vendredi 23 avril 2021

Si longue soit la nuit


Lycée, adolescents, cauchemar, accident, subconscience, coma...

Ils sont cinq. Cinq lycéens regroupés en pleine nuit, dans leur campus désert, sans aucun souvenir de comment ils sont arrivés là. D'étranges aurores boréales illuminent le ciel, et les eaux du Potomac semblent monter dangereusement...
Mais ils ne peuvent pas sortir. Toutes les portes sont bloquées.
Qui viendra les aider ?
D'autant qu'ils ne sont pas tout à fait seuls. Une créature rôde au milieu d'eux, les pourchassant sans relâche.
L'heure est-elle à la vérité... ou au massacre ?

Commentaire:

Un grand merci d’abord aux Editions Fleurus et à Netgalley pour m’avoir permis de lire ce roman adressé aux plus jeunes.

Cinq adolescents que tout sépare se retrouvent dans leur lycée la nuit. Impossible de sortir, impossible de téléphoner, impossible de se rappeler ce qu’ils font là. Mais déjà les dangers les guettent, les eaux du Potomac montent et ils doivent se réfugier au premier puis au second étage, échapper à une sorte de monstre gluant et tenter de comprendre pourquoi les lumières s’éteignent peu à peu. Pour s’en sortir, la seule possibilité est de s’unir et de se faire confiance.

Si j’ai compris rapidement la raison pour laquelle ils se retrouvent au lycée, j’ai beaucoup aimé cette intrigue, bien rythmée, à l’ambiance tout à la fois fantastique (l’auteur fait des clins d’œil appuyés à l’œuvre de Stephen King ) tout en étant réaliste : les 5 adolescents ont des secrets et des tourments qui les empêchent d’avancer. Un très bon moment de lecture.



 

mercredi 21 avril 2021

Du bruit dans la nuit

 


Meurtres, machination, folie, surnaturel...

Paul, professeur d’université, n’est plus que l’ombre de lui-même après avoir été témoin d’une scène macabre, huit mois plus tôt. Atteint de stress post-traumatique, il ne parvient pas à renouer avec une vie normale. Pour l’y aider, sa femme l’encourage à coucher sur le papier les pensées qui le rongent et lui offre une machine à écrire. Mais bientôt, ce sont d’étranges bruits qui hantent les nuits de Paul, et qu’il semble seul à entendre : le clac-clac répétitif de la machine qui tape seule et lui livre, au matin, des messages inquiétants…
Démence ? Paranoïa ? Machination ? Tourmenté par son obsédant souvenir, Paul se voit projeté dans une enquête plus traumatisante que ses pires cauchemars…


Commentaire:

Je tiens d’abord à remercier les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de lire ce nouvel opus de Linwood Barclay.

L’intrigue ne se déroule pas à Promise Falls mais à West Haven et met en scène le cauchemar dans lequel se débat un prof de fac, Paul. Huit mois auparavant, Paul a failli être assassiné par un de ses collègues qui essayait de se débarrasser des corps de ses deux maîtresses. Depuis, l’assassin est en prison et Paul essaie de se remettre. Mais ses nuits sont emplies de cauchemars, et ses journées se passent entre rendez-vous avec sa psychologue et des doutes sur sa capacité à se remettre. Bien décidé à reprendre sa vie en mains, Paul décide d’écrire un livre sur Kenneth Hoffman (son ancien collègue). Sa femme qui pense bien faire, lui achète une vieille machine à écrire, une Underwwod qui rejoint le bureau de Paul. Mais bientôt la nuit, Paul est réveillé par le bruit des touches de la machine… Pire le matin, il trouve des messages. Seraient-ce les deux femmes assassinées qui s’expriment ou est-ce seulement Paul qui devient fou ?

A ce stade du roman, autant vous dire que l’histoire de Paul qui me semblait accrocheuse au début, commençait à m’ennuyer. Et je suivais les péripéties sans grand enthousiasme, me demandant par exemple ce que venaient faire certains personnages, notamment un des patients de la psychologue, quand l’auteur a fait opérer à son roman un virage complet qui m’a tellement surprise que j’ai retrouvé mon enthousiasme de départ. Au final un roman agréable à lire et qui surprend.


dimanche 11 avril 2021

L'infirmière d'Hitler


Allemagne, nazisme, guerre, grossesse, résistance...

Dans le camp de concentration où elle officie comme sage-femme, aucune atrocité n'est épargnée à Anke. Dans des conditions impossibles, elle est obligée de mettre au monde des bébés immédiatement arrachés à leurs mères. Quand les S.S. viennent la chercher sur les ordres directs du « Bureau du Führer », Anke craint le pire. Mais elle est conduite dans une luxueuse maison, loin des horreurs de la guerre. Dans le plus grand secret, elle vient d'être recrutée pour mettre au monde le futur bébé d'Eva Braun et d'Adolf Hitler. Écartelée entre son devoir médical et sa haine du régime, la jeune femme vit dans la peur. Elle tombe pourtant amoureuse d'un jeune officier qui travaille là... Mais dans l'enfer de la guerre, alors que la survie est un combat quotidien, peut-on croire en l'avenir ?


Commentaire:

Ne vous fiez pas à ce titre racoleur qui semble indiquer une histoire entre Hitler et une infirmière. En fait il n’en est rien, Hitler ne faisant qu’une fugace apparition dans ce roman. Ce n’est pas non plus véritablement un roman historique étant donné que l’intrigue met en scène la maîtresse d’Hitler, Eva Braun, enceinte de ses œuvres. Anke, le personnage principal, est une sage femme qui a été arrêtée par la Gestapo car elle ne suivait pas les directives médicales en vigueur, en fait elle ne dénonçait pas les bébés nés malingres ou montrant un handicap. D’abord, envoyée dans un camp de concentration pour aider des prisonnières à mettre leur bébé au monde avant de les éliminer, Anke est brutalement sollicité pour se rendre à Berchtesgaden pour s’occuper d’Eva Braun enceinte. D’abord réticente à l’idée d’aider Eva Braun à mettre eu monde le fils ou la fille d’un tyran abject, Anke finit par nouer une relation faite d’empathie avec Eva qui semble bien isolée. Au fur et à mesure que le ventre d’Eva grossit, de plus en plus de gens se montrent intéressé par cette future naissance.

J’ai lu cette histoire après avoir vu sur Babelio des commentaires qui disaient qu’il ne fallait pas se fier au titre. Et effectivement, le roman s’intéresse d’abord au métier de sage-femme, aux soins, aux techniques utilisés par ces femmes pour aider les futures mères à accoucher. Le contexte historique permet à l’auteure d’évoquer ce métier pendant les sombres heures du nazisme et de raconter un aspect très sombre des camps de concentration. Ces pages d’ailleurs sont éprouvantes et bien plus marquantes que celles autour de la personne d’Eva Braun.

Challenge Plumes féminines 2021

 

La saga des Cazalet, tome 3: Confusion

 

Seconde guerre mondiale, mariage, adultère, apprentissage, tristesse, amertume...


Mars 1942. La guerre suit son cours. Sybil vient de succomber au cancer qui la rongeait. Rupert n’a plus donné signe de vie. Le quotidien à Home Place est rythmé par le deuil, les restrictions de nourriture et de chauffage, l’attente de nouvelles à la radio. Polly et Clary ont dix-sept ans et s’installent à Londres pour y trouver du travail. Louise abandonne ses rêves d’actrice pour épouser Michael, officier dans la Marine, qui passe son temps en mer tandis que Louise donne naissance à Sebastien. Rachel, plus que jamais dévouée à ses parents, n’a plus de temps pour sa précieuse amie Sid : leur amour est voué à l’échec. Zoë s’éprend d’un officier américain. Maternité, mariage, amours contrariées et conflit où seuls les hommes partent combattre : dans ce volume qui se clôt sur la victoire finale en mai 1945 et la découverte des camps, l’émancipation toute progressive des femmes est drapée d’un voile tragique.


Commentaire:

Ce troisième tome est à l’image de la très belle couverture du roman mélancolique quand on ne bascule pas dans une tristesse infinie. L’histoire se déroule entre 1942 et la fin de la guerre et nous suivons toujours le destin de la faille Cazalet et notamment celui des femmes. Louise est mariée mais son mariage n’est pas gai, la faute à son extrême jeunesse, à un mari toujours en mission et à une belle-mère autoritaire et envahissante. Pour fuir ce mariage oppressant, elle s’est installée à Londres dans la maison de sa grand-mère et ses deux cousines Clary et Polly l’ont rejointe. Clary espère toujours le retour improbable de son père tandis que Polly se remet difficilement de la mort de sa mère. Elle s’inquiète pour son père, pour ses frères, Simon harcelé dans son école, William trop petit pour comprendre la disparition de leur mère. Elle se raccroche à Archie un ami du père de Clary en qui elle voit plus qu’un ami d’ailleurs mais celui-ci, bien plus âgé qu’elle, ne la voit que comme une jeune parente en quête d’affection. A Home Place, Viola et Zoé continuent à aider la Duche à s’occuper de la demeure où ne restent plus que les très jeunes et les très vieux. Viola se sent vieiliir et  de plus en plus délaissée par son mari, et pour cause, il a installé sa maîtresse dans une maison. Quant à Zoé, elle rencontre un américain avec qui elle va vivre une belle histoire d’amour, une liaison tolérée par la Duche qui ne croit plus dans le retour de son fils Rupert. Mais une liaison hélas tragique !

J’ai beaucoup aimé ce troisième tome, j’ai adoré retrouvé les personnages : on les voit grandir sous nos yeux, changer ou pas (je pense à Edouard, toujours aussi veule), espérer des jours meilleurs, s’effondrer sous le poids du chagrin puis repartir. Comme je le disais au début de cette chronique, il y a beaucoup de tristesse, j’ai eu envie de pleurer plusieurs fois pour Polly et son père ou pour Zoé (un personnage pourtant très superficiel dans le premier tome), une certaine amertume aussi. Des sentiments qui, sans doute, devaient être partagés par de nombreux anglais car la victoire finale n’empêche pas le deuil. Je ne peux que vous conseiller cette saga.

Challenge A travers l’histoire 2021

Challenge Séries 2021 


samedi 10 avril 2021

Murder game

 


Meurtre, vengeance, disparition, enquête, passé, viol...

La première fois que Jemma s’est rendue au manoir de Polskirrin, c’était avec Matt, son époux, pour célébrer le mariage du richissime Lucas Jarrett.
Jamais elle n’oubliera la vue saisissante de cette demeure dominant la mer, perchée sur un éperon de Cornouailles. Jamais, non plus, elle n’oubliera la vue du corps sans vie d’Alex, la sœur du marié, le jour des noces, sur cette plage de galets…
Un an plus tard, les invités sont de retour à Polskirrin, à la demande de Lucas. Pourquoi ce dernier tient-il tant à célébrer le premier anniversaire de ses noces funestes ?
C’est en réalité à une fête macabre qu’il les a conviés, un murder game visant à faire rejouer à chacun son rôle de l’an passé et révéler ainsi la vérité sur la mort d’Alex. Mêmes personnes, mêmes tenues, même repas, mêmes discussions, la nuit qui a vu mourir la
jeune femme se répète dans une mise en scène terrifiante.


Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de lire le nouveau roman de Rachel Abbott. J’ai déjà lu des romans de cette auteure notamment « La disparue de Noël » que j’avais beaucoup aimé. Aussi me suis-je laissé tenter par cette intrigue dont le résumé laissait entrapercevoir mystères et révélations fracassantes.

Le roman démarre sur des chapeaux de roue avec une mort suspecte la veille d’un mariage où étaient conviés les amis les plus intimes de Lucas. Dans les quelques heures précédant la mort d’Alex, on sent qu’il existe de nombreux secrets et non-dits entre les personnages présents. Mais on n’a pas le temps d’en savoir plus car la première rupture dans le récit intervient avec l’arrivée de deux inspecteurs, appelés après la découverte du corps d’Alex. Un an plus tard, les mêmes personnes sont invitées par Lucas, une invitation qui tourne au cauchemar puisque Lucas veut les obliger à entrer dans un jeu pervers qui devrait conduire à la vérité : qui a tué Alex ? Coincés dans la villa, obligés de se soumettre aux injonctions tordues de Lucas, Jemma, Matt, Isabel et les autres sont de plus en plus fébriles. Et là deuxième rupture, les inspecteurs reviennent mettre les pieds dans le plat pour une histoire de disparition. Une jeune femme a disparu au moment de la mort d’Alex, et le lecteur de se dire : mais quel est le rapport ? La suite nous l’apprendra.

Alors certes ce roman se lit bien mais les ruptures dans le récit avec notamment l’introduction de ces deux inspecteurs viennent perturber une intrigue au départ tortueuse. J’aurais préféré, à la manière d’Agatha Christie, que les personnages soient livrés à eux-mêmes dans cette villa luxueuse et que la vérité se fasse jour sans la présence de ces deux inspecteurs. Enfin, la fin m’a grandement déçue d’autant que la culpabilité d’un des personnages n’est pas clairement annoncé. Je suis restée sur ma faim.

 


Lumière

 


Rupture, douleur, maladie, mort, renaissance...

 Ambre et Olivier sont voisins : elle se débat dans les difficultés, il a le bonheur insolent, une famille unie, des amis présents. Ce déséquilibre, trop difficile à supporter, devient un véritable point de crispation pour Ambre qui nourrit peu à peu un ressentiment tenace à l'égard de son voisin. Un jour, elle s'en prend à lui, pour déverser sa douleur, avant de venir lui présenter ses excuses. Elle découvre alors une faille dans la vie parfaite d'Olivier et le bonheur auquel elle aspire se lie curieusement au destin de cet homme si longtemps détesté...


Commentaire:

Je voudrais tout d’abord remercier l’auteure pour m’avoir permis de lire ce beau roman délicat qui évoque pourtant des aspects douloureux dans la vie de femmes et d’hommes. Je ne m’attendais pas à cette intrigue, au vu du résumé j’ai cru qu’il s’agirait d’une histoire d’envie et de jalousie. Car le personnage principal, Ambre, a été rejetée d’une manière brutale par son amant, et souffre éperdument de cette rupture. Aussi le voisinage de cette famille au premier abord insouciante et heureuse l’exaspère au plus haut point. Mais une rencontre avec Olivier, le père de famille, va changer la donne. Et c’est là que j’ai compris que l’auteure nous entraînait dans une histoire à la fois difficile et très humaine en même temps. Cette histoire m’a touchée mais j’aurais voulu parfois laisser ce livre car l’histoire d’Olivier me dérange pour des raisons personnelles et que je ne développerai pas ici. Ce personnage restera longtemps dans ma mémoire.

Challenge Plumes féminines 2021


jeudi 1 avril 2021

Queenie


Rupture, dépression, racisme, identité, reconstruction...

Anglaise d'origine jamaïcaine, Queenie habite à Londres avec Tom, son petit ami, et débute une carrière prometteuse. Lorsque ce dernier la quitte, elle sombre dans une spirale infernale et enchaîne les mauvaises expériences, malgré le soutien de ses amies Darcy, Kyazike et Cassandra. En tant que jeune immigrée noire, Queenie doit se battre et relever la tête coûte que coûte. 

Commentaire:

Je tiens tout d’abord à remercier les Editions Calmann-Levy et Netgalley d’avoir pu découvrir ce roman qui m’a tenue en haleine tout du long.

Queenie est une anglaise d’origine jamaïcaine et vit avec Tom, un anglais pur jus. Elle l’aime mais leur couple bat de l’aile depuis des mois car Queenie porte en elle des souffrances personnelles dont elle ne peut pas parler avec lui, car dans sa famille on ne dit rien et surtout on ne consulte pas. Aussi Tom s’est fatigué de faire des efforts et décide de faire un break. De moins c’est ce que pense Queenie qui s’accroche à l’idée que Tom va lui revenir. En attendant, elle se rend à son travail mais elle ne fait rien de constructif ; elle sort le soir et rentre bien souvent mal accompagnée avec des hommes uniquement intéressés par leurs fantasmes qu’ils projettent sur elle : coucher avec une noire c’est exotique, et puis elle est sûrement bonne… Résultat : Queenie se perd, se détruit et sombre le jour où elle comprend que Tom ne reviendra pas et qu’elle est virée de son boulot. Réfugiée chez ses grands-parents, au fond du gouffre, Queenie va oser suivre une thérapie pour renaître et recommencer à vivre.

Une histoire dans l’air du temps qui s’intéresse à une jeune femme issue de l’immigration qui se bat contre les préjugés des uns et des autres, contre sa famille aussi pour se reconstruire. Le roman a du rythme, parsemé d’échanges et de textos souvent drôles, parfois désespérants mais tellement vrais. Un roman à découvrir.

Challenge Plumes féminines 2021


 

Missouri 1627

 


Avortement, amitié, road-trip, trahison...

À 17 ans, Veronica a un avenir prometteur. Élève populaire et brillante, elle vient d'être admise dans une prestigieuse université et sa vie semble toute tracée. Pourtant, le jour où elle découvre qu'elle est enceinte, son monde s'écroule et toutes ses certitudes s'envolent. Elle n'est pas prête.
Parfois, dans la vie, il y a des tests qu'on préfèrerait rater...
Sa seule solution : se rendre dans une clinique à 1 627 kilomètres de chez elle.
Désespérée, elle se tourne vers son ex-meilleure amie, Bailey, punkette affranchie, la seule à qui elle peut demander de l'aide.
Commence alors un périple à mille à l'heure sur les routes des États-Unis.


Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Bayard Jeunesse et Babelio d’avoir pu lire ce roman obtenu lors d’un Masse critique.

« Missouri 1627 » est à destination des jeunes mais les adultes aussi peuvent le lire, et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Véronica et Bailey. Veronica a 17 ans, elle est belle, brillante, sort avec le mec le plus populaire de son lycée et doit bientôt partir pour une université prestigieuse. Mais ce beau rêve se fêle quand elle s’aperçoit qu’elle est enceinte… Comme elle vit dans une famille très croyante (elle porte même une bague de virginité au doigt !), il lui semble impossible de l’annoncer à ses parents car ce serait la fin de tout. Et Veronica n’a pas l’intention de connaître la vie de sa sœur aînée qui a dû renoncer à ses études d’infirmière le jour où elle s’est retrouvée enceinte. La seule solution c’est avorter mais les cliniques acceptant d’accueillir des femmes pour le faire, sont de plus en plus rares… Et loin ! Comme il est hors de question que sa famille, ses amies apprennent la vérité, Véronica songe d’abord à partir avec son petit ami -la difficulté viendra quand elle lui dira pourquoi- puis elle renonce au dernier moment pour jeter son dévolu sur Bailey, une ex-meilleure amie de l’école primaire. Contre toute attente, Bailey accepte de la conduire à Missouri.

Même si ce roman évoque le sujet de l’avortement, il n’en est pas le sujet principal. C’est d’abord ce périple en voiture à travers les Etats-Unis et les retrouvailles de Veronica et Bailey qui sont au cœur  de cette histoire. Veronica a rejeté Bailey dès l’arrivée au lycée car cette dernière n’était pas assez… Trop… Et pour Veronica qui a toujours eu peur finalement de décevoir parents et amis, qui a toujours voulu être la jeune fille parfaite, la fille populaire, garder Bailey comme amie était impossible. Et pourtant, alors qu’elles roulent dans une voiture sans doute volée par Bailey, Veronica comprend que cette fille si à part, est sans doute la seule à la comprendre et à l’accepter telle qu’elle est. Ce périple qui nous fait passer par toutes sortes d’émotions permet à Veronica de ne pas renoncer à ses rêves mais aussi de lui faire comprendre la valeur de l’amitié. 

Challenge Multi défis 2021


samedi 20 mars 2021

Les cinq règles du mensonge

 


Amitié, secret, mensonges, chantage, meurtre...

RÈGLE NUMÉRO UN
Dis un mensonge
RÈGLE NUMÉRO DEUX

Ne change pas ta version
RÈGLE NUMÉRO TROIS
Ne te fais pas prendre
RÈGLE NUMÉRO QUATRE
Ne pas se mentir les unes aux autres
RÈGLE NUMÉRO CINQ
Savoir quand cesser de mentir
Quand quelqu'un meurt, ce n'est plus un jeu...


Commentaire:

Isa n’a jamais oublié les quelques mois qu’elle a passés dans un lycée à Salten, elle a découvert l’amitié, les soirées dans la maison de Kate à boire, s’amuser, flirter et les mensonges. Les quatre amies s’étaient fait une spécialité de mentir : des mensonges pas trop méchants histoire de déstabiliser les camarades de lycée, de se moquer des adultes. Mais un soir, les quatre filles ont passé un pacte et menti une dernière fois aux adultes avant de se séparer en sachant que ce mensonge pèserait sur leur conscience… Quinze ans plus tard, Isa est réveillée par un texto de Kate lui demandant de revenir à Salten car on vient de trouver un corps dans la baie… Isa, Thea et Fatima se retrouvent chez Kate : leurs retrouvailles sont douces amères, fragiles aussi à l’image de la maison de Kate qui, peu à peu, est rongée par la mer.

Quel est ce drame qui s’est déroulé dans la maison de Kate ? Quel est ce corps ?  Quel est ce mensonge qui lie les amies ?  Peu à peu, et trop lentement à mon goût, l’auteure nous donne les réponses, que je ne vous révèlerai pas, sur les événements qui ont eu lieu dans le passé. Encore une fois, comme dans le précédent roman de Ruth Ware, l’ambiance décrite nous installe dans un décor poisseux, une maison lugubre qui s’écroule mais que ne parvient pas à quitter Kate, trop engluée dans son passé. Le mensonge en lui-même me paraît secondaire, ce qui importe ces sont ces jeunes femmes, Kate et Théa surtout, qui ne parviennent pas à surmonter ce qui s’est passé quelques années auparavant et qui se débattent entre mensonges et vérités. J’ai bien aimé ce roman même si je l’ai trouvé en deçà de que fait Ruth Ware car la quatrième de couverture présageait autre chose de plus piquant voire pervers.

Challenge Multi-défis 2021


samedi 6 mars 2021

Les voleurs de curiosité

 


Londres, monstre, sirène, enlèvement, meurtres, enquête...

Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les cas délicats, fait face à l’affaire la plus complexe et la plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronet, a été kidnappée. Mais Christabel n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent effrayer son entourage autant qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités.
Ne ménageant pas ses efforts pour retrouver l’enfant, Bridie entre dans un monde de chirurgiens déments et de saltimbanques mercenaires. Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique qu’elle seule peut voir et par une femme de chambre à la carrure impressionnante, la jeune femme suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, s’exposant ainsi à un passé qu’elle a tenté d’oublier.

Commentaire:

Je remercie tout d’abord Netgalley et les Editions Presses de La Cité de m’avoir permis de découvrir ce roman atypique.

L’intrigue se déroule en 1863 à Londres et une jeune femme, Bridie Devine, est chargée par un notable de retrouver sa fille Christabel. Jusqu’ici, on a l’impression qu’on va plonger dans le Londres miséreux, déjà décrit par d’autres auteurs. Mais tout se corse quand on comprend que cette Christabel relève plus de la sirène que de la petite fille, et une sirène dangereuse en plus car sa morsure peut provoquer la mort pour ceux et celles qui laisseraient traîner leurs doigts près de sa bouche. Quant à Bridie Devine, c’est une jeune femme atypique dans la mesure où elle déambule comme bon lui semble, partout, déguisée en homme ou non, et accompagnée dans son enquête par un fantôme, ancien boxeur mort au cours d’un combat, ce qui explique pourquoi il se balade torse nu, un torse recouvert de tatouages dont une sirène qui se réfugie sous ses aisselles quand elle est effrayée.

On comprend alors que ce qui fait le charme de ce roman, c’est cette ambiance fantastique où les légendes deviennent réelles : Christabel est une sirène qui éveille la convoitise des hommes. Certains

voudraient l’avoir dans leur collection, d’autres voudraient l’étudier, l’examiner, la découper au nom de la science. Mais lui a-t-on demandé à elle ce qu’elle voulait ? Bridie Devine a donc peu de temps devant elle pour retrouver sa trace et cherche aussi bien du côté des hôpitaux que des cirques. Laissez-vous tenter par cette aventure !

Challenge Multi-défis 2021

 

mercredi 24 février 2021

La sacrifiée du Vercors

 


Eté 44, France, épuration, meurtre, vengeance...

Le roman noir sur l’épuration

Une robe bleu roi roulée sous des branchages. Plus loin, une jeune femme sauvagement tondue gît sous un arbre.
Dans cette forêt des contreforts du Vercors, Marie Valette a été violée et assassinée. Elle avait 24 ans.

Ce 10 septembre 1944, Georges Duroy, commissaire de police près le délégué général à l’épuration, et Judith Ashton, jeune photographe de guerre américaine, se trouvent sur la scène de crime.
En cette journée caniculaire, tous deux s’interrogent. Qui a pu s’en prendre si violemment à la fille d’une famille de résistants ?
Jeunes héros sortis de l’ombre, coupable idéal et villageois endeuillés s’affrontent dans les cendres encore fumantes de la Libération. Car au sortir de quatre années de guerre, ce sont les silences et les règlements de comptes qui résonnent sur les flancs arides des montagnes.

Commentaire:

Je dois dire que j’ai été particulièrement attirée par le résumé et la première phrase « le roman noir sur l’épuration ».  Le reste étant aussi alléchant aussi me suis  donc empressée de demander le titre et je remercie Netgalley et les Editions 10/18 de m’avoir permis de le lire.

Je m’attendais à une enquête sombre et compliquée durant l’été 44 en France alors que les Allemands tardent à quitter le territoire et que l’heure des règlements de comptes sonne pendant que les résistants de la dernière heure s’acharnent à faire payer de pauvres filles pour mieux masquer leur propre lâcheté pendant 5 ans. Mais en fait le roman est très court (même pas 200 pages), il se déroule pendant une journée et l’enquête que mène le commissaire Duroy, nommé par le gouvernement provisoire de la République française, le conduit très vite au meurtrier. Il est aidé dans sa quête par une improbable reporter américaine du nom de Judith  Ashton qui est arrivée la première presque sur les lieux du crime. On n’a pas le temps de s’attacher aux personnages, de comprendre leur psychologie que le roman est déjà terminé ! De plus, l’écriture de l’auteur m’a  gênée, j’ai eu du mal à saisir ce qui me dérangeait et puis j’ai réalisé qu’il écrivait en focalisation externe : nous n’avons que les actions des personnages, que les faits dans leur neutralité, ce que le commissaire voit, ce qu’il fait, ce qu’il entend, etc… Sans aucune réflexion personnelle ou digression de l’auteur sur les événements historiques qui se sont déroulés dans le Vercors avant l’arrivée du commissaire. Cela donne une sécheresse au roman qui est sans doute l’effet voulu par l’auteur mais qui ne fait pas de ce roman ce que prétend le résumé. Je suis donc assez déçue, je n’ai pas réussi à m’enthousiasmer pour ce roman.

 

Le renard des Highlands

 


Mésalliance, amour, secrets de famille..

Écosse, 1865

Lorsque Gordon O’Donnell franchit la porte du domaine, Lady Jennifer sent son cœur accélérer sa course folle, tel le vent fouettant les Highlands. Cinq ans se sont écoulés depuis la dernière fois qu’elle a vu cet homme, qu’elle croyait aussi épris d’elle que la réciproque était vraie. Si Gordon n’a rien perdu de sa superbe et semble même s’enorgueillir de sa réussite sociale – odieuse explication de son abandon –, il n’en reste pas moins le fils du jardinier de sa famille… Un Highlander que les Adaire ne consentiront jamais à lui voir prendre pour époux.


Commentaire:

Karen Raney est l’auteure de plus d’une quarantaine de romans historiques dont la plupart se passe en Ecosse. Celui-ci débute une nouvelle série et met en scène les amours impossibles de Gordon O’Donnell, fils de jardinier, et de Lady Jennifer, fille d’un laird (comprenez un lord). Quand l’histoire commence, Gordon est sommé de quitter le domaine où il a vécu car il n’est pas question qu’il puisse aimer ouvertement lady Jennifer et il s’en va, persuadé que sa belle ne veut plus de lui. Cinq ans plus tard, il revient car son père est mourant. Entre temps, il est devenu un homme très riche, bien décidé à faire son devoir et à repartir aussi sec. Mais quand il revoit lady Jennifer, l’amour rejaillit d’autant qu’elle lui explique qu’elle ne l’a jamais oublié.

A ce stade, on en est à peine à la moitié du roman, aussi me suis-je demandé si c’était là toute l’intrigue car je commençais déjà à m’ennuyer un peu. Allait-on avoir un obstacle en la personne du frère, sinistre personnage ? Une femme jalouse sortant de nulle part ? Non ! Je ne vous dirai pas quel obstacle se dresse devant les tourtereaux mais honnêtement je l’ai trouvé peu plausible et facile ainsi que le rebondissement qui suit. La fin étant très convenue, je me suis fait la réflexion que Karen Ranney avait fait mieux. En espérant que la suite sera plus savoureuse.

Challenge Plumes féminines 2021

Challenge Multi-défis 2021

Challenge Séries 2021


lundi 15 février 2021

A rude épreuve

Famille, guerre, deuil, enfance, apprentissage de la vie, condition de la femme...

Septembre 1939. La Pologne est envahie et la famille Cazalet apprend l’entrée en guerre de l’Angleterre. À Home Place, la routine est régulièrement bousculée par les raids allemands. Louise rêve toujours de jouer Hamlet mais doit d’abord passer par une école de cuisine. Au grand dam de sa famille, elle fume, porte des pantalons, découvre la sexualité et fait ses débuts en tant qu’actrice dans un sinistre théâtre de province. Clary, dont le père, Rupert, est porté disparu sur les côtes françaises, renseigne scrupuleusement chaque parcelle de sa vie dans des carnets. Polly, inquiète de la mystérieuse maladie de sa mère, se lie d’amitié avec le cousin de Louise, Christopher, dont les discours pacifistes ont de plus en plus de mal à convaincre. Zoë, la femme de Rupert, a donné naissance à une fille et connu un profond bouleversement. Le volume se clôt sur l’attaque de Pearl Harbor : de Home Place à Londres, la guerre et la terreur d’une possible défaite ne semblent jamais très loin.

Commentaire:

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir la suite de la saga des Cazalet, je dirais même que j’ai encore plus aimé que le premier tome. Dans cette deuxième partie qui court de septembre 1939 à décembre 1941, l’auteure s’attache plus particulièrement aux trois filles aînées de chacun des frères Cazalet : Louise fille d’Edward, Clary fille de Rupert et Polly fille de Hugh. Ce sont elles qui nous font vivre la guerre mais aussi les drames familiaux qui touchent la famille. 

Louise est la plus vieille des trois, 17 ans, mais elle est encore à un âge où on la perçoit comme une gamine. C’est sans doute pour échapper à cette entre deux qu’elle quitte le domaine pour tenter de faire carrière dans le théâtre. Ses débuts dans des théâtres poussiéreux en compagnie d’acteurs deux à trois fois plus âgés qu’elle n’est certainement pas ce qu’elle rêvait mais ainsi elle est loin de sa mère et de son père qu’elle méprise. De plus, elle fait la connaissance d’un homme plus âgé qu’elle avec qui elle entretient une relation ambiguë , l’aime -t-elle ou plutôt est-ce l’idée d’être courtisée qu’elle aime ? La fin du roman ne donne pas de réponse. C’est d’ailleurs un personnage que je ne trouve pas sympathique, j’ai préféré ceux de Polly et de Clary. Sans doute parce que ce  qu’elles vivent les oblige à grandir. Pour Clary, c’est la disparition de son père sur les plages de Dunkerque en juin 1940. Pour toute la famille, Rupert est mort mais Clary s’obstine à le considérer vivant, caché quelque part en France, elle va même jusqu’à lui imaginer un destin de résistant auprès du général De Gaulle à qui elle écrit. Courageuse et obstinée Clary qui peut compter sur sa cousine Polly, autre jeune fille éprouvée par les non-dits de la famille, notamment à propos de la santé de sa mère. Celle-ci est malade mais personne dans la famille à commencer par son père Hugh ou sa propre mère ne veut le reconnaître. Comme si en taisant la maladie, on la faisait disparaître. Il y a une conversation très émouvante à ce sujet entre Polly et la vieille préceptrice Miss Milliment.

Et pendant ce temps, pendant que les trois jeunes filles grandissent, la vie à Home Place continue. On sent la guerre et les restrictions aux menus de plus en plus élémentaires qui arrivent sur les tables. On vit les bombardements avec ces avions allemands en colonne dans le ciel, passant au-dessus de la propriété familiale pour aller déverser leurs tonnes de bombes sur Londres. On ressent l’absence et l’attente de jours meilleurs mais qui, au soir du 8 décembre 1941, semblent de plus en plus loin. Je vous recommande vivement cette saga, pour ma part j’attends le mois de mars avec impatience pour aller acheter le troisième tome.

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