lundi 11 novembre 2019

Du poison dans la tête

Vengeance, violences faites aux femmes, perversion, manipulation, meurtre...

Le poison, c'est l'autre... Une femme, en plein hiver, se jette nue dans la Seine.  Un homme qui prend possession de ses victimes, les ruines, puis les oblige à se suicider.  Un colis qui arrive entre les mains de Magne, fait remonter à la surface une affaire de plus de 30 ans. 
Comment mener deux affaires de front, quand votre vie perso part en vrille ?

Commentaire :
J’ai découvert Jacques Saussey en participant comme jury au Prix Polar 2018 avec son roman « Ne prononcez jamais leurs noms » qui m’avait impressionnée. Depuis, j’ai lu deux autres livres du même auteur. Aussi quand ai-je vu ce roman sur Netgalley, ai-je demandé à le lire. Je ne le regrette pas même si, il faut bien le dire, j’ai trouvé ce roman en deça des autres.

Pourtant le sujet m’intéressait car Jacques Saussey évoque l’emprise de certains pervers narcissiques sur leur compagne et des ravages qu’ils peuvent provoquer. La sœur de Ludo, un des inspecteurs qui travaille avec Magne, s’est suicidée, après avoir vécu quelques mois aux côtés d’un type, toujours resté dans l’ombre, qui l’a manipulée et détruite. Il se fait aider par un autre inspecteur Fred, un geek capable de percer tous les secrets des gens sur Internet, pour retrouver cet homme et lui faire payer.

Parallèlement, Magne reçoit un colis étrange de la part d’un ami d’enfance qui l’amène à enquêter sur la mort d’une jeune fille, son premier amour d’ailleurs, violée et tuée par quelqu’un dont on n’a jamais trouvé la trace. Cette affaire personnelle va l’éloigner de sa compagne qui rencontre, de son côté, des ennuis en la personne d’une femme, revenue des ombres, et qui réclame son fils, Oscar, l’enfant adopté par les Magne.

Il y a donc trois intrigues développées dans ce roman et j’ai trouvé qu’il y en avait deux de trop. J’aurais préféré que Jacques Saussey se consacre exclusivement à l’affaire du pervers narcissique, sujet ô combien difficile,  d’autant que le personnage développé par l’auteur montrait bien tous les travers de ces hommes dont l’unique but est d’étouffer tout esprit d’indépendance chez leur femme/compagne. La manière d’ailleurs dont Fred et Ludo parviennent à coincer leur homme, m’a mise mal à l’aise. Doit-on être encore plus pervers qu’eux pour les neutraliser ? J’ai refermé le livre sans être convaincue par ce nouvel opus.

Je remercie en tout cas les Editions French Pulp et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman.




dimanche 27 octobre 2019

Elsie, tome 1: Une dernière fois

Deuil, paranormal, fantôme, esprit malfaisant...

Nouvelle dans son quartier, Elsie a sept ans lorsqu'elle rencontre Francine, une vieille dame qui habite la maison d'en face. Au fil des années, elles nouent une relation d'amitié et de grande complicité. Mais dix ans plus tard, la mort les sépare subitement. Incapable de laisser partir Francine sans lui dire au revoir, Elsie achète un jeu de Ouija dans l'espoir de rétablir le contact.
Mais la mort n'est pas un jeu. À vouloir à tout prix communiquer avec son amie disparue, la jeune fille réveillera des êtres qu'elle regrettera vite d'avoir dérangés.

Commentaire :
Je dois dire que j'ai été attirée par le résumé: une jeune fille qui a du mal à accepter le décès de sa voisine devenue au fil du temps une grande amie, fascinée par le paranormal, décide d'entrer en contact avec la morte. Comme elle est prudente, elle se renseigne sur Internet, s'arrange pour que sa meilleure amie soit présente le soir où elle décide d'utiliser le Ouija. Mais elles sont interrompues plus vite que prévu et sans l'avoir voulu, Elsie a réveillé un esprit en colère. Aussitôt une succession d'incidents se produisent et Elsie ne sait plus que faire pour contrer l'esprit.

Au vu de l'intrigue, je m'attendais à un peu plus de tension, de scènes terrifiantes mais, hélas, on frissonne à peine. Certes, c'est un roman qui s'adresse aux jeunes mais, pour en voir devant moi à longueur de journées, je sais que cette histoire les ferait à peine ciller d'inquiétude. De plus, on reste détaché des personnages, aucun n'est vraiment sympathique ou attachant. Est-ce dû à l'écriture? Bref, un roman vite lu qui ne me laissera pas grande impression.
Je remercie en tout cas les Editions La Bagnole et Netgalley de m'avoir fait découvrir cette auteure.

Livre lu dans le cadre du Week-end 1000 pages.

Qui dit coeur brisé dit mojitos à volonté

Amitié, filles, pacte, amour...

Un pacte anti-cons. Voilà ce que Louise vient de signer avec ses deux meilleures amies. Parce qu’il y en a marre de tomber amoureuse du mec canon qui vous laisse en plan à la première occasion – ou, pire, qui décide au bout de quelques mois de retourner avec son ex. Terminées les relations foireuses et les soirées passées sur le canapé à noyer son chagrin dans un mojito ! À partir de maintenant, Louise évitera soigneusement tous les hommes susceptibles de lui briser le cœur. Et pour ça, elle a un plan génial : donner une chance à ceux qui, à première vue, ne correspondent pas à ses critères.

Commentaire :
Voici le mois de novembre et ses journées qui raccourcissent, rien de tel pour oublier l'hiver qui arrive à grands pas que de lire ce roman qui fait du bien au moral. Trois copines, fatiguées de  rencontrer des loosers ou des goujats ou les deux, décident de revoir leurs critères de sélection. Terminés les mecs canons, vivent les rencontres nés du hasard, on ne sait jamais, derrière des traits lisses, peut se cacher l'amour d'une vie.

Nous voilà alors embarqués dans une suite de saynètes drôles ou émouvantes mettant en scène Louise et ses copines. Entre Emma au caractère fantasque, Clémence timide et Louise échaudée par une énième rupture, on se demande laquelle des trois parviendra à se caser. Chacune veille sur les deux autres, chacune raconte aux autres ses rendez-vous, ses ratés et ses succès. Mais et l'amour dans tout ça? Il est parfois là, juste à côté de nous, finissent pas se rendre compte les trois amies.

C'est un roman sympathique à lire, léger, rythmé qui fait du bien au moral. A lire tout en buvant un mojito! Je remercie encore les Editions Harlequin et Netgalley de m'avoir fait découvrir cette auteure.

mardi 22 octobre 2019

La maison allemande

Nazisme, procès, culpabilité, extermination...

Francfort, au début des années 1960. Eva Bruhns est une jeune femme sans histoire : interprète du polonais, elle est requise pour traduire les dépositions de témoins au second procès dAuschwitz qui vient de s'ouvrir afin de traduire en justice les crimes de dignitaires nazis. Si elle voit d'abord dans ce travail l'occasion de conquérir une autonomie financière inédite, les révélations auxquelles le procès la confronte ne tardent pas à la bouleverser. 

Commentaire :
Ce livre est tout autant un roman initiatique qu’une œuvre mémorielle car, à travers le second procès d’Auschwitz, c’est l’histoire d’une jeune allemande qui prend conscience de son individualité et celle d’une jeunesse qui (re)découvre son histoire récente, une histoire dont les générations précédentes ne veulent plus entendre parler.


Quand Eva Bruhns est sollicitée pour traduire les dépositions de témoins polonais, elle ne sait pas que cette décision va bouleverser sa vie. Jusqu’ici, Eva est une jeune fille qui aspire à une vie tranquille, elle se voit mariée à son fiancé Jürgen, un fils de bonne famille austère et exigeant, vivant sereinement sous son toit. Sa décision d’ailleurs de participer à ce procès dérange Jürgen mais aussi ses parents et surtout sa mère qui ne comprend pas qu’on puisse évoquer de nouveau le nazisme. Jürgen exerce même un chantage contre Eva : c’est lui et le mariage ou rien si elle s’obstine à vouloir servir d’interprète. Contre toute attente, Eva ne cède pas et, tous les jours ou presque, elle se rend au procès et traduit des témoignages terribles qui la bouleversent et semblent réveiller en elle des souvenirs d’une petite maison dans un endroit étrange. Comment pourrait-elle se souvenir de quoi que ce soit d’Auschwitz ? C’est en interrogeant ses parents et surtout sa mère qu’elle réalise qu’elle a vécu là-bas car son père y travaillait comme cuisinier pour les gardes… « Nous étions heureux » lui déclare sa mère quand Eva, horrifiée, lui demande comment son père et elle ont pu accepter de travailler dans ce camp d’extermination. Cette affirmation  fait froid dans le dos et Eva mesure à quel point ses parents, pourtant de braves gens, ont participé à  leur manière à la mort de milliers de gens et que leur silence fait d’eux des coupables sinon des complices. Quand le procès prend fin sans satisfaire vraiment les accusés et les victimes, Eva est une autre femme et le regard qu’elle porte sur son pays, sur ses parents a complètement changé. J’ai beaucoup aimé ce roman et l’évolution de cette jeune fille  qui en sort métamorphosée. A lire donc !

Le roman de Camille

Belle Epoque, apparition, polémique, messages, enfants...

En 1913, Camille a 8 ans. Ignorant tout de la tragédie historique qui sannonce, elle vit les derniers mois de paix dans son village de Cassel-le-Château. Privée de sa mère morte en couches, elle est cependant choyée par son père et sa grand-mère et connaît une enfance heureuse et empreinte dinnocence. Une nuit pourtant, une visite inattendue et fantastique vient bouleverser tout son univers. Bien malgré elle, Camille se retrouve investie dune mission qui la dépasse : elle doit délivrer un message à lhumanité tout entière. Pour mener à bien sa tâche, elle peut compter sur le soutien de son ami Petit-Jacques, lui aussi embarqué dans cette aventure !

Commentaire :
Il est toujours délicat de parler d’un roman écrit par un auteur que l’on connaît, on se demande si on saura rester objectif, si on saura en évoquer les qualités et les défauts sans vexer. Mais je me lance en affirmant, et ceci sans hypocrisie aucune ou tentative de copinage, que j’ai bien aimé ce premier tome d’une trilogie.
Alors, certes, j’ai trouvé qu’il était long (632 pages) et que certaines descriptions auraient pu être écourtées, certaines digressions évitées (je pense à l’introduction du personnage formidable de Monseigneur Toussaint) pour donner plus de rythme à cette intrigue qui se déroule à la fin de la Belle Epoque en France. J’ai préféré d’ailleurs la deuxième partie du roman quand les événements de Cassel devenant une affaire retentissante, on voit arriver au village la presse et le représentant de l’Eglise en la personne de Monseigneur Toussaint venus sur place vérifier si on peut parler de miracle ou de canular.  
Ce que j’ai trouvé très bien, par contre,  c’est l’évocation de cette époque, qu’on a appelé plus tard « Belle » alors qu’elle ne l’était pas tant que ça d’ailleurs, c’est la description d’une société dans laquelle chacun avait sa place et son rôle et qui disparaîtra dans le fracas de la guerre 14/18.   Les personnages sont bien croqués : la morgue du Comte de Cassel, persuadé qu’il peut encore diriger les gens comme le faisaient ses ancêtres ; la faiblesse du maire incapable de s’opposer au Comte ; la gouaille de Berthoux heureux propriétaire du café dans lequel se réfugient tous les anticléricaux du village; la dignité de Pierre Boucher et celle de ceux qui, comme lui, sont considérés comme de petites gens… Sans oublier Monseigneur Toussaint, le docteur Guitton, les journalistes Abel Lenvie et Marcel Grabher qui viennent compléter la liste de tous ceux et celles  confrontés à des événements que je qualifierai plus de mystiques que fantastiques. Car la petite Camille, personnage central de l’histoire, est bien confrontée à une apparition miraculeuse qui va la conduire à délivrer plusieurs messages dont le contenu parfois sibyllin  laisse présager des tragédies futures. Tragédies qui seront sans doute développées dans les deux tomes suivants, j’avoue que je suis très curieuse de connaître la suite. Je vous recommande  ce premier roman et je remercie au passage les Editions Librinova et Netgalley de m’avoir permis de le lire. Enfin, un grand salut à l’auteur pour la qualité de son écriture !

samedi 5 octobre 2019

Un couple irréprochable

Harcèlement sexuel, viol, meurtre, secret, manipulation...

Angela, trente ans, vit une vie confortable et routinière avec son fils surdoué de treize ans et Alex, son mari, professeur d'économie en pleine ascension professionnelle. Mais leur bonheur de façade explose lorsque Alex est soupçonné d'être un prédateur sexuel, et que l'une des deux jeunes femmes qui l'accusent disparaît. Tandis que la presse de tout le pays se repaît du scandale, Angela est partagée entre la honte, le désir de défendre son mari, et le besoin de préserver un sombre secret.

Commentaire :
Je remercie tout d’abord les Editions Presse de La Cité et Netgalley d’avoir pu découvrir ce roman qui m’a fait passer un très bon moment de lecture. On plonge immédiatement dans l’intrigue et dans le scandale qui anéantit en quelques semaines la vie d’un couple jusqu’ici sans histoires. Du moins le pense-t-on puisque, au fur et à mesure, l’auteure distille des informations sur Angela, l’épouse bafouée qui tombe des nues quand elle apprend que son si beau mari est accusé de harcèlement sexuel par une étudiante et de viol par une autre femme. Mais elle-même a bien des choses à cacher et elle n’aimerait pas que les médias s’intéressent de trop près à son passé. 

Ce qui est bien fait c’est que tout notre sympathie va tout de suite à Angela. Pauvre Angela que son mari trompait depuis des mois avec la femme, Kelly, qui l’accuse de viol. Pauvre Angela qui, déjà dans son passé, a vécu des choses douloureuse, il ne faudrait pas qu’un journaliste ressorte l’affaire. Pauvre Angela ? Je sentais bien que derrière ses airs de femme irréprochable se cachait une personne ambigüe mais la fin m’a grandement surprise. A lire donc !



Les Patriotes


Communisme, répression, étranger, famille, goulag, secret...

Alors que les États-Unis sont frappés par la Grande Dépression, Florence Fein, à seulement 24 ans, quitte Brooklyn pour une ville industrielle de lOural, dans la toute jeune URSS. Elle ny trouvera pas ce quelle espérait: un idéal dindépendance et de liberté. Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis. Des années plus tard, en apprenant louverture des archives du KGB, il revient en Russie et découvre les zones dombre de la vie de sa mère.

Commentaire :
Il ne m’a pas été facile de lire ce roman de près de 600 pages qui parcourt plus de soixante-dix ans de l’histoire d’une famille piégée en quelque sorte en URSS. L’auteur a choisi d’alterner les chapitres qui suivent les pérégrinations de Florence Fein à partir du moment où elle débarque en URSS en 1935 et ceux qui voient son fils revenir en Russie en 2008 pour un voyage d’affaires. On a deux histoires : celle de Florence venue en URSS pour retrouver un homme et persuadée que la vie est meilleure sous le ciel communiste. Et celle de son fils, qui vient pour négocier des contrats avec des hommes d’affaires russes qui ressemblent plus à des gangsters d’ailleurs, et éventuellement, obtenir le dossier de sa mère qui dort dans les archives du KGB.  Quelle que soit l’époque d’ailleurs, on se dit que vivre dans ce pays relève de la gageure, il ne fait pas bon d’être étranger là-bas, on a l’impression qu’on va se faire embarquer à tout moment et finir dans une cellule.


J’avoue que j’ai eu du mal à comprendre et à m’intéresser aux tractations commerciales entre Julian et les russes, j’ai bien saisi le côté tortueux et illégal de l’affaire mais j’ai trouvé que cela prenait trop de place dans le roman. J’ai préféré, et de loin, tous les chapitres consacrés à sa mère qui a eu cette idée folle de quitter les USA pour l’URSS. Non seulement, elle va de désillusions en désillusions, mais bientôt elle se retrouve prisonnière de ce pays quand une fonctionnaire zélée, lui confisque son passeport, pour lui redonner à la place un pauvre papier stipulant seulement qu’elle est une étrangère. Ce qui la rend suspecte d’autant plus qu’elle essaie un jour de rentrer dans l’ambassade américaine sans succès d’ailleurs, car les USA ne veulent plus entendre parler de ces compatriotes ayant fait de mauvais choix. La Grande Guerre patriotique lui permettra paradoxalement d’être à l’abri mais, avec la Guerre froide, et la paranoïa galopante de Staline, elle est arrêtée et envoyée dans le fin fond de la Sibérie couper des arbres. C’est son fils, qui des années plus tard, comprendra comment elle a pu sortir vivante de cet enfer.  J’ai eu du mal en tout cas à éprouver de l’empathie pour ce personnage féminin dur et entêté et dont les actes ne sont pas sans conséquences pour ses proches. Un roman fleuve que j’ai bien aimé. Mais pas un coup de cœur.

A crier dans les ruines

Catastrophe nucléaire, séparation, amour, patrie...

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan, deux adolescents amoureux l'un de l'autre, voient leur vie bouleversée par l'explosion de la centrale. Si Lena, croyant Ivan mort, part avec sa famille en France, Ivan, qui n'a pas pu quitter la zone, attend son retour. Déracinée, la jeune fille tente d'oublier son passé. Vingt ans plus tard, elle fait le chemin inverse, et repart en Ukraine.

Commentaire :
Depuis que j’ai regardé la série « Chernobyl » à la télévision, j’ai cherché à lire des ouvrages sur cette catastrophe et je suis tombée sur ce roman. La couverture et le titre surtout m’ont immédiatement emballée et j’ai lu, très vite ce roman que je vois comme une histoire d’amour et de deuil. Je trouve que ces deux thèmes se comprennent de deux manières : il y a l’amour entre les deux adolescents Léna et Ivan qui perdure malgré la distance et la certitude pour Léna de la mort d’Ivan. Mais on trouve aussi l’amour de la patrie, très forte chez Léna même si celui-ci n’est pas tout de suite conscient chez elle. Mais ses études, ses lectures, tout la ramène dans ce pays dont on l’a arrachée subitement un jour d’Avril 1986.


Et puis il y a le deuil : celui d’un pays, d’une ville –Pripiat- abandonnée du jour au lendemain par ses habitants car on ne peut plus y vivre. Celui de tous ces gens obligés de tout laisser sur place, déchirés de devoir quitter leurs terres, leurs animaux, leur vie même pour se retrouver entassés dans des immeubles à Kiev sans aucune perspective de retour. Sans compter tous ceux qui sont morts des suites de la catastrophe. Un deuil national qui pèse encore aujourd’hui  parmi la population. Un deuil plus personnel qui touche aussi bien Léna qu’Ivan : chacun, à sa manière, est affecté par cette tragédie mais c’est Ivan qui est le plus touché. Non seulement il perd Léna, partie brutalement pour la France, mais il perd aussi sa petite sœur, son père…

L’écriture d’Alexandra Koszelyk est belle, presque lyrique. Elle donne du souffle à cette histoire déchirante, à cet amour sublimé par la distance (dans le temps et l’espace), à ces deux adolescents dont on attend (dont on espère) les retrouvailles. Un très beau moment de lecture !

samedi 21 septembre 2019

Patients

Accident, handicap, reconstruction, leçon de vie...

"Patients" est le premier livre de Grand Corps Malade. Avec la plume poétique, drôle et incisive qu’on lui connaît, il livre le récit de son année de convalescence dans un centre de rééducation pour handicapés lourds. Il nous fait entrer dans ce monde méconnu qu'il découvre alors : l'immobilité totale, les soins quotidiens, les médecins et les infirmiers dont on est entièrement dépendant. Des histoires personnelles, émouvantes, parfois drôles, toujours instructives des autres patients qu’il côtoie. Avec ses camarades de chambrée, handicapés tout comme lui, il vit, le temps de cette renaissance en rééducation, des péripéties truculentes et cocasses, entre les rires et les larmes, qu’il nous raconte avec humour et beaucoup de générosité. Patients est une leçon de vie, et d’optimisme, pour chacun d’entre nous.

Commentaire :
J’aime beaucoup Grand Corps Malade, ses textes sont poétiques et abordent des sujets parfois difficiles. J’ai en tête notamment « Sixième sens » qui évoque l’accident qui a changé le cours de sa vie, je l’ai souvent étudié avec des élèves pour la leçon de vie qu’il délivre. J’avais vu qu’il avait écrit « Patients » mais je n’avais pas pris la peine de le lire. Et puis comme je cherche une autobiographie à faire lire à mes élèves, je me souvenu de ce livre et je l’ai lu…

La lecture de « Patients «  m’a beaucoup touchée : pas de surenchère dans le pathos, rien de larmoyant ni de lourd, tout est dans la retenue et la dignité. On connaît l’accident qui a cloué Grand Corps Malade sur un lit et lui a fait vivre des mois de travail pour vaincre son propre corps et recommencer à marcher. Et pourtant il en parle avec tellement de pudeur qu’on a l’impression, mais l’impression seulement, que sa guérison a été facile. Pourtant à travers les pages, on sent la souffrance, la gêne, l’humiliation qu’on peut ressentir à se sentir diminué, à n’être qu’un corps qu’on manipule, qu’on déplace plus ou moins maladroitement (je pense à Christiane l’aide-soignante surnommée « Le sanglier des Ardennes » gentille mais si gauche), à vivre avec ce  corps si familier et étranger en même temps. Après cette lecture, on ne peut que se louer d’être en bonne santé.

Ma lecture m’a donc convaincue de lire ce roman avec mes élèves car au-delà de l’histoire personnelle de Grand Corps Malade, c’est aussi l’occasion de travailler sur la différence, le regard sur les autres, le handicap, etc. Je n’espère qu’une chose, que mon approche sera à la hauteur de ce livre émouvant.

En chute libre


Fuite, secret, famille, amour...

Elle va lui donner une raison de se battre.Il va lui apprendre à affronter ses peurs. Solomon Sanders n’a pas de temps à perdre avec les sentiments. Depuis toujours, la violence fait partie de son monde, de son ADN. Il se bat pour ce qu’il croit juste, pour les personnes auxquelles il tient, pour sauver les quelques graines de bonté qui subsistent dans le désert aride qu’est la ville de The Point. Alors, quand il tombe sur une jeune mère célibataire et sa fille en train de se faire agresser dans une ruelle sombre, il réveille la bête  ; celle qui le transforme en monstre tatoué, en montagne de muscles et de rage. Sa mission accomplie et les damoiselles sauvées, Solomon est bien déterminé à oublier cette rencontre et à reprendre son quotidien. Mais, lorsqu’il découvre qu’Orley et sa fille, Noble, sont ses nouvelles voisines, il pressent que sa vie ne sera plus jamais la même…

Commentaire:

Ce roman se déroule dans le même univers que celui qui est décrit dans la série Bad, et d'ailleurs on en retrouve quelques uns des personnages, mais il n'appartient pas à la série et peut se lire sans problèmes si vous ne la connaissez pas.

C'est une romance contemporaine toute mignonne qui nous est racontée. Orley, pendant longtemps jeune fille riche et gâtée a fui sa famille pour protéger sa fille. Elle a tout quitté et se retrouve dans le quartier the Point où on peut se faire détrousser voire tuer pour un regard. D'ailleurs, un soir, alors qu'elle rentre dans son appartement, Orley  est agressée par un type prêt à en faire son dessert quand elle est sauvée par son voisin Solo. Celui-ci, normalement, évite de se mêler des affaires des autres, entre boulot de mécanicien, études, combats et sa mère dont il a la charge, il ne peut pas s'intéresser à sa voisine. Mais le coeur a ses raisons que la raison ignore et le voilà bientôt amoureux, et réciproquement. Mais la belle a des secrets qui finissent par la rattraper...

Encore une fois, je me suis laissée avoir par l'écriture addictive de Jay Crownover, j'ai beau être une adulte mature comme on dit, j'ai été embarquée par cette histoire d'amour entre deux jeunes gens que tout sépare. Du rythme, de l'amour, un méchant pour donner du piment, et la mayonnaise prend. J'ai d'ailleurs préféré ce roman au dernier tome de la série Bad.
 Je vous le recommande et je remercie au passage les Editions Harper Collins et Netgalley de m'avoir permis de le lire.

Liquide inflammable

Enlèvement, mystère, secret de famille, meurtres...

Alors qu'elle sonde les profondeurs d'une vieille carrière inondée à la recherche d'une cargaison de drogue, l'inspectrice Erika Foster fait une macabre découverte : un sac-poubelle renfermant des ossements d'enfant.
Le légiste est formel : le squelette est celui de la petite Jessica Collins, sept ans, dont la disparition en 1990 avait profondément ému l'Angleterre. Un dossier classé sans suite depuis.

Obsédée par ce drame, Erika se jure de faire toute la lumière.
Mais entre la pression de sa hiérarchie, l'effervescence des médias alléchés par ce sordide rebondissement et le silence de la famille Collins, la flic entêtée sent rapidement qu'elle a mis les pieds dans une affaire complexe, aux ramifications aussi noires qu'étonnantes... et dangereuses.

L'eau est un parfait tombeau. Et l'on ne devrait jamais déranger ceux qui y sont engloutis.

Commentaire:

Je suis les aventures policières d'Erika Foster depuis le début et quand j'ai vu ce nouvel opus, j'ai sauté dessus et je l'ai dévoré en quelques jours. Une fois de plus j'ai beaucoup aimé ce personnage féminin tenace et courageux.

L'intrigue est très sombre: alors qu'Erika Foster fait sonder les eaux d'une carrière inondée pour retrouver de la drogue, son équipe tombe sur le squelette d'un enfant. Et pas n'importe lequel, il s'agit du corps d'une petite fille portée disparue plus de vingt ans plus tôt. Sa disparition jamais élucidée a ruiné la carrière d'une inspectrice Amanda Baker, détruit celle d'un homme accusé à tort d'avoir enlevé l'enfant, détruit une famille...Vingt-six ans plus tard, Erika demande à être chargée de l'affaire, la mort de cette petite fille la bouleverse et elle est persuadée de pourvoir élucider l'affaire. On lui donne une équipe, des moyens mais Erika va s'apercevoir assez vite qu'il ne fait pas bon fouiller le passé.

Une intrigue solide qui entraîne Erika dans les secrets d'une famille qui n'a toujours pas fait le deuil de leur fille et soeur. Notamment la mère que j'ai trouvé monstrueuse, on aimerait pleurer pour elle mais son comportement est tel qu'on aimerait plutôt lui tourner le dos. Le rythme est soutenu, on va de surprise en surprise: les suspects qui sont arrêtés, malgré leur noirceur, ne sont pas les coupables. Il faut attendra la fin -à laquelle je ne m'attendais pas- pour connaître enfin ce qui est arrivée à Jessica Collins, la seule innocente dans cette histoire. 

Je vous recommande ce roman et j'en profite pour remercier les Editions Belfond et Netgalley d'avoir pu le lire.

mercredi 11 septembre 2019

Jack


Canada, meurtres, Franc maçonnerie, journalisme...

 Montréal, par une étouffante une nuit d’août 1891. Une prostituée est retrouvée sur le pavé mal famé du Red light, égorgée et mutilée avec violence et précision. Joseph Laflamme, jeune journaliste dont la vie flotte quelque part entre la modestie et la misère, décide d’enquêter sur ce meurtre qui n’intéresse encore personne. Parce qu’il pense à Mary, la petite déesse des rues dont il est amoureux et qui aurait pu être la victime. Parce qu’il a désespérément besoin de vendre ses articles aussi. Ce qui ne tarde pas, le premier indice le mettant sur la piste d’un mystérieux ordre de francs-maçons. Et quand les meurtres s’enchaînent, c’est l’ombre du tristement mythique Jack l’éventreur qui surgit. Quelqu’un imite-t-il le célèbre tueur ou Jack lui-même aurait-il traversé l'Atlantique ?

Commentaire:

La légende de Jack l'éventreur est un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre et suscite toujours autant de spéculations sur l'identité de cet homme qui assassina et mutila des prostituées avant de disparaître dans la nature.
Dans ce roman qui se déroule au Canada en 1891, une prostituée est retrouvée morte et mutilée. Un jeune journaliste, Joseph Laflamme, en quête d'un scoop qui pourrait arrondir ses fins de mois (et même ses mois tout courts) s'intéresse à ce fait divers qui le met sur la piste d'un ordre de francs-maçons. Un deuxième meurtre commis dans les mêmes conditions que le premier confirme la piste de Laflamme et le voilà, presque malgré lui, entraîné à la poursuite d'un tueur qui pourrait être le fameux Jack l'Eventreur lui-même.
Joseph est aidé dans cette quête par sa soeur Emma et par  d' anciens inspecteurs de la Scotland Yard, persuadés que Jack l'Eventreur a traversé l'Atlantique et qu'il sévit dans les rues de Montréal.
J'ai bien aimé cette intrigue même, si au début, j'ai été un peu déroutée par l'intrusion de la Franc-maçonnerie dans l'histoire n'étant pas particulièrement attirée par l'ésotérisme et les complots de toute nature. En plus je n'y connais rien, il m'a donc été difficile de savoir si ce qui dit Hervé Gagnon relève du pur fantasme ou s'il y a des bribes de vérité dans l'organisation de cet ordre mystérieux. De même,  j'ai trouvé que la fin était un peu tirée par les cheveux mais l'ensemble est bien écrit et rythmé. 
Si vous voulez connaître une énième version sur l'identité et les raisons des meurtres épouvantables de Jack l'Eventreur, je vous conseille ce roman.

Sous le charme du highlander


Ecosse, sorcière, complot, amour...

Elle ne peut se résoudre à l’aimer. Car elle doit se venger.James MacKenzye, Ellia n’oubliera jamais ce nom. Celui de l’être abject et sans pitié qui a assassiné ses sœurs, les brûlant sur un bûcher comme des sorcières. Depuis ce jour, en proie chaque nuit à des cauchemars terribles, elle s’est fait une promesse  : celle de retrouver ce barbare et de venger sa famille. Devenue membre d’une communauté de femmes au service de ceux qui en ont besoin, elle rencontre par hasard lors de sa première mission un homme blessé. Lorsqu’elle comprend qu’il s’agit d’Edward MacKenzye, le fils de son pire ennemi, Ellia y voit le signe que l’heure de la vengeance a sonné… Mais Edward est bien différent de la brute cruelle qu’est son père, et un combat intérieur fait bientôt rage en elle. Doit-elle rendre justice au passé ou accepter de se tourner vers l’avenir  ?

Commentaire:

Je ne connaissais pas cette auteure, aussi je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m'avoir permis de la découvrir.

Si vous aimez les romans à rebondissements multiples, les amours compliquées et les méchants , vous aimerez ce roman car Ellia, l'héroïne, en voit de toutes les couleurs. Sa famille ayant été assassinée sous ses yeux, Ellia décide de venger leur mort dès qu'elle croisera la route du clan Mac Kenzye. Problème, quand elle croise le chemin d'un d'entre eux, elle en tombe follement amoureuse et il lui est bien difficile de le rejeter.  Et même lorsqu'elle succombe à ses charmes, des ennemis vont s'empresser de semer le trouble entre les deux amants. 

J'arrête là de vous parler de l'intrigue car je dois dire que je n'ai pas du tout adhéré à l'intrigue et encore moins à l'écriture. Personnages caricaturaux, dialogues simplistes, scènes de sexe laides et vulgaires....J'ai eu du mal à terminer le livre et je crois bien que je ne lirai plus jamais Ava Kröl.