vendredi 31 mai 2019

La librairie des rêves suspendus

Bad boy, amour, rêves, livres...

Sarah, libraire dans un petit village de Charente, peine à joindre les deux bouts. Entre la plomberie capricieuse de l’immeuble, les murs décrépis et son incapacité notoire à résister à l’envie d’acheter tous les livres d’occasion qui lui tombent sous la main, ses finances sont au plus mal. Alors, quand un ami lui propose un arrangement pour le moins surprenant mais très rémunérateur, elle hésite à peine avant d’accepter. C’est entendu : elle hébergera Maxime Maréchal, acteur aussi célèbre pour ses rôles de bad boy que pour ses incartades avec la justice, afin qu’il effectue en toute discrétion ses travaux d’intérêt général dans la librairie. Si l’acteur peut survivre à un exil en province et des missions de bricolage, elle devrait être capable d’accueillir un être vivant dans son monde d’encre et de papier… Une rencontre émouvante entre deux êtres que tout oppose mais unis par un même désir : celui de vivre leurs rêves.

Commentaire:

Je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de lire cette romance rafraichissante  lu en deux jours. La couverture m’a paru pleine de vie et de gaieté et  l’intrigue de base m’a plu dès le départ car une grande partie de l’action se passe dans une librairie, un lieu que j’adore fréquenter, et le personnage principal est une jeune femme qui aime tant les livres qu’elle en achète bien trop par rapport à ce qu’elle peut vendre !


Sarah possède cette librairie transmise par sa grand-mère et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a du mal à en sortir et à se frotter au monde. Son commerce marche mal et elle est près de mettre la clé sous la porte quand elle reçoit une proposition pour le moins inattendue. Contre un beau chèque, elle accepte d’héberger Maxime Maréchal, jeune acteur au talent prometteur mais bien trop impulsif, qui, après une énième altercation à la sortie d’une boîte, doit passer deux mois avec un bracelet électronique à la cheville et effectuer des travaux d’intérêt général. Lui qui déteste la province, rester enfermé, rendre des comptes aux autres, cette « peine » de deux mois c’est mission impossible. D’autant que quand il voit Sarah la première fois, il la range dans la catégorie coincée. Entre les deux, la cohabitation s’annonce difficile mais peu à peu entre la timide et le rebelle le courant passe.

C’est une romance toute mignonne qui nous est proposée. L’intrigue n’est pas très originale et son déroulement assez convenu mais cela fait du bien de lire de temps en temps des histoires d’amour fraîches et qui se terminent bien. Emily Blaine a le talent nécessaire pour nous permettre d’adhérer à ce couple que tout sépare, à semer rires et émotions en tout genre. Une belle réussite.

jeudi 30 mai 2019

De bonnes raisons de mourir

Meurtre, vengeance, nucléaire, corruption, radiations, trafic...

Un cadavre atrocement mutilé
suspendu à la façade d'un bâtiment.
Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.
Deux enquêteurs, aux motivations divergentes,
face à un tueur fou qui signe ses crimes
d'une hirondelle empaillée.
Et l'ombre d'un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé...

Commentaire:

En ce moment à la télé, passe une mini-série en cinq épisodes produite par HBO qui s’appelle tout simplement « Tchernobyl ». Cinq épisodes terrifiants car ils montrent qu’on est passé à un cheveu d’une catastrophe nucléaire qui aurait pu dévaster une grande partie de l’Europe. Aussi quand ai-je vu ce roman, il m’a semblé logique de le lire car l’intrigue se déroule de nos jours en Ukraine, et notamment à Pripiat ville fantôme depuis son évacuation en catastrophe en 1986.


Le cadavre du fils d'un oligarque russe a  été retrouvé sur la façade d’un immeuble de la ville. Son corps a été atrocement mutilé, on a même retrouvé une hirondelle empaillée dans son ventre… Deux hommes vont alors enquêter, un policier ukrainien Melnyk qui vit dans la région et un policier russe Rybalko, engagé par le père de la victime considérant sans doute que l’enquête ne va pas assez vite et surtout parce que Rybalko connaît la région, il vivait à Pripiat en 1986… Très vite, les deux hommes comprennent que le meurtre est lié à une ancienne affaire, celle d’un double meurtre qui eut lieu le jour où le réacteur 4 a explosé.

J’ai beaucoup aimé ce roman, on est embarqué séance tenante dans une intrigue palpitante à la recherche d’un tueur complètement dingue et passionné de taxidermie. Melnyk comme Rybalko sont deux personnages qui ne laissent pas indifférents, ma préférence va à Rybalko pour son côté désespéré et border line. Il vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer, il n’a rien à perdre, alors il s’enfonce dans la résolution de cette affaire, cherche, prend des coups, qu’importe ! Il continue à pister le responsable.  Le décor est à la hauteur de cette histoire : une grande partie se déroule autour de Tchernobyl, dans cette zone interdite où pourtant circulent de nombreuses personnes, des gens qui n’hésitent pas à récupérer des matériaux contaminés qui seront revendus en Europe. Où on peut visiter Pripiat ( !) comme on visiterait un musée, alors que la ville montre des doses fortes de radiation… C’est l’occasion pour l’auteur d’évoquer aussi un conflit qui n’intéresse pas grand monde, celui qui oppose les Ukrianiens prorusses à ceux qui veulent conserver intact le territoire ukrainien. C’est donc dans une atmosphère de morts et de radiations que se déroule « De bonnes raisons de mourir ». Je vous le recommande !

samedi 11 mai 2019

Les confessions de Frannie Langton

Meurtre, esclavage,violence,  racisme, manipulation...

Londres, 1826. Toute la ville est en émoi. La foule se presse aux portes de la cour d’assise pour assister au procès de Frannie Langton, une domestique noire accusée d’avoir tué Mr et Mrs Benham, ses employés.
Pour la première fois, Frannie doit raconter son histoire. Elle nous parle de sa jeunesse dans une plantation de canne à sucre en Jamaïque, où elle a été le jouet de chacun : de sa maîtresse, qui s’est piquée de lui apprendre à lire tout en la martyrisant, puis de son maître, qui l’a contrainte à l’assister sur nombre d’expériences scientifiques, plus douteuses les unes que les autres. Elle nous parle de son arrivée à Londres, où elle est « offerte » aux Benham, comme un vulgaire accessoire, de son amitié avec la maîtresse de maison, de leur même appétit pour la lecture, la culture. De leur passion…
Elle se dévoile pour tenter de se souvenir de cette terrible nuit, qui lui échappe complètement. Mais une question la ronge sans cesse, comment aurait-elle pu tuer celle qu’elle aime?


Commentaire:


Je remercie tout d’abord les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman palpitant à plus d’un titre.

 Quand le roman commence, Frannie Langton est en prison déjà reconnue coupable aux yeux de la société anglaise du double meurtre dont on l’accuse. Cette mûlatresse a été retrouvée dans le lit de sa maîtresse les mains rouges de sang et la seule chose qu’elle accepte de dire c’est qu’elle ne se rappelle pas de ce qui s’est passé. En attendant son procès, Frannie écrit ses confessions. Car elle n’est pas une sauvage sans âme comme on se plaît à la présenter, elle est instruite et cultivée. Elle est née en Jamaïque, propriété d’un couple infâme, les Langton, et si elle a reçu une instruction, ce n’est pas par bonté d’âme de leur part mais pour suivre un plan concocté par M. Langton. Peut-on instruire un noir ? Et si oui, qu’est-ce cela veut dire de leur nature ? En grandissant, Frannie va servir Langton de la plus ignoble des façons : il se targue d’être un scientifique et il étudie les corps des esclaves morts (et même vivants d’ailleurs), cherchant à déterminer ce qu’ils sont. Des expériences répugnantes dont Frannie est le témoin mais aussi la complice. Quand la grange dans laquelle se déroulent ces expériences brule, la femme de Langton en profite pour se débarrasser du mari. Le voilà de retour en Angleterre avec dans ses bagages Frannie, qu’il laisse aux bons soins des Benham. Installé dans la maison du couple, en proie à la méchanceté d’une gouvernante qui ne voit en elle qu’un suppôt de satan, Frannie devient la « dame » de compagnie de Mme Benham dont elle s’éprend. Frannie se retrouve alors le jouet d’une femme mariée insatisfaite de sa vie et d’un mari, se posant en homme de bien, alors qu’il n’est qu’un hypocrite de la pire espèce. Dans ces conditions, elle ne peut rien contre la tragédie qui va se manifester sous ses yeux. Qu’importe la vérité, Frannie est la coupable parfaite pour une société figée dans ses certitudes bien pensantes.

Ce n’est pas une lecture facile car la vie de Frannie n’est qu’une suite de maltraitances, de violences, de trahisons. On l’exploite, on la manipule, on la juge, on lui accorde des miettes d’attention, on la rejette… On a envie de hurler avec elle contre ces blancs qui ne la voient que comme un objet et non un être humain. Ce qui est terrifiant c’est cette pensée partagée par Langton et Benham que les noirs sont inférieurs, qu’on pourrait certes abolir l’esclavage mais que pour autant, on ne peut les laisser vivre comme ils le souhaitent et leur accorder leur libre arbitre. Une manière comme une autre de justifier le colonialisme et l’exploitation de milliers de gens. Le roman m’a certes secouée mais je le recommande.   

mercredi 8 mai 2019

Les filles d'Ennismore

Amitié, différences sociales, amour, insurrection

Irlande, début du XXe siècle. À huit ans, Rosie croise le chemin de Victoria, la jeune héritière du domaine d'Ennismore. Celle-ci s'ennuie et voit en la fille d’un métayer, l'amie dont elle rêve tant. Au grand dam de sa mère, elle arrive à convaincre son père de partager ses heures de leçon avec Rosie. Au fil des années, leur amitié grandit. Mais à 17 ans, Victoria quitte Ennismore pour Dublin afin de faire son entrée dans le monde, laissant Rosie déchirée entre les aspirations de ces années d'éducation aristocrate et sa modeste position. Elle est bientôt contrainte d'accepter un poste de domestique au domaine. Servir une famille qu'elle a côtoyée pendant dix ans est d'autant plus douloureux que Rosie est amoureuse depuis toujours du frère de Victoria, Valentin.

Alors que l’Irlande s’embrase, le destin de Rosie et Victoria emprunte le chemin de la révolte.

Commentaire:
Ce roman fait penser au premier abord à la série Downton Abbey puisqu’il raconte aussi bien l’histoire de la famille Ennis, propriétaires du domaine d’Ennismore que celle de leurs domestiques. Victoria Ennis a 7 ans quand elle convainc son père de lui accorder  la possibilité de prendre comme amie et compagne d’études Rosie, la sœur de Bridie domestique dans la maison. Cette décision va surtout peser sur le destin de Rosie car cela va la mettre dans une position inconfortable, éduquée comme une lady mais condamnée, plus tard à devoir récurer les marches de la demeure. De plus, Rosie est amoureuse de Valentin mais c’est un amour impossible. Elle choisit alors de quitter Ennismore pour se rendre à Dublin où l’attendent d’autres désillusions et infortunes. Victoria, de son côté, ne se satisfait pas de la vie qu’on lui fait mener, pire, elle la remet en question en s’affichant avec un domestique. Pour éviter le scandale, elle part s’installer chez sa tante à Dublin et se fait engager comme infirmière dans le cabinet d’un médecin. Alors que les deux jeunes femmes vivent dans la même ville sans se côtoyer, l’insurrection irlandaise éclate.


Ce n’est pas que je n’ai pas aimé, j’ai trouvé le roman intéressant par bien des aspects, notamment la description des rapports sociaux entre les domestiques et les maîtres, la vie miséreuse menée à Dublin par Rosie, le récit des événements de Pâques 1916 –Les Pâques sanglantes- où certains Irlandais tentèrent d’instaurer une République d’Irlande. Mais j’ai trouvé que l’intrigue allait trop vite : les événements défilent et on n’a pas le temps d’en savoir plus. J’aurais aimé par exemple que l’auteur développe le moment de l’insurrection, qu’on en sache un peu plus sur cette période historique.  Il en est de même avec les personnages qui ne sont pas assez fouillés, du coup je n’ai pas réussi à m’attacher à l’un d’entre eux. J’ai trouvé Rosie pénible par moments, son refus d’adresser la parole à Victoria m’a agacée. J’ai eu un peu de mal à croire à la reconversion soudaine de Victoria qui passe de la jeune fille gâtée à l’infirmière exemplaire qui décide de travailler dans un hôpital pour pauvres. Quant à Valentin, quel personnage falot… C’est dommage car l’époque et le contexte me plaisaient. Une lecture donc agréable à défaut d’être passionnante.


La tristesse des éléphants

Disparition, deuil, relation mère-enfant...

La mère de Jenna, Alice, a disparu lorsque celle-ci n'avait que trois ans. Aujourd'hui, elle en a treize et est bien décidée à retrouver sa trace. Elle n'a qu'une certitude : jamais sa mère ne l'aurait abandonnée. Jenna se met à relire le journal de bord d'Alice, une scientifique qui étudiait le deuil chez les éléphants. Pour progresser dans sa quête, elle s'adjoint les services de Serenity Jones, une voyante qui prétend être en lien avec l'au-delà, et de Virgil Stanhope, l'inspecteur qui avait suivi l'enquête à l'époque. 

Commentaire:

J’ai découvert cette auteure il y a quelques mois et je me suis en tête de lire son oeuvre au fur et à mesure car j’aime ses intrigues et son écriture. « La tristesse des  éléphants » me conforte dans ce projet. Encore une fois, j’ai été très touchée par l’histoire, par le thème abordé, celui de l’amour qui existe entre une mère et son enfant. Et j’ai beaucoup aimé toutes les pages consacrées aux recherches d’Alice sur le comportement des éléphants envers leurs petits. Il y a là des sentiments puissants dès lors qu’une éléphante met au monde son bébé, j’en ai eu parfois la gorge nouée quand on évoque les moments de perte et de deuil notamment.  Une éléphante est capable de rester des jours entiers près de son petit, mort,   comme pour veiller sur lui, sans se nourrir et sans boire. Un amour absolu que la mort ne parvient pas à briser.


Mais l’histoire ne tourne pas seulement autour de l’univers des éléphants, c’est aussi une recherche : Jenna est la fille d’Alice. Elle a 13 ans, et ne se remet pas de la disparition de sa mère 10 ans plus tôt à la suite d’une tragédie qui s’était déroulée dans une réserve d’éléphants géré par ses parents. Jenna est persuadée que sa mère est encore vivante quelque part. Alors elle décide d’avoir de l’aide : d’abord une médium Serenity, qui est en lien avec l’au-delà, du moins le prétend-elle et ensuite Virgil Stanhope qui était intervenue dans la réserve 10 ans plus tôt. Drôle de trio, presque invraisemblable même… Entre Serenity qui a perdu depuis longtemps sa capacité à « voir » des choses, Virgil devenu un détective alcoolique et Jenna une jeune adolescente fragile, comment les uns et les autres pourraient découvrir la trace d’Alice ? Et pourtant en revenant sur les lieux, ils vont découvrir un indice, mince fil qui les conduira à la vérité. Une vérité que je n’avais pas vu venir et qui m’a complètement bouleversée d’ailleurs.

C’est donc une belle histoire racontée par plusieurs personnages : les chapitres alternent les voix des quatre protagonistes (Jenna, Serenity, Virgil et Alice) de cette quête qui semble absurde au départ et qui se révèle déchirante. Chacun d’entre eux trouvera au terme de cette recherche un apaisement. Celui d’être aimé, d’avoir compté pour quelqu’un, d’avoir été consolé.



Impératif imprévu

Peinture, faussaire, meurtre, escroquerie...

Journaliste au Courrier du Sud-Ouest, Skander Corsaro a décidé de prendre quelques jours de congés pour préparer Noël. Mais une rencontre imprévue va bouleverser ses beaux projets. Le jeune homme est invité à la Villa Golotzine par un richissime marchand d'art. Bâtie en pleine forêt dans les années 1920 par un couple d'aristocrates russes en exil, cette fabuleuse demeure recèle un vénéneux secret. Qui était donc Yegor Golotzine, peintre maudit dont on vient de redécouvrir une partie de l’œuvre disparue ? Une exposition sulfureuse, un cocktail où l'on sert des pièces d'anatomie, un prophète mondain épris de Satan ou une étrange collectionneuse de menhirs sont les premières pièces de ce puzzle maléfique. Auxquelles s'ajoute un meurtre et quand le sang coule sur la neige, le paysage hivernal se transforme en un inquiétant tableau surréaliste. Vérité ou illusion ? Skander devra déjouer les mensonges du Diable. Mais avec lui, les dés sont toujours pipés.

Commentaire:

J’ai découvert cet auteur grâce aux Editions Le Masque et à Netgalley et je les remercie de m’avoir permis de lire cette pépite. J’ai adoré ce roman non pas tant à cause de l’intrigue mais surtout à cause de l’écriture. C’est un régal de lire cette prose alerte et drôle, ce style enlevé sans être ampoulé. Les personnages ne sont pas en reste, souvent hauts en couleurs quand ils ne sont pas excentriques.


A commencer par Skander Corsaro, journaliste à la rubrique culture au Courrier du Sud-Ouest, qui vit avec un poisson surnommé Blb et qui vit des amours torrides avec le fantôme d’une jeune femme ! Le point de départ de l’intrigue est une rencontre ou plutôt des retrouvailles entre Skander et Axel, un ancien camarade d’école. Celui-ci l’entraîne à une vente aux enchères où l’on vend un tableau d’un artiste maudit et oublié depuis longtemps Yegor Golotzine. Skander remarque très vite qu’Axel joue un jeu étrange avec un complice dans la salle pour faire monter les enchères. S’agit-il d’escroquerie ? Qui se trouve derrière  la vente du tableau ? Pour en avoir le cœur net, Skander se rend à une soirée organisé par le propriétaire du tableau au nom improbable mais aux intentions rapidement très claires pour Skander. Tout cela sent bon l’arnaque, le problème c’est que des cadavres commencent à tomber et que Skander va avoir besoin de l’aide de son ami de toujours Tonio pour comprendre les enjeux de cette affaire.

J’ai passé un très bon moment à lire ce roman policier qui s’intéresse au monde de la peinture et plus particulièrement à celui des faussaires. Et qui parvient à nous tenir en haleine tout du long. Une découverte pour moi, je lirai sans doute ces romans précédents.

lundi 22 avril 2019

Vraie folie


Empoisonnement, meurtre, règlements de comptes...

A priori, c'est un samedi matin comme tous les autres qui commence à Promise Falls en ce 23 mai. Chacun se réveille, prend sa douche, son café, son petit déjeuner. Mais soudain, une sirène d'ambulance, puis deux, puis trois ; des gens inanimés dans leur cuisine, sur le pas de leur porte, dans la rue, les urgences saturées...
Un dénominateur commun à ces victimes : toutes ont bu de l'eau du robinet. Il faut se rendre à l'évidence, le réseau hydraulique de la ville est contaminé. Drame sanitaire ou crime de masse ?
Pour l'inspecteur Barry Duckworth, la réponse ne fait aucun doute. L'insaisissable meurtrier fanatique du nombre 23 a encore frappé. Et il n'a certainement pas l'intention de s'arrêter là.
Comment préparer les habitants aux dangers qui les menacent ? Le policier et le privé Cal Weaver vont devoir unir leurs forces dans une mortelle course contre la montre. Mais qui sait combien de fous furieux se sont donné rendez-vous à Promise Falls ?
Alors qu'il enquête sur d'autres disparitions, le privé Weaver se retrouve une nouvelle fois sur le chemin de l'inspecteur Duckworth. L'heure est venue pour eux d'unir leurs forces dans cette mortelle course contre la montre... Mais comment préparer les habitants au danger qui les menace ? Et qui sait vraiment combien de fous furieux se sont donné rendez-vous à Promise Falls ?

Commentaire:

« Vraie folie » est le dernier tome d’une trilogie et il constitue le round final à toute une série d’intrigues croisées. Il y a  beaucoup de personnages et d’actions qui ont été développés dans les tomes précédents, tomes que je n’ai pas lus. Ma lecture a donc été, au départ, un peu difficile à suivre car je ne connaissais pas les protagonistes ni les nombreux drames qui se sont déroulés à Promise Falls et  qui trouvent leur explication dans ce roman.

Pour rappel, il y a eu deux meurtres, une explosion dans un drive-in, deux incendies, des écureuils tués au nombre de 23, une tentative de meurtre et une autre  d’enlèvement d’enfant ! Quand l’histoire commence, des dizaines d’habitants succombent à un empoisonnement après avoir bu l’eau de la ville. L’inspecteur Barry Duckworth a donc fort à faire : non seulement il doit trouver qui est responsable de l’empoisonnement de l’eau mais il doit aussi régler un meurtre, celui d’une jeune fille tuée de la même manière que deux autres femmes (voir tomes précédents). Le temps lui est compté et on le voit se démener pour tout régler.

Passée la difficulté de s’adapter à cette histoire qui est le point final de deux autres, j’ai passé un bon moment de lecture car le rythme est trépident. De plus les chapitres adoptent les points de vue de quelques personnages récurrents car, à côté de Duckworth, on suit Cal Weaver le privé qui doit régler un problème familial et le directeur de campagne d’un candidat à la mairie, David Harwood, préoccupé par la disparition de la femme qu’il aime. Ce croisement d’intrigues nous met en haleine et j’ai lu d’une traite ce roman au final intense. A lire donc !

Je remercie les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman.


mardi 9 avril 2019

La punition qu'elle mérite

Suicide, enquête, secret, famille...

Ludlow, bucolique bourgade du Shropshire, tombe dans l'effroi lorsque le très apprécié diacre  Ian Druitt est accusé de pédophilie. Placé en garde à vue, le suspect est retrouvé mort, pendu. La commissaire Isabelle Ardery, qui a été dépêchée sur les lieux depuis Londres et qui se débat  avec ses problèmes d'alcool, a bien envie de classer l'affaire en suicide. Mais c'est sans compter la sagacité du sergent Barbara Havers. Coachée à distance par l'inspecteur Thomas Lynley, la Londonienne gaffeuse et accro à la nicotine flaire le pot aux roses : et s'il ne s'agissait pas d'un suicide ? N'en déplaise à Isabelle Ardery, Lynley et Havers vont reformer leur duo de choc pour observer de plus près la vie de cette petite ville qui semblait si paisible. Car, derrière leurs allures de gentils retraités ou d'étudiants fêtards, les habitants de Ludlow ont tous quelque chose à cacher...

Commentaire:

Elizabeth George fait partie du mon Panthéon personnel et je ne rate aucun de ses romans. Pour deux raisons, d’abord pour Thomas Linley la quintessence de l’inspecteur à mes yeux, et ensuite pour la qualité de ses intrigues. Je ne lui reproche qu’une chose, c’est d’avoir fait disparaître de la manière la plus horrible la personne qui comptait le plus pour Thomas Linley (voir « Sans l’ombre d’un témoin ») et de nous avoir privés de sa présence dans les tomes précédents. Oh ! Il était bien là mais je trouvais qu’il s’apparentait plus à une ombre, un fantôme du personnage qu’il avait été. Mais là, enfin, il est de retour notre Linley si impeccable, si charmant, si désuet parfois mais si humain. Et pourtant dans les premiers chapitres, j’ai cru qu’on allait une fois de plus ne l’apercevoir qu’en arrière-plan.


Car, au début du roman, c’est le couple (si on peut dire) Barbara Havers/Isabelle Ardery qui est envoyé à Ludlow, charmante bourgade au premier abord, pour vérifier que le diacre Ian Druit s’est bien suicidé après son arrestation. Pour Isabelle Ardery, plus préoccupée par son addiction à l’alcool que par cette affaire regrettable, le suicide ne fait pas de doute. Mais l’opiniâtre Barbara flaire autre chose et elle met le doigt sur une incohérence. Et comme elle est soutenue par Linley, les voilà tous les deux renvoyés à Ludlow pour confirmer ou infirmer les soupçons de Barbara. Et c’est à partir de ce moment-là que l’intrigue devient plus complexe, plus vénéneuse et que tout l’art d’Elizabeth George se déploie.

En effet celle-ci excelle dans les ambiances provinciales feutrées, les atmosphères  familiales délétères : ses personnages sont rarement heureux, ils cachent souvent bien des secrets. Tout se fissure quand ils sont confrontés à des vérités qui les dérangent. C’est ce qui arrive une fois encore dans cette enquête. Et ceux ou celles qui se retrouvent sous les yeux inquisiteurs de Havers/Linley comprennent vite que leurs mensonges ne les sauveront pas.

Le rythme du roman est lent, c’est vrai, mais cela ne m’a pas dérangée. Au contraire, j’ai apprécié la lenteur de l’enquête car elle m’a permis de retrouver la relation qui existe entre Barbara Havers et Thomas Linley, j’ai retrouvé leur complicité, le flegme de Linley et les initiatives de Barbara (pas toujours appréciées de ses chefs), leur flair et leur professionnalisme qui leur permettent une fois de plus de résoudre la mort d’un simple diacre. C’est donc un roman à consommer sans modération !

Je remercie Babélio et les Editions Presses de La Cité de m'avoir permis de lire ce roman lors d'une opération Masse Critique!

mercredi 3 avril 2019

Dans la maison de l'autre

Après-guerre, deuil, occupation, réparations...

Après la défaite des forces de l’Axe, le pays est en ruines et la nation brisée. Lewis Morgan, colonel de l’armée britannique est chargé de superviser les opérations de reconstruction de ce territoire dévasté et de « dénazification » de la population. Ses supérieurs réquisitionnent à son intention une belle demeure sur les bords de l’Elbe, où son épouse, Rachael, et son fils Edmund vont bientôt le rejoindre.
Refusant de mettre les propriétaires allemands – un veuf et sa fille traumatisée – à la porte de chez eux, Lewis insiste pour que les deux familles partagent la maison. Dans cette ambiance oppressante, inimitiés et hostilités vont laisser place à un sentiment plus fort encore : la passion…

Commentaire:

Je suis tombée par hasard sur ce roman, la couverture et surtout le résumé m’ont attirée. L’histoire se déroule à Hambourg durant l’hiver 1946/47 et un officier britannique s’installe dans une belle demeure appartenant à une famille allemande. Et au lieu de réquisitionner la maison et d’en expulser les habitants l’officier Lewis décide de laisser à Lubert et sa fille un étage… Cette mansuétude étonne les autres officiers que fréquente Lewis, notamment un certain Burnham qui  voit en tout allemand un nazi qui se cache et dérange sa femme qu’il a fait venir avec leur fils. Rachael ne se remet pas de la mort de leur fils aîné mort lors d’un bombardement allemand et elle peine à accepter la présence d’un ennemi dans la maison. La fille de Lubert n’est pas en reste qui n’accepte pas non plus ce qu’elle considère comme une occupation illégale. L’intrigue s’intéresse à la vie de ces êtres obligés de cohabiter et de s’accepter dans un contexte d’après-guerre et de dénazification.


J’ai beaucoup aimé ce roman car il aborde un sujet peu abordé dans la littérature : la situation de l’Allemagne après la Seconde guerre mondiale. Le pays fut découpé en zones  par les vainqueurs du conflit (Hambourg se trouvait dans la zone anglaise) et les allemands obligés de se soumettre à des administrations étrangères. Le personnage de Lubert permet de saisir l’humiliation ressenti par les allemands  après la guerre : il n’a pas fait partie de la NSDAP mais il est soumis comme tout le monde à une enquête et, en attendant qu’elle le blanchisse ou le fasse arrêter, il est privé de son métier, de sa maison, de son honneur. La présence des anglais est difficile pour lui mais en même temps, il ne ressent pas de haine envers eux, à l’inverse de sa fille encore trop endoctrinée. Il y a un autre personnage intéressant dans ce roman, c’est celui de l’officier Lewis qui peine à mener sa mission. Il est chargé entre autres de s’assurer que tout le potentiel industriel de Hambourg soit détruit (à la demande de l’URSS) et il a du mal à voir tous les allemands comme des coupables. Il s’offusque d’ailleurs de la rigidité de Burnham qui, au contraire, voit des nazis partout et aimerait punir tout le monde. Quant à sa femme, dépressive depuis la mort de son fils, son arrivée et sa vie en Allemagne vont lui permettre de revivre. L’auteur a donc su me faire aimer des personnages complexes et de saisir toute l’ambiguïté de la situation d’après-guerre en Allemagne.

Dernière chose: j'ai vu que le roman vient d'être adapté au cinéma sous le titre de "Coeurs ennemis" avec Keira Knightley, Alexander Skarsgard et et Jason Clarke. J'espère que le film sera à la hauteur du roman.


dimanche 24 mars 2019

Ce qui ne tue pas

Meurtre, manipulation, mensonge, passé

Cleo North sait qu'elle devrait se réjouir pour son petit frère Marcus. Pourtant, rien n'y fait, elle ne sent pas du tout sa nouvelle compagne, Evie, et voit d'un très mauvais œil l'influence croissante de la jeune femme sur son frère. Et puis que signifie cette propension à se blesser " accidentellement " sans arrêt ? Une manière d'attirer encore davantage l'attention de Marcus ? Comme si son pauvre frère, cet artiste si talentueux et si vulnérable, n'avait pas été déjà assez éprouvé par le décès de sa première épouse...
Un soir, un appel à la police, deux corps retrouvés dans la somptueuse demeure des North. Celui de Marcus sans vie, celui d'Evie ensanglanté. Un jeu sexuel scabreux ? Une dispute qui aurait mal tourné ?
Derrière les apparences, qui est le bourreau et qui est la victime ? À travers les voix d'Evie et de Cleo, deux visages du défunt émergent.
Pour l'agent Stephanie King commence l'enquête la plus brutale, la plus ahurissante de sa carrière.

Commentaire:

J’ai pu lire ce roman grâce à Netgalley et aux Editions Belfond Noir et je les en remercie. J’avais déjà lu un ouvrage de cette auteure il y a quelques temps et j’avais beaucoup aimé « La Disparue de Noël ».


Ce roman ci m’a bien plu mais je l’ai trouvé en deça du précédent. Sans doute parce qu’on devine assez vite la vérité. L’intrigue tourne autour d’un photographe Marcus,  en pleine ascension, adulé par une sœur célibataire qui n’a jamais pu faire sa vie et qui le couve d’un œil jaloux. Cléo avait déjà eu du mal à accepter le mariage de son frère avec une riche américaine et la mort de celle-ci l’avait, en quelque sorte, assurée de retrouver son ascendant sur lui. Puis est arrivée dans leur vie une autre femme, plus belle, plus jeune qui, rapidement, a mis de côté Cléo. Le fossé s’est renforcé quand Evie s’est retrouvée enceinte et a mis au monde une adorable petite fille. Tout devrait être au beau fixe. Alors, pourquoi Evie semble-t-elle si fragile ? Comment se fait-il qu’elle se blesse ainsi, aussi stupidement pense Cléo ? Et puis l’impensable arrive : Evie est retrouvé ensanglantée aux côtés de Marcus mort. Et Evie explique qu’elle l’a tuée car il la martyrisait depuis des mois ! Que croire ? Evie a t-elle tué par préméditation ou dans la panique ?

L’auteure nous conduit vers la vérité à travers les voix des deux femmes qui ont côtoyé Marcus. Les propos de l’une et de l’autre nous amènent à penser que Marcus avait sans doute une part d’ombre. Du moins c’est ce que j’ai pensé au début mais, comme je le disais au début, rapidement on comprend qu’une des deux femmes manipule tout le monde pour mener une vendetta personnelle. La fin ne m’a donc pas surprise. De même je n’ai pas compris pourquoi Rachel Abbott consacrait autant de temps à cette femme Stephanie King : elle est censée enquêter mais j’ai trouvé qu’elle se réveillait assez tard dans le roman pour être suffisamment convaincante.

Ceci dit, le roman est bien construit, le rythme bien mené et on passe un bon moment de lecture.


mercredi 13 mars 2019

D'une mort lente

Meurtre, vengeance, passé

Plusieurs personnes sont retrouvées mortes à leur domicile, leurs corps comme des poupées incomplètes, mutilés avec une précision chirurgicale. Il n’y a aucun lien apparent entre les victimes. Des nuits blanches attendent la police de Norrköping et la procureure Jana Berzelius…Mais cette dernière a d’autres cauchemars que le tueur au scalpel. Un homme qui la connaît depuis l’enfance. Un homme qui pourrait révéler à tous que Jana a été élevée et entraînée pour tuer. Cet homme est sa véritable menace. Et il vient juste de s’échapper. Avec son héroïne aussi brutale qu’insaisissable, Emelie Schepp poursuit brillamment la série à l’origine de son succès.

Commentaire:
J’ai découvert cette auteure grâce à Netgalley et aux Editions Harper Collins et je les en remercie. J’ai beaucoup aimé le premier opus de cette série et le personnage énigmatique de Jana Berzélius, procureure à la recherche de son passé. L’intrigue policière permettait de dénoncer l’indifférence du monde face à tous ces flux de migrants errant à la recherche d’une terre d’accueil. Le tout formait une trame passionnante.


Ce troisième opus est moins politique je dirais, l’auteure nous entraîne sur des meurtres ignobles commis par une personne qui a des connaissances médicales. Une femme est retrouvée, baignant dans son sang, les mains coupées ; une autre la langue arrachée et un homme dont les jambes ont été coupées. Les inspecteurs Henry et ses comparses ont du mal à comprendre le lien entre ces trois et les raisons bien évidemment. Pendant ce temps, Jana se débat avec un membre encombrant de son passé, Danilo Pina, qui a réussi à s’échapper de l’hôpital (il a été arrêté lors du second tome) et qui s’est réfugié dans son appartement. Elle doit à la fois gérer les meurtres et la présence pesante de Danilo qui menace son existence.

L’intrigue policière tient en haleine le lecteur, l’auteure se plaît à nous donner des fausses pistes et e rythme s’accélère jusqu’à un final angoissant. Par contre, j’ai trouvé que le personnage de Jana était en retrait dans ce roman, le face à face avec Danilo n’est pas assez exploité même si je pense qu’on le reverra encore par la suite. Danilo et Jana partagent un passé violent et les sentiments qui les lient sont faits de haine mais on sent entre eux une forme de respect parfois, cela se voit dans une des dernières scènes du roman. J’aurais aimé que l’auteure se concentre plus sur eux deux. C’est le seul regret que je peux avoir pour ce bon roman policier. 

dimanche 24 février 2019

L'outsider


Meurtre, enquête, surnaturel...

Le Diable peut avoir de nombreux visages. Et s'il avait le vôtre ?
Le corps martyrisé d'un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l'un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l'équipe locale de baseball, professeur d'anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses d'ADN ne laissent aucun doute. Dossier classé. À un détail près : Terry Maitland a un alibi en béton. Et des preuves tout aussi irréfutables que les preuves qui l'accusent.
Qui se cache derrière ce citoyen au-dessus de tout soupçon ?

Commentaire:

J’ai évité de lire des avis sur ce nouveau Stephen King pour garder tout le plaisir de la lecture, pouvoir découvrir et m’étonner devant les méandres de l’intrigue. J’aime beaucoup cet auteur que je suis depuis longtemps, j’ai frissonné devant « Simetierre », regardé sous mon lit avec « Ça », eu des sueurs froides en découvrant Annie Wilkes dans « Misery », voyagé dans le temps avec « 22/11/63 ». Aussi quand j’ai commencé « l’Outsider », je me suis demandé dans quel univers allait m’entraîner Stephen King et si celui-ci allait me plaire. Eh bien oui, j’ai dévoré ce roman et je l’ai beaucoup aimé pour différentes raisons.

La première raison c’est l’intrigue. On s’attend au début à un roman policier classique : un meurtre horrible, un suspect immédiat en la personne de Terry Maitland. Ce quarantenaire marié, bon père de famille, apprécié par toute la ville pour ses qualités d’enseignants et de coach cache sans doute derrière des traits charmants un épouvantable tueur. Mais très rapidement l’auteur nous montre qu’il ne peut pas avoir tué car, au moment du meurtre, il se trouvait ailleurs et de nombreuses personnes peuvent attester de sa présence en dehors de la ville. On ne peut pas se trouver à deux endroits différents au même moment ? Si ? A partir de là, l’intrigue cesse d’être une banale enquête policière et nous fait basculer dans le surnaturel. Si ce n’est pas Terry, alors qui a tué et surtout qui est l’homme qui avait les traits de Terry ? Pour l’inspecteur Ralph Anderson, le chemin qui va le mener à la découverte du meurtrier va l’obliger à accepter que le Mal peut revêtir toutes les formes.

Deuxième raison : l’ambiance dans le roman. Une inquiétude sourde, une menace s’installent au fil des pages et on commence à avoir peur lorsque l’inspecteur Jack Hoskins (personnage secondaire mais fort antipathique) croit sentir sur son cou la trace de doigts qui l’effleurent par exemple, ou quand la fille cadette de Terry Maitland voit un homme « avec de la paille dans les yeux ». Stephen King aime bien jouer avec nos nerfs, la page d’avant tout est normal, la page d’après on a droit à un épisode qui vous laisse fébrile. Quand il ne nous terrifie pas tout simplement avec l’allusion au croquemitaine mexicain, El Cuco qui mange les enfants ! Même la fin n’apaise pas, on a l’impression que la menace persiste, c’est l’impression que j’ai eue en tout cas.

J’ai donc passé un très bon moment de lecture et j’ai particulièrement apprécié un personnage, celui de Holly Gibney. C’est une détective qui arrive assez tardivement dans le roman mais qui se montre particulièrement efficace et courageuse. C’est bien d’avoir des femmes fortes dans ce type de roman : elle n’est pas celle qui hurle devant le monstre, elle est celle qui l’affronte ! Rien que pour elle, lisez le livre !


mercredi 20 février 2019

Les célibataires, tome 1: Passage secret

Famille, argent, jalousie, amour...

Devenu le comte de Falcondale, Trevor Rheese décide de se rendre à la résidence de Mayfair dont il a hérité. À sa grande stupeur, il y découvre une intruse. Riche héritière américaine, Mlle Piety Grey lui annonce qu'elle a acheté la maison voisine et que, en attendant que celle-ci soit rénovée, elle a loué la sienne. Il a beau protester qu'il n'était pas au courant, la jeune femme n'en démord pas. Et Trevor, qui n'aspire qu'au calme et à la solitude, va voir son existence totalement chamboulée par ce tourbillon en jupons qui n'a que faire de la sacro-sainte bienséance britannique!

Commentaire:

J’ai lu ce roman dans le cadre du prix eRomance organisé par les Editions J’ai lu que je remercie au passage. Il appartient à la collection « Aventures et passions » qui a pour caractéristique principale d’évoquer des intrigues historiques. L’action se passe en Angleterre au début du 19ème mais honnêtement, il pourrait se passer à la fin du 19ème qu’on ne s’en apercevrait même pas car il n’y a aucune allusion historique à cette période.


L’héroïne principale, riche héritière,  est américaine et est venue s’installer à Londres pour fuir une belle-famille tyrannique. A peine arrivée, elle fait connaissance avec une vieille lady qui la prend sous son aile et un voisin dont elle tombe immédiatement amoureuse. S’ensuit une intrigue  qui part dans tous  les sens ! Au menu : une mère indigne, 5 beaux-fils odieux qui veulent tous épouser de force la riche héritière, un Grec (oui, oui, un Grec) qui poursuit Falcondale, une héroïne sur qui tous les malheurs s’abattent et un héros à gifler compte tenu de son attitude envers la jeune femme. J’ai trouvé ce Falcondale fatigant à force de répéter sans arrêt « non-je-ne-te-veux-pas-mais-quand-même-si »… Et ne parlons pas de la fin qui frise le ridicule. Rien à retenir de cette romance ? Si quelques passages d’affrontements entre la mère et la fille qui sentent bon leur fiel. Mais cela ne fait pas beaucoup.