mardi 26 juin 2018

Centaurus, tome 4: Terre d'angoisse


À bord du vaisseau, les forces de l'ordre poursuivent leur enquête sur des meurtres perpétués ces derniers temps. La tâche ne leur est pas facilitée dans l'atmosphère délétère qui semble s'appauvrir en oxygène. L'équipage, lui, a atterri sur une planète qui n'est pas la planète Véra mais pour l'instant ils font face à une autre priorité : retrouver June sans qui leur sécurité est compromise.




Commentaire:

Depuis le premier tome, cette série nous entraîne dans une atmosphère étrange et inquiétante. Mais là, on atteint un cap : l’intrigue s’assombrit et on bascule dans la peur. Sur la planète, les survivants ne savent plus où diriger leurs pas et, en plus, June a quitté le groupe attirée par la voix de son grand-père. A bord du vaisseau, les difficultés sont telles (manque d’oxygène, meurtre) qu’il devient nécessaire de débarquer sur cette planète qui n’est pas celle vers laquelle ils se dirigeaient. On sent une menace de plus en plus grande incarnée par des tentacules qui sortent de terre pour vous happer. Et la fin vous amène à espérer la suite. Vous avez donc bien compris : intrigue forte qui tient la route, dessins magnifiques avec encore une fois une nature à la fois somptueuse et hostile et des personnages féminins forts. Je vous conseille cette BD de toute urgence.

mercredi 20 juin 2018

Sunny Summer Challenge


Ouf! J'ai mis un peu de temps (bac de ma fille oblige) mais j'ai enfin trouvé le temps de me concocter une Pal pour participer à ce challenge qui sent bon les vacances. Je n'ai sélectionné que cinq livres, petite joueuse allez-vous me dire, mais je préfère miser modeste. On verra si d'autres titres me viennent en tête. Vous remarquerez que sur cinq livres, il y a trois polars!





Pour le menu Chaleur:

Une romance:

Too late de Colleen Hoover:

Sloan n'a jamais eu une vie facile et elle a toujours dû se battre pour obtenir ce dont elle avait besoin. C'est justement pour échapper à une situation sans issue qu'elle a accepté de partager la vie de son petit ami, Asa. Depuis, elle étouffe dans cette relation toxique; de plus, c'est un homme à la morale douteuse qui se livre à de multiples trafics. Elle n'a pas le choix de partir et décide de supporter ce qu'il lui fait subir jusqu'à ce qu'elle puisse lui échapper. Seule.
Personne ne peut l'aider à sortir de cette situation.
Sauf peut-être Carter, cet étudiant aux multiples secrets qu'elle vient de rencontrer.
Asa est prêt à tout pour garder Sloan. Il a besoin d'elle et il fait tout pour la persuader qu'elle ne peut pas se passer de lui.
Personne ne s'interposera entre Sloan et lui.
Sauf peut-être Carter.

Un livre qui se passe en été:

Au coeur de l'été de Vivaca Sten:

Week-end de la Saint-Jean sur l'île de Sandhamn. Les jeunes fêtards ont envahi les pontons, le port grouille de bateaux blancs. Musique à fond et alcool à flots. Nora Linde s'apprête elle aussi à célébrer la Saint-Jean avec son nouveau compagnon, Jonas, et sa fille, Wilma. Mais la fête tourne au cauchemar lorsque, dans la nuit, Wilma disparaît. Le lendemain, le cadavre d'un garçon de seize ans est retrouvé sur la plage. L'inspecteur Thomas Andreasson, l'ami d'enfance de Nora, est dépêché sur les lieux. Les premiers éléments de l'enquête lui en révèlent toute la difficulté, chacun ayant sa propre version des faits. Qui est la victime et qui est le meurtrier de cette nuit d'été?


Menu détente

Un roman feel-good:

Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg:

Au sud de l'Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d'une voie ferrée... Ninny, fringante octogénaire, se souvient et raconte à Evelyn, une femme au foyer à l'existence monotone, les incroyables histoires de la petite ville de Whistle Stop. Grâce à l'adorable vieille dame, Evelyn, qui vit très mal l'approche de la cinquantaine, va peu à peu s'affirmer et reprendre goût à la vie.
Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d'humour.


Menu Rafraîchissements

Un livre qui se passe dans le froid:

Hunter de Roy Braverman (alias Ian Manook):

Plus personne ne s'arrête à Pilgrim's Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches.Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l'obsédant souvenir d'une tragédie sans nom: cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s'évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son oeuvre? 
Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim's Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.
Pilgrim's Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c'est qu'il n'est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.  



Menu Vacances Découvertes

Un livre qui vous fera découvrir un autre pays:

La maison au bout du monde d'Ake Edwardson:

Erik Winter a failli mourir noyé au fond d'une piscine de la Costa del Sol. Après deux ans de repos, il souffre toujours d'un implacable acouphène. Le retour en Suède est intense: la ville est paralysée par le froid et il doit faire face à un premier crime des plus monstrueux. Une femme et deux enfants ont été assassinées dans une villa de banlieue. Le seul survivant de cette scène d'horreur est un nourrisson mal en point. Une foule de question s'imposent alors aux enquêteurs. Pourquoi personne n'a-t-il donné l'alarme? Pourquoi le bébé a-t-il été épargné? Et enfin comment a-t-il survécu tout ce temps?







lundi 18 juin 2018

Le tricycle rouge


Noah Wallace est un homme usé, l'ombre du brillant profileur qu'il était jusqu'à ce qu'un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais une carte postale trouvée sur le lieu d'un crime atroce au Canada l'implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Dans le même temps, à New York, la journaliste-blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix. Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?



Commentaire:

J’ai lu ce roman dans le cadre du prix Polar organisé par le Livre de Poche. D’ordinaire, j’évite de lire les intrigues qui mettent en scène des crimes atroces où l’auteur prend plaisir (ou pas ?) à  décrire minutieusement comment ont été tuées les victimes, ce qui est le cas dans ce livre. J’ai donc dû surmonter mes craintes pour m’emparer de cette histoire. Et je dois dire qu’au final, j’ai bien aimé ce roman qui se lit vite car l’auteur enchaîne les événements à un rythme endiablé. Je me suis surtout attachée au personnage principal, Noah Wallace, un profileur détruit depuis une précédente affaire où il a perdu sa femme dans un accident dont lui-même est ressorti presque handicapé. Il végète dans un bureau jusqu’au jour où on le rappelle sur une scène de crime épouvantable (je vous épargne les détails) où on a trouvé une carte postale sur laquelle son nom est cité. Parallèlement, une jeune journaliste se met en danger en cherchant à résoudre la disparition d’un reporter nommé Trout dans les années soixante-dix. Quel est le rapport entre les deux affaires ? Qui laisse des lettres à l’intention de Noah ? Celui-ci finit par comprendre que les meurtres qui se succèdent sont liés à son passé. Problème : il ne se souvient pas de son passé. Pourtant c’est là que se trouvent les réponses à tous ces crimes. C’est donc un roman noir, très noir qui est proposé car l’auteur nous fait plonger dans les rouages d’une opération secrète visant à manipuler des êtres innocents à des fins criminelles. Et on en vient à se dire que ceux sont morts atrocement le méritaient. Dérangeant !

Devious


 Devious. Un nom synonyme de danger, de désir, de décadence. Le nom de celui qui lui a brisé le cœur. Rosie n’avait que dix-huit ans lorsque Devious l’a trompée avec sa sœur. Cette expérience l'a détruite, et elle s'est juré de ne plus jamais avoir affaire à lui. Mais voilà que, dix ans plus tard, Devious revient dans sa vie, encore plus sexy et surtout plus déterminé que dans ses souvenirs. Car, s’il est revenu, c’est pour une raison bien précise : obtenir une deuxième chance. Et Rosie sait qu'avec Devious la fuite n'est pas une option ; alors il ne lui reste qu'une seule solution : faire face au démon de son passé.


Commentaire:

« Devious » est la suite de Vicious mais il peut se lire indépendamment. Devious c’est Dean, un des quatre play boys de Todos Santos, il est beau, arrogant, riche, bref le genre d’homme qu’il vaut mieux éviter si on ne veut pas avoir le cœur brisé. C’est ce qu’a fait Rosie, et pourtant elle a craqué sur Dean dès le premier jour où elle l’a vu. Mais elle a préféré se taire et ensuite partir rejoindre sa sœur à New York. Rosie vivote en travaillant dans un café et en faisant du bénévolat dans le service maternité d’un hôpital mais elle ne peut pas faire autrement car elle est en sursis. Elle souffre de mucoviscidose et sait que ses jours sont comptés. Cette épée de Damoclès l’a amenée à rompre avec un garçon gentil car sa maladie l’a rendue stérile et de toutes façons, elle peut mourir dans un jour, un mois, une année. Le prochain mariage de sa sœur l’oblige à revenir en Californie et elle appréhende de retrouver ses parents, beaucoup trop protecteurs à son goût. Mais le pire est à venir quand elle retrouve Dean car il est bien décidé à la séduire. Elle ne voir en lui qu’un briseur de cœurs alors qu’en fait c’est un jeune homme bien plus complexe et plus profond que cela. L’histoire de la conquête de Rosie par Dean est classique. Un peu de tango dans les sentiments et Rosie tombe dans ses bras. L’originalité est ailleurs dans le choix de construire un personnage qui souffre de mucoviscidose. Comment construire un happy end avec une telle maladie ? Comment en parler sans tomber dans le pathos ? LJ Shen s’en sort bien grâce à une Rosie sympathique et tenace un Dean surprenant à tous les niveaux. Laissez-vous tenter. Je remercie les éditions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de lire ce roman.







Boréal


Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C'est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d'eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l'origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s'immerger dans le travail, Luv s'envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.




Commentaire:

J’avais lu des critiques élogieuses sur ce roman, aussi l’ai-je acheté sur un coup de tête. Et je n’ai pas regretté ma lecture. Un roman policier qui se passe au Groenland dans une nature implacable, glacée et dangereuse c’est nouveau. L’absence d’un tueur précis et machiavélique c’est nouveau aussi. Pourtant la peur est là, elle rôde autour de cette équipe de scientifiques venus pour une mission au départ banale et qui va déraper dès lors qu’ils trouvent des bœufs musqués pris dans la glace. A partir de là, le cauchemar commence et le lecteur est entraîné dans cet univers glacé et terrifiant. On a froid en lisant ce roman et on souffre pour les protagonistes qui se retrouvent  pris au piège. Mais au-delà du policier, l’auteur nous livre aussi une réflexion sur la nature, le danger qui menace les espèces, et je ne parle pas seulement de celle des ours et sur le réchauffement climatique, nié par certains, qui commence à faire des ravages dans cette partie du monde. Que se passera-t-il quand la glace aura disparu ?   Et je dois dire que c’est cet aspect qui m’a fait peur, bien plus que l’énigme policière. Bienvenue dans le monde glacé de Sonja Delzongle !

Retour sur Aldébaran


De retour sur la planète Aldébaran en compagnie de sa fille Lynn, Kim réalise qu'elle est devenue célèbre sur toute la planète. Devenue l'émissaire d'un peuple extra-terrestre auprès des humains, Kim possède de nouvelles responsabilités dont celle d'encadrer un groupe de scientifiques chargés d'observer et d'étudier un cube situé en pleine forêt qui dissimule une porte quantique. Au même moment Manon, une survivante, fait la rencontre de Kim et va ainsi intégrer son équipe...




Commentaire:


C’est toujours avec plaisir que je retrouve Léo, j’aime ses histoires pleines d’humanité. « Retour sur Aldébaran » marque un nouveau cycle qui nous permet de retrouver notre héroïne favorite, Kim, toujours aussi courageuse modeste. Elle revient sur sa planète d’origine pour une mission délicate, celle d’être l’émissaire entre les humains et les extra-terrestres et d’encadrer une mission de scientifiques qui doivent étudier un curieux cube situé en pleine forêt qui dissimule une porte quantique (si vous la franchissez, nul ne sait où vous serez et surtout quand vous serez…). Mais dès son retour sur Aldébaran, Kim se heurte à l’hostilité d’un groupe d’humains qui tente de la tuer à deux reprises. Lynn, sa fille, est blessée grièvement et Kim est obligée de la laisser entre les mains expertes des extra-terrestres puisque Lynn est des leurs. Comme elle est obligée d’avoir un garde du corps, Kim embauche Manon, un personnage découvert dans une autre série de Léo, une jeune fille tout aussi forte que Kim. Et comme les ennuis ne viennent jamais seuls, Manon disparaît alors qu’un petit groupe mené par Kim avait franchi la porte du cube pour se retrouver dans une nature prodigieuse mais comme toujours dangereuse.
 C’est donc un premier tome prometteur. Encore une fois, Léo a fait le choix de prendre deux femmes hors normes pour mener cette histoire : Kim et Manon nous réservent sans doute des moments où leur ingéniosité et leur force permettront à leurs compagnons de se sortir de mauvais pas. Pour le moment, Léo n’a pas encore développé ses thématiques favorites à savoir la nature et l’avidité des hommes mais je pense que les prochains tomes les mettront en évidence. En attendant, lisez ce premier tome aux dessins superbes.

mardi 5 juin 2018

L'appât


Entre les impressionnants piliers de granite du pont de Brooklyn, un réseau de filins d'acier quadrille l'espace. Tel un insecte pris au piège, le corps brisé de William Fawkes éclipse les premiers rayons du soleil. Un mot est gravé sur son torse mutilé : APPÂT.
Cette sinistre mise en scène n'est que la première d'une longue série. Tandis que les meurtres se succèdent de chaque côté de l'Atlantique, Emily Baxter, nouvellement promue inspecteur principal, et deux agents spéciaux américains vont devoir collaborer afin d'identifier l'architecte de cette toile diabolique...




Commentaire:

Ce roman fait suite à « Ragdoll » quelques mois après les événements dramatiques qui ont laissé Emily Baxter fracassée par la vérité qui était apparue alors. Elle est devenue inspecteur principal et rudoie les gens qui sont ses ordres car son caractère n’a pas évolué. Pire, j’ai trouvé qu’elle était vraiment infecte par moment, notamment avec l’homme qu’elle a rencontré depuis peu. Bourrue pour ne pas dire brutale, méfiante voire paranoïaque, elle a du mal à admettre que son amant puisse l’aimer sans arrière-pensée. Le seul en qui elle a confiance est Alex Edmunds  qui, alors qu’il était stagiaire avait été le seul à comprendre qui se cachait derrière le tueur dans Ragdoll. Depuis, Edmunds a repris un poste à la répression des fraudes par obligation parentale (il vient d’avoir une fille) mais il est toujours en contact avec Emily qui l’utilise pour ses compétences analytiques.


Et là, il va en avoir bien besoin car des meurtres épouvantables ont lieu au Royaume-Uni et aux USA. A chaque fois, le même modus opérandi : un homme tue une personne puis se tue. Sur les thorax de la victime, on lit gravé dans la chair « Appât » et sur celui du tueur « Marionnette ». Pour résoudre cette affaire qui fait resurgir le fantôme de Ragdoll, deux agents viennent encadrer Emily : Damien Rouche, agent de la CIA et Elliot Curtis, agent du FBI. Le trio se retrouve bientôt entraîné dans une course folle pour comprendre les raisons de ces meurtres qui se multiplient de part et d’autre de l’Atlantique. La tâche n’est pas aisée d’autant que les différents services engagés dans cette course contre la montre ne jouent pas franc jeu, chacun espérant trouver celui qui orchestre les crimes en premier. Pour une fois, la paranoïa d’Emily lui sert car Edmunds, qu’elle a engagée officieusement pour l’aider, repère des indices qui vont permettre de pointer un homme Alexei Green, un psychiatre qui connaissait les tueurs. Mais au royaume de Daniel Cole, rien n’est simple, on croit trouver la proie, on n’a que l’ombre. Et le lecteur d’aller de surprise en surprise.

J’ai beaucoup aimé et le rythme trépidant du roman m’a  amenée à le lire très rapidement. J’ai particulièrement apprécie l’introduction de nouveaux personnages et notamment celui de Damien Rouche. Il semble être un personnage nonchalant au départ, un peu dilettante qui agace profondément Emily (mais qui ne l’agace pas ?) mais qui se révèle bien plus complexe et attachant au fur et à mesure. Je vous recommande ce roman et je remercie d’ailleurs les Editions Robert Laffont et Netgalley de m’avoir permis de le lire.

samedi 2 juin 2018

Tant que dure ta colère


Au nord de la Suède, à la fonte des glaces, le cadavre d’une jeune fille remonte à la surface du lac de Vittangijärvi. Est-ce son fantôme qui trouble les nuits de la procureure Rebecka Martinsson ? Alors que l’enquête réveille d’anciennes rumeurs sur la mystérieuse disparition en 1943 d’un avion allemand dans la région de Kiruna, un tueur rôde, prêt à tout pour que la vérité reste enterrée sous un demi-siècle de neige…





Commentaire:

J’ai découvert cette auteure cette année en étant jury au Grand Prix des Lectrices de Elle, j’avais lu « En sacrifice à Moloch ». Et là, comme je suis jury du Prix Polar organisé par le Livre de Poche, j’ai reçu un autre de ses romans paru en 2016. J’ai l’impression qu’Asa Larsson aime l’hiver car c’est encore durant cette saison que se passe l’action. Certes c’est la fin de l’hiver mais il n’empêche qu’elle décrit encore des paysages figés par la neige et la glace comme si les crimes étaient indéfectiblement liés à cette saison. Dans cet opus, Rebcka Martinsson enquête sur la mort de deux jeunes gens disparus alors qu’ils étaient partis plonger dans un lac à la recherche d’un mystérieux avion allemand disparu des radars en 1943. La procureure soupçonne très vite deux frères, deux brutes épaisses dont le nom même fait frémir de peur les habitants. Il ne fait pas bon les fâcher, aussi les langues se taisent et il faut tout le talent de la procureure pour les délier. Tout cela donne un rythme lent à l’intrigue, je dois dire que j’ai tourné les pages par automatisme plutôt que par envie de savoir qui avait tué (encore que l’on s’en doute). Le seul intérêt de l’histoire c’est justement les raisons pour lesquelles les deux jeunes ont été tués. Ce qui permet à Asa Larsson d’évoquer le passé et notamment le comportement de certains suédois pendant la Seconde guerre mondiale. Le pays était censé rester neutre mais tant que les Allemands ont joué dans la case des vainqueurs, il s’est trouvé beaucoup de gens pour les aider à transporter du matériel, à faire des affaires avec eux, et éventuellement les aider à arrêter des résistants. Un passé peu glorieux qu’un des personnages du roman aimerait laisser enfoui, si possible, au fond du lac. Une lecture donc facile mais qui ne laissera pas grand souvenir dans ma mémoire.


Que vais-je lire en Juin?


Le grand Prix des Lectrices de Elle étant terminé, je vais pouvoir lire ce que je veux, faire baisser ma PAL surtout. Au menu de ce mois, des achats compulsifs, inspirés par des commentaires lus à droite, à gauche:

  • Bleu de Prusse, la dernière aventure de Bernie Gunther par Philip Kerr. Et c'est vraiment la dernière car l'auteur est mort il y a quelques mois (snif).
  • Hunter, de Roy Braverman. C'est un pseudo de Ian Manook, auteur de romans policiers que j'aime beaucoup.
  • La pure vérité de Jodi Picoult. J'ai découvert cette auteure récemment, aussi je vais lire ses autres ouvrages.
  • Dans la chaleur de l'été de Vanessa Lafaye, auteure que j'ai découverte en lisant Les Brumes de Key West


Dans le cadre du Prix Polar organisé par le Livre de Poche, j'ai reçu pour les mois de juin, trois polars. Je connais déjà Asa Larsson car j'ai lu "En sacrifice à Moloch" pour le prix Elle cette année. Les deux autres me sont inconnus. Peut-être une belle découverte ? Je remercie d'avance les éditeurs et le Livre de Poche de leurs envois.

  • Le tricycle rouge de Vincent Hauuy
  • De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel
  • Tant que dure ta colère d'Asa Larsson


Un roman obtenu par Netgalley (merci à eux), la suite de Ragdoll et comme je pressens que le récit va être noir, j'ai prévu de lire en même temps une romance d'une auteure découverte récemment, Colleen Hoover.

  • L'appât de Daniel Cole (je l'ai commencé et il y a déjà six cadavres...)
  • Too late de Colleen Hoover, un peu de romance dans ce monde de brutes! 


Et enfin, deux romans qui évoquent les deux conflits les plus meurtriers du 20ème. Ce sont tous les deux des romans qui ont attiré mon oeil.

  • Courrier des tranchées de Stefan Brijs (Première guerre mondiale)
  • Le tatoueur d'Auschwitz, de Heather Morris (Deuxième guerre mondiale)

En tout, onze livres. mais rien ne dit que, au gré de mes humeurs, d'autres livres viennent s'ajouter.

A bientôt!!

jeudi 31 mai 2018

Le club des veuves qui aimaient la littérature érotique


Londres, de nos jours
Âgée d’une vingtaine d’années, Nikki vient d’abandonner ses études et travaille dans un pub en attendant de trouver sa voie. Une émancipation peu courante pour une jeune femme sikh. Jusqu’au jour où, partie déposer une annonce au temple de Southall pour sa sœur en quête d’un mariage arrangé, Nikki tombe sur une étonnante offre d’emploi : on cherche une enseignante pour donner un cours de creative writing à un petit groupe de femmes sikhs. Elle aime lire, elle aime écrire, elle saute sur l’occasion.
Mais alors qu’elle pensait animer un atelier d’écriture à des apprentis auteurs, elle se retrouve face à une poignée de femmes majoritairement analphabètes, délicieusement déchaînées, bien décidées à parler d’érotisme et à partager leurs expériences amoureuses et familiales, souvent comiques, parfois bouleversantes, mais toujours pleines d’humanité…


Commentaire:

Nikki est une jeune femme sikh qui a quitté le domicile familial après la mort de son père pour mener une vie indépendante. Pour le moment, elle ne sait pas encore quel chemin va prendre son avenir professionnel, aussi pour faire bouillir la marmite, travaille-t-elle dans un pub. Quand elle voit la petite annonce qui cherche une enseignante, elle se dit qu’elle tient là l’occasion de sa vie. Elle va pouvoir animer un atelier d’écriture… Mais dès son premier contact avec les femmes qui rejoignent le cours, Nikki comprend tout de suite son erreur. Ces dames sont toutes des veuves, la plupart analphabètes et apprendre à lire leur semble bien morne. Ce qu’elles veulent c’est raconter des histoires, et si possibles épicées. Un peu contre son gré, Nikki se retrouve à transcrire les récits imagés de ces dames, en sachant qu’elle risque de fâcher bon nombre de gens, en passant par Kulwinder  la femme qui l’a embauchée et un groupe de Frères, de jeunes sikhs qui se sont autoproclamés gardiens de la vertu de leur mère, sœur, cousine, etc. Parallèlement à ces réunions où les dames rivalisent d’imagination, Nikki va s’intéresser à la mort de la fille de Kulwinder qui l’intrigue. On dit qu’elle s’est suicidée mais pourquoi surveille-t-on les faits et gestes de Kulwinder, qui est celui qui suit Nikki dans la rue ?


J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman qui allie à la fois drôlerie, tendresse et drame. Même si ces femmes sikhs vivent en Angleterre, elles restent soumises aux conventions, aux pressions de leur entourage, du quartier. Les histoires qu’elles racontent entre elles durant le moment du cours, leur permettent de braver les interdits (les récits parlent de rencontres et de sexe), les contraintes et la solitude que bon nombre d’entre elles vivent. C’est aussi un pied de nez à ces Frères qui imposent leur morale. Kulwinder, elle-même, au départ outrée quand elle apprend la teneur du cours, s’aperçoit qu’elle a bien tort d’empêcher ces femmes de s’adonner à ce plaisir qui ne  regarde qu’elles-mêmes. Elle en vient à les lire, ces nouvelles olé, olé,  ce qui la rapproche de son mari et les amène enfin à évoquer la mort de leur fille, sujet tabou entre eux depuis la tragédie. Kulwinder, aidée par Nikki va enfin envisager qu’elle puisse demander justice pour sa fille.  Le roman est émaillé de ces  petites histoires coquines, ce qui permet aux lecteurs et lectrices d’apprécier l’imagination des veuves. La romance pour émanciper les esprits, quelle belle idée ! Je vous recommande ce roman que j’ai pu découvrir grâce aux Editions Belfond et Netgalley.

lundi 28 mai 2018

Un manoir en Cornouailles


Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l'été. Le temps semble s'y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu'au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.
Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d'y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l'appelle et l'attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?
Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l'amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.



Commentaire:

Avant toute chose, il y a une petite erreur de chronologie dans le résumé. Si l’action démarre bien en 1968, elle se poursuit plus de trente ans plus tard (et non cinquante). Il est important de le dire, sinon, l’intrigue n’est plus vraisemblable. Ce roman déroule l’histoire d’Amber en 1968 et de Lorna au début des années 2000. Le point commun entre elles deux : un manoir en ruines, il l’était déjà plus ou moins à la fin des années 70 et il appartient depuis des générations à la famille Alton. Amber n’est pas particulièrement enchantée d’aller y passer des vacances mais sa mère adore, et comme son père adore sa femme, toute la famille suit. Mais cette année 1968 va tourner à la tragédie et transformer la vie de toute de la famille et plus particulièrement celle d’Amber. Trente ans plus tard, Lorna qui va bientôt se marier, tient à célébrer ses noces dans ce manoir. Quand elle était enfant, sa mère l’a souvent amenée là-bas. Pourquoi ? Elle ne sait pas trop mais elle se sent attirée par cet endroit. Pourtant celui-ci n’a rien d’accueillant et la vieille propriétaire qui l’a reçoit encore moins. Mais contre l’avis de son fiancé qui ne comprend pas l’engouement de Lorna pour le manoir, elle décide de rester pour en connaître un peu mieux l’histoire. Son séjour va la bouleverser.

J’ai préféré les chapitres consacrés à Amber car la tragédie qui se dessine sous nos yeux m’ont fait penser à Daphné du Maurier. Il y a du Rebecca dans le personnage de Caroline, une ancienne amie du père d’Amber qui s’impose peu à peu dans la famille. Face à elle, Amber est de peu de poids dans les événements qui s’abattent sur elle. Aussi, ai-je eu un peu plus de mal avec Lorna à la recherche de son passé, j’ai même trouvé que c’était un peu trop tiré par les cheveux ce qui lui arrivait. Ceci dit, si vous aimez les secrets de famille, les manoirs en ruines battus par les vents, et les atmosphères mélancoliques, ce roman est pour vous.
Je remercie les Editions NIL et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce livre.

samedi 26 mai 2018

Le sel de nos larmes


Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.
Chacun né dans un pays différent.
Chacun traqué et hanté par sa propre guerre.
Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l'avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes... [...]


Commentaire:

Le 30 janvier 1945, le paquebot Wilhelm Gustloff coule dans la mer Baltique après avoir reçu trois torpilles soviétiques. A son bord, des milliers de civils dont 4 à 5000 enfants, fuyant la Prusse orientale lentement mais inexorablement conquise par l’Armée rouge. De cette tragédie, Ruta Sepetys en a fait un roman pour que tout le monde se souvienne car, dit-elle : « Une fois les survivants disparus, il ne fait pas laisser la vérité disparaître avec eux. »

 Pour rendre hommage à tous les enfants disparus dans la tourmente de cette fin de guerre, elle a choisi de nous raconter le destin de quatre jeunes gens. Florian a fui Könisberg quand il s’est rendu compte qu’il travaillait pour des nazis qui pillaient les musées de toute l’Europe, les appartements saisis aux juifs pour récupérer des œuvres d’art. Dans son baluchon, une clé et une pièce du Cabinet d’Ambre volé aux soviétiques. Joana est originaire de Lituanie, elle a pu quitter le pays avant l’arrivée des Soviétiques, a travaillé comme infirmière dans un hôpital. Emilia est polonaise, son père l’a envoyée à la campagne chez des amis qui devaient la protéger. Tous les trois vont se rencontrer sur une route enneigée, fuyant l’arrivée des soldats soviétiques. Chacun porte un lourd secret, trop lourd pour leurs jeunes années. Ils parviennent enfin à Gotenhafen, un port donnant sur la mer Baltique. Avec eux, des milliers de civils, terrifiés et prêts à tout pour monter à  bord d’un bateau. Alfred est à bord du Gustloff, simple matelot qui rêve de gloire, de médaille donnée en personne par Hitler, pauvre matelot en fait qui n’a pas toute sa tête. Il va permettre à Joana, Florian et Emilia de faire partie de ceux qui pourront embarquer. Ils pensent être sauvés…

 Le récit à quatre voix donne du rythme, permet de saisir les destinées de ces jeunes gens ballottés par les événements. Ce sont eux qui nous font vivre le naufrage. Ici pas d’orchestre pour jouer jusqu’à la fin, pas de commandant mourant dignement à la barre de son bateau. La nuit, des températures glaciales, pas assez de canots de sauvetage, cette tragédie se dévoile sous nos yeux effarés. C’est un roman à destination des adolescents mais je trouve qu’il devrait être lu par tout le monde. Pour ne pas oublier. 

Mille petits riens


Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C'est une employée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d'un adolescent qu'elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d'octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer. Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui. Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d'avoir tué le bébé d'un couple raciste, elle se dit qu'elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d'avance ?  


Commentaire:

J’ai acheté ce roman sur un coup de tête sans savoir exactement à quoi m’attendre. Eh bien, j’ai été saisie dès les premières pages par ce roman qui plonge dans le racisme affiché et ordinaire. Affiché par le couple Tuk et Brittany qui n’hésite pas à exiger que Ruth ne puisse pas toucher leur fils sous le prétexte qu’elle est noire. Ordinaire par ce que subit tous les jours Ruth dès lors qu’elle entre dans un magasin, elle est tout de suite surveillée car elle pourrait voler puisqu’elle est noire, n’est-ce pas ?

Et pourtant Ruth a tout fait pour se couler dans la société, elle a étudié d’arrache-pied, elle est devenue une infirmière compétente toujours prête à remplacer ses collègues, ne compte pas ses heures, elle s’est installée dans un quartier à majorité blanche pour permettre à son fils d’aller dans de bonnes écoles et surtout de ne pas tomber dans de mauvaises fréquentations. 

Mais finalement cela n’a servi à rien, il a suffi qu’un suprémaciste la pointe du doigt pour qu’elle soit stigmatisée. Quand le fils de ce couple meurt, il pense d’abord à porter plainte contre l’hôpital, mais l’avocate qui défend les intérêts de cet hôpital leur suggère de s’en prendre à Ruth car elle était présente quand l’enfant est mort. C’est un moment fort, ignoble, l’avocate n’est pas contre Ruth mais elle préfère la sacrifier pour éviter des dommages et intérêts payés par son employeur ! A partir de ce moment Ruth bascule dans un monde parallèle, celui où elle est traînée dans la boue, arrêtée, obligée à comparaître devant un tribunal. Certes, elle va avoir une avocate Kennedy, qui va la défendre. Mais que peut comprendre une blanche, mariée à un chirurgien, n’ayant aucun problème d’argent de la vie d’une noire ? Comment pourrait-elle la défendre en sachant qu’elle lui conseille de ne pas parler de la discrimination raciste qu’elle a subit de la part du couple suprémaciste ? Or cette discrimination est à la base de tout, c’est d’ailleurs la seule injustice dans cette affaire. Mais les juges n’aiment pas les histoires de racisme, trop délicat, trop difficile à régler. Tout le procès va tourner autour de l’enfant, pouvait-il être sauvé ?

 Le roman fait entendre trois voix, celle de Ruth, celle de Kennedy et celle de Turk. J’ai trouvé intéressant de nous faire entendre la voix de ce type, somme toute ordinaire, marié à une jeune femme qui est pire que lui d’ailleurs. Son enfance, ses rencontres sont responsables de son activisme, de sa haine et de sa violence qui cherche un bouc émissaire à la mort de son fils. C’est sur Ruth que se concentre toute sa colère, il lui est plus facile de haÏr une noire que de s’en prendre à une équipe médicale. Par contre, le procès ne se passera pas comme il l’avait prévu et ses certitudes seront balayées à jamais. Il n’y a que la fin qui m’a laissée légèrement dubitative (je ne vous dis rien, vous devrez lire !). Ceci dit, précipitez-vous sur ce roman !