mardi 22 octobre 2019

Le roman de Camille

Belle Epoque, apparition, polémique, messages, enfants...

En 1913, Camille a 8 ans. Ignorant tout de la tragédie historique qui sannonce, elle vit les derniers mois de paix dans son village de Cassel-le-Château. Privée de sa mère morte en couches, elle est cependant choyée par son père et sa grand-mère et connaît une enfance heureuse et empreinte dinnocence. Une nuit pourtant, une visite inattendue et fantastique vient bouleverser tout son univers. Bien malgré elle, Camille se retrouve investie dune mission qui la dépasse : elle doit délivrer un message à lhumanité tout entière. Pour mener à bien sa tâche, elle peut compter sur le soutien de son ami Petit-Jacques, lui aussi embarqué dans cette aventure !

Commentaire :
Il est toujours délicat de parler d’un roman écrit par un auteur que l’on connaît, on se demande si on saura rester objectif, si on saura en évoquer les qualités et les défauts sans vexer. Mais je me lance en affirmant, et ceci sans hypocrisie aucune ou tentative de copinage, que j’ai bien aimé ce premier tome d’une trilogie.
Alors, certes, j’ai trouvé qu’il était long (632 pages) et que certaines descriptions auraient pu être écourtées, certaines digressions évitées (je pense à l’introduction du personnage formidable de Monseigneur Toussaint) pour donner plus de rythme à cette intrigue qui se déroule à la fin de la Belle Epoque en France. J’ai préféré d’ailleurs la deuxième partie du roman quand les événements de Cassel devenant une affaire retentissante, on voit arriver au village la presse et le représentant de l’Eglise en la personne de Monseigneur Toussaint venus sur place vérifier si on peut parler de miracle ou de canular.  
Ce que j’ai trouvé très bien, par contre,  c’est l’évocation de cette époque, qu’on a appelé plus tard « Belle » alors qu’elle ne l’était pas tant que ça d’ailleurs, c’est la description d’une société dans laquelle chacun avait sa place et son rôle et qui disparaîtra dans le fracas de la guerre 14/18.   Les personnages sont bien croqués : la morgue du Comte de Cassel, persuadé qu’il peut encore diriger les gens comme le faisaient ses ancêtres ; la faiblesse du maire incapable de s’opposer au Comte ; la gouaille de Berthoux heureux propriétaire du café dans lequel se réfugient tous les anticléricaux du village; la dignité de Pierre Boucher et celle de ceux qui, comme lui, sont considérés comme de petites gens… Sans oublier Monseigneur Toussaint, le docteur Guitton, les journalistes Abel Lenvie et Marcel Grabher qui viennent compléter la liste de tous ceux et celles  confrontés à des événements que je qualifierai plus de mystiques que fantastiques. Car la petite Camille, personnage central de l’histoire, est bien confrontée à une apparition miraculeuse qui va la conduire à délivrer plusieurs messages dont le contenu parfois sibyllin  laisse présager des tragédies futures. Tragédies qui seront sans doute développées dans les deux tomes suivants, j’avoue que je suis très curieuse de connaître la suite. Je vous recommande  ce premier roman et je remercie au passage les Editions Librinova et Netgalley de m’avoir permis de le lire. Enfin, un grand salut à l’auteur pour la qualité de son écriture !

samedi 5 octobre 2019

Un couple irréprochable

Harcèlement sexuel, viol, meurtre, secret, manipulation...

Angela, trente ans, vit une vie confortable et routinière avec son fils surdoué de treize ans et Alex, son mari, professeur d'économie en pleine ascension professionnelle. Mais leur bonheur de façade explose lorsque Alex est soupçonné d'être un prédateur sexuel, et que l'une des deux jeunes femmes qui l'accusent disparaît. Tandis que la presse de tout le pays se repaît du scandale, Angela est partagée entre la honte, le désir de défendre son mari, et le besoin de préserver un sombre secret.

Commentaire :
Je remercie tout d’abord les Editions Presse de La Cité et Netgalley d’avoir pu découvrir ce roman qui m’a fait passer un très bon moment de lecture. On plonge immédiatement dans l’intrigue et dans le scandale qui anéantit en quelques semaines la vie d’un couple jusqu’ici sans histoires. Du moins le pense-t-on puisque, au fur et à mesure, l’auteure distille des informations sur Angela, l’épouse bafouée qui tombe des nues quand elle apprend que son si beau mari est accusé de harcèlement sexuel par une étudiante et de viol par une autre femme. Mais elle-même a bien des choses à cacher et elle n’aimerait pas que les médias s’intéressent de trop près à son passé. 

Ce qui est bien fait c’est que tout notre sympathie va tout de suite à Angela. Pauvre Angela que son mari trompait depuis des mois avec la femme, Kelly, qui l’accuse de viol. Pauvre Angela qui, déjà dans son passé, a vécu des choses douloureuse, il ne faudrait pas qu’un journaliste ressorte l’affaire. Pauvre Angela ? Je sentais bien que derrière ses airs de femme irréprochable se cachait une personne ambigüe mais la fin m’a grandement surprise. A lire donc !



Les Patriotes


Communisme, répression, étranger, famille, goulag, secret...

Alors que les États-Unis sont frappés par la Grande Dépression, Florence Fein, à seulement 24 ans, quitte Brooklyn pour une ville industrielle de lOural, dans la toute jeune URSS. Elle ny trouvera pas ce quelle espérait: un idéal dindépendance et de liberté. Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis. Des années plus tard, en apprenant louverture des archives du KGB, il revient en Russie et découvre les zones dombre de la vie de sa mère.

Commentaire :
Il ne m’a pas été facile de lire ce roman de près de 600 pages qui parcourt plus de soixante-dix ans de l’histoire d’une famille piégée en quelque sorte en URSS. L’auteur a choisi d’alterner les chapitres qui suivent les pérégrinations de Florence Fein à partir du moment où elle débarque en URSS en 1935 et ceux qui voient son fils revenir en Russie en 2008 pour un voyage d’affaires. On a deux histoires : celle de Florence venue en URSS pour retrouver un homme et persuadée que la vie est meilleure sous le ciel communiste. Et celle de son fils, qui vient pour négocier des contrats avec des hommes d’affaires russes qui ressemblent plus à des gangsters d’ailleurs, et éventuellement, obtenir le dossier de sa mère qui dort dans les archives du KGB.  Quelle que soit l’époque d’ailleurs, on se dit que vivre dans ce pays relève de la gageure, il ne fait pas bon d’être étranger là-bas, on a l’impression qu’on va se faire embarquer à tout moment et finir dans une cellule.


J’avoue que j’ai eu du mal à comprendre et à m’intéresser aux tractations commerciales entre Julian et les russes, j’ai bien saisi le côté tortueux et illégal de l’affaire mais j’ai trouvé que cela prenait trop de place dans le roman. J’ai préféré, et de loin, tous les chapitres consacrés à sa mère qui a eu cette idée folle de quitter les USA pour l’URSS. Non seulement, elle va de désillusions en désillusions, mais bientôt elle se retrouve prisonnière de ce pays quand une fonctionnaire zélée, lui confisque son passeport, pour lui redonner à la place un pauvre papier stipulant seulement qu’elle est une étrangère. Ce qui la rend suspecte d’autant plus qu’elle essaie un jour de rentrer dans l’ambassade américaine sans succès d’ailleurs, car les USA ne veulent plus entendre parler de ces compatriotes ayant fait de mauvais choix. La Grande Guerre patriotique lui permettra paradoxalement d’être à l’abri mais, avec la Guerre froide, et la paranoïa galopante de Staline, elle est arrêtée et envoyée dans le fin fond de la Sibérie couper des arbres. C’est son fils, qui des années plus tard, comprendra comment elle a pu sortir vivante de cet enfer.  J’ai eu du mal en tout cas à éprouver de l’empathie pour ce personnage féminin dur et entêté et dont les actes ne sont pas sans conséquences pour ses proches. Un roman fleuve que j’ai bien aimé. Mais pas un coup de cœur.

A crier dans les ruines

Catastrophe nucléaire, séparation, amour, patrie...

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan, deux adolescents amoureux l'un de l'autre, voient leur vie bouleversée par l'explosion de la centrale. Si Lena, croyant Ivan mort, part avec sa famille en France, Ivan, qui n'a pas pu quitter la zone, attend son retour. Déracinée, la jeune fille tente d'oublier son passé. Vingt ans plus tard, elle fait le chemin inverse, et repart en Ukraine.

Commentaire :
Depuis que j’ai regardé la série « Chernobyl » à la télévision, j’ai cherché à lire des ouvrages sur cette catastrophe et je suis tombée sur ce roman. La couverture et le titre surtout m’ont immédiatement emballée et j’ai lu, très vite ce roman que je vois comme une histoire d’amour et de deuil. Je trouve que ces deux thèmes se comprennent de deux manières : il y a l’amour entre les deux adolescents Léna et Ivan qui perdure malgré la distance et la certitude pour Léna de la mort d’Ivan. Mais on trouve aussi l’amour de la patrie, très forte chez Léna même si celui-ci n’est pas tout de suite conscient chez elle. Mais ses études, ses lectures, tout la ramène dans ce pays dont on l’a arrachée subitement un jour d’Avril 1986.


Et puis il y a le deuil : celui d’un pays, d’une ville –Pripiat- abandonnée du jour au lendemain par ses habitants car on ne peut plus y vivre. Celui de tous ces gens obligés de tout laisser sur place, déchirés de devoir quitter leurs terres, leurs animaux, leur vie même pour se retrouver entassés dans des immeubles à Kiev sans aucune perspective de retour. Sans compter tous ceux qui sont morts des suites de la catastrophe. Un deuil national qui pèse encore aujourd’hui  parmi la population. Un deuil plus personnel qui touche aussi bien Léna qu’Ivan : chacun, à sa manière, est affecté par cette tragédie mais c’est Ivan qui est le plus touché. Non seulement il perd Léna, partie brutalement pour la France, mais il perd aussi sa petite sœur, son père…

L’écriture d’Alexandra Koszelyk est belle, presque lyrique. Elle donne du souffle à cette histoire déchirante, à cet amour sublimé par la distance (dans le temps et l’espace), à ces deux adolescents dont on attend (dont on espère) les retrouvailles. Un très beau moment de lecture !

samedi 21 septembre 2019

Patients

Accident, handicap, reconstruction, leçon de vie...

"Patients" est le premier livre de Grand Corps Malade. Avec la plume poétique, drôle et incisive qu’on lui connaît, il livre le récit de son année de convalescence dans un centre de rééducation pour handicapés lourds. Il nous fait entrer dans ce monde méconnu qu'il découvre alors : l'immobilité totale, les soins quotidiens, les médecins et les infirmiers dont on est entièrement dépendant. Des histoires personnelles, émouvantes, parfois drôles, toujours instructives des autres patients qu’il côtoie. Avec ses camarades de chambrée, handicapés tout comme lui, il vit, le temps de cette renaissance en rééducation, des péripéties truculentes et cocasses, entre les rires et les larmes, qu’il nous raconte avec humour et beaucoup de générosité. Patients est une leçon de vie, et d’optimisme, pour chacun d’entre nous.

Commentaire :
J’aime beaucoup Grand Corps Malade, ses textes sont poétiques et abordent des sujets parfois difficiles. J’ai en tête notamment « Sixième sens » qui évoque l’accident qui a changé le cours de sa vie, je l’ai souvent étudié avec des élèves pour la leçon de vie qu’il délivre. J’avais vu qu’il avait écrit « Patients » mais je n’avais pas pris la peine de le lire. Et puis comme je cherche une autobiographie à faire lire à mes élèves, je me souvenu de ce livre et je l’ai lu…

La lecture de « Patients «  m’a beaucoup touchée : pas de surenchère dans le pathos, rien de larmoyant ni de lourd, tout est dans la retenue et la dignité. On connaît l’accident qui a cloué Grand Corps Malade sur un lit et lui a fait vivre des mois de travail pour vaincre son propre corps et recommencer à marcher. Et pourtant il en parle avec tellement de pudeur qu’on a l’impression, mais l’impression seulement, que sa guérison a été facile. Pourtant à travers les pages, on sent la souffrance, la gêne, l’humiliation qu’on peut ressentir à se sentir diminué, à n’être qu’un corps qu’on manipule, qu’on déplace plus ou moins maladroitement (je pense à Christiane l’aide-soignante surnommée « Le sanglier des Ardennes » gentille mais si gauche), à vivre avec ce  corps si familier et étranger en même temps. Après cette lecture, on ne peut que se louer d’être en bonne santé.

Ma lecture m’a donc convaincue de lire ce roman avec mes élèves car au-delà de l’histoire personnelle de Grand Corps Malade, c’est aussi l’occasion de travailler sur la différence, le regard sur les autres, le handicap, etc. Je n’espère qu’une chose, que mon approche sera à la hauteur de ce livre émouvant.

En chute libre


Fuite, secret, famille, amour...

Elle va lui donner une raison de se battre.Il va lui apprendre à affronter ses peurs. Solomon Sanders n’a pas de temps à perdre avec les sentiments. Depuis toujours, la violence fait partie de son monde, de son ADN. Il se bat pour ce qu’il croit juste, pour les personnes auxquelles il tient, pour sauver les quelques graines de bonté qui subsistent dans le désert aride qu’est la ville de The Point. Alors, quand il tombe sur une jeune mère célibataire et sa fille en train de se faire agresser dans une ruelle sombre, il réveille la bête  ; celle qui le transforme en monstre tatoué, en montagne de muscles et de rage. Sa mission accomplie et les damoiselles sauvées, Solomon est bien déterminé à oublier cette rencontre et à reprendre son quotidien. Mais, lorsqu’il découvre qu’Orley et sa fille, Noble, sont ses nouvelles voisines, il pressent que sa vie ne sera plus jamais la même…

Commentaire:

Ce roman se déroule dans le même univers que celui qui est décrit dans la série Bad, et d'ailleurs on en retrouve quelques uns des personnages, mais il n'appartient pas à la série et peut se lire sans problèmes si vous ne la connaissez pas.

C'est une romance contemporaine toute mignonne qui nous est racontée. Orley, pendant longtemps jeune fille riche et gâtée a fui sa famille pour protéger sa fille. Elle a tout quitté et se retrouve dans le quartier the Point où on peut se faire détrousser voire tuer pour un regard. D'ailleurs, un soir, alors qu'elle rentre dans son appartement, Orley  est agressée par un type prêt à en faire son dessert quand elle est sauvée par son voisin Solo. Celui-ci, normalement, évite de se mêler des affaires des autres, entre boulot de mécanicien, études, combats et sa mère dont il a la charge, il ne peut pas s'intéresser à sa voisine. Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore et le voilà bientôt amoureux, et réciproquement. Mais la belle a des secrets qui finissent par la rattraper...

Encore une fois, je me suis laissée avoir par l'écriture addictive de Jay Crownover, j'ai beau être une adulte mature comme on dit, j'ai été embarquée par cette histoire d'amour entre deux jeunes gens que tout sépare. Du rythme, de l'amour, un méchant pour donner du piment, et la mayonnaise prend. J'ai d'ailleurs préféré ce roman au dernier tome de la série Bad.
 Je vous le recommande et je remercie au passage les Editions Harper Collins et Netgalley de m'avoir permis de le lire.

Liquide inflammable

Enlèvement, mystère, secret de famille, meurtres...

Alors qu'elle sonde les profondeurs d'une vieille carrière inondée à la recherche d'une cargaison de drogue, l'inspectrice Erika Foster fait une macabre découverte : un sac-poubelle renfermant des ossements d'enfant.
Le légiste est formel : le squelette est celui de la petite Jessica Collins, sept ans, dont la disparition en 1990 avait profondément ému l'Angleterre. Un dossier classé sans suite depuis.

Obsédée par ce drame, Erika se jure de faire toute la lumière.
Mais entre la pression de sa hiérarchie, l'effervescence des médias alléchés par ce sordide rebondissement et le silence de la famille Collins, la flic entêtée sent rapidement qu'elle a mis les pieds dans une affaire complexe, aux ramifications aussi noires qu'étonnantes... et dangereuses.

L'eau est un parfait tombeau. Et l'on ne devrait jamais déranger ceux qui y sont engloutis.

Commentaire:

Je suis les aventures policières d'Erika Foster depuis le début et quand j'ai vu ce nouvel opus, j'ai sauté dessus et je l'ai dévoré en quelques jours. Une fois de plus j'ai beaucoup aimé ce personnage féminin tenace et courageux.

L'intrigue est très sombre: alors qu'Erika Foster fait sonder les eaux d'une carrière inondée pour retrouver de la drogue, son équipe tombe sur le squelette d'un enfant. Et pas n'importe lequel, il s'agit du corps d'une petite fille portée disparue plus de vingt ans plus tôt. Sa disparition jamais élucidée a ruiné la carrière d'une inspectrice Amanda Baker, détruit celle d'un homme accusé à tort d'avoir enlevé l'enfant, détruit une famille...Vingt-six ans plus tard, Erika demande à être chargée de l'affaire, la mort de cette petite fille la bouleverse et elle est persuadée de pourvoir élucider l'affaire. On lui donne une équipe, des moyens mais Erika va s'apercevoir assez vite qu'il ne fait pas bon fouiller le passé.

Une intrigue solide qui entraîne Erika dans les secrets d'une famille qui n'a toujours pas fait le deuil de leur fille et soeur. Notamment la mère que j'ai trouvé monstrueuse, on aimerait pleurer pour elle mais son comportement est tel qu'on aimerait plutôt lui tourner le dos. Le rythme est soutenu, on va de surprise en surprise: les suspects qui sont arrêtés, malgré leur noirceur, ne sont pas les coupables. Il faut attendra la fin -à laquelle je ne m'attendais pas- pour connaître enfin ce qui est arrivée à Jessica Collins, la seule innocente dans cette histoire. 

Je vous recommande ce roman et j'en profite pour remercier les Editions Belfond et Netgalley d'avoir pu le lire.

mercredi 11 septembre 2019

Jack


Canada, meurtres, Franc maçonnerie, journalisme...

 Montréal, par une étouffante une nuit d’août 1891. Une prostituée est retrouvée sur le pavé mal famé du Red light, égorgée et mutilée avec violence et précision. Joseph Laflamme, jeune journaliste dont la vie flotte quelque part entre la modestie et la misère, décide d’enquêter sur ce meurtre qui n’intéresse encore personne. Parce qu’il pense à Mary, la petite déesse des rues dont il est amoureux et qui aurait pu être la victime. Parce qu’il a désespérément besoin de vendre ses articles aussi. Ce qui ne tarde pas, le premier indice le mettant sur la piste d’un mystérieux ordre de francs-maçons. Et quand les meurtres s’enchaînent, c’est l’ombre du tristement mythique Jack l’éventreur qui surgit. Quelqu’un imite-t-il le célèbre tueur ou Jack lui-même aurait-il traversé l'Atlantique ?

Commentaire:

La légende de Jack l'éventreur est un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre et suscite toujours autant de spéculations sur l'identité de cet homme qui assassina et mutila des prostituées avant de disparaître dans la nature.
Dans ce roman qui se déroule au Canada en 1891, une prostituée est retrouvée morte et mutilée. Un jeune journaliste, Joseph Laflamme, en quête d'un scoop qui pourrait arrondir ses fins de mois (et même ses mois tout courts) s'intéresse à ce fait divers qui le met sur la piste d'un ordre de francs-maçons. Un deuxième meurtre commis dans les mêmes conditions que le premier confirme la piste de Laflamme et le voilà, presque malgré lui, entraîné à la poursuite d'un tueur qui pourrait être le fameux Jack l'Eventreur lui-même.
Joseph est aidé dans cette quête par sa soeur Emma et par  d' anciens inspecteurs de la Scotland Yard, persuadés que Jack l'Eventreur a traversé l'Atlantique et qu'il sévit dans les rues de Montréal.
J'ai bien aimé cette intrigue même, si au début, j'ai été un peu déroutée par l'intrusion de la Franc-maçonnerie dans l'histoire n'étant pas particulièrement attirée par l'ésotérisme et les complots de toute nature. En plus je n'y connais rien, il m'a donc été difficile de savoir si ce qui dit Hervé Gagnon relève du pur fantasme ou s'il y a des bribes de vérité dans l'organisation de cet ordre mystérieux. De même,  j'ai trouvé que la fin était un peu tirée par les cheveux mais l'ensemble est bien écrit et rythmé. 
Si vous voulez connaître une énième version sur l'identité et les raisons des meurtres épouvantables de Jack l'Eventreur, je vous conseille ce roman.

Sous le charme du highlander


Ecosse, sorcière, complot, amour...

Elle ne peut se résoudre à l’aimer. Car elle doit se venger.James MacKenzye, Ellia n’oubliera jamais ce nom. Celui de l’être abject et sans pitié qui a assassiné ses sœurs, les brûlant sur un bûcher comme des sorcières. Depuis ce jour, en proie chaque nuit à des cauchemars terribles, elle s’est fait une promesse  : celle de retrouver ce barbare et de venger sa famille. Devenue membre d’une communauté de femmes au service de ceux qui en ont besoin, elle rencontre par hasard lors de sa première mission un homme blessé. Lorsqu’elle comprend qu’il s’agit d’Edward MacKenzye, le fils de son pire ennemi, Ellia y voit le signe que l’heure de la vengeance a sonné… Mais Edward est bien différent de la brute cruelle qu’est son père, et un combat intérieur fait bientôt rage en elle. Doit-elle rendre justice au passé ou accepter de se tourner vers l’avenir  ?

Commentaire:

Je ne connaissais pas cette auteure, aussi je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m'avoir permis de la découvrir.

Si vous aimez les romans à rebondissements multiples, les amours compliquées et les méchants , vous aimerez ce roman car Ellia, l'héroïne, en voit de toutes les couleurs. Sa famille ayant été assassinée sous ses yeux, Ellia décide de venger leur mort dès qu'elle croisera la route du clan Mac Kenzye. Problème, quand elle croise le chemin d'un d'entre eux, elle en tombe follement amoureuse et il lui est bien difficile de le rejeter.  Et même lorsqu'elle succombe à ses charmes, des ennemis vont s'empresser de semer le trouble entre les deux amants. 

J'arrête là de vous parler de l'intrigue car je dois dire que je n'ai pas du tout adhéré à l'intrigue et encore moins à l'écriture. Personnages caricaturaux, dialogues simplistes, scènes de sexe laides et vulgaires....J'ai eu du mal à terminer le livre et je crois bien que je ne lirai plus jamais Ava Kröl.

lundi 15 juillet 2019

Les fantômes de Manhattan

Vengeance, trahison, secret, manipulation…

Annie ONeill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein coeur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux quelle. Son existence est bouleversée par la visite dun nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, quelle na pratiquement pas connus. Lhomme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte lhistoire dun certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport avec lhistoire intime dAnnie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsquelle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce quelle a pu imaginer.

Commentaire:
C’est le premier roman de R J Ellory que je lis et si je me suis décidée à le faire, c’est parce que j’ai lu de nombreuses bonnes critiques sur lui. J’ai donc entamé cette lecture avec beaucoup d’attentes et je dois dire que j’ai failli abandonner et laisser sur le carreau ces fameux fantômes. J’ai trouvé que l’histoire commençait mollement, je ne voyais pas le rapport entre cette jeune femme libraire, vivant une vie horriblement banale et la vie de ce Haïm.
Mais je me suis accrochée et j’ai bien fait car mon intérêt a grandi. Dans la vie d’Annie si monotone, surgissent soudain deux hommes : un certain Forrester qui affirme avoir connu son père et tient à lui faire découvrir un manuscrit écrit par un inconnu et qui raconte l’histoire d’un jeune juif rescapé des camps. Et en même temps, elle fait la connaissance de David Quinn agent travaillant pour les Assurances maritimes avec qui elle a une liaison enflammée. J’ai vite compris que ce David Quinn était bien trop beau pour être innocent d’autant que la lecture du manuscrit a confirmé mes soupçons sur les liens qui existent entre Annie et Forrester. J’ai deviné avant elle ce qui allait lui tomber dessus. J’ai vite basculé de son côté, vivant avec elle sa joie comme sa douleur provoquées par sa liaison tumultueuse avec David, me demandant pourquoi elle devait payer pour les péchés de Haïm. Par contre, je ne m’attendais pas à la fin. Je l’ai trouvée brillante, j’ai eu l’impression d’entendre le rire triomphant  de Haïm dit Harry Rose à l’encontre de son ancien partenaire.
Je résume : une intrigue bien ficelée, une écriture sublime ! De quoi passer un très bon moment de lecture.
Challenge Babelio Pavés 2019
Challenge Babelio Multi-défis 2019

Ce qui nous consume

Maltraitance, violence parentale, amour, secret…

Violette, au passé troublé mais au brillant avenir, vient d’intégrer une école dart. Elle sest installée chez sa mère et son nouveau mari, et a fait la connaissance du fils de celui-ci, le solitaire et énigmatique Adam. Après s’être ignorés puis déchirés durant des semaines, ils ont trouvé la paix dans les bras lun de lautre et se sont déclaré leur amour. Violette doit désormais apprendre à lui faire confiance, mais les secrets qui voilent le ténébreux regard dAdam pèsent sur leur couple. Parviendra-t-il à lui révéler ses démons et à accepter son aide?

Commentaire:

Ce roman est la suite de « Ce qui ne tue pas », on retrouve nos deux personnages principaux Violette et Adam. Après s’être tournés l’un autour de l’autre dans le premier tome, ils approfondissent leurs relations même si chacun garde ses secrets : Violette a été harcelée l’année de sa terminale et Adam cache la violence physique et morale de son père. Des secrets qui deviennent intenables pour eux surtout s’ils souhaitent vivre leur amour au grand jour. C’est surtout le secret d’Adam qui doit éclater, ne serait-ce que pour lui permettre de se libérer d’un père ignoble et dévastateur, mais surtout de pouvoir se sentir libre d’aimer Violette. Celle-ci soupçonne bien que le père exerce une autorité abusive contre son fils mais elle est loin de se douter de la vérité. Quand celle-ci éclate, elle est bien plus terrible que prévu.
Cette suite m’a beaucoup plu, l’auteure a su à la fois me toucher avec cette histoire d’amour pleine de fragilité et de délicatesse tout en abordant avec beaucoup de justesse un thème difficile, celui de la violence parentale. Ludwig, le père, est un être ignoble qui tyrannise son fils depuis des années, le bat et a réussi à le persuader qu’il n’était qu’un raté. Le pire c’est qu’aux yeux de la société Ludwig apparaît comme un bon père. Le personnage d’Adam est bien construit, par rapport à ce qu’il vit, il aurait pu être caricatural, Georgia Caldera aurait pu tomber dans une forme de surenchère morbide, ce qui n’est pas le cas. Adam est un garçon fort et fragile en même temps qui trouve enfin la personne qui lui permet de sortir de ce cauchemar, Violette !
Un beau roman que je recommande !

jeudi 4 juillet 2019

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air

Catastrophe nucléaire, secret d'état, destin, tragédie...

En URSS, en 1986.
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture, et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante.
Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer.
La vie de ces quatre personnages va changer. Le monde ne sera plus jamais le même...

Commentaire:

Cette lecture m’a été inspirée par la série « Tchernobyl » dont je ne me remets toujours pas. J’ai voulu lire des ouvrages sur cette catastrophe et je suis tombée sur ce roman. Certes c’est une fiction mais l’auteur a fait des recherches avant de l’écrire, et je dois dire, que j’ai dévoré ce roman en quelques jours.


Tout commence le 26 avril 1986 quand la catastrophe a lieu et on suit le destin de quatre personnes : Artiom vit non loin de la centrale ; Grigori est un chirurgien doué et, malheureusement pour lui, il a été remarqué par un représentant du parti chargé de se rendre sur place ; son ex-femme Maria travaille à l’usine à Moscou depuis qu’elle a été virée de son journal pour propos séditieux ; enfin Evguéni le neveu de Maria découvre la musique sans en comprendre encore l’essence.

Le roman s’attache à la fois à la manière dont le parti communiste a géré la catastrophe à travers les personnages d’Artiom et de Grigori et montre en même temps la déliquescence d’un régime avec Maria et dans une moindre mesure Evguéni. J’ai préféré les chapitres consacrés à Artiom et Grigori : Artiom est un adolescent de 13 ans qui, quelques jours, après l’explosion du réacteur, est expulsé sans ménagements de chez lui avec toute sa famille et balancé (il n’y a pas d’autres mots) dans les environs de Minsk dans des bâtiments sans confort. Une fois sur place, ils sont livrés à eux-mêmes, les premiers moments de compassion sont vite remplacés par la peur d’être contaminés si on les approche trop près. Le père d’Artiom, lui, est réquisitionné comme liquidateur, et envoyé dans la forêt pour couper les arbres. Sans véritable protection, avec un matériel qui rend l’âme rapidement, non remplacé, le verdict tombe rapidement : le père meurt dans des conditions effroyables dans le dénuement le plus absolu, sans infirmières  auprès de lui, ces dernières effrayées ont quitté l’hôpital ! Quant à Grigori, ce chirurgien doué, il est écarté et menacé d’être envoyé dans un hôpital psychiatrique s’il continue de vouloir faire ce pour quoi il était venu : chercher à protéger tous ceux et celles qui sont dans les parages. Quand il s’aperçoit qu’au-dessus de Minsk planent des nuages radioactifs, il aimerait qu’on évacue la ville mais il se heurte à l’intransigeance du parti communiste. Pas question d’évacuer une ville de la taille de Minsk, il en va du prestige de l’URSS, de ce système grandiose qui a su maîtriser le nucléaire… Tout cela fait froid dans le dos surtout quand on sait qu’on ne sait toujours pas exactement combien de gens sont morts à cause de cette catastrophe. A lire de toute urgence !

samedi 22 juin 2019

Au loup

Pédophilie, viol, accusation mensongère, secret, famille...

L'accusé : Nick, prof de théâtre au collège, époux et père comblé, est un homme épanoui. Un soir, une visite de la police. Le voilà accusé d'agression sexuelle par une de ses élèves de douze ans. En quelques heures, l'angoisse, la honte, l'épouvante s'abattent sur sa vie. Alors que l'opinion publique crie au loup, Nick doit faire face au raz de marée qui menace d'engloutir sa réputation, son travail, sa famille.
La victime : Angela déteste ses parents, ses camarades, sa vie. Après un suicide raté, elle explique son geste à sa mère : son professeur de théâtre l'a touchée, contre son gré. Le mot est lâché. La voilà soudain propulsée au centre de toutes les attentions, mais aussi la cible des pires ragots au collège. Dépassée par les événements, elle se réfugie dans un mutisme qui sonne comme un appel au secours.
Coupable ou innocent ? Victime ou menteuse ? Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Pour ces deux êtres blessés, le salut ne pourra advenir qu'à une seule condition : que la vérité éclate au grand jour. 

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Belfond et Netgalley d’avoir pu découvrir ce roman d’une auteure que je ne connaissais pas. J’ai plongé rapidement dans l’intrigue : une très jeune adolescente, mal dans sa peau, violente avec les autres et avec soi-même, accuse son professeur de théâtre de l’avoir touchée.

 Aussitôt, l’homme est arrêté, questionné puis relâché avec interdiction d’approcher des enfants alors qu’il est marié et père de deux jeunes enfants. Son monde s’écroule, il est considéré comme coupable alors qu’aucune preuve réelle n’existe contre lui. La seule chose qu’il puisse faire, c’est attendre que l’enquête suive son cours. Cette attente est insupportable à vivre car elle laisse Nick dans une situation terrible. Coupable aux yeux de la société, suspicieux aux yeux de sa famille, à commencer par sa femme,  même si elle veut se persuader que Nick est innocent, il n’empêche que sa vie ne sera plus jamais la même innocenté ou non. Le voilà avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.


Quant à la jeune fille qui l’accuse, on se comprend rapidement qu’il y a anguille sous roche. Elle a essayé de se suicider, ne supporte pas sa mère, aimerait vivre avec son père tout en ayant du mal à l’accepter, garde dans son agenda des photos et des dessins de Nick, celui qui l’aurait agressée et n’arrive pas à parler. Que cache-t-elle ? Pourquoi avoir accusé Nick alors que visiblement elle a le béguin pour lui ? Assez vite, j’ai plus ou moins compris qui était celui qui l’avait violée. La vérité n’en est plus qu’insupportable.

J’ai bien aimé la construction du roman car l’intrigue est vécue par 4 personnages fondamentaux : Angela, Nick, Donna et Stephen, ce qui donne du rythme mais aussi des indices au lecteur qui aimerait savoir la vérité avant d’arriver à la fin. Un bon roman à lire !