-ci, on sait rapidement qui est l’assassin, dans quel milieu familial il vit, quel est son métier et ses collègues, les raisons qui le poussent à tuer. Ce qui ajoute au roman une tension supplémentaire car on sait avant Erika qu’elle se fourvoie dans une fausse piste ou qu’au contraire elle s’approche du tueur. Les dernières pages se lisent à toute vitesse pour savoir si Erika parviendra à l’arrêter ou non. Un bon cru que je recommande.

Je remercie les Editions Belfond et Babelio pour m’avoir permis de lire le nouvel opus de Robert Bryndza.

 

 


Le Fléau (Première partie)


Pandémie, extinction de l'humanité, survivants, reconstruction...

On avait cru d'abord à une banale épidémie de grippe. Mais quand les cadavres se comptèrent par milliers, quand les villes se transformèrent en charniers infâmes, il fallut bien se rendre à l'évidence : le Fléau n'épargnerait personne.
Hagards, terrorisés, les rares survivants tentent de se regrouper. Tout est horrible, désorganisé. Partout le danger rôde.
Un même cauchemar les obsède : un « homme sans visage » marche vers eux, un homme maudit aux pouvoirs machiavéliques. Ses intentions sont claires : imposer sa propre loi, fondée sur la malfaisance, la cruauté et la haine
Et si cette vision angoissante devenait réalité ?

Commentaire:

Quand la première version de ce roman est sortie aux débuts des années 80 en français, il n’y avait qu’un unique tome de 572 pages. Je me souviens qu’à l’époque cette histoire m’avait glacée et, en refermant le livre, je m’étais dit que cela ne pouvait pas arriver… Bon certes, nous n’en sommes pas à la disparition de plus de 99% de la population mondiale mais cette histoire de virus qui échappe au contrôle des hommes n’est, hélas, plus de la science-fiction. Et j’ai donc eu envie de relire ce roman, c’est ainsi que je me suis aperçue que Stephen King avait repris l’histoire initiale et l’avait développée sur deux tomes de plus de 700 pages chacun.

Le premier tome raconte la propagation de l’épidémie, la panique qui s’installe, les mensonges du gouvernement, la folie qui s’empare des hommes et la mort, la mort, la mort…. Et, hagards, esseulés, des survivants errent à travers les Etats-Unis, à la recherche d’un havre de paix. Nous faisons connaissance avec Stu Redman, Frannie Goldsmith, Larry Underwood, Nick Sorros, Harold Lauder,   quelques individus que le virus a épargnés, et qui ont point commun de rêver d’un homme noir effrayant mais aussi d’une très vieille femme Abigaïl qui les conjoint de la rejoindre.

Si l’intrigue de fond est toujours passionnante notamment tout ce qui concerne l’épidémie (là le rythme est soutenu) il y a parfois des longueurs, notamment quand l’auteur s’attarde sur ses personnages.  C’est vrai qu’ainsi, ils ont plus de consistance, qu’on comprend mieux leur vie, leur psychologie mais à certains moments, j’ai eu envie de sauter des pages. Ceci dit, je m’en vais lire la suite pour voir ce que deviennent ces personnages.

Challenge Pavés 2021


 

Etés anglais

 


Angleterre, famille, mariage, couple, vacances, naissance, non-dits...

Juillet 1937. À Home Place, au cœur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l’idée qu’une guerre éclate, s’entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ?
Non-dits, chamailleries, profonds chagrins… Aux préoccupations des adultes font écho les inquiétudes des enfants, et à la résilience des femmes, qu’elles soient épouses, fillettes ou domestiques, répond la toute-puissance – ou l’impuissance – des hommes. L’été regorge d’incertitudes mais, sans l’ombre d’un doute, une nouvelle guerre approche : entre pique-niques sur la plage et soirées auprès du gramophone, il faudra inventorier lits de camp et masques à gaz.

Commentaire:

Les Cazalet, ce sont trois générations d’individus : les grands-parents, leur fille célibataire, leurs trois fils tous dotés d’une épouse et d’enfants oscillant entre 14 ans et quelques mois. Tout ce petit monde vit bien car Brig, le grand-père, a fondé une entreprise de bois précieux qui marche très bien. Chaque été, les épouses et leur progéniture se retrouvent pour un long mois dans la demeure familiale de Home Place dans le Sussex. C’est l’occasion pour l’auteure de décrire minutieusement, avec beaucoup de délicatesse, tous ces personnages qui vivent ensemble, leurs relations faites parfois de non-dits, leurs réflexions existentielles, leurs peurs, leurs envies et leurs frustrations.

Certes, le roman est long mais je n’ai pas connu de baisse de rythme. Au contraire, cette lenteur permet d’apprécier les nombreux protagonistes et j’ai trouvé que l’auteure réussissait aussi bien à nous faire partager la vacuité de l’existence de Villy que le trouble de sa fille aînée Louise sur ses relations avec son père. A travers les Cazalet, on entrevoit de nombreux thèmes comme l’homosexualité, la domination masculine, l’aliénation des femmes/épouses notamment à travers le  portrait de Villy, l’éducation des enfants et surtout celle des garçons, le traumatisme de la Grande Guerre. J’ai particulièrement aimé le deuxième été décrit, celui de 1938, alors que le spectre d’une autre guerre plane sur Home place, les membres de la famille s’efforcent de taire leurs peurs tout en faisant des achats de première nécessité, à savoir des masques à gaz. La saga se poursuit sur trois autres tomes, je vais aborder bientôt le deuxième. Le troisième tome doit sortir en mars 2021.

Challenge Pavés 2021

Challenge Série 2021

Challenge Plumes Féminines 2021

Challenge Multi-défis 2021


High School bad boy

 


Harcèlement, secret, drogue, amour lycée...

Il ne lui attirera que des ennuis... mais il en faudra plus pour la faire fuir.
Hope n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Et ça ne risque pas de changer, même si elle est la petite nouvelle du lycée Archer. Après tout, elle n’y peut rien si Jace, ce mec canon dont le corps tatoué fait rêver tout le campus, s’intéresse à elle. Alors pas question d’ignorer ses regards en coin uniquement pour satisfaire celles qui la jalousent. Et tant pis si elle devient la cible numéro un de leurs coups bas, ça ne lui fait pas peur… Non, la seule chose qui pourrait l’éloigner de Jace, c’est cette part d’ombre. Celle qu’il tente de dissimuler aux autres, mais qui ne lui a pas échappé à elle. Hope sait que se rapprocher d’un bad boy pourrait être un jeu dangereux, mais elle est prête à prendre le risque. Quelles que soient les conséquences…

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Harper Collins et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman et cette auteure que je ne connaissais pas et de passer un très bon moment de lecture.

« High School bad boy » met en scène une intrigue qui se déroule parmi des lycéens, et si pour la plupart d’entre nous, on se souvient de ces années avec nostalgie, on peut dire que pour Hope, lycée rime avec conflits et harcèlement. Hope vit avec une mère instable et droguée qui gagne sa vie en tant que streepteaseuse, déménageant souvent de ville en ville. A chaque fois Hope a dû s’adapter à un nouvel établissement, gérer la vie quotidienne, s’occuper de sa petite sœur tout en faisant des petits boulots à droite, à gauche sans oublier ses cours. Aussi quand elle arrive dans ce nouveau lycée, elle espère avoir la paix. Manque de bol, elle attire l’œil du bad boy du lycée, qui joue le chaud et le froid avec elle, ce qui lui vaut en plus les représailles de la fille populaire du lycée, considérant que Jace (le bad boy) est à elle. S’ensuit une descente en enfer pour la malheureuse Hope à qui rien n’est épargné. Heureusement dans ce marasme, il s’avère que le bad boy n’est pas si bad que ça.

J’ai dit plus haut que j’avais passé un bon moment de lecture et c’est vrai. Parfois les romances young adult deviennent mièvres à force de bons sentiments ou alors basculent dans le misérabilisme car les personnages principaux subissent trop de noirceurs. Mais dans ce roman, l’auteure a su trouver l’équilibre entre coups du sort, vacheries et moments de douceur. On s’attache à ces personnages et la fin est crédible. Auteure à suivre.

Challenge Cœur d’artichaut 2021

Challenge Multi-défis 2021

 

samedi 23 janvier 2021

Aux ordres du roi


Complot, meurtre, enquête, amour, mésalliance

Londres, 1845

Indépendante, fière et libre-penseuse, Eliza ne tient guère compte de l’opinion des autres, puisant dans son statut de solitaire les avantages qui lui permettent de vivre à sa guise, loin de toute convention sociale. Ainsi peut-elle seconder son père bien-aimé – Tricklebank, juge à la vue défaillante – tout en menant par ailleurs une existence paisible. Jusqu’au jour où l’une de ses recherches la conduit devant le prince héritier Sebastian d’Alucia, éphèbe lassé du luxe et de l'étiquette, qui semble faire vaciller toutes ses certitudes…

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de découvrir la nouvelle série de Julia London. Cette auteure est une valeur sûre dans la romance historique, j’avais bien aimé sa précédente série qui se déroulait en Ecosse avant et après la bataille de Culloden.

Cette nouvelle série est moins ancrée dans la réalité car elle raconte les amours d’une anglaise, roturière et fille d’un juge et d’un prince venant d’un pays imaginaire – l’Alucie- situé vaguement en Europe de l’Est. Ce prince héritier Sebastian est venu à Londres pour signer un contrat commercial qui devrait permettre à son petit pays de se développer. Le prince est venu aussi pour dégoter une jeune fille à marier, si possible jeune, bien dotée et surtout aristocratique. Ce qui ne correspond absolument pas à Eliza Tricklebank, notre fille de juge car elle n’a pas de dot, a largement dépassé la vingtaine, aime réparer les horloges et les potins. Mais le secrétaire personnel de Sebastian est assassiné et le chemin de ces deux personnages vont se croiser. Inutile de vous dire la fin, vous la devinerez aisément.

Alors, ai-je aimé ? Oui parce que Julia London sait installer des atmosphères, que la scène du premier bal auquel assite Eliza est assez drôle, que ce personnage féminin d’ailleurs est sympathique, et que c’est toujours agréable de voir que les princes épousent les bergères. Ceci dit, même si j’ai passé un moment agréable, je n’ai pas été emballée par ce premier opus. On verra pour la suite.

Challenge Cœur d’artichaut 2021

Challenge Série 2021