mardi 22 mai 2018

Sang maudit


Dans une France où la Révolution n’a jamais eu lieu, une épidémie mystérieuse décime la population…
Angie, dix-sept ans, vient d’avoir son bac. Elle s’apprête à fêter sa réussite avec ses amis Clémence et Matt quand sa mère lui rend une visite surprise après plusieurs années d’absence : la duchesse de Noailles a décidé qu’il était temps pour sa fille, Angélique, de faire son entrée à la cour du roi Louis XXIV au château de Versailles.
Angie, qui a grandi dans le quartier populaire de Belleville, au cœur de Paris, décide d'obéir, par curiosité plus que par devoir.
Malgré son mépris pour la noblesse décadente française, la jeune femme va découvrir avec fascination les sombres intrigues des salons royaux..




Commentaire:


J’ai lu ce roman pour adolescent dans le cadre d’un challenge auquel j’ai participé le week-end dernier (Challenge week-end à 1000 pages). J’avais déjà entendu parler de cette uchronie, aussi me suis-je laissée tenter et j’ai passé un agréable moment de lecture. Imaginez que la Révolution française n’ait jamais eu lieu, que les nobles aient toujours leurs avantages et leur vie privilégiée. C’est dans ce contexte que l’on fait connaissance avec Angélique 17 ans : elle vit avec son père et mène une vie de jeune fille banale entourée de ses amis. Et puis dans le métro on essaie de la tuer, ses assaillants disparaissent en lui disant qu’elle est marquée et que d’ici une semaine, elle sera morte. Alors qu’elle peine à réaliser cette sentence, sa mère dont elle n’a plus de nouvelles depuis dix ans réapparaît. On apprend alors qu’elle s’appelle véritablement Angélique de Noailles et qu’elle doit être présentée à la Cour de Versailles et surtout au futur roi Louis XXIV. Angélique accepte de se rendre à la cour car elle espère rencontrer Richelieu en personne qui pourra sans doute lui dire ce que signifie être marquée. Son séjour à Versailles va être perturbant à plus d’un titre. Car ce roman mêle plusieurs intrigues, vous avez d’abord cette société toujours dirigée par la noblesse, mais en plus les auteurs (Ange est le pseudo de deux écrivains) ont ajouté un parfum surnaturel en introduisant des vampires qui vivent tranquillement à la cour de Versailles, tuant en toute impunité. Et à cela s’ajoute un complot destiné à éliminer le futur roi ainsi que tous ceux qui  pourraient lui succéder. Ce qui fait beaucoup trop d’intrigues pour un roman unique. On ne sait plus où donner de la tête, à quelle intrigue s’attacher ? On a la même impression  avec les personnages dont certains ne me semblent pas assez développés voire sacrifiés. C’est dommage car l’idée de départ était intéressante et je pense qu’ils auraient dû s’en tenir à la description d’une société figée avant la Révolution française, il y avait de quoi contenter le lecteur.

Challenge Week-end à 1000 pages






Hello!

Pour ce premier challenge Week-end à 1000 pages, j'ai sélectionné trois romans. De droite à gauche, vous voyez un roman pour ado "Sang maudit" d'Ange; "Le chat qui lisait à l'envers" de Lilian Jackson Braun un roman policier et une romance "Qu'est-ce qui fait pleurer les crocodiles?" de Lucie Castel.

J'ai entamé le challenge par le roman ado, c'est une uchronie, comprenez une intrigue qui reprend un événement historique mais vécu différemment. Là la Révolution française a raté et la noblesse a toujours ses privilèges. Lecture agréable faite le samedi après-midi, installée dans mon transat au soleil, dans mon jardin.(Critique ici)

Petite pause. Puis le soir, j'ai pris la romance de Lucie Castel. Je ne connaissais pas cette auteure mais c'est sûr, je lirai ses autres romans car celui-ci m'a beaucoup plu. C'est une comédie romantique aux dialogues bien ciselés, j'ai beaucoup ri. Je l'ai surtout lu toute la matinée du dimanche.(Critique ici)

Il ne me restait qu'un livre, j'ai pu profiter du beau temps et des quais de ma ville pour me délasser un peu avant d'attaquer ce roman policier très classique. C'est le premier tome d'une série qui met en scène un détective amateur et un chat. L'enquête ne m'a pas trop plu mais j'ai aimé le chat Koko. J'en lirai  d'autres de la même série. (Critique ici).

J'ai passé des très bons moments de lecture sans être pris par le temps. Je recommencerai, c'est un moyen excellent pour vider sa Pal!

vendredi 18 mai 2018

Les brumes de Key West


1993. En plein jour, dans une rue bondée de Floride, une femme de quatre-vingt-seize ans abat froidement un membre du Ku Klux Klan.
1919. Bannie par les siens, Alicia Cortez, vingt-deux ans, quitte La Havane pour rejoindre l'Amérique et sa cousine Beatriz, tenancière du Pearl's, l'une des maisons closes les plus fréquentées de Key West.
Avec son charme exotique, la belle Cubaine trouve rapidement sa place dans cet univers sensuel et secret. Aidée de John, vétéran tourmenté et propriétaire d'un bar voisin, Alicia va jusqu'à organiser la contrebande d'alcool, pour contrer les lois de la prohibition. Et leur amitié laisse bientôt place à une profonde attirance.
Mais la menace du Klan gronde dans l'archipel... Et le rapprochement entre une métisse à la réputation sulfureuse et un héros de guerre blanc ne passe pas inaperçu. Et ne saurait être toléré.
Dans les brumes de Key West, un drame se prépare...


Commentaire:

Une couverture qui attire et évoque l’exotisme. Un résumé alléchant. Il n’en fallait pas plus pour me décider à demander ce livre et je remercie les éditions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de le découvrir. L’action se passe à Key West, une ville insulaire située en Floride, c’est là que débarque Alicia Cortez en 1919, fuyant son passé, bannie par ses parents. Pour cette jeune femme qui, jusqu’ici, a eu une vie confortable, c’est un choc de se retrouver dans une maison close tenue par sa cousine. Même si celle-ci lui promet qu’elle n’aura pas besoin de se prostituer, il n’empêche que le décor minable, la réalité du métier de sa cousine, la présence d’hommes braillards, ivres et entreprenants sont difficiles à assimiler. Devenue brutalement la patronne de la maison, elle  fait connaissance avec le propriétaire d’un bar voisin, John qui vient de rentrer d’Europe, après avoir passé des mois dans l’enfer de la guerre des tranchées. Les circonstances vont les amener à devenir amis, puis amants.


Mais il ne fait pas bon d’être un couple mixte dans le  contexte de l’époque : un blanc qui couche avec une noire ? D’accord. Mais un blanc qui vit avec une noire et affirme haut et fort qu’il l’aime ? Impossible pour certains et notamment une bande de cinglés affiliés au Ku Klux Klan qui estime de leur devoir d’intervenir. Et si possible ensuite, s’en prendre aux juifs, aux noirs et aux catholiques pour faire bonne mesure. Et tout cela pour sauver les Etats-Unis, rendre à la nation américaine sa grandeur. J’ai l’impression d’avoir déjà entendu cela quelque part…

Mais nous sommes en 1919 et l’auteur déploie l’histoire d’un drame qui se noue devant nos yeux impuissants et qui, en éclatant, transforme ceux qui l’ont vécu à jamais. Si j’ai bien aimé ce roman, je dois dire tout de même que je n’ai pas été transportée par ce que vit le couple Alicia/John. Si le contexte historique est soigné, si les personnages sont bien construits qu’ils soient principaux et secondaires (notamment le personnage de Dwayne), si les scènes sur le Klu Klux Klan sont pertinentes, il manque à cette intrigue un peu de souffle romanesque. Ce que vivent John et Alicia est terriblement injuste. Mais je n’ai pas sorti mes mouchoirs. J’ai donc fini ce roman avec du regret, celui d’être passée à côté d’une très belle histoire d’amour.

mercredi 16 mai 2018

Fais-moi taire si tu peux


Elle fleurit les mariages, lui les détruit.
Quel être humain normalement constitué oserait ruiner un mariage ? Quelle personne impitoyable faut-il être pour détruire le plus beau jour de la vie d'un couple ? Eh bien, il faut être prêtre, sexy en diable et révéler en pleine cérémonie les petites incartades de la future mariée... Lorsque Louise Adrielle, fleuriste, assiste à la scène, elle comprend mieux pourquoi on lui a demandé de décorer l’église en jaune cocu ! Traumatisée, elle se fait la promesse d’être désormais sur le qui-vive à chaque cérémonie. Car sa responsable l’a mise en garde : La dame au cabanon ne pourra être associé à une autre débâcle nuptiale. Si Louise assiste à un nouvel esclandre, les alliances ne seront pas les seules à finir au placard.




Commentaire:


J’ai lu ce roman rapidement car l’intrigue est légère et racontée avec humour. Adrielle est une jeune célibataire, employée maniable et serviable à souhait de « La dame au cabanon ». Elle ne compte pas ses heures, aussi, quand, après avoir passé du temps à décorer une église en jaune  (mais les souhaits des clients sont toujours exaucés !), elle voit un drôle de prêtre anéantir en quelques mots le mariage d’un jeune couple, est-elle atterrée. Elle l’est encore plus quand elle apprend que ce « prêtre » est un comédien qu’on peut embaucher pour ruiner un mariage ou un enterrement. Dès lors, dès qu’Adrielle est sollicitée pour une cérémonie, elle n’a qu’une peur, c’est celle de tomber sur lui. S’ensuivent quelques scènes cocasses qui m’ont fait rire, notamment celle de l’enterrement où Loïc (le comédien) officie en tant que faux notaire. Entre les deux, vous vous en doutez bien, c’est d’abord l’orage puis le beau temps entre eux, le jeu de je-te-repousse-puis-je-t’attrape. On devine la fin. Mais on passe un agréable moment, une lecture qui ne vous prend pas la tête.    

lundi 14 mai 2018

Ethan qui aimait Carter


À vingt-quatre ans, Carter Stevenson est atteint de timidité maladive, due à son bégaiement et ses tics. Sans l’aval d'amis qui lui reprochent de laisser sa maladie de Tourette dicter sa vie, Carter déménage de Los Angeles et rejoint une petite ville tranquille de Californie où il compte faire profil bas et éviter les gens. Il n’avait pas prévu que son nouveau voisin, Ethan Hart, s’immiscerait dans sa bulle de solitude et le forcerait à sortir de chez lui pour vivre sa vie.
Depuis le début, Ethan s’est montré clair au sujet de ses sentiments pour Carter. Mais il redoute que ce dernier ne soit pas en mesure de voir au-delà de son cerveau endommagé, même si cela fait de lui quelqu’un de bien plus en accord avec ses émotions que la plupart des gens. Le problème pour Carter ne vient pas de là : il s’est déjà brûlé les ailes aux côtés de ‘parfaits’ petits amis et ne veut pas risquer de se faire briser le cœur une fois de plus.
D’une manière ou d’une autre, Ethan est déterminé à montrer à Carter qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Du moins, jusqu’à ce qu’il reçoive de tragiques nouvelles, qui l’obligent alors à se tourner vers lui pour puiser force et soutien. Carter sera-t-il en mesure d’épauler Ethan dans la tourmente ?



Commentaire:

Au départ, on peut être méfiante devant cette histoire d’amour qui lie un jeune homme atteint de la maladie de Tourette à un autre jeune homme dont les capacités neurologiques sont affaiblies depuis un accident. Il a fallu à l’auteur beaucoup de tact et de délicatesse pour nous amener à lire avec plaisir la rencontre entre Carter et Ethan sans se sentir mal à l’aise. Car au-delà de l’amour qui les lie, la question sous-jacente à ce roman c’est bien celle de leur handicap respectif. Carter doit lutter tous les jours contre sa maladie, fréquenter les autres est souvent une torture car il est timide et ne peut pas toujours maîtriser ses gestes. Quant à Ethan, il est différent, certains disent attardés, depuis un accident dix ans auparavant. Aussi quand ils se rencontrent, on pourrait craindre que leur handicap prenne le dessus sur leur amour et qu’on n’arrive pas à le surmonter. Mais en fait, on finit par l’oublier et être touchée par ces deux personnages. J’ai surtout été émue par Ethan, par son courage, sa fraîcheur et sa spontanéité. Le fait de nous faire vivre l’histoire de son point de vue a joué aussi pour apprécier ce personnage et pour comprendre comment il perçoit le monde. Une jolie histoire pour nous apprendre à être plus tolérant.

dimanche 13 mai 2018

The Thief

Sola Morte, former cat burglar and safe-cracker, has given up her old life on the wrong side of the law. On the run from a drug lord's family, she is lying low far from Caldwell, keeping her nose clean and her beloved grandmother safe. Her heart, though, is back up north, with the only man who has ever gotten through her defenses: Assail, who never meant to fall in love - and certainly not with a human. But they have no future, and not just because she doesn't know he is a vampire, but because he is not about to stop dealing arms to the Black Dagger Brotherhood.
Fate, however, has other plans for them. When Assail falls into a coma and lingers on the verge of death, his cousins seek out Sola and beg her to give him a reason to live. The last thing she wants is a return to her past, but how can she leave him to die?
As a lethal new enemy of the vampires shows its face, Sola finds herself not only a target, but a mission-critical force in a war she doesn't understand. And when Assail's truth comes out, will she run from the horror . . . or follow her heart into the arms of the male who loves her more than life itself?



Commentaire:

 The Thief » est le 16ème tome de la série « La Confrérie de la dague noire » et si je l'ai lu en anglais, c'est que je n'ai pas pu attendre la traduction. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la série (comment ? Est-ce possible ?...), la Confrérie de la dague noire est une série paranormale qui met en scène deux mondes : celui des vampires luttant depuis la nuit des temps contre des tueurs redoutables , les Eradiqueurs et celui des humains qui ignorent complètement qu'ils existent. Et entre ces deux mondes, une confrérie à laquelle appartiennent des guerriers redoutables chargés à la fois, de tuer leurs ennemis et en même temps d'éviter que les humains comprennent ce qu'il se passe. Dans ce 16ème tome, la menace des Eradiqueurs a fortement baissé, ils sont remplacés par une menace plus grande, celle qu'incarne Affhres, ancien soldat de Xcor, qui joue à l'apprenti sorcier après avoir découvert un livre, une sorte de grimoire maléfique. Grâce à un sort, il peut produire des ombres gigantesques capables de tuer et qui n'obéissent qu'à lui. Son but ? Tuer des vampires civils, semer le chaos pour prendre la place du roi Kolher. Mais je ne crois pas qu'il maîtrise complètement ce phénomène maléfique, la preuve en est lors d'un épisode où V et Jane se retrouvent confrontés à un vampire civil qu'ils pensaient mort. Je n'en dirais pas plus sur la scène mais elle surprend et permet de comprendre qu'Affhres ne maîtrise pas vraiment ses ombres. Toujours est-il que cette menace reste encore secondaire dans le roman, JR Ward consacrant son intrigue à deux couples qui sont Ahssaut/Sola et V/Jane. Au début du roman, tout va mal pour les deux couples : Ahssaut est toujours à l'hôpital de la confrérie et il est même agonisant. Son médecin, Jane est même persuadée qu'il faut l'aider à mourir, ce qu'elle ignore c'est que son état s'explique en partie depuis qu'Ahssaut a vu partir la femme qu'il aime, Sola. Il ne pouvait pas faire autrement, Sola est une humaine. Mais devant sa mort imminente, les cousins d'Ahssaut persuadent Sola de venir le voir, mentant sur ce qu'il a et surtout ce qu'il est. La réapparition de Sola permet effectivement à Ahssaut de se remettre rapidement mais ne résoud pas le dilemme qui le taraude. Comment garder Sola et vivre avec elle sans lui révéler ce qu'il est ? Parallèlement à l'histoire entre Ahssaut et Sola, JR Ward revient sur son couple favori V et Jane. La lutte contre les Eradiqueurs, celle contre la bande de Bâtards mais surtout la disparition de la Vierge Scribe que V prend comme une offense personnelle, font que les deux amants se sont éloignés. Jane est accaparée par son métier, V obsédé par les ennemis qui les entourent et bien plus marqué qu'il ne l'admet par le décès de la Vierge (qui je le rappelle est sa mère). Ils ne se comprennent plus et l'on voit avec effroi venir le spectre de la séparation. Je vous rassure mais sans rien divulguer, tout s'arrange. Ne dit-on pas : « On a vu souvent rejaillir le feu de l'ancien volcan qu'on croyait trop vieux » ! 
On parle donc beaucoup d'amour dans ce tome, mais aussi de confiance et de loyauté. Il ne suffit pas de se mettre en couple une fois qu'on s'est déclaré un amour absolu pour que tout aille bien dans le meilleur des mondes. Jane et V en font l'amère expérience. On ne peut pas aimer et taire sa personnalité au risque de dépérir comprend Ahssaut, qui se retrouve obligé de se révéler à Sola bien qu'il sache qu'il peut tout perdre. J'ai beaucoup aimé ce tome plus court que d'ordinaire (seulement 462 pages), plus concentré sur quelques personnages. On dirait une pause avant que la guerre reparte avec son lot de souffrances. Et les nouveaux ennemis, ces ombres, sont flippants, il faut bien le dire. Certes, on râle un peu parce qu'on ne voit pas beaucoup les autres guerriers et leurs compagnes mais, comme pour nous narguer, l'auteur en fait réapparaître un, un ancien guerrier de la Confrérie devenu fou et qu'on avait vu dans le 8ème tome (consacré à John et Xhex) Mheurtre et qui, à mon avis, sera plus présent encore dans le prochain tome comme semble l'indiquer la visite que lui fait Saxton. Au risque de me répéter, j'ai beaucoup aimé et je ne me lasse pas de cette Confrérie. J'attends le prochain avec impatience

jeudi 10 mai 2018

Canicule

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l'Australie. Écrasée par le soleil, terrassée par une sécheresse sans précédent. Sa poussière. Son bétail émacié. Ses fermiers désespérés. Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l'arme contre soi-même ? C'est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d'enfance, n'a aucune raison d'en douter. S'il n'y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste : Luke a menti.
Tu as menti. Sois présent aux funérailles. Revenir à Kiewarra est la dernière chose dont Aaron a envie. Trop vives sont encore les blessures de son départ précipité des années auparavant. Trop dangereux le secret qu'il a gardé pendant tout ce temps. Mais Aaron a une dette, et quelqu'un a décidé que le moment est venu de la payer...



Commentaire:

Il y a quelques années, Aaron Falk a du quitter sa ville natale précipitamment car on l'accusait d'avoir tué une jeune fille Ellie Deacon pour la simple raison que la police avait trouvé dans la chambre de cette dernière un papier sur lequel était inscrit "Falk".Pour rien au monde il ne souhaite revenir à Kiewarra mais son ami d'enfance s'est suicidé après avoir tué sa femme et son fils. C'est ce que tout le monde croit mais pas les parents de Luke qui lui demandent de chercher quelles sont les raisons qui auraient amené leur fils à agir ainsi. Et peut-être qu'il n'est qu'une victime. D'abord réticent, Aaron accepte de rester et d'enquêter. Sa présence fait resurgir le souvenir de la mort inexpliquée de Deacon et bien des gens à Kiewarra aimeraient faire payer Aaron. D'ailleurs des tracts accusateurs circulent, sa voiture est saccagée, l'oncle et le père de Deacon le désignent comme un assassin. Mais Aaron ne cède pas et avec l'aide du seul flic compétent de la ville, il fouille, interroge et bientôt une vérité troublante se fait jour. Bienvenue à Kiewarra dans cette ville asséchée par la canicule où vos moindres mouvements sont surveillés par des gens à l'esprit étroit, prêts à vous écraser s'ils le peuvent. L'intrigue tient ses promesses, le rythme est bien mené et la fin surprend par sa noirceur. A lire absolument. Le roman fait partie de la sélection Polar du Livre de Poche 2018.

Dark desire


Kai Mori. Beau, riche, talentueux… C’était l’enfant chéri de Thunder Bay jusqu’au jour où il a brutalement tourné le dos à son brillant avenir. Un mystère pour tout le monde, sauf pour moi. La même noirceur coule dans nos veines, la même fascination pour le danger et le secret. Ensemble, nous aurions pu être invincibles, peut-être même heureux. Mais nous n’aurons jamais l’occasion de le découvrir. Car aujourd’hui nous sommes ennemis. Et, si Kai s’imagine pouvoir détruire ce que j’ai de plus cher au monde, je me dresserai sur sa route sans hésiter une seule seconde.



Commentaire:

Ce roman fait suite à « Dark romance » qui mettait en scène les amours compliquées et explosives entre Rika et Michael avec en arrière-plan une histoire de vengeance. A la fin du roman, les deux amants étaient enfin réunis mais un danger persistait en la personne du meilleur ami de Michael c’est-à-dire Damon qui a disparu sans laisser de traces. Quand ce roman commence, Kai Mori, partenaire et ami de Michael est persuadé que Damon se cache pas loin d’ici et qu’il attend le bon moment pour se venger. Kai le connaît bien, il connaît son tempérament explosif, sa fragilité et sa violence. Et pour mettre un terme à ce danger qui pèse sur eux et obliger Damon à se montrer, Kai rend visite au père de Damon pour passer un marché. Sur place, il reconnaît une jeune femme, rencontrée six ans plus tôt et qui ne l’avait pas laissé indifférent. Elle se prénomme Banks ou Nick, se cache derrière des vêtements informes, travaille pour Nikov  le père de Damon. Ce que Kai ignore c’est qu’elle est la fille illégitime de Nikov, donc la sœur de Damon, que ce dernier a toujours une attitude possessive envers elle, possessivité qui relève d’une forme de maltraitance même si Banks ne le voit pas comme ça ; et enfin, qu’elle se sent indéfectiblement liée à Damon. Elle accepte de faire partie intégrante du marché établi entre Niko et Kai en se disant ainsi qu’elle pourra protéger Damon quand il réapparaîtra. Il lui suffit de rester dans le sillage de Kai, de l’espionner, et même de se frotter à lui et Damon reviendra. Mais on ne joue pas avec le  feu sans risquer de se faire brûler et Banks se retrouve bientôt coincée entre sa loyauté pour son frère et son amour pour Kai. Le titre laisse présager une 
« dark » romance mais ce n’en est pas vraiment une, elle est d’ailleurs beaucoup moins noire que la précédente. Les personnages sont sombres, complexes mais il n’y a pas une once de méchanceté dans Kai ou de violence gratuite. C’est plutôt un jeune homme encore tourmenté par ce qui est arrivé à lui et ses amis trois ans auparavant qui cherche à fermer la porte sur son passé. Et retrouver Damon en fait partie. Quand il comprend qui est Banks, certes il l’utile mais en même temps, il ne peut plus se passer d’elle. Quant à elle, on comprend peu à peu son attitude, sa façon de se cacher dans des vêtements informes quand on lit ce qu’elle a vécu. Le miracle, c’est qu’elle n’ait pas craqué auparavant ! Vous ajoutez à ces deux personnages un peu de tension sexuelle et vous obtenez une bonne romance. Je vous la conseille vivement.
Je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m'avoir permis de découvrir ce livre. Et enfin, c'est une lecture que j'ai faite aussi dans le cadre #ChallengeNetGalleyFR


Là où elle repose


À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d'un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l'université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l'identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un enfant en bas âge et ne s'est jamais vraiment remise de cette épreuve... Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables.


Commentaire:

J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix Polar du Livre de Poche et j’ai passé un bon moment de lecture même si ce n’est pas un coup de coeur. Mais l’intrigue, justement, est savamment dosée par l’auteur qui a découpé son roman en chapitres qui font entendre les voix de quatre femmes : Molly une journaliste encore affectée par la perte de son deuxième bébé mort à la naissance, Sandy une adolescente dont la vie n’est pas facile –doux euphémisme !- Barbara, une femme au foyer qui se veut parfaite mais à qui on donnerait bien des gifles et Jenny, la mère de Sandy dont on lit des bribes de son journal en 1994. Mais quel rapport entre ces quatre femmes ? Entre 1994 et maintenant ? Peut-être le bébé dont on vient de découvrir le cadavre au bord d’un ruisseau ? Molly qui est encore pourtant fragile après la dépression vécue depuis sa tragédie personnelle, s’accroche à cette affaire, elle se dit que si elle trouve qui était la mère de ce bébé, elle pourra redémarrer une nouvelle vie. Alors elle fouille, s’aperçoit que le lieu où on a trouvé le corps du bébé est à proximité d’un campus où un jeune homme avait trouvé la mort en 1994. Mais il ne fait pas toujours bon de chercher la vérité, parfois elle n’est pas celle qu’on attendait. Je l’ai dit plus haut, j’ai lu avec plaisir ce roman, le rythme est soutenu, le découpage des chapitres nous donne la sensation d’éplucher un oignon : à chaque couche une découverte et à la fin, on pleure devant le résultat. A lire dans un bon fauteuil ou sur la plage ! 

dimanche 6 mai 2018

L'art de perdre


L'Algérie dont est originaire sa famille n'a longtemps été pour Naïma qu'une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu'elle ait pu lui demander pourquoi l'Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l'été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l'Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?


Commentaire:

Je voulais lire ce roman depuis longtemps, ayant lu de nombreuses critiques élogieuses à son sujet. Et je n’ai pas regretté ma lecture d’abord parce que l’écriture de l’auteur m’a saisie et emportée dans une histoire à la fois belle et tragique. Ensuite parce que son roman aborde des thèmes qui me touchent sur l’identité, l’appartenance à une culture, le poids de nos racines, la transmission de nos origines, la famille. Son histoire est divisée en trois parties : nous entendons Ali puis son fils Hamid et enfin sa petite-fille Naïma.

 Tout commence en Algérie dans les années 50, Ali vit dans un village de Kabylie, il règne sur une famille élargie et sur une partie du village grâce à la production d’olives qui les fait vivre. C’est un patriarche, un homme reconnu et écouté, il pense pouvoir transmettre ses biens plus tard au fils qu’il vient enfin d’avoir. Mais tout s’effrite, s’écroule quand un certain FLN commence à commettre des attentats, à menacer les villageois en leur disant que s’ils collaborent avec les français, ils seront punis. Mais qu’est-ce que cela veut dire collaborer ? C’est continuer à recevoir une pension de la France pour faits de guerre par exemple.  Ali qui a combattu au Mont Cassino avec l’armée française ne comprend pas pourquoi il devrait y renoncer, il ne comprend pas non plus pourquoi Akli, un ancien soldat de 14/18, a été égorgé par le FLN et son corps laissé nu devant le bâtiment où se rassemblaient les anciens combattants. Il a peur pour lui, sa famille et son village et se retrouve écartelé entre des soldats français menaçants et un FLN dangereux. Au moment où l’indépendance devient une réalité, Ali fuit avec sa femme et ses trois enfants. On lui a collé l’étiquette de harki, il ne pourra jamais plus s’en débarrasser.
 Les voilà en France, parqués au départ au camp de Rivesaltes qui aura vu passer depuis son ouverture tous les réprouvés d’Europe puis envoyés dans un camp dans les Bouches du Rhône pour travailler pour l’Office national des forêts et enfin à Flers en Normandie. La parole passe alors à Hamid, le fils aîné, car à partir du moment où ils arrivent en France, Ali et sa femme Yema, se taisent en dehors de la cellule familiale. Ils n’ont jamais appris à lire et à écrire, dès lors, c’est leur fils qui s’informe, explique, transmet les paroles du dehors, celle de l’école, de l’administration. Cette parole qui lui est refusée, est difficile à vivre pour Ali qui voit sa vie, son rôle s’étioler entre les murs de l’appartement de la cité où ils vivent, qui voit surtout son fils lui échapper, pire le juger. Hamid a choisi la France, il est décidé à s’imprégner de la culture française, de la faire sienne, alors peu à peu il oublie la langue maternelle, l’Algérie. Il refusera toujours de retourner là-bas et refusera toujours de parler de son enfance en Algérie à ses filles, des événements qui l’ont conduit à se retrouver avec d’autres harkis à Rivesaltes. Ce qu’il veut c’est qu’on le laisse tranquille entre sa femme Clarisse et ses quatre filles.
C’est une de ses filles Naïma qui fera le chemin en sens inverse, elle se rend en Algérie pour son travail (elle doit ramener des œuvres d’un artiste algérien qui vit en France). Naïma est française mais depuis les attentats qui ont touché la France en 2015, elle a l’impression qu’on la regarde autrement et qu’elle doit, plus que d’autres, condamner les actes terroristes. Ce n’est plus son nom qu’on regarde mais son visage qui dit sa culture. Aussi ce voyage en Algérie, elle le refuse longtemps : elle ne connaît rien de ce pays, ni son histoire, ni la langue qu’elle a pourtant essayé d’apprendre. C’est son patron qui l’oblige à s’y rendre partant du principe que puisqu’elle est à moitié algérienne, elle est légitime pour y aller. Mais comme lui dit Ifren, un algérien qui l’accueille à son arrivée : « Tu peux venir d’un pays sans lui appartenir […] Il y a des choses qui se perdent… On peut perdre un pays. » Et effectivement, Naïma se rend compte en se rendant dans le village familial que rien ne la rattache à elle. La famille qu’elle rencontre pour la première fois lui restera étrangère toute sa vie, ce pays dont son père a toujours refusé de parler n’est pas le sien. Il lui permet en tout cas de rapporter à sa grand-mère Yema un peu de sa vie abandonnée en 1962 à travers quelques photos.
Je vous recommande ce roman très beau, très fort et qui laissera dans ma mémoire une marque indélébile.

mardi 1 mai 2018

Que vais-je lire en Mai ?



Je ne sais pas si c'est le printemps qui me fait cet effet mais ces derniers jours j'ai fait chauffer ma carte bleue pour m'offrir quelques livres qui m'ont tapée dans l'oeil!

J'ai une Pal tellement grande qu'on s'y noierait, aussi ai-je décidé de me faire un carnet de lectures pour m'éviter déjà de racheter d'autres oeuvres avant d'avoir fini ce que j'ai noté pour le mois de mai.
Alors au programme:

  • Les derniers livres achetés:
  1. Mille petits riens de Jodi Picoult (je n'ai jamais lu cette auteure)
  2. My absolute darling de Gabriel Tallent (j'ai lu sur Babélio de bonnes critiques)
  3. Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (ce n'est pas récent mais cela fait longtemps que je veux le lire)
  4. Courrier des tranchées de Stefan Brijs (c'est la période historique qui m'a attirée)
  • Les livres empruntés à la bibliothèque:
      5. L'art de perdre d'Alice Zeniter (la liste d'attente était longue... Enfin je l'ai eu et je suis en train            de le lire)
       6. Juste après la vague de Sandrine Collette (le résumé a fait tilt en moi)


  • Par Netgalley (:que je remercie au passage ainsi que toutes les maisons d'édition participantes)
       7. Dark Desire de Penelope Douglas (j'ai lu le tome précédent, donc j'ai obtenu la suite)
        8. L'appât de Daniel Cole (j'ai adoré son premier roman)
        9. Elles de Lisa Lutz (le résumé m'a intéressée)
        10. Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood (Policier au résumé prometteur)
         11. La captive du Gallion de Sabrina Jeffries (l'auteure sera présente au Salon de la Romance                qui se tient les 4 et 5 mai à Paris)
         12. Devious de L.J. Sheen (j'ai le premier tome de la série, donc je vais voir si la suite est à la                     hauteur)


  • Dans le cadre du Prix Polar organisé par le Livre de Poche (pour ce mois-ci, j'ai reçu deux titres mais il y en a un que j'ai déjà lu "Canicule" de Jane Harper
       13. Là où elle repose de Kimberley Mc Creigh (je ne connais pas, on verra) 

Voilà à peu près mon carnet de lectures pour le mois de mai, à cela ajoutez les romans de la saga de Diana Gabaldon que je suis en train de relire et sans doute (car je me connais) d'autres lectures que je n'ai pas encore trouvées.

Bon mois de Mai!

lundi 30 avril 2018

Unité d'élite


En devenant un humain augmenté, Talon Valdez savait que sa vie et ses rêves étaient terminés. Détestés, traités avec suspicion et souvent enfermés, les augmentés étaient perçus comme des monstres. Ils étaient méprisés par le public et on ne leur faisait jamais confiance pour servir dans l'armée ou dans n'importe quel autre organisme des forces de l'ordre. Des années plus tard, Talon a l'opportunité de monter une unité d'élite composée d'humains augmentés qui sera mise au service du FBI, mais sous une condition non négociable : chaque augmenté devra faire équipe avec un humain ordinaire. Finn Mayer rêve de rejoindre le FBI depuis qu'il a quatorze ans. Il a fait tous les sacrifices possibles pour y arriver, y compris vivre avec sa mère égoïste et son frère homophobe et tyrannique, et renoncer à avoir un petit ami. Mais sa dyslexie non diagnostiquée a coupé court à ses aspirations. Sa dernière chance est de faire équipe avec Talon, un augmenté aux capacités létales qui ne fait pas confiance aux humains ordinaires pour garder les secrets de ses semblables et qui veut voir Finn échouer. Finn dispose de quatre semaines pour se montrer à la hauteur aux yeux de ses coéquipiers. L'équipe a quatre semaines pour faire ses preuves auprès du public. Et quand un autre groupe menace leur succès ? Et que leur vie sont mises en danger ? Ils ont quatre semaines pour survivre.




Commentaire:


Cette histoire d’augmentés m’a fait penser aux X men, ce qui explique un peu pourquoi je me suis laissée tenter par ce roman. Mais cette impression surnaturelle s’estompe assez vite je trouve pour laisser place à une intrigue mêlant actions, testostérone et quelques passages intimes (je trouve qu’il n’y en a pas beaucoup d’ailleurs). Comme c’est le premier tome d’une série, l’auteur a dû jongler entre nous présenter le contexte : une société qui a vu apparaître dans les années 70 un phénomène nouveau, tout d’un coup des humains ont vu leurs capacités physiques multipliées après l’apparition d’une cicatrice violette sous l’œil. Que faire d’eux ? Doit-on les considérer comme une menace ? ensuite,  les personnages récurrents qui auront certainement ensuite leur propre histoire : nous faisons connaissance avec Talon, Sawyer, Gaël, Vance et Eli, tous des augmentés qui rêvent de mettre leurs pouvoirs au service du FBI. Mais comme la société n’est pas prête à les accepter dans ce type de rôle, car les préjugés contre eux sont puissants, il faut trouver une solution. Et la solution s’appelle Finn, un humain sans pouvoir, dyslexique, aux résultats moyens mais à l’esprit aiguisé, courageux et fiable. Il doit travailler comme coéquipier de Talon et prouver que leur paire fonctionne. Si cela marche, alors d’autres augmentés, comprenez Sawyer, Gaël and co, pourront à leur tour bosser en binôme avec un humain ordinaire. Or Talon n’y croit pas et dès que Finn se présente, il cherche surtout à le faire échouer, ce qui est d’autant plus difficile qu’il est tout de suite attiré par lui. D’ailleurs, je le comprends, j’ai beaucoup aimé Finn. C’est le personnage le mieux construit de l’histoire : il est attendrissant sans être pour autant niais. Plein de bonne volonté et tenace ; courageux sans être téméraire et surtout prêt à aimer sans conditions Talon qui, de son côté, tergiverse beaucoup, un peu trop même.  Nous avons donc un début de série sympathique, reste à confirmer cette impression par la suite.
Je remercie les éditions MxM Bookmark et Netgalley de m’avoir permis de découvrir cette auteure.

Rendez-vous à Belinay


La mort s'invite à l'ombre du Plomb du Cantal. Depuis le suicide de son père, le député du Cantal Edouard Cantelauze, Juliette, jeune antiquaire, vit avec sa soeur et son frère adolescents dans la maison familiale de Belinay auprès de sa grand-mère, Cornelia. Cinq ans ont passé mais les blessures restent vives. La mère de Juliette est partie vivre à Paris avec l'aînée des enfants, Sonia, qui ne pardonne pas à son père de s'être empoisonné le jour même de la réception donnée pour ses vingt ans. Faute d'une lettre d'explication, tout le monde est persuadé qu'Edouard Cantelauze cachait une profonde dépression. Lorsque Juliette découvre une lettre qui remet tout en cause... Pour en avoir le coeur net, la jeune fille s'emploie alors à réunir toutes les personnes présentes le jour du drame. Lors du réveillon de Noël, tandis que les éléments se déchaînent coupant Belinay du reste du monde, les passions les plus enfouies et les plus criminelles vont se dévoiler...



Commentaire:

J’ai été attirée par le résumé de ce livre pour deux raisons : j’aime les secrets de famille et l’action se passe en Auvergne. Un policier terroir, me suis-je, cela va me changer de tous les romans nordiques ou américains. J’avoue que si j’ai bien aimé le paysage dans lequel se passe cette intrigue, un paysage rustre et encore sauvage, j’ai trouvé que l’histoire peinait à démarrer. Tout part d’une lettre d’Edouard Cantelauze retrouvée par sa fille Juliette, trois ans après son suicide. A la lecture de la déclaration d’amour à une autre femme que la sienne, Juliette se persuade avec sa grand-mère que son père a été assassiné forcément par un membre de la famille ou par un des invités présents le jour du décès. Comme Noël approche, la grand-mère, matriarche autoritaire, décide de rassembler sous son toit tous ceux qui étaient là le jour du drame. J’ai cru ainsi que nous aurions un huis-clos : une quinzaine de personnes coincées dans une maison alors que, dehors, la neige et le vent empêchant la moindre sortie avec une ambiance Agatha Christie. Un dix petits nègres français, en quelque sorte. Mais en fait, pas du tout, l’auteur met du temps avant d’arriver à cette fameuse fête, puis quand la grand-mère fait son annonce tonitruante, celle-ci fait un flop à cause d’une coupure de courant et du départ précipité de quelques convives qui habitent non loin de la maison des Cantelauze. Le lecteur se retrouve frustré et se demande où est Hercule Poirot !  De même, j’ai trouvé que la résolution de cette affaire était rapide et un peu trop invraisemblable. Reste un beau roman de caractère : Sylvie Baron décrit avec art une famille dysfonctionnelle, une grand-mère autoritaire, une mère incapable d’aimer, une fille aînée bien trop envahissante et sûre de son charme, une Juliette bien trop effacée, la dernière des filles en pleine souffrance adolescente et un frère perdu dans son univers de jeux vidéos. L’adage « on choisit ses amis mais pas sa famille » s’avère une fois de plus vrai.

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman.