samedi 4 juillet 2020

Les sept morts d'Evelyn Hardcastle


Meurtre, enquête, journée sans fin, ennemis, alliés...

Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.
Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.
Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.
Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Commentaire:

Un homme se réveille dans la forêt, confus, le bras ensanglanté. Qui est-il ? Que fait-il dans cette forêt ? Avec difficultés, il parvient à revenir dans un manoir délabré où une fête doit être donnée. Sa mémoire lui joue des tours mais bientôt il parvient à se souvenir qu’il s’appelle Sebastien Bell et qu’il doit empêcher un meurtre, celui de d’Evelyn Hardcastle, la fille des hôtes. Mais comment, d’autant qu’il a l’impression d’être un autre homme ? C’est un homme déguisé en médecin de peste qui lui révèle qu’il a une autre identité et que, depuis des lustres, il doit trouver l’assassin d’Evelyn, sinon, il ne quittera jamais Blackheath House. Cette fois, comme toutes les autres fois, il a 8 jours pour trouver et chaque jour, il endossera une autre identité. A lui de trouver des alliés et de se méfier du valet de pied qui cherche à le tuer…


Bienvenue à Blackheath, un lieu maudit où 20 ans auparavant un enfant est mort assassiné (un des enfants Hardcastle) et où une jeune femme doit être tuée, un lieu dont on ne  part pas, un lieu où vous revivez sans arrêt la même journée. L’intrigue est complexe, pleine de chausses trappes, de révélations sordides, de coups durs. Le héros endosse plusieurs personnalités, parfois dans la même journée, il suffit qu’il s’assoupisse pour se réveiller dans le corps de quelqu’un. Il lui faut, pour continuer à enquêter, maîtriser son hôte, ne pas se laisser submerger par sa lâcheté ou sa noirceur ou sa folie ; distinguer ceux ou celles qui l’aideront ; anticiper certaines actions puisqu’il les a déjà vécues précédemment dans un autre corps. On dirait une partie d’échecs où tous les coups sont permis. J’ai adoré cette histoire très originale qui, écrite à la première personne, permet d’adopter le point de vue de chacun des huit hôtes en quête de vérité. J’aimerais beaucoup que ce livre soit adapté au cinéma : ce serait un scénario certainement difficile à écrire mais quelle jubilation ce serait de le voir sur écran. Je vous recommande vivement cet excellent roman !

Challenge Pavés 2020

Un assassin parmi nous


Meurtres, hôtel, isolement, secrets, passé...

Un hôtel de charme perdu en pleine forêt. Quelques couples d’amoureux et voyageurs solitaires, venus pour oublier la frénésie citadine, sont coupés du monde par la tempête de neige qui fait rage. Leur week-end de détente tourne au huis clos meurtrier quand Dana, jeune femme en pleine escapade romantique avec son fiancé, est retrouvée morte. Lorsque, quelques heures plus tard, un autre cadavre est découvert, le doute n’est plus permis : un assassin sévit… et c’est l’un d’entre eux

Commentaire:

Un hôtel en pleine forêt, une tempête de neige qui provoque une coupure d’électricité et voilà qu’une dizaine de personnes se retrouvent coincées alors qu’un tueur circule parmi eux. Suspens garanti ! J’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de ses hôtes infortunés qui pensaient passer un bon moment de détente. Au contraire, les cadavres s’accumulent, les moindres recoins sombres de l’hôtel peuvent cacher l’assassin et chacun soupçonne son voisin, voire son mari ou sa femme. Je dois dire que j’ai beaucoup aimé l’ambiance et l’angoisse qui monte, on se met à leur place et on se demande qui peut être le tueur. Cela pourrait faire un bon film, les chapitres sont courts, le rythme trépidant. Par contre, la fin est décevante : la résolution de tous ces meurtres nous est balancée en trois coups de cuillère à pot, je m’attendais à quelque chose de plus subtile. A part la fin, un roman qui se lit bien !

Je remercie les Editions Presses de La Cité et Netgalley de m’avoir permis de lire le dernier roman de Shari Lapena.

jeudi 4 juin 2020

La vallée


Meutres, vengeance, manipulation, folie...

" Je crois que quelqu'un est en train d'agir comme s'il se prenait pour Dieu... "
Un appel au secours au milieu de la nuit.
Une vallée coupée du monde.
Une abbaye pleine de secrets.
Une forêt mystérieuse.
Une série de meurtres épouvantables.
Une population terrifiée qui veut se faire justice.
Un corbeau qui accuse.
Une communauté au bord du chaos.

Commentaire:

Martin Servaz ne s’est jamais remis de l’enlèvement, de la séquestration et de la disparition de Marianne, la mère de son jeune fils. Aussi quand elle l’appelle une nuit, prétendant s’être enfin libérée de ceux qui la détenaient, Martin fonce dans les Pyrénées pour la retrouver. Mais aucune trace d’elle quand il arrive. Par contre, il retrouve Irène Ziegler (vue pour la première fois dans « Glacée ») qui enquête sur deux meurtres horribles, deux hommes assassinés et mutilés de la manière la plus abjecte possible. Martin ne devrait pas s’attarder, mais il ne peut s’empêcher de penser que Marianne est là quelque part et qu’elle a peut-être un lien avec ces meurtres. Puis il ne peut plus partir car la commune est bientôt coupée du monde après un éboulement suspect… Martin, Irène, les habitants comprennent que le Mal est à l’œuvre et que bientôt d’autres paieront.


Comme première lecture de déconfinement, je n’ai pas choisi la légèreté ! Des meurtres épouvantables, des victimes peu recommandables, une psychiatre manipulatrice et inquiétante, des habitants prêts à lyncher le premier suspect possible, des forces de l’ordre qui tâtonnent à la recherche d’un coupable et un  Martin Servaz fragile, voilà les ingrédients de ce roman qui se lit fébrilement. Pour l’apprécier, je pense qu’il faut tout de même avoir lu les précédents livres de l’auteur car on trouve de nombreuses références aux enquêtes de Servaz. 

Nicholas

Héritage, maltraitance, reconstruction, amour...

 Londres, 1844
Muffle de Nicholas Lyon ! Le langage fleuri ne manque pas à l’esprit agité de Mina, quand elle apprend que cet homme – le dernier-né de la lignée Tramayne – veut exercer son droit de succession et lui retirer sa charge d’intendante ainsi que le logis attenant au château où elle réside. Une lubie de ce nouveau duc, qui pense pouvoir la remplacer dans sa fonction dès à présent. Ce qu’il ignore encore, c’est que Mina ne renonce jamais…

Commentaire:

Ne pas tenir compte du résumé qui semble indiquer que le fameux Duc est un être infâme cherchant à renvoyer l’intendante de son château. Ce n’est pas l’intendante qui le hante mais plutôt le château familial et les souvenirs horribles qui y sont liés qui amènent le duc de Tremayne à vouloir s’en débarrasser. Son enfance s’est déroulée dans les coups et la haine d’un père persuadé qu’il n’était qu’un bâtard. Après s’être enfui, avoir vécu des années difficiles, Nicholas s’est fait un nom et une fortune. Il n’a jamais souhaité être duc, s’occuper d’une terre et des hommes et femmes qui y sont attachés. S’il est revenu dans cet horrible endroit c’est pour tout vendre… Mais l’obstination de cette jeune Mina, autoproclamée intendante depuis la mort de son père, va l’amener à changer d’avis.

Le roman oscille entre une intrigue sentimentale très convenue : un duc peut-il épouser une roturière ? Et un drame humain, celui de ce Nicholas, enfant martyrisé pendant des années par un père cruel. Et en fait je ne suis pas vraiment intéressée à la romance mais plutôt à ce jeune duc qui revient se confronter à ses souvenirs. C’est lui qui fait l’intérêt du roman.

Je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de lire ce roman.

mardi 26 mai 2020

La ballade du serpent et de l'oiseau moqueur

Violence, guerre, apprentissage, meurtres, trahison...

C'est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L'avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d'astuce et d'inventivité pour faire gagner sa candidate.
Mais le sort s'acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l'échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l'arène, ce sera un combat à mort.
Pour assouvir son ambition, Coriolanus parviendra-t-il à réprimer l'affection grandissante qu'il ressent pour sa candidate, condamnée d'avance ?


Commentaire:

J’ai dévoré la trilogie des Hunger Games, aussi quand j’ai su que Suzanne Collins allait écrire un roman se passant 64 ans avant l’histoire de Katniss et que, de plus, elle allait s’attarder sur le tyran Snow, je me suis demandé si j’allais le lire. Quel intérêt, me suis-je dit, de raconter la jeunesse de Coriolanus Snow ? La possibilité qu’il devienne un personnage sympathique, qu’il développe de notre part une certaine empathie me semblait facile. Suzanne Collins évite cet écueil de justesse, grâce notamment à la deuxième partie du roman et à la fin.

Mais revenons un peu sur l’intrigue : nous faisons connaissance avec un jeune Coriolanus de 18 ans, vivant chichement avec sa cousine et sa grand-mère en voie de devenir sénile dans un appartement qui, s’il a beau être situé au cœur de Panem, n’en est pas moins décrépit et en ruines à l’image de la fortune des Snow. Mais Coriolanus sait que l’apparence est vitale et, ainsi, il parvient à cacher la misère dans laquelle il vit. Ce qui lui importe c’est de réussir, et la réussite passe par les 10ème Jeux des Hunger Games. Pour ceux et celles qui ont lu la trilogie et qui se souviennent de la médiatisation à outrance et de l’encadrement totalitaire des Jeux, on est surpris au début quand on lit dans quelles conditions misérables sont sélectionnés les tributs, puis parqués dans un zoo avant d’être lâchés dans un amphithéâtre en ruines. On a l’impression d’assister à des Jeux de seconde zone. Mais en fait, cela fait à peine 10 ans que la guerre est finie et que chacun lèche ses plaies, et le gouvernement de Panem n’a pas les moyens d’offrir du spectacle. Ces Jeux vont tout changer car il a été décidé que les tributs seraient conseillés par des jeunes lycéens, c’est ainsi que Coriolanus se retrouve en charge d’une fille du district 12 Lucy Gray. Au cours de cette dixième session, non seulement Coriolanus va tout faire pour que sa candidate gagne, mais il va faire la connaissance d’une scientifique- l’horrible Dr Gaul- qui va l’amener à réfléchir sur une meilleure organisation des Jeux pour que ceux-ci deviennent à la fois un divertissement et une épée de Damoclès pour les participants et les districts dont ils font partie. 

Je ne vous dirai pas si Lucy Gray gagne et ce qui arrive ensuite à Coriolanus mais on peut voir ce roman comme un apprentissage pour le futur président Snow. Sous nos yeux, il se débarrasse de tous ces sentiments qui étouffent l’ambition et la dernière page nous le révèle dans son costume de tyran en devenir. A découvrir !

Challenge Multi-défis Babelio 2020
Challenge Pavés Babelio 2020
Challenge Plumes féminines Babelio 2020

vendredi 22 mai 2020

Des gens d'importance


Meurtre, vengeance, misère sociale, anarchisme...


New York, 1910. Jane Prescott, femme de chambre, jouit d'une réputation exemplaire, et d'un esprit affuté qui lui permet de voir bien au-delà du mode de vie mondain et fastueux des riches parvenus chez qui elle sert. Jane est ainsi la première à comprendre ce que les fiançailles de sa jeune maîtresse avec le très en vue Norrie Newsome, déjà promis à une autre, ont de scandaleux. Et quand ce dernier est retrouvé mort, elle est aussi la mieux placée pour trouver qui avait intérêt à le voir disparaître. Dans un contexte social incandescent, le coupable est à chercher aussi bien dans les milieux anarchistes que les demeures bourgeoises. Car Jane sait que, autant dans la bonne société que dans les entrailles abandonnées de la ville, la haine et la violence couvent sous la surface, et peuvent éclater à tout moment...

Commentaire :

J’aime beaucoup les romans policiers qui se déroulent dans des milieux sociaux favorisés, à une époque où la police a du mal à se faire respecter ou à être considérée comme un organe de justice indépendant. Je pense aux romans d’Anne Perry (la série des époux Pitt ), d’Ann Granger (la série des époux Ross !) et voilà que je découvre Mariah Fredericks avec cette série où une femme de chambre nommée Jane Prescott mène des enquêtes.

Dans ce premier opus, on fait connaissance avec Jane qui est au service de la famille richissime Bentley. Elle travaille pour Charlotte, la cadette, mais s’occupe aussi de l’aînée Louise, plus terne et plus timide. Le soir où les fiançailles de Charlotte doivent être annoncées, Jane retrouve le corps de Norrie Newsome –le fiancé- dans la bibliothèque, le visage mutilé. Qui a pu assassiner ce jeune homme ? Tout le monde est persuadé que c’est une vengeance de la part d’anarchistes, décidés à faire payer au père la mort d’une centaine de mineurs, abandonnés à leur sort pour des raisons économiques. Et la police de mettre la main sur un étranger, parlant à peine l’anglais mais anarchiste. Jane n’y croit pas  et continue à chercher la vérité en compagnie d’un journaliste.

Si l’enquête en elle-même ne m’a pas passionnée, j’ai bien aimé en revanche la vie de Jane, le regard porté sur les milieux sociaux plus modestes, sur ces domestiques travaillant dans l’ombre, au courant des mille secrets de leurs patron (nes), sur ces ouvrières du textile enfermées dans des ateliers surpeuplés à la merci d’un accident ou d’un incendie (lire les dernières pages du roman), sur ces petites gens que les nantis ignorent et considèrent comme des moins que rien. Ce sont ces aspects du roman qui en font le charme.

jeudi 21 mai 2020

Celui qui m'embrasa

Veuvage, succession, enfant, dissimulation, amour...

Londres, 1872

Selena, jeune veuve et duchesse de Lushing, n’avait jamais connu la passion. Jusqu’à ce qu’Aiden Trewlove l’embrasse avec fougue dans l’un des boudoirs de l’Elysium club – le palais de tous les désirs dont il est tenancier – avant de la congédier sans appel en lui enjoignant d’être plus sincère. Comme si, par ce contact charnel, il avait lu en elle la terrible machination dont il était l’objet...

Commentaire:

C’est le 4ème tome de la série « La saison du péché » et je remercie les Editions Harper Collins et Netgalley de m’avoir permis de le lire.


 Ce 4ème tome met en avant un des « frères » Trelowe ; ils n’ont aucun véritable  lien de sang, ce qui les rassemble c’est qu’ils sont tous illégitimes, nés d’amours illicites et abandonnés peu après à une même nourrice qui a pris soin d’eux. Aiden a grandi comme les autres garçons avec la conscience de n’être qu’un bâtard et une soif de montrer à la société qu’il peut s’en sortir. Il a donc ouvert une salle de jeux pour les nantis puis une autre entièrement consacrée aux femmes qui peuvent venir dans l’anonymat jouer, danser, etc… Un soir Aiden remarque une mystérieuse inconnue masquée qui lui fait une proposition surprenante : qu’il couche avec elle et lui fasse un enfant.

Alors certes je l’admets, le début de l’intrigue m’a fait craindre une suite de scènes avec draps froissés et soupirs d’extase mais en fait non. L’auteure a eu l’intelligence d’opposer à ce bel homme sympathique, une jeune veuve tout aussi sympathique, sensible et vite tiraillée entre la nécessité de porter un enfant qu’elle pourrait présenter comme celui de son mari qui vient de mourir et qui lui permettrait de garder le duché et les biens qui vont avec et l’amour qu’elle éprouve rapidement pour Aiden.  Et bien que,  selon la loi, le duché et les biens reviendraient à la Couronne et  que Selena n’aurait plus que ses yeux pour pleurer et faire vivre ses trois sœurs célibataires, elle ressent de plus en plus de scrupules à, ainsi, tricher avec la loi. Je vous laisse deviner la fin, nous sommes dans une romance. En tout cas, c’est une lecture agréable, une intrigue douce-amère qui nous est proposée et j’ai bien aimé.



samedi 9 mai 2020

Un pique-nique presque parfait


Meurtre, enquête, pornographie, chantage, étudiants...

Été 1960. Après une fête de fin d’année organisée par les étudiants de St Bede’s College sur les berges d’une rivière, le corps d’un certain Derek Chadworth est retrouvé flottant dans les eaux de Port Meadow. Et si tous les jeunes gens présents sur les lieux affirment que la mort de Derek est accidentelle, aucun d’entre eux ne peut attester avoir bel et bien aperçu l’étudiant à la fête. Confronté à des témoignages vagues qu’il juge peu crédibles, le Dr Clement Ryder décide d’ouvrir une enquête, assisté de la jeune policière Trudy Loveday, qui entreprend de se faire passer pour une étudiante de St Bede’s College. Trudy arrivera-t-elle à gagner la confiance des élèves et percer le mystère qui entoure la mort du jeune homme le plus populaire de l’université ? Car une chose est sûre : Derek Chadworth n’était pas un étudiant comme les autres…



Commentaire:
C’est le deuxième tome des enquêtes du Coroner Ryder et de la jeune policière stagiaire Trudy Loveday et c’est toujours aussi bien ! L’intrigue se déroule durant l’été 1960 et par une belle journée, lors d’un pique-nique organisé par des étudiants et étudiantes d’Oxford, on retrouve un jeune homme noyé. Accident dit-on partout, le malheureux a dû se noyer au moment où deux barques pleines d’étudiants ont chaviré ! Mais le coroner Ryder n’y croit pas. Et il charge alors Trudy d’aller fouiner auprès des étudiants pour en savoir un peu plus sur le mort. L’occasion pour elle de sortir du rang dans lequel son supérieur voudrait qu’elle reste, l’occasion de découvrir que certains étudiants sont des êtres puants surtout quand ils appartiennent à l’aristocratie.


Une deuxième enquête efficace et qui nous fait découvrir cachotteries, manipulation et malversation dans le petit monde lettré d’Oxford. Le roman permet aussi d’affiner les relations entre Trudy et Ryder : ce dernier apprécie de plus en plus l’intelligence et la vivacité de Trudy ; quant à elle, elle comprend la chance qu’il lui donne de pouvoir accéder à des enquêtes et  de prouver ses qualités, ce qui lui est refusé par son supérieur direct, bien trop sexiste à mon goût. 

Challenge Multi-défis 2020

Entre deux mondes


Réfugiés, violence, désespoir, Jungle de Calais, mort...

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l'attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir. Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu'il découvre, en revanche, c'est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n'ose mettre les pieds. Un assassin va profiter de cette situation. Dès le premier crime, Adam décide d'intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est flic, et que face à l'espoir qui s'amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou. Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu'elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d'ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger

Commentaire:

Je ne connaissais pas Olivier Norek. J’avais bien vu ses romans sur les rayons des librairies que je fréquente, lu des commentaires élogieux… J’ignorais que la lecture de ce roman me bouleverserait autant, j’ai bien cru, un moment que j’allais en arrêter la lecture, non pas que l’intrigue ne me plaisait pas mais je trouvais insupportable certaines scènes.

Que dire sur cette histoire ? Ce n’est pas une enquête policière à mes yeux, c’est un réquisitoire contre la violence faite aux migrants qui tentent par tous les moyens de trouver un endroit où ils pourront vivre dignement sans devoir craindre qu’on les arrête pour leurs croyances, leurs idées, leurs choix de vie. Ces migrant qui nous font peur, qu’on voit parfois à la télé, tenter de traverser une frontière, une mer, ils n’ont pas visages, pas de noms, juste des ombres. Mais là d’où ils viennent, ils ont une identité, un métier, une vie. Adam est de ceux-là, en voulant fuir la Syrie, il a pris des risques énormes, il a fait partir ses deux amours avant lui, sa femme et sa fille, qu’il doit rejoindre là-bas dans la Jungle de Calais… Cet homme si intègre, si fort, si courageux va découvrir un monde qui échappe à toute loi, un monde dans lequel les forces de police française n’entrent pas, un monde dirigé par des hommes cruels qui écrasent les plus faibles. Pourtant Adam résiste, il s’attache à un orphelin, fait connaissance avec un policier humain, chercher à retrouver sa femme et sa fille, lutte enfin contre la folie qui peu à peu s’empare de lui… Adam incarne ce roman coup de poing, on le finit avec des larmes dans les yeux. A découvrir pour ceux qui ne l’ont pas encore lu !


Challenge Multi-défis 2020



L'héritage maudit


Meurtres, enquête, fantôme, passé...

Une vieille bâtisse délabrée à l'abandon sur les rives du Mississippi.
Alentour, une brume opaque s'accroche aux arbres. Au loin, des ombres menaçantes, et le grondement du tonnerre... A peine arrivé à La Nouvelle-Orléans, dans la plantation dont il est l'un des héritiers, le détective privé Aidan Flynn découvre des ossements humains. Des crimes récents, selon Aidan. Rien qui nécessite une enquête, selon la police. Décidé néanmoins à percer ce mystère, Aidan se résout à faire appel à Kendall Montgomery, une jeune femme qui a vécu dans la demeure auprès de sa grand-tante et affirme être en contact avec les fantômes qui hanteraient la propriété...
Bien que sceptique face à ce qu'il attribue d'abord à l'imagination de la jeune femme, Aidan finit par admettre qu'il n'a pas seulement hérité d'une propriété au charme étrange, mais également d'un sombre secret de famille, enfoui depuis plusieurs générations. Grâce aux visions de Kendall, Aidan va peu à peu lever le voile sur un mystère qui fait resurgir les fantômes de la famille Flynn... et se délivrer de la fatalité de cet héritage maudit.

Commentaire:

Heather Graham est une auteure de romances aussi bien historiques que contemporaines. Pour avoir lu d’autres romans d’elles, elle aime placer ses histoires en Floride et plus particulièrement pendant la guerre de Sécession. Ce roman qui vient d’être réédité se déroule à la Nouvelle-Orléans et a pour cadre une plantation décatie dont la dernière propriétaire vient de mourir. Elle revient en héritage à trois frères-Les Flyn- qui décident de la rénover. Mais avant, l’aîné, Aidan Flyn, veut se débarrasser d’une impression étrange : quelque chose d’horrible s’est passé dans cette plantation. Il en est sûr, surtout quand il découvre des os humains, des traces de sang séché. Persuadé qu’il a raison, il va mener son enquête avec l’aide de Kendall Montgomery, cette jeune femme était une amie de l’ancienne propriétaire. Et Kendall aussi ressent cette atmosphère pesante quand elle s’approche de la plantation.


Un peu de mystère, de surnaturel, un tueur dans l’ombre, des jeunes femmes disparues et des fantômes. Voilà de quoi est composé ce roman qui se lit agréablement. Ce n’est pas un chef d’œuvre mais on se laisse prendre par cette atmosphère de meurtre et de vaudou.

Je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de lire ce roman.

mardi 21 avril 2020

L'orpheline de Salisbury


Meurtre, époque victorienne, condition féminine, enquête....

Mars 1870. Londres est recouvert de brouillard et de glace. Mais Ben Ross, inspecteur de Scotland Yard, a bien d'autres soucis que la météo lorsque le cadavre d'une jeune femme est retrouvée dans une poubelle derrière un restaurant de Piccadilly.
Ben doit dresser le portrait de la victime avant de comprendre comment et pourquoi elle s'est retrouvée là. Son enquête le conduit d'abord chez un bottier de Salisbury, puis chez un propriétaire terrien du Yorkshire. Au même moment, Lizzie, l'épouse de Ben, secondée par Bessie, leur domestique à qui rien n'échappe, enquêtent sur une mystérieuse affaire de femme emprisonnée dans sa propre maison.
Tandis que Ben se lance dans une enquête de plus en plus complexe, Lizzie va découvrir une pièce essentielle du puzzle qui lui permettra de s'approcher au plus près de la vérité.

Commentaire:

Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude de lire des ebooks et, croyez-moi, en cette période de confinement, c’est pratique car on peut acheter des romans. C’est le cas pour ce nouvel opus d’Ann Granger mis à disposition (enfin contre espèces !) par les Editions 10/18.


Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas Ann Granger, c’est une auteure de romans policiers se déroulant pendant l’ère victorienne et qui met en scène un couple Ben et Lizzie Ross. Ben est inspecteur au Scotland Yard et Lizzie est sa femme qui apporte son aide –pas toujours appréciée à son juste titre- dans les enquêtes. Cela rappelle le couple Pitt d’Anne Perry même si les aventures des époux Ross sont moins élaborées il faut le reconnaître. Ceci dit, j’aime bien Ann Granger car elle décrit remarquablement bien la société victorienne et le Londres de la deuxième moitié du 19 ème siècle. C’est le principal atout de cette série qui compte 7 tomes maintenant.

Dans ce nouveau tome, l’action commence au mois de mars 1870, il fait très froid et le brouillard qui tombe sur la ville permet à peine de voir où on marche. C’est dans cette atmosphère que le cadavre d’une jeune fille est retrouvé dans l’arrière-cour d’une auberge. Ben Ross se lance alors dans une enquête qui va le mener sur les traces d’Emily Devray, une jeune femme qui a eu le malheur de naître pauvre et de devenir orpheline. Pendant ce temps, sa femme Lizzie est amenée à se renseigner sur le sort d’une autre jeune fille, probablement séquestrée chez elle. Les deux affaires ont-elles un lien ? A vous de voir ! Je vous conseille ce roman policier qui se lit agréablement.

Challenge Babelio Multi-défis 2020

Jubilee


Esclavage, Guerre de Sécession, abolition, reconstruction, racisme...

Considéré comme l'Autant en emporte le vent des Noirs américains, cette vaste épopée raconte l'histoire de Vyry, l'arrière-grand-mère de Margaret Walker: esclave, fille d'esclave et d'un maître blanc, son destin se confond avec la longue marche vers la liberté. Partagée entre son amour de jeunesse et son époux, passionnément dévouée à ses enfants, Vyry incarne la promesse d'un monde nouveau.


Commentaire:

J’ai ce roman depuis des années dans ma bibliothèque (depuis 1989 pour être exacte !) et je n’avais encore jamais pris le temps de le lire. Or, après la relecture du roman de Kathryn Stockett « La couleur des sentiments », je cherchais une lecture similaire. Et puis en regardant les lectures de mes ami(e)s babéliotes, j’ai lu le commentaire enthousiaste d’Annette55 sur ce roman (merci à elle !). Et je suis allée, derechef, le dénicher dans ma bibliothèque pour le lire et, même, le dévorer.


La quatrième de couverture le présente comme le « Autant en emporte le vent » noir. Pour avoir lu Margaret Mitchell, effectivement on trouve des ressemblances puisque sont évoquées les années de la Guerre de Sécession et celles de la reconstruction. Mais les ressemblances s’arrêtent là car « Jubilee » c’est d’abord et surtout la vie de Viry, fille d’une esclave et d’un maître blanc, qui nous est racontée. Le fait qu’elle soit née blanche et qu’elle ressemble comme deux gouttes d’eau à l’autre fille de John Sutton, ne change rien à sa condition : esclave, elle est, esclave,  elle le demeurera. Cette leçon lui est durement apprise, et pendant des années, Viry ne croit pas à la liberté dont on lui parle. Sa rencontre avec Randall Ware, homme noir libre qui lui promet mariage et liberté, ne changera rien à sa situation. Lui-même en danger, il la quitte, la laissant sur la propriété des Sutton. Alors certes, la guerre de Sécession va changer la donne et apporter cette liberté tant attendue mais la paix n’apportera pas le bonheur tant espéré. Margaret Walker a très bien décrit ces années difficiles d’après-guerre qui montre des sudistes vaincus,  amers et violents, considérant toujours que les noirs sont des êtres inférieurs, regrettant que l’esclavage ait été aboli. Viry et son deuxième mari en font l’amère expérience, eux qui errent à travers l’Alabama, à la recherche d’un endroit où ils pourraient s’installer sans être en butte à la violence du KKK. Ce qui ressort de cette lecture c’est le portrait de Viry, une femme de caractère, pleine d’empathie pour les autres qui, jamais ne cède à la haine, jamais  ne ploie face à l’adversité, qui, toujours, lutte pour des lendemains meilleurs. 

Challenge Babelio Plumes féminines 2020

Munkey diaries


Artiste, journal, amour, carrière...

On croyait tout connaître de Jane Birkin, tant elle fait partie de notre histoire depuis cinquante ans, jusqu’à ce livre qui nous fait vivre une époque flamboyante, du Swinging London au Saint-Germain-des-Prés des années 70, et donne à lire le quotidien d’une grande amoureuse, désopilante et fantasque, et d’une artiste exceptionnelle.
Un journal à la fois intime et universel.

Commentaire:

Comme j’aime bien Jane Birkin, je me suis laissé tenter par cet ouvrage qui rassemble ses journaux intimes écrits entre 1957 et 1982 entrecoupés de textes écrits par elle, où elle précise des faits, des noms, des anecdotes. J’ai eu un peu de mal au départ à entrer dans la vie de cette artiste fantasque car les premiers chapitres correspondent à l’adolescence de Jane et ses réflexions semblent décousues ou symptomatiques d’un esprit qui se construit. Et puis, à partir du moment où elle rencontre John Barry, puis Serge Gainsbourg, les pages deviennent plus intéressantes. C’est l’occasion de s’apercevoir que John Barry fut une rencontre avortée dès le départ, visiblement la différence d’âge, les attentes différentes de Jane et de John ont très vite mis un terme à leur couple. Et puis il y a la rencontre avec Serge Gainsbourg qui a profondément marqué Jane Birkin et même, après l’avoir quitté, on sent dans ses écrits qu’il est resté un homme primordial pour elle. Elle explique d’ailleurs en préambule que le singe en peluche que l’on voit sur la couverture, a été déposé par ses soins dans le cercueil de Gainsbourg, comme pour veiller sur lui.


On rit beaucoup dans ce journal, notamment parce qu’elle décrit des scènes cocasses qui se sont déroulées dans sa vie personnelle ou professionnelle : j’ai en mémoire notamment la description d’une soirée organisée lors d’un tournage où elle a vu arriver Yul Brunner déguisé en clown. On rit mais aussi on s’émeut lorsqu’elle parle de ses filles et notamment de sa fille aînée qui, je le rappelle s’est suicidée. Et enfin on pleure devant la tristesse de Jane Birkin quand elle a pris la décision de quitter Serge Gainsbourg. On sent en elle un éternel regret tout en sachant qu’elle devait le quitter. A découvrir !