lundi 15 février 2021

A rude épreuve

Famille, guerre, deuil, enfance, apprentissage de la vie, condition de la femme...

Septembre 1939. La Pologne est envahie et la famille Cazalet apprend l’entrée en guerre de l’Angleterre. À Home Place, la routine est régulièrement bousculée par les raids allemands. Louise rêve toujours de jouer Hamlet mais doit d’abord passer par une école de cuisine. Au grand dam de sa famille, elle fume, porte des pantalons, découvre la sexualité et fait ses débuts en tant qu’actrice dans un sinistre théâtre de province. Clary, dont le père, Rupert, est porté disparu sur les côtes françaises, renseigne scrupuleusement chaque parcelle de sa vie dans des carnets. Polly, inquiète de la mystérieuse maladie de sa mère, se lie d’amitié avec le cousin de Louise, Christopher, dont les discours pacifistes ont de plus en plus de mal à convaincre. Zoë, la femme de Rupert, a donné naissance à une fille et connu un profond bouleversement. Le volume se clôt sur l’attaque de Pearl Harbor : de Home Place à Londres, la guerre et la terreur d’une possible défaite ne semblent jamais très loin.

Commentaire:

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la suite de la saga des Cazalet, je dirais même que j’ai encore plus aimé que le premier tome. Dans cette deuxième partie qui court de septembre 1939 à décembre 1941, l’auteure s’attache plus particulièrement aux trois filles aînées de chacun des frères Cazalet : Louise fille d’Edward, Clary fille de Rupert et Polly fille de Hugh. Ce sont elles qui nous font vivre la guerre mais aussi les drames familiaux qui touchent la famille. 

Louise est la plus vieille des trois, 17 ans, mais elle est encore à un âge où on la perçoit comme une gamine. C’est sans doute pour échapper à cette entre deux qu’elle quitte le domaine pour tenter de faire carrière dans le théâtre. Ses débuts dans des théâtres poussiéreux en compagnie d’acteurs deux à trois fois plus âgés qu’elle n’est certainement pas ce qu’elle rêvait mais ainsi elle est loin de sa mère et de son père qu’elle méprise. De plus, elle fait la connaissance d’un homme plus âgé qu’elle avec qui elle entretient une relation ambiguë , l’aime -t-elle ou plutôt est-ce l’idée d’être courtisée qu’elle aime ? La fin du roman ne donne pas de réponse. C’est d’ailleurs un personnage que je ne trouve pas sympathique, j’ai préféré ceux de Polly et de Clary. Sans doute parce que ce  qu’elles vivent les oblige à grandir. Pour Clary, c’est la disparition de son père sur les plages de Dunkerque en juin 1940. Pour toute la famille, Rupert est mort mais Clary s’obstine à le considérer vivant, caché quelque part en France, elle va même jusqu’à lui imaginer un destin de résistant auprès du général De Gaulle à qui elle écrit. Courageuse et obstinée Clary qui peut compter sur sa cousine Polly, autre jeune fille éprouvée par les non-dits de la famille, notamment à propos de la santé de sa mère. Celle-ci est malade mais personne dans la famille à commencer par son père Hugh ou sa propre mère ne veut le reconnaître. Comme si en taisant la maladie, on la faisait disparaître. Il y a une conversation très émouvante à ce sujet entre Polly et la vieille préceptrice Miss Milliment.

Et pendant ce temps, pendant que les trois jeunes filles grandissent, la vie à Home Place continue. On sent la guerre et les restrictions aux menus de plus en plus élémentaires qui arrivent sur les tables. On vit les bombardements avec ces avions allemands en colonne dans le ciel, passant au-dessus de la propriété familiale pour aller déverser leurs tonnes de bombes sur Londres. On ressent l’absence et l’attente de jours meilleurs mais qui, au soir du 8 décembre 1941, semblent de plus en plus loin. Je vous recommande vivement cette saga, pour ma part j’attends le mois de mars avec impatience pour aller acheter le troisième tome.

Challenge Pavés 2021

Challenge Séries 2021

Challenge Plumes féminines 2021

Challenge Multi-défis 2021


 

dimanche 14 février 2021

Angry god

 


Pédophilie, amour, haine, secret, vengeance, Arts

Elle est la seule qui puisse le percer à jour... sauf s’il la détruit avant

Au lycée, Vaughn fascine autant qu’il intimide. Beau comme un dieu, prodige de la sculpture, il a le cœur aussi froid que le marbre qu’il cisèle. Surtout, il est prêt à écraser tout obstacle dressé entre lui et la bourse qui lui permettra de partir en Angleterre pour se former auprès de son mentor. Quand cet obstacle prend les traits d’une concurrente au charme magnétique, fraîchement débarquée dans son lycée, Vaughn comprend qu’il va pouvoir joindre l’utile à l’agréable. Évincer la propre fille de son mentor promet d’être très satisfaisant…

Lenora déteste la jeunesse dorée futile qu’elle découvre à All Saints High. Le seul élève qui se distingue est le protégé de son père : Vaughn, un artiste sexy à s’en damner, dont l’ambition et le talent sont sans limites. La noirceur aussi. Mais Lenora connaît le secret qui a fait de lui ce prince sans cœur. Alors, même s’il se comporte en salaud quand il la croise au lycée ou dans l’atelier de son père, elle n’a pas peur de lui. D’un mot, elle peut briser sa fierté éclatante…

Commentaire:

Ce roman est le troisième tome consacré aux enfants des Sinners (précédente série). Vaughn est le fils de Baron et d’Emilia Spencer, il est beau, riche comme crésus et arrogant comme son père. Au lycée, toutes les filles le suivent la langue pendante, prêtes à tout pour qu’il daigne jeter un œil sur elle. Lenora est anglaise, orpheline de mère, fille d’un père artiste qui dirige une école d’Arts très réputée. Tout le monde tient à pouvoir être accepté dans cette école, tout le monde tient à décrocher le stage qui permettra d’être reconnu comme artiste. Lenora veut ce stage mais Vaughn aussi. Mais il veut aussi Lenora mais ne veut surtout pas l’admettre. Entre les deux, chaque rencontre est houleuse, cruelle. Chacun se défie, humilie l’autre… Et on se demande bien pourquoi on continue à lire cette histoire.

Car, au début, je l’avoue, j’ai failli mettre un terme à ma lecture car le personnage de Vaughn est une véritable tête à claques. Il est odieux, méchant, cruel envers Lenora, on se demande comment elle fait pour ne pas porter plainte contre lui. Et surtout on arrive à douter de sa santé mentale car elle est attirée par ce garçon plus que perturbé et qui ferait bien d’aller voir un psychiatre. Et puis, heureusement, l’auteure finit par avoir pitié de nous et commence à égrener des indices qui permettent de mieux comprendre l’attitude de Vaughn, les raisons pour lesquelles il tenait tant à faire ce stage dans cette école d’Arts et ce qu’il ressent pour Lenora. Mais que de tortures avant d’en arriver à une fin apaisée. Des trois romans de la série, c’est celui où les personnages se déchirent le plus. Donc si vous aimez les relations prises de tête, je vous le conseille.

Challenge Séries 2021


samedi 6 février 2021

Jolies filles

 


Réseaux sociaux, tueur en série, meurtres, enquête...

Le corps d'une ravissante jeune femme vient d'être découvert, à demi-nu et lacéré de blessures mortelles, dans une benne à ordures de la banlieue londonienne. Arrivée sur place avec son amant et ex-coéquipier, l'agent Peterson, l'inspectrice Erika Foster est sous le coup d'une double émotion : la révolte face à cette épouvantable scène de crime et la frustration. Car officiant désormais à la brigade des stup, elle n'est pas censée s'occuper de cette affaire... Mais impossible pour la flic de rester sur la touche. Enquêtant clandestinement, Erika découvre un lien avec une autre affaire similaire, survenue quelques mois plus tôt, où la très jolie victime présentait les mêmes incisions. Autre point commun : les deux femmes étaient inscrites sur un site de dating et pensaient avoir rencontré l'homme idéal. Comment démasquer ce prince charmant insaisissable, aux multiples profils ?
Erika le sait : l'assassin a deux pas d'avance sur la police. C'est lui qui mène la danse, au rythme des cadavres. Et quand un nouveau corps est retrouvé dans une poubelle, Erika comprend qu'elle va devoir apprendre à valser, avant de pouvoir frapper à son tour...


Commentaire:

On avait quitté Erika Foster furieuse et écoeurée à la fin de sa précédente enquête « Liquide inflammable » car le poste de Superintendant qu’elle convoitait,  lui avait été refusé pour le donner à Sparks, un homme qu’elle méprisait profondément. Et, en ce début de roman, on la retrouve en train de mourir d’ennui à un poste administratif, à compiler des statistiques sur des crimes à l’arme blanche par exemple. Mais un meurtre va la sortir de sa léthargie : le corps atrocement mutilé d’une jeune fille est retrouvé dans une benne à ordure et Erika va en faire une affaire personnelle. Comme elle ne peut pas enquêter car elle n’est plus dans le service « homicides », elle va jusqu’à aller voir le Superintendant Sparks pour le supplier de l’enrôler dans cette affaire. A son immense surprise, il accepte qu’elle intervienne sous les ordres de l’enquêtrice principale. Erika va alors découvrir qu’une autre jeune fille a été assassinée selon le même mode opératoire et jetée dans une benne à ordure et elle comprend que le tueur va recommencer. Une course poursuite s’engage pour découvrir qui tue ces jolies filles.

C’est la quatrième fois que je lis les enquêtes policières d’Erika Foster et j’apprécie toujours autant le caractère de cette femme qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, capable d’aller voir un homme qu’elle méprise pour faire amende honorable, tout cela parce qu’elle veut participer à l’enquête et  découvrir qui tue des jeunes filles. Dans cette enquête cette fois-ci, on sait rapidement qui est l’assassin, dans quel milieu familial il vit, quel est son métier et ses collègues, les raisons qui le poussent à tuer. Ce qui ajoute au roman une tension supplémentaire car on sait avant Erika qu’elle se fourvoie dans une fausse piste ou qu’au contraire elle s’approche du tueur. Les dernières pages se lisent à toute vitesse pour savoir si Erika parviendra à l’arrêter ou non. Un bon cru que je recommande.

Je remercie les Editions Belfond et Babelio pour m’avoir permis de lire le nouvel opus de Robert Bryndza.

 

 


Le Fléau (Première partie)


Pandémie, extinction de l'humanité, survivants, reconstruction...

On avait cru d'abord à une banale épidémie de grippe. Mais quand les cadavres se comptèrent par milliers, quand les villes se transformèrent en charniers infâmes, il fallut bien se rendre à l'évidence : le Fléau n'épargnerait personne.
Hagards, terrorisés, les rares survivants tentent de se regrouper. Tout est horrible, désorganisé. Partout le danger rôde.
Un même cauchemar les obsède : un « homme sans visage » marche vers eux, un homme maudit aux pouvoirs machiavéliques. Ses intentions sont claires : imposer sa propre loi, fondée sur la malfaisance, la cruauté et la haine
Et si cette vision angoissante devenait réalité ?

Commentaire:

Quand la première version de ce roman est sortie aux débuts des années 80 en français, il n’y avait qu’un unique tome de 572 pages. Je me souviens qu’à l’époque cette histoire m’avait glacée et, en refermant le livre, je m’étais dit que cela ne pouvait pas arriver… Bon certes, nous n’en sommes pas à la disparition de plus de 99% de la population mondiale mais cette histoire de virus qui échappe au contrôle des hommes n’est, hélas, plus de la science-fiction. Et j’ai donc eu envie de relire ce roman, c’est ainsi que je me suis aperçue que Stephen King avait repris l’histoire initiale et l’avait développée sur deux tomes de plus de 700 pages chacun.

Le premier tome raconte la propagation de l’épidémie, la panique qui s’installe, les mensonges du gouvernement, la folie qui s’empare des hommes et la mort, la mort, la mort…. Et, hagards, esseulés, des survivants errent à travers les Etats-Unis, à la recherche d’un havre de paix. Nous faisons connaissance avec Stu Redman, Frannie Goldsmith, Larry Underwood, Nick Sorros, Harold Lauder,   quelques individus que le virus a épargnés, et qui ont point commun de rêver d’un homme noir effrayant mais aussi d’une très vieille femme Abigaïl qui les conjoint de la rejoindre.

Si l’intrigue de fond est toujours passionnante notamment tout ce qui concerne l’épidémie (là le rythme est soutenu) il y a parfois des longueurs, notamment quand l’auteur s’attarde sur ses personnages.  C’est vrai qu’ainsi, ils ont plus de consistance, qu’on comprend mieux leur vie, leur psychologie mais à certains moments, j’ai eu envie de sauter des pages. Ceci dit, je m’en vais lire la suite pour voir ce que deviennent ces personnages.

Challenge Pavés 2021


 

Etés anglais

 


Angleterre, famille, mariage, couple, vacances, naissance, non-dits...

Juillet 1937. À Home Place, au cœur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l’idée qu’une guerre éclate, s’entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ?
Non-dits, chamailleries, profonds chagrins… Aux préoccupations des adultes font écho les inquiétudes des enfants, et à la résilience des femmes, qu’elles soient épouses, fillettes ou domestiques, répond la toute-puissance – ou l’impuissance – des hommes. L’été regorge d’incertitudes mais, sans l’ombre d’un doute, une nouvelle guerre approche : entre pique-niques sur la plage et soirées auprès du gramophone, il faudra inventorier lits de camp et masques à gaz.

Commentaire:

Les Cazalet, ce sont trois générations d’individus : les grands-parents, leur fille célibataire, leurs trois fils tous dotés d’une épouse et d’enfants oscillant entre 14 ans et quelques mois. Tout ce petit monde vit bien car Brig, le grand-père, a fondé une entreprise de bois précieux qui marche très bien. Chaque été, les épouses et leur progéniture se retrouvent pour un long mois dans la demeure familiale de Home Place dans le Sussex. C’est l’occasion pour l’auteure de décrire minutieusement, avec beaucoup de délicatesse, tous ces personnages qui vivent ensemble, leurs relations faites parfois de non-dits, leurs réflexions existentielles, leurs peurs, leurs envies et leurs frustrations.

Certes, le roman est long mais je n’ai pas connu de baisse de rythme. Au contraire, cette lenteur permet d’apprécier les nombreux protagonistes et j’ai trouvé que l’auteure réussissait aussi bien à nous faire partager la vacuité de l’existence de Villy que le trouble de sa fille aînée Louise sur ses relations avec son père. A travers les Cazalet, on entrevoit de nombreux thèmes comme l’homosexualité, la domination masculine, l’aliénation des femmes/épouses notamment à travers le  portrait de Villy, l’éducation des enfants et surtout celle des garçons, le traumatisme de la Grande Guerre. J’ai particulièrement aimé le deuxième été décrit, celui de 1938, alors que le spectre d’une autre guerre plane sur Home place, les membres de la famille s’efforcent de taire leurs peurs tout en faisant des achats de première nécessité, à savoir des masques à gaz. La saga se poursuit sur trois autres tomes, je vais aborder bientôt le deuxième. Le troisième tome doit sortir en mars 2021.

Challenge Pavés 2021

Challenge Série 2021

Challenge Plumes Féminines 2021

Challenge Multi-défis 2021


High School bad boy

 


Harcèlement, secret, drogue, amour lycée...

Il ne lui attirera que des ennuis... mais il en faudra plus pour la faire fuir.
Hope n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Et ça ne risque pas de changer, même si elle est la petite nouvelle du lycée Archer. Après tout, elle n’y peut rien si Jace, ce mec canon dont le corps tatoué fait rêver tout le campus, s’intéresse à elle. Alors pas question d’ignorer ses regards en coin uniquement pour satisfaire celles qui la jalousent. Et tant pis si elle devient la cible numéro un de leurs coups bas, ça ne lui fait pas peur… Non, la seule chose qui pourrait l’éloigner de Jace, c’est cette part d’ombre. Celle qu’il tente de dissimuler aux autres, mais qui ne lui a pas échappé à elle. Hope sait que se rapprocher d’un bad boy pourrait être un jeu dangereux, mais elle est prête à prendre le risque. Quelles que soient les conséquences…

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Harper Collins et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman et cette auteure que je ne connaissais pas et de passer un très bon moment de lecture.

« High School bad boy » met en scène une intrigue qui se déroule parmi des lycéens, et si pour la plupart d’entre nous, on se souvient de ces années avec nostalgie, on peut dire que pour Hope, lycée rime avec conflits et harcèlement. Hope vit avec une mère instable et droguée qui gagne sa vie en tant que streepteaseuse, déménageant souvent de ville en ville. A chaque fois Hope a dû s’adapter à un nouvel établissement, gérer la vie quotidienne, s’occuper de sa petite sœur tout en faisant des petits boulots à droite, à gauche sans oublier ses cours. Aussi quand elle arrive dans ce nouveau lycée, elle espère avoir la paix. Manque de bol, elle attire l’œil du bad boy du lycée, qui joue le chaud et le froid avec elle, ce qui lui vaut en plus les représailles de la fille populaire du lycée, considérant que Jace (le bad boy) est à elle. S’ensuit une descente en enfer pour la malheureuse Hope à qui rien n’est épargné. Heureusement dans ce marasme, il s’avère que le bad boy n’est pas si bad que ça.

J’ai dit plus haut que j’avais passé un bon moment de lecture et c’est vrai. Parfois les romances young adult deviennent mièvres à force de bons sentiments ou alors basculent dans le misérabilisme car les personnages principaux subissent trop de noirceurs. Mais dans ce roman, l’auteure a su trouver l’équilibre entre coups du sort, vacheries et moments de douceur. On s’attache à ces personnages et la fin est crédible. Auteure à suivre.

Challenge Cœur d’artichaut 2021

Challenge Multi-défis 2021

 

samedi 23 janvier 2021

Aux ordres du roi


Complot, meurtre, enquête, amour, mésalliance

Londres, 1845

Indépendante, fière et libre-penseuse, Eliza ne tient guère compte de l’opinion des autres, puisant dans son statut de solitaire les avantages qui lui permettent de vivre à sa guise, loin de toute convention sociale. Ainsi peut-elle seconder son père bien-aimé – Tricklebank, juge à la vue défaillante – tout en menant par ailleurs une existence paisible. Jusqu’au jour où l’une de ses recherches la conduit devant le prince héritier Sebastian d’Alucia, éphèbe lassé du luxe et de l'étiquette, qui semble faire vaciller toutes ses certitudes…

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de découvrir la nouvelle série de Julia London. Cette auteure est une valeur sûre dans la romance historique, j’avais bien aimé sa précédente série qui se déroulait en Ecosse avant et après la bataille de Culloden.

Cette nouvelle série est moins ancrée dans la réalité car elle raconte les amours d’une anglaise, roturière et fille d’un juge et d’un prince venant d’un pays imaginaire – l’Alucie- situé vaguement en Europe de l’Est. Ce prince héritier Sebastian est venu à Londres pour signer un contrat commercial qui devrait permettre à son petit pays de se développer. Le prince est venu aussi pour dégoter une jeune fille à marier, si possible jeune, bien dotée et surtout aristocratique. Ce qui ne correspond absolument pas à Eliza Tricklebank, notre fille de juge car elle n’a pas de dot, a largement dépassé la vingtaine, aime réparer les horloges et les potins. Mais le secrétaire personnel de Sebastian est assassiné et le chemin de ces deux personnages vont se croiser. Inutile de vous dire la fin, vous la devinerez aisément.

Alors, ai-je aimé ? Oui parce que Julia London sait installer des atmosphères, que la scène du premier bal auquel assite Eliza est assez drôle, que ce personnage féminin d’ailleurs est sympathique, et que c’est toujours agréable de voir que les princes épousent les bergères. Ceci dit, même si j’ai passé un moment agréable, je n’ai pas été emballée par ce premier opus. On verra pour la suite.

Challenge Cœur d’artichaut 2021

Challenge Série 2021 




mardi 25 août 2020

Les mariés écossais, tome 6: Vint un highlander

 


Amour, rejet social, famille, solitude...

Écosse, 1758

Si Nichol – l’homme missionné par sa famille pour la surveiller – a accepté de l’accompagner pour qu’elle subtilise le collier qu’on lui a injustement ravi, Maura peut obtenir bien plus de lui. Elle en est persuadée. Peut-être pourrait-elle même se dérober au mariage arrangé que l’horrible famille Garbett entend lui faire accepter en lui signifiant ce qu’elle ressent à son égard ?


Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Haper Collins et Netgalley de m’avoir permis de lire le 6è tome de cette série que je suis depuis le début.

Dans cette intrigue, on s’éloigne de la famille MacKenzie pour s’intéresser à des personnages secondaires comme Nicol MacBain (entraperçu dans le précédent tome) et une orpheline Maura Darby, recueillie par son oncle après la mort de ses parents. Maura n’a d’autre défaut que d’être trop belle par rapport à la fille de son oncle, ce qui lui a valu d’être accusée à tort de vouloir séduire le fiancé de sa cousine et d’être expédiée dans la demeure d’un parent de la famille Garbett en attendant le mariage de la dite cousine. Mais comme l’affaire piétine, Garbett fait appel à Nicol MacBain, homme réputé pour ses qualités de négociateur pour réconcilier les fiancés et éloigner définitivement Maura en la mariant au premier venu ou presque. Quand il vient la chercher pour la conduire auprès de son futur époux, Maura lui fausse compagnie pour retourner chez les Garbett qui lui ont volé le seul bien qui lui reste de sa famille, un collier. Ce qui oblige Nicol à la poursuivre et, ensuite, à l’aider car il est touché par cette jeune femme dont personne ne veut et qui lui rappelle sa propre vie.

Ce roman s’attache donc à deux jeunes gens seuls, rejetés par leur famille pour des raisons différentes mais qui les ont condamnés à vivre en ne comptant que sur eux-mêmes. Le rythme est vif, les péripéties s’enchaînent sans trop d’invraisemblance, la romance qui se développe entre eux est jolie. J’ai donc passé un bon moment à lire cette histoire.


lundi 17 août 2020

Les soeurs von Apfel ont disparu

 


Disparition, mort, secret, famille, amitié...

Été 1992, dans une lointaine banlieue de Sydney, en lisière du bush. Un été caniculaire durant lequel une puanteur infecte se dégage du lit de la rivière. Un été que Tikka, onze ans et deux mois, n’a jamais oublié : celui où les soeurs Van Apfel ont disparu.
Les trois filles du pasteur — Hannah, l’aînée, Cordelia, la fantasque, somnambule à ses heures, et la petite Ruth avec son bec-de-lièvre — profitent de l’entracte du spectacle de l’école pour se faire la belle et s’évanouir dans la nature. Le corps de la plus jeune sera retrouvé coincé entre deux rochers…

Vingt ans plus tard, Tikka retourne chez ses parents pour prendre soin de sa grande soeur, malade. Un séjour qui sera l’occasion d’affronter avec elle les fantômes qui les hantent. Leurs amies se sont-elles enfuies pour échapper au joug de leur père ou ont-elles été victimes d’un prédateur ? Y a-t-il la moindre chance pour qu’Hannah et Cordelia soient aujourd’hui toujours en vie ?


Commentaire:

Au vu du résumé, j’ai cru que ce roman déroulerait l’enquête de Tikka, devenue adulte, sur la disparition des sœurs Von Apfel et que le personnage de Tikka irait de révélation en révélation tout en risquant sa vie… C’est vous dire ce qu’un résumé peut faire sur votre imagination débridée ! Car, en fait, le roman n’est rien de tout cela. Il n’ y a pas d’enquête proprement dit, tout juste Tikka apprend-elle quelques informations en interrogeant une vieille voisine sans doute sénile. L’intrigue démarre sur le retour de Tikka chez ses parents soit disant pour s’occuper de sa sœur. Mais dès les premières pages, on comprend qu’elle est obsédée par cette affaire vieille de 20 ans et qu’il ne se passe pas une journée sans qu’elle pense reconnaître dans le profil d’une passante, la figure de Cordélia (la deuxième sœur). L’auteure revient alors sur cet été et peu à peu, à travers des épisodes qui sont survenus avant leur disparition, se dessine peu à peu les raisons pour lesquelles elles ont disparu. Et encore, tout est suggéré, c’est au lecteur de se faire sa vérité.

Inutile donc de chercher de l’action et des péripéties, il n’y en a pas ou si peu. Par contre, il se dégage une atmosphère particulière, un peu étrange. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu l’impression de retrouver l’ambiance de « Picnic à Hanging Rock », un mystère sans résolution. A découvrir !

Je remercie les Editions Presses de La Cité et Netgalley de m’avoir permis de découvrir cette auteure.


samedi 4 juillet 2020

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle


Meurtre, enquête, journée sans fin, ennemis, alliés...

Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.
Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.
Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.
Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Commentaire:

Un homme se réveille dans la forêt, confus, le bras ensanglanté. Qui est-il ? Que fait-il dans cette forêt ? Avec difficultés, il parvient à revenir dans un manoir délabré où une fête doit être donnée. Sa mémoire lui joue des tours mais bientôt il parvient à se souvenir qu’il s’appelle Sebastien Bell et qu’il doit empêcher un meurtre, celui de d’Evelyn Hardcastle, la fille des hôtes. Mais comment, d’autant qu’il a l’impression d’être un autre homme ? C’est un homme déguisé en médecin de peste qui lui révèle qu’il a une autre identité et que, depuis des lustres, il doit trouver l’assassin d’Evelyn, sinon, il ne quittera jamais Blackheath House. Cette fois, comme toutes les autres fois, il a 8 jours pour trouver et chaque jour, il endossera une autre identité. A lui de trouver des alliés et de se méfier du valet de pied qui cherche à le tuer…


Bienvenue à Blackheath, un lieu maudit où 20 ans auparavant un enfant est mort assassiné (un des enfants Hardcastle) et où une jeune femme doit être tuée, un lieu dont on ne  part pas, un lieu où vous revivez sans arrêt la même journée. L’intrigue est complexe, pleine de chausses trappes, de révélations sordides, de coups durs. Le héros endosse plusieurs personnalités, parfois dans la même journée, il suffit qu’il s’assoupisse pour se réveiller dans le corps de quelqu’un. Il lui faut, pour continuer à enquêter, maîtriser son hôte, ne pas se laisser submerger par sa lâcheté ou sa noirceur ou sa folie ; distinguer ceux ou celles qui l’aideront ; anticiper certaines actions puisqu’il les a déjà vécues précédemment dans un autre corps. On dirait une partie d’échecs où tous les coups sont permis. J’ai adoré cette histoire très originale qui, écrite à la première personne, permet d’adopter le point de vue de chacun des huit hôtes en quête de vérité. J’aimerais beaucoup que ce livre soit adapté au cinéma : ce serait un scénario certainement difficile à écrire mais quelle jubilation ce serait de le voir sur écran. Je vous recommande vivement cet excellent roman !

Challenge Pavés 2020

Un assassin parmi nous


Meurtres, hôtel, isolement, secrets, passé...

Un hôtel de charme perdu en pleine forêt. Quelques couples d’amoureux et voyageurs solitaires, venus pour oublier la frénésie citadine, sont coupés du monde par la tempête de neige qui fait rage. Leur week-end de détente tourne au huis clos meurtrier quand Dana, jeune femme en pleine escapade romantique avec son fiancé, est retrouvée morte. Lorsque, quelques heures plus tard, un autre cadavre est découvert, le doute n’est plus permis : un assassin sévit… et c’est l’un d’entre eux

Commentaire:

Un hôtel en pleine forêt, une tempête de neige qui provoque une coupure d’électricité et voilà qu’une dizaine de personnes se retrouvent coincées alors qu’un tueur circule parmi eux. Suspens garanti ! J’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de ses hôtes infortunés qui pensaient passer un bon moment de détente. Au contraire, les cadavres s’accumulent, les moindres recoins sombres de l’hôtel peuvent cacher l’assassin et chacun soupçonne son voisin, voire son mari ou sa femme. Je dois dire que j’ai beaucoup aimé l’ambiance et l’angoisse qui monte, on se met à leur place et on se demande qui peut être le tueur. Cela pourrait faire un bon film, les chapitres sont courts, le rythme trépidant. Par contre, la fin est décevante : la résolution de tous ces meurtres nous est balancée en trois coups de cuillère à pot, je m’attendais à quelque chose de plus subtile. A part la fin, un roman qui se lit bien !

Je remercie les Editions Presses de La Cité et Netgalley de m’avoir permis de lire le dernier roman de Shari Lapena.

jeudi 4 juin 2020

La vallée


Meutres, vengeance, manipulation, folie...

" Je crois que quelqu'un est en train d'agir comme s'il se prenait pour Dieu... "
Un appel au secours au milieu de la nuit.
Une vallée coupée du monde.
Une abbaye pleine de secrets.
Une forêt mystérieuse.
Une série de meurtres épouvantables.
Une population terrifiée qui veut se faire justice.
Un corbeau qui accuse.
Une communauté au bord du chaos.

Commentaire:

Martin Servaz ne s’est jamais remis de l’enlèvement, de la séquestration et de la disparition de Marianne, la mère de son jeune fils. Aussi quand elle l’appelle une nuit, prétendant s’être enfin libérée de ceux qui la détenaient, Martin fonce dans les Pyrénées pour la retrouver. Mais aucune trace d’elle quand il arrive. Par contre, il retrouve Irène Ziegler (vue pour la première fois dans « Glacée ») qui enquête sur deux meurtres horribles, deux hommes assassinés et mutilés de la manière la plus abjecte possible. Martin ne devrait pas s’attarder, mais il ne peut s’empêcher de penser que Marianne est là quelque part et qu’elle a peut-être un lien avec ces meurtres. Puis il ne peut plus partir car la commune est bientôt coupée du monde après un éboulement suspect… Martin, Irène, les habitants comprennent que le Mal est à l’œuvre et que bientôt d’autres paieront.


Comme première lecture de déconfinement, je n’ai pas choisi la légèreté ! Des meurtres épouvantables, des victimes peu recommandables, une psychiatre manipulatrice et inquiétante, des habitants prêts à lyncher le premier suspect possible, des forces de l’ordre qui tâtonnent à la recherche d’un coupable et un  Martin Servaz fragile, voilà les ingrédients de ce roman qui se lit fébrilement. Pour l’apprécier, je pense qu’il faut tout de même avoir lu les précédents livres de l’auteur car on trouve de nombreuses références aux enquêtes de Servaz. 

Nicholas

Héritage, maltraitance, reconstruction, amour...

 Londres, 1844
Muffle de Nicholas Lyon ! Le langage fleuri ne manque pas à l’esprit agité de Mina, quand elle apprend que cet homme – le dernier-né de la lignée Tramayne – veut exercer son droit de succession et lui retirer sa charge d’intendante ainsi que le logis attenant au château où elle réside. Une lubie de ce nouveau duc, qui pense pouvoir la remplacer dans sa fonction dès à présent. Ce qu’il ignore encore, c’est que Mina ne renonce jamais…

Commentaire:

Ne pas tenir compte du résumé qui semble indiquer que le fameux Duc est un être infâme cherchant à renvoyer l’intendante de son château. Ce n’est pas l’intendante qui le hante mais plutôt le château familial et les souvenirs horribles qui y sont liés qui amènent le duc de Tremayne à vouloir s’en débarrasser. Son enfance s’est déroulée dans les coups et la haine d’un père persuadé qu’il n’était qu’un bâtard. Après s’être enfui, avoir vécu des années difficiles, Nicholas s’est fait un nom et une fortune. Il n’a jamais souhaité être duc, s’occuper d’une terre et des hommes et femmes qui y sont attachés. S’il est revenu dans cet horrible endroit c’est pour tout vendre… Mais l’obstination de cette jeune Mina, autoproclamée intendante depuis la mort de son père, va l’amener à changer d’avis.

Le roman oscille entre une intrigue sentimentale très convenue : un duc peut-il épouser une roturière ? Et un drame humain, celui de ce Nicholas, enfant martyrisé pendant des années par un père cruel. Et en fait je ne suis pas vraiment intéressée à la romance mais plutôt à ce jeune duc qui revient se confronter à ses souvenirs. C’est lui qui fait l’intérêt du roman.

Je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de lire ce roman.