samedi 21 septembre 2019

Patients

Accident, handicap, reconstruction, leçon de vie...

"Patients" est le premier livre de Grand Corps Malade. Avec la plume poétique, drôle et incisive qu’on lui connaît, il livre le récit de son année de convalescence dans un centre de rééducation pour handicapés lourds. Il nous fait entrer dans ce monde méconnu qu'il découvre alors : l'immobilité totale, les soins quotidiens, les médecins et les infirmiers dont on est entièrement dépendant. Des histoires personnelles, émouvantes, parfois drôles, toujours instructives des autres patients qu’il côtoie. Avec ses camarades de chambrée, handicapés tout comme lui, il vit, le temps de cette renaissance en rééducation, des péripéties truculentes et cocasses, entre les rires et les larmes, qu’il nous raconte avec humour et beaucoup de générosité. Patients est une leçon de vie, et d’optimisme, pour chacun d’entre nous.

Commentaire :
J’aime beaucoup Grand Corps Malade, ses textes sont poétiques et abordent des sujets parfois difficiles. J’ai en tête notamment « Sixième sens » qui évoque l’accident qui a changé le cours de sa vie, je l’ai souvent étudié avec des élèves pour la leçon de vie qu’il délivre. J’avais vu qu’il avait écrit « Patients » mais je n’avais pas pris la peine de le lire. Et puis comme je cherche une autobiographie à faire lire à mes élèves, je me souvenu de ce livre et je l’ai lu…

La lecture de « Patients «  m’a beaucoup touchée : pas de surenchère dans le pathos, rien de larmoyant ni de lourd, tout est dans la retenue et la dignité. On connaît l’accident qui a cloué Grand Corps Malade sur un lit et lui a fait vivre des mois de travail pour vaincre son propre corps et recommencer à marcher. Et pourtant il en parle avec tellement de pudeur qu’on a l’impression, mais l’impression seulement, que sa guérison a été facile. Pourtant à travers les pages, on sent la souffrance, la gêne, l’humiliation qu’on peut ressentir à se sentir diminué, à n’être qu’un corps qu’on manipule, qu’on déplace plus ou moins maladroitement (je pense à Christiane l’aide-soignante surnommée « Le sanglier des Ardennes » gentille mais si gauche), à vivre avec ce  corps si familier et étranger en même temps. Après cette lecture, on ne peut que se louer d’être en bonne santé.

Ma lecture m’a donc convaincue de lire ce roman avec mes élèves car au-delà de l’histoire personnelle de Grand Corps Malade, c’est aussi l’occasion de travailler sur la différence, le regard sur les autres, le handicap, etc. Je n’espère qu’une chose, que mon approche sera à la hauteur de ce livre émouvant.

En chute libre


Fuite, secret, famille, amour...

Elle va lui donner une raison de se battre.Il va lui apprendre à affronter ses peurs. Solomon Sanders n’a pas de temps à perdre avec les sentiments. Depuis toujours, la violence fait partie de son monde, de son ADN. Il se bat pour ce qu’il croit juste, pour les personnes auxquelles il tient, pour sauver les quelques graines de bonté qui subsistent dans le désert aride qu’est la ville de The Point. Alors, quand il tombe sur une jeune mère célibataire et sa fille en train de se faire agresser dans une ruelle sombre, il réveille la bête  ; celle qui le transforme en monstre tatoué, en montagne de muscles et de rage. Sa mission accomplie et les damoiselles sauvées, Solomon est bien déterminé à oublier cette rencontre et à reprendre son quotidien. Mais, lorsqu’il découvre qu’Orley et sa fille, Noble, sont ses nouvelles voisines, il pressent que sa vie ne sera plus jamais la même…

Commentaire:

Ce roman se déroule dans le même univers que celui qui est décrit dans la série Bad, et d'ailleurs on en retrouve quelques uns des personnages, mais il n'appartient pas à la série et peut se lire sans problèmes si vous ne la connaissez pas.

C'est une romance contemporaine toute mignonne qui nous est racontée. Orley, pendant longtemps jeune fille riche et gâtée a fui sa famille pour protéger sa fille. Elle a tout quitté et se retrouve dans le quartier the Point où on peut se faire détrousser voire tuer pour un regard. D'ailleurs, un soir, alors qu'elle rentre dans son appartement, Orley  est agressée par un type prêt à en faire son dessert quand elle est sauvée par son voisin Solo. Celui-ci, normalement, évite de se mêler des affaires des autres, entre boulot de mécanicien, études, combats et sa mère dont il a la charge, il ne peut pas s'intéresser à sa voisine. Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore et le voilà bientôt amoureux, et réciproquement. Mais la belle a des secrets qui finissent par la rattraper...

Encore une fois, je me suis laissée avoir par l'écriture addictive de Jay Crownover, j'ai beau être une adulte mature comme on dit, j'ai été embarquée par cette histoire d'amour entre deux jeunes gens que tout sépare. Du rythme, de l'amour, un méchant pour donner du piment, et la mayonnaise prend. J'ai d'ailleurs préféré ce roman au dernier tome de la série Bad.
 Je vous le recommande et je remercie au passage les Editions Harper Collins et Netgalley de m'avoir permis de le lire.

Liquide inflammable

Enlèvement, mystère, secret de famille, meurtres...

Alors qu'elle sonde les profondeurs d'une vieille carrière inondée à la recherche d'une cargaison de drogue, l'inspectrice Erika Foster fait une macabre découverte : un sac-poubelle renfermant des ossements d'enfant.
Le légiste est formel : le squelette est celui de la petite Jessica Collins, sept ans, dont la disparition en 1990 avait profondément ému l'Angleterre. Un dossier classé sans suite depuis.

Obsédée par ce drame, Erika se jure de faire toute la lumière.
Mais entre la pression de sa hiérarchie, l'effervescence des médias alléchés par ce sordide rebondissement et le silence de la famille Collins, la flic entêtée sent rapidement qu'elle a mis les pieds dans une affaire complexe, aux ramifications aussi noires qu'étonnantes... et dangereuses.

L'eau est un parfait tombeau. Et l'on ne devrait jamais déranger ceux qui y sont engloutis.

Commentaire:

Je suis les aventures policières d'Erika Foster depuis le début et quand j'ai vu ce nouvel opus, j'ai sauté dessus et je l'ai dévoré en quelques jours. Une fois de plus j'ai beaucoup aimé ce personnage féminin tenace et courageux.

L'intrigue est très sombre: alors qu'Erika Foster fait sonder les eaux d'une carrière inondée pour retrouver de la drogue, son équipe tombe sur le squelette d'un enfant. Et pas n'importe lequel, il s'agit du corps d'une petite fille portée disparue plus de vingt ans plus tôt. Sa disparition jamais élucidée a ruiné la carrière d'une inspectrice Amanda Baker, détruit celle d'un homme accusé à tort d'avoir enlevé l'enfant, détruit une famille...Vingt-six ans plus tard, Erika demande à être chargée de l'affaire, la mort de cette petite fille la bouleverse et elle est persuadée de pourvoir élucider l'affaire. On lui donne une équipe, des moyens mais Erika va s'apercevoir assez vite qu'il ne fait pas bon fouiller le passé.

Une intrigue solide qui entraîne Erika dans les secrets d'une famille qui n'a toujours pas fait le deuil de leur fille et soeur. Notamment la mère que j'ai trouvé monstrueuse, on aimerait pleurer pour elle mais son comportement est tel qu'on aimerait plutôt lui tourner le dos. Le rythme est soutenu, on va de surprise en surprise: les suspects qui sont arrêtés, malgré leur noirceur, ne sont pas les coupables. Il faut attendra la fin -à laquelle je ne m'attendais pas- pour connaître enfin ce qui est arrivée à Jessica Collins, la seule innocente dans cette histoire. 

Je vous recommande ce roman et j'en profite pour remercier les Editions Belfond et Netgalley d'avoir pu le lire.

mercredi 11 septembre 2019

Jack


Canada, meurtres, Franc maçonnerie, journalisme...

 Montréal, par une étouffante une nuit d’août 1891. Une prostituée est retrouvée sur le pavé mal famé du Red light, égorgée et mutilée avec violence et précision. Joseph Laflamme, jeune journaliste dont la vie flotte quelque part entre la modestie et la misère, décide d’enquêter sur ce meurtre qui n’intéresse encore personne. Parce qu’il pense à Mary, la petite déesse des rues dont il est amoureux et qui aurait pu être la victime. Parce qu’il a désespérément besoin de vendre ses articles aussi. Ce qui ne tarde pas, le premier indice le mettant sur la piste d’un mystérieux ordre de francs-maçons. Et quand les meurtres s’enchaînent, c’est l’ombre du tristement mythique Jack l’éventreur qui surgit. Quelqu’un imite-t-il le célèbre tueur ou Jack lui-même aurait-il traversé l'Atlantique ?

Commentaire:

La légende de Jack l'éventreur est un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre et suscite toujours autant de spéculations sur l'identité de cet homme qui assassina et mutila des prostituées avant de disparaître dans la nature.
Dans ce roman qui se déroule au Canada en 1891, une prostituée est retrouvée morte et mutilée. Un jeune journaliste, Joseph Laflamme, en quête d'un scoop qui pourrait arrondir ses fins de mois (et même ses mois tout courts) s'intéresse à ce fait divers qui le met sur la piste d'un ordre de francs-maçons. Un deuxième meurtre commis dans les mêmes conditions que le premier confirme la piste de Laflamme et le voilà, presque malgré lui, entraîné à la poursuite d'un tueur qui pourrait être le fameux Jack l'Eventreur lui-même.
Joseph est aidé dans cette quête par sa soeur Emma et par  d' anciens inspecteurs de la Scotland Yard, persuadés que Jack l'Eventreur a traversé l'Atlantique et qu'il sévit dans les rues de Montréal.
J'ai bien aimé cette intrigue même, si au début, j'ai été un peu déroutée par l'intrusion de la Franc-maçonnerie dans l'histoire n'étant pas particulièrement attirée par l'ésotérisme et les complots de toute nature. En plus je n'y connais rien, il m'a donc été difficile de savoir si ce qui dit Hervé Gagnon relève du pur fantasme ou s'il y a des bribes de vérité dans l'organisation de cet ordre mystérieux. De même,  j'ai trouvé que la fin était un peu tirée par les cheveux mais l'ensemble est bien écrit et rythmé. 
Si vous voulez connaître une énième version sur l'identité et les raisons des meurtres épouvantables de Jack l'Eventreur, je vous conseille ce roman.

Sous le charme du highlander


Ecosse, sorcière, complot, amour...

Elle ne peut se résoudre à l’aimer. Car elle doit se venger.James MacKenzye, Ellia n’oubliera jamais ce nom. Celui de l’être abject et sans pitié qui a assassiné ses sœurs, les brûlant sur un bûcher comme des sorcières. Depuis ce jour, en proie chaque nuit à des cauchemars terribles, elle s’est fait une promesse  : celle de retrouver ce barbare et de venger sa famille. Devenue membre d’une communauté de femmes au service de ceux qui en ont besoin, elle rencontre par hasard lors de sa première mission un homme blessé. Lorsqu’elle comprend qu’il s’agit d’Edward MacKenzye, le fils de son pire ennemi, Ellia y voit le signe que l’heure de la vengeance a sonné… Mais Edward est bien différent de la brute cruelle qu’est son père, et un combat intérieur fait bientôt rage en elle. Doit-elle rendre justice au passé ou accepter de se tourner vers l’avenir  ?

Commentaire:

Je ne connaissais pas cette auteure, aussi je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m'avoir permis de la découvrir.

Si vous aimez les romans à rebondissements multiples, les amours compliquées et les méchants , vous aimerez ce roman car Ellia, l'héroïne, en voit de toutes les couleurs. Sa famille ayant été assassinée sous ses yeux, Ellia décide de venger leur mort dès qu'elle croisera la route du clan Mac Kenzye. Problème, quand elle croise le chemin d'un d'entre eux, elle en tombe follement amoureuse et il lui est bien difficile de le rejeter.  Et même lorsqu'elle succombe à ses charmes, des ennemis vont s'empresser de semer le trouble entre les deux amants. 

J'arrête là de vous parler de l'intrigue car je dois dire que je n'ai pas du tout adhéré à l'intrigue et encore moins à l'écriture. Personnages caricaturaux, dialogues simplistes, scènes de sexe laides et vulgaires....J'ai eu du mal à terminer le livre et je crois bien que je ne lirai plus jamais Ava Kröl.

lundi 15 juillet 2019

Les fantômes de Manhattan

Vengeance, trahison, secret, manipulation…

Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein coeur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Commentaire:
C’est le premier roman de R J Ellory que je lis et si je me suis décidée à le faire, c’est parce que j’ai lu de nombreuses bonnes critiques sur lui. J’ai donc entamé cette lecture avec beaucoup d’attentes et je dois dire que j’ai failli abandonner et laisser sur le carreau ces fameux fantômes. J’ai trouvé que l’histoire commençait mollement, je ne voyais pas le rapport entre cette jeune femme libraire, vivant une vie horriblement banale et la vie de ce Haïm.
Mais je me suis accrochée et j’ai bien fait car mon intérêt a grandi. Dans la vie d’Annie si monotone, surgissent soudain deux hommes : un certain Forrester qui affirme avoir connu son père et tient à lui faire découvrir un manuscrit écrit par un inconnu et qui raconte l’histoire d’un jeune juif rescapé des camps. Et en même temps, elle fait la connaissance de David Quinn agent travaillant pour les Assurances maritimes avec qui elle a une liaison enflammée. J’ai vite compris que ce David Quinn était bien trop beau pour être innocent d’autant que la lecture du manuscrit a confirmé mes soupçons sur les liens qui existent entre Annie et Forrester. J’ai deviné avant elle ce qui allait lui tomber dessus. J’ai vite basculé de son côté, vivant avec elle sa joie comme sa douleur provoquées par sa liaison tumultueuse avec David, me demandant pourquoi elle devait payer pour les péchés de Haïm. Par contre, je ne m’attendais pas à la fin. Je l’ai trouvée brillante, j’ai eu l’impression d’entendre le rire triomphant  de Haïm dit Harry Rose à l’encontre de son ancien partenaire.
Je résume : une intrigue bien ficelée, une écriture sublime ! De quoi passer un très bon moment de lecture.
Challenge Babelio Pavés 2019
Challenge Babelio Multi-défis 2019

Ce qui nous consume

Maltraitance, violence parentale, amour, secret…

Violette, au passé troublé mais au brillant avenir, vient d’intégrer une école d’art. Elle s’est installée chez sa mère et son nouveau mari, et a fait la connaissance du fils de celui-ci, le solitaire et énigmatique Adam. Après s’être ignorés puis déchirés durant des semaines, ils ont trouvé la paix dans les bras l’un de l’autre et se sont déclaré leur amour. Violette doit désormais apprendre à lui faire confiance, mais les secrets qui voilent le ténébreux regard d’Adam pèsent sur leur couple. Parviendra-t-il à lui révéler ses démons et à accepter son aide?

Commentaire:

Ce roman est la suite de « Ce qui ne tue pas », on retrouve nos deux personnages principaux Violette et Adam. Après s’être tournés l’un autour de l’autre dans le premier tome, ils approfondissent leurs relations même si chacun garde ses secrets : Violette a été harcelée l’année de sa terminale et Adam cache la violence physique et morale de son père. Des secrets qui deviennent intenables pour eux surtout s’ils souhaitent vivre leur amour au grand jour. C’est surtout le secret d’Adam qui doit éclater, ne serait-ce que pour lui permettre de se libérer d’un père ignoble et dévastateur, mais surtout de pouvoir se sentir libre d’aimer Violette. Celle-ci soupçonne bien que le père exerce une autorité abusive contre son fils mais elle est loin de se douter de la vérité. Quand celle-ci éclate, elle est bien plus terrible que prévu.
Cette suite m’a beaucoup plu, l’auteure a su à la fois me toucher avec cette histoire d’amour pleine de fragilité et de délicatesse tout en abordant avec beaucoup de justesse un thème difficile, celui de la violence parentale. Ludwig, le père, est un être ignoble qui tyrannise son fils depuis des années, le bat et a réussi à le persuader qu’il n’était qu’un raté. Le pire c’est qu’aux yeux de la société Ludwig apparaît comme un bon père. Le personnage d’Adam est bien construit, par rapport à ce qu’il vit, il aurait pu être caricatural, Georgia Caldera aurait pu tomber dans une forme de surenchère morbide, ce qui n’est pas le cas. Adam est un garçon fort et fragile en même temps qui trouve enfin la personne qui lui permet de sortir de ce cauchemar, Violette !
Un beau roman que je recommande !

jeudi 4 juillet 2019

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air

Catastrophe nucléaire, secret d'état, destin, tragédie...

En URSS, en 1986.
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture, et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante.
Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer.
La vie de ces quatre personnages va changer. Le monde ne sera plus jamais le même...

Commentaire:

Cette lecture m’a été inspirée par la série « Tchernobyl » dont je ne me remets toujours pas. J’ai voulu lire des ouvrages sur cette catastrophe et je suis tombée sur ce roman. Certes c’est une fiction mais l’auteur a fait des recherches avant de l’écrire, et je dois dire, que j’ai dévoré ce roman en quelques jours.


Tout commence le 26 avril 1986 quand la catastrophe a lieu et on suit le destin de quatre personnes : Artiom vit non loin de la centrale ; Grigori est un chirurgien doué et, malheureusement pour lui, il a été remarqué par un représentant du parti chargé de se rendre sur place ; son ex-femme Maria travaille à l’usine à Moscou depuis qu’elle a été virée de son journal pour propos séditieux ; enfin Evguéni le neveu de Maria découvre la musique sans en comprendre encore l’essence.

Le roman s’attache à la fois à la manière dont le parti communiste a géré la catastrophe à travers les personnages d’Artiom et de Grigori et montre en même temps la déliquescence d’un régime avec Maria et dans une moindre mesure Evguéni. J’ai préféré les chapitres consacrés à Artiom et Grigori : Artiom est un adolescent de 13 ans qui, quelques jours, après l’explosion du réacteur, est expulsé sans ménagements de chez lui avec toute sa famille et balancé (il n’y a pas d’autres mots) dans les environs de Minsk dans des bâtiments sans confort. Une fois sur place, ils sont livrés à eux-mêmes, les premiers moments de compassion sont vite remplacés par la peur d’être contaminés si on les approche trop près. Le père d’Artiom, lui, est réquisitionné comme liquidateur, et envoyé dans la forêt pour couper les arbres. Sans véritable protection, avec un matériel qui rend l’âme rapidement, non remplacé, le verdict tombe rapidement : le père meurt dans des conditions effroyables dans le dénuement le plus absolu, sans infirmières  auprès de lui, ces dernières effrayées ont quitté l’hôpital ! Quant à Grigori, ce chirurgien doué, il est écarté et menacé d’être envoyé dans un hôpital psychiatrique s’il continue de vouloir faire ce pour quoi il était venu : chercher à protéger tous ceux et celles qui sont dans les parages. Quand il s’aperçoit qu’au-dessus de Minsk planent des nuages radioactifs, il aimerait qu’on évacue la ville mais il se heurte à l’intransigeance du parti communiste. Pas question d’évacuer une ville de la taille de Minsk, il en va du prestige de l’URSS, de ce système grandiose qui a su maîtriser le nucléaire… Tout cela fait froid dans le dos surtout quand on sait qu’on ne sait toujours pas exactement combien de gens sont morts à cause de cette catastrophe. A lire de toute urgence !

samedi 22 juin 2019

Au loup

Pédophilie, viol, accusation mensongère, secret, famille...

L'accusé : Nick, prof de théâtre au collège, époux et père comblé, est un homme épanoui. Un soir, une visite de la police. Le voilà accusé d'agression sexuelle par une de ses élèves de douze ans. En quelques heures, l'angoisse, la honte, l'épouvante s'abattent sur sa vie. Alors que l'opinion publique crie au loup, Nick doit faire face au raz de marée qui menace d'engloutir sa réputation, son travail, sa famille.
La victime : Angela déteste ses parents, ses camarades, sa vie. Après un suicide raté, elle explique son geste à sa mère : son professeur de théâtre l'a touchée, contre son gré. Le mot est lâché. La voilà soudain propulsée au centre de toutes les attentions, mais aussi la cible des pires ragots au collège. Dépassée par les événements, elle se réfugie dans un mutisme qui sonne comme un appel au secours.
Coupable ou innocent ? Victime ou menteuse ? Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Pour ces deux êtres blessés, le salut ne pourra advenir qu'à une seule condition : que la vérité éclate au grand jour. 

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Belfond et Netgalley d’avoir pu découvrir ce roman d’une auteure que je ne connaissais pas. J’ai plongé rapidement dans l’intrigue : une très jeune adolescente, mal dans sa peau, violente avec les autres et avec soi-même, accuse son professeur de théâtre de l’avoir touchée.

 Aussitôt, l’homme est arrêté, questionné puis relâché avec interdiction d’approcher des enfants alors qu’il est marié et père de deux jeunes enfants. Son monde s’écroule, il est considéré comme coupable alors qu’aucune preuve réelle n’existe contre lui. La seule chose qu’il puisse faire, c’est attendre que l’enquête suive son cours. Cette attente est insupportable à vivre car elle laisse Nick dans une situation terrible. Coupable aux yeux de la société, suspicieux aux yeux de sa famille, à commencer par sa femme,  même si elle veut se persuader que Nick est innocent, il n’empêche que sa vie ne sera plus jamais la même innocenté ou non. Le voilà avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.


Quant à la jeune fille qui l’accuse, on se comprend rapidement qu’il y a anguille sous roche. Elle a essayé de se suicider, ne supporte pas sa mère, aimerait vivre avec son père tout en ayant du mal à l’accepter, garde dans son agenda des photos et des dessins de Nick, celui qui l’aurait agressée et n’arrive pas à parler. Que cache-t-elle ? Pourquoi avoir accusé Nick alors que visiblement elle a le béguin pour lui ? Assez vite, j’ai plus ou moins compris qui était celui qui l’avait violée. La vérité n’en est plus qu’insupportable.

J’ai bien aimé la construction du roman car l’intrigue est vécue par 4 personnages fondamentaux : Angela, Nick, Donna et Stephen, ce qui donne du rythme mais aussi des indices au lecteur qui aimerait savoir la vérité avant d’arriver à la fin. Un bon roman à lire !

lundi 17 juin 2019

Une étincelle de vie


Prise d'otage, avortement, libre conscience...


Alors qu’il célèbre son quarantième anniversaire au poste de police, Hugh McElroy, un négociateur de crise, est appelé sur le site d’une prise d’otages. Une heure plus tôt, un homme armé a fait irruption dans une clinique et a ouvert le feu, faisant plusieurs victimes. Il devient vite évident que le forcené a délibérément ciblé le dernier établissement de santé du Mississippi à pratiquer l’avortement. La situation s’avère délicate ; elle devient cauchemardesque quand Hugh apprend que sa fille unique âgée de quinze ans se trouve à l’intérieur du bâtiment. Mais que fait-elle là ?
Dans le Nord de l’État, une adolescente se réveille dans un lit d’hôpital. Un policier en faction garde l’entrée de sa chambre et une avocate se tient à son chevet. Beth a dix-sept ans et ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Ayant dépassé le délai légal, elle a avorté par ses propres moyens en commandant des médicaments sur Internet. Hospitalisée à la suite d’une hémorragie, elle apprend quelques heures plus tard sa mise en examen. Pourrait-elle être condamnée pour meurtre ?

Commentaire:

A l’heure où certains Etats des USA tirent à boulets serrés sur les quelques centres d’avortement qui subsistent, où on restreint les lois des femmes à pouvoir avorter quand on ne cherche pas à demander la peine de mort contre celles qui avorteraient puisque avorter serait comparable à un meurtre, je vous conseille de lire le nouveau roman de Jodi Picoult « Une étincelle de vie ». Ce roman évoque, à travers une prise d’otage, ce thème douloureuxt et ce que j’ai aimé c’est que l’auteure ne prend pas parti. Elle fait entendre aussi bien la voix de ceux et celles qui cherchent à préserver ce droit que les arguments de ceux et celles qui considèrent que ce droit est une autorisation de tuer. Au lecteur de choisir en son âme et conscience sa position.


L’intrigue se concentre donc dans le dernier centre du Mississippi ouvert pour les femmes qui souhaitent avorter. Un homme surgit et tue quelques personnes avant de prendre en otage les quelques malheureuses présentes. Parmi elles, une adolescente Wren qui venait simplement demander la pilule, une jeune femme, Joy, qui vient d’avorter, une autre, Janine, en mission secrète pour le compte du groupe anti-avortement auquel elle appartient, une infirmière, Izzy, le médecin qui pratique les IVG. A l’extérieur un flic, Mc Elroy, qui négocie avec le tueur tout en sachant que sa fille est à l’intérieur. La prise d’otage est donc ainsi racontée par ces femmes et ces hommes, chacun vivant différemment les événements. De plus, elle est racontée à l’envers car le roman commence en fin de journée au moment où la prise d’otage va s’achever. Remonter le temps permet de découvrir peu à peu les raisons pour lesquelles ces femmes se sont trouvées là au mauvais endroit au mauvais moment, pour lesquelles le tueur est intervenu et a décidé de s’en prendre à ce centre. C’est l’occasion aussi d’apprendre à quel point la législation de certains Etats conservateurs fragilisent la condition des femmes qui cherchent à avorter en dernier recours. Et plutôt que de hurler après ces femmes désespérées, on ferait peut-être mieux de les aider financièrement à élever leurs enfants. De toute façon interdire l’avortement légal n’y mettra pas un terme. Ce sera plus dangereux pour les plus démunies, quant aux plus riches, elles auront toujours les moyens de le faire sans danger.

Un très bon roman que je conseille vivement !

dimanche 9 juin 2019

Deux femmes dans la tourmente

Seconde guerre mondiale, traumatisme, infirmière, occupation...

 La guerre leur fait vivre le pire, mais révèle le meilleur d'elles-mêmes. Sur le front français, Jo prend en charge un groupe d'hommes blessés. Des vies fragiles dont elle est le seul espoir et qu'elle entend protéger jusqu'au bout. Aux Philippines, Kay découvre l'enfer des camps de prisonniers japonais. Pour l'une et l'autre, la vie est devenue un défi quotidien. Les innocentes étudiantes d'hier se découvrent femmes et combattantes. Se retrouveront-elles à l'issue de cet interminable conflit ?

Commentaire:

C’est un premier roman et je remercie les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de découvrir cette auteure.  Je dois dire que c’est le résumé qui m’a attirée au premier abord car l’intrigue se déroule pendant la Seconde guerre mondiale (une période historique dont je ne me lasse pas) et évoque le sort des infirmières, sujet qui n’est pas souvent évoqué.

Jo et Kay sont deux amies qui, après leurs années d’apprentissage à New York, ont été séparées et envoyées sur deux fronts différents : Jo en Europe et Kay dans le Pacifique. Le roman alterne entre les voix de Jo et de Kay qui au début de 1945 se trouvent toutes les deux dans une situation difficile. Jo est quelque part entre la France et l’Allemagne,  au moment de la dernière offensive allemande, et alors que son équipe médicale a reçu l’ordre d’évacuer, elle se retrouve seule avec 6 blessés à sa charge. S’ensuivent quelques jours périlleux où elle doit faire face aux souffrances de ses blessés, tout en restant dans l’ignorance de ce qui se passe.

Son amie Kay, elle, est encore en plus mauvais posture car elle est prisonnière avec bon nombre de civils  dans un camp d’internement à Manille.  Depuis des mois, ils subissent la tyrannie des Japonais, à la moindre incartade, c’est la mort assurée. De toute façon, tout le monde est condamné car il n’y a pas assez à manger et Kay glisse lentement vers la mort. Entre deux moments de lucidité, elle se souvient de l’attaque de Pearl Harbor, de son mari mort dans la jungle, des attaques des soldats japonais, des blessés qu’on peut difficilement soigner, etc.

J’ai un avis mitigé sur ce roman : d’un côté j’ai beaucoup aimé l’évocation du travail et de l’abnégation des ces infirmières dont la vie était aussi aléatoire que celle des soldats qu’elles soignaient car elles n’étaient pas à l’abri des bombes ou des rafales de mitrailleuses. J’ai préféré d’ailleurs les chapitres consacrés à Jo, ce sont eux que j’ai trouvé les plus crédibles. Par contre, j’ai trouvé que l’auteure ne parlait pas assez de l’occupation japonaise dans le Pacifique. L’histoire de Kay aurait demandé plus de développement, notamment pour comprendre exactement comment elle s’est retrouvée à Corregidor puis dans ce camp d’internement. Pas assez d’informations  non plus sur les conditions d’internement. J’avais en tête un roman de Neville Shute « Le Testament », lu il y a des années, et qui abordait les mêmes thèmes et qui m’avait beaucoup plu, je le conseille d’ailleurs. Du coup, Je me suis moins intéressée au sort de Kay qui, paradoxalement, est bien plus douloureux que celui de Jo.

Ceci dit malgré ces quelques faiblesses, c’est un premier roman à découvrir et j’espère que l’auteure continuera dans cette veine. 

samedi 8 juin 2019

Le violoniste

Goulag, arrestation arbitraire, secret, famille...

Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilja Grenko quitte la salle de concert sous des tonnerres d'applaudissements, son stradivarius à la main, il est arrêté et conduit à la terrifiante Loubianka, le siège du KGB, sans comprendre ce qu'on lui reproche. Après des jours de privations, d'humiliations et d'interrogatoires, Ilja signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil au bout du monde, dans un enfer à ciel ouvert, le Kazakhstan. Et le violons de Grenko, d'une valeur inestimable, disparaît à jamais.
Deux générations plus tard, le petit-fils de Ilja, Sacha, se met en quête du stradivarius et découvre les heures les plus sombres de l'histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine.

Commentaire:

J’ai découvert Mechtild Borrmann avec son « Sous les décombres » que j’avais dévoré. Comme toujours quand je découvre un auteur et qu’il me plaît, je vais voir ce qu’il a écrit. Et j’ai découvert « Le violoniste » récompensé par le Grand Prix des Lectrices Elle. Je l’ai lu d’une traite, je peux même dire que j’ai eu du mal à lâcher le livre tant j’avais hâte de connaître le destin de cette famille Grenko écrasée par le régime communiste soviétique.


1948 : tout commence par l’arrestation brutale et arbitraire d’Ilia Grenko à la fin d’un de ses concerts. Il se retrouve catapulté dans une cellule, confiné à l’isolement, accusé de faits absurdes. Le fait qu’il clame son innocence importe peu, le voilà obligé de signer des aveux et d’être envoyé dans un goulag près de Vorkouta. Pendant ce temps, sa femme et ses deux enfants sont à leur tour arrêtés et envoyés à Karaganda au Kazaksthan, sa femme Galina est persuadée qu’Ilia a réussi à passer à l’Ouest et que le régime les punit, elle et ses enfants. Chacun de leur côté, Ilia et Galina vont souffrir mille morts, le froid, la faim, le travail abrutissant pour tenter de survivre car sans travail, pas de nourriture, la brutalité des autorités…

Soixante ans plus tard, leur petit-fils, Sacha, est contacté par sa sœur dont il a été séparé dans sa jeunesse car elle a quelque chose à lui révéler qui est lié à leur passé. Mais quand il la retrouve, elle est assassinée sous ses yeux. S’engage alors une course-poursuite pour comprendre qui, dans l’ombre, cherche à éliminer tous les Grenko et pour quelle raison le sort s’acharne sur eux.

J’ai beaucoup aimé ce roman construit autour de trois personnages : Ilia, Galina et Sacha. Ils nous permettent des aller-retours entre  passé et présent qui éclairent un peu mieux le système répressif mis en place par les communistes pour se débarrasser de ses opposants ou de n’importe quel citoyen qui n’avait pas l’heur de plaire comme Ilia propriétaire d’un superbe Stradivarius…J’ai préféré d’ailleurs tous les passages qui décrivent la vie, si on peut parler de vie, d’Ilia au goulag. Dans cet enfer polaire, Ilia sait qu’il ne va pas tenir, chaque jour, il sent que son être se délite et qu’il perd ce que fut la clé de son existence à savoir la musique. Ilia ce sont tous ces milliers d’individus soviétiques éliminés par un système politique reposant sur la terreur. Un roman à lire !

jeudi 6 juin 2019

Déviance, tome 1: De roses et de sang

Violence, trafic de femmes, désir, sexe...

Sloane
Je ne suis pas fière de ce que j’ai fait. De ce que j’ai dû faire. De ce que j’ai dû abandonner. Mais je recommencerais tout, encore et encore, pour la retrouver. Même si cela finit par me tuer. Je dois trouver Alexia.
 Zeth
Elle veut que je l’aide.  Mais je m’y refuse. Elle veut que je sauve sa sœur. Mais j’en suis incapable. Elle veut faire de moi son héros. Mais je ne suis pas un homme bien. Je suis sa malédiction.

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions M§M Bookmark et Netgalley de m’avoir permis de découvrir cette auteure. Si vous aimez les romances sombres avec héros torturé et pas particulièrement regardant avec la loi, ce livre est fait pour vous.


 Zeth est un individu dangereux que n’importe quelle fille sensée devrait  éviter comme la peste. Il travaille pour un type qui se livre à des trafics en tout genre, n’a aucune morale ou alors la sienne seulement et n’hésite pas à faire chanter les gens si besoin est. Sloane, de son côté, est issue d’une famille catholique, a trimé pour faire ses études de médecine et travaille depuis peu dans un hôpital. Elle ne devrait donc pas fréquenter  Zeth, encore moins être attirée par lui. Mais, il y a toujours un mais, sa sœur a disparu depuis deux ans, kidnappée plus exactement et cette situation hante Sloane qui a essayé de la retrouver. Son seul espoir c’est Zeth mais se rapprocher de lui est très risqué car il ne l’aidera pas gratuitement. Et qui sait jusqu’ où il va l’entraîner ?

Vous l’aurez compris, ce roman évoque le désir et l’interdit : Sloane qui a l’air si raisonnable est incapable de rejeter Zeth et ses exigences troubles même quand il la met dans des situations humiliantes ou dangereuses. Heureusement, Zeth n’est pas le personnage répugnant auquel on pourrait s’attendre, il est plus complexe et s’avère attachant. Ensemble, ils ont le même but, celui de retrouver la sœur de Sloane, ce qui les met en danger à la fin du roman d’ailleurs. Mais pour savoir s’ils vont s’en sortir, il faut lire la suite ! Un roman à découvrir, une auteure à suivre!