mardi 19 février 2019

Chasseurs de fantômes, tome 1: Le manoir de Combe Carey

Surnaturel, fantômes, meurtres, vengeance...

Un terrible fardeau s'abat sur Londres : des fantômes envahissent les rues de la ville, s'introduisent dans les maisons et terrorisent leurs occupants... 
La jeune et talentueuse Lucy Carlyle, promise à une grande carrière de chasseuse de spectres, vient d'intégrer la modeste agence du déjanté Anthony Lockwood. Mais leurs affaires vont mal. Les agences d'extermination de fantômes fleurissent et la concurrence est rude. 
Impossible de refuser le moindre contrat, même si la mission s'avère des plus dangereuses... 
C'est ainsi que Lockwood et Lucy se retrouvent en pleine nuit dans la terrifiante demeure de la famille Hope, à traquer le fantôme du sanguinaire duc rouge. Un escalier hurlant, une chambre de torture, des squelettes derrière toutes les portes : un seul mot d'ordre, ressortir vivants !


Commentaire:

Ce roman jeunesse est sorti une première fois en 2014 sous le titre « L’escalier hurleur », ce n’est donc pas une nouveauté, dommage pour les fans de Jonathan Stroud qui pourraient croire que c’est une nouvelle aventure du trio Lockwood, Lucy et Georges. En ce qui me concerne, je ne connaissais pas l’auteur, j’ai donc pu savourer cette histoire. Bienvenue à Londres dans un futur hypothétique dans lequel, depuis des années, le Royaume Uni doit faire faire face à des fantômes. Et pas le petit fantôme qui vous  fait juste peur, non celui qui vous attaque et vous tue. Pour les éradiquer, les Anglais, toujours pragmatiques, ont monté des agences de chasseurs de fantômes, leurs équipes sont constituées de jeunes, seuls capables de voir et de ressentir la présence d’êtres démoniaques.

 Lucy appartient à cette caste qui peut « lire » les fantômes, ressentir leur passé ; après un drame survenu dans la petite ville où elle habitait, elle est venue à Londres en quête d’un travail et s’est fait embaucher dans la prestigieuse agence de Lockwood. Enfin prestigieuse, elle le sera peut-être si l’agence décroche un contrat fabuleux. Car, pour le moment, à part  provoquer un incendie dans une maison hantée et subir les moqueries des uns des autres, assortis de sanctions financières qui menacent de faire couler l’agence à peine née, les trois chasseurs sont plutôt fort marris ! 

Heureusement, un industriel très riche, Fairfax, vient leur proposer une affaire en or : passer une nuit dans la maison la plus hantée d’Angleterre et vaincre définitivement ce qui est à la source du mal.
Je rappelle que c’est un roman jeunesse, ne vous attendez donc pas à trembler de peur dans votre lit, ce n’est pas du Stephen King et vous n’aurez pas à regarder sous votre lit le soir avant de dormir. Ceci dit, l’intrigue est bien construite et on accepte facilement cet univers de spectres, de goules et de fantômes. Les trois personnages principaux sont attachants, j’ai bien aimé Lockwood, mélange de Sherlock Holmes pour son esprit de déduction, et de Van Helsing dans son rôle de chasseur car il n’hésite pas à batailler et à sabrer (au sens propre du terme) toute forme spectrale menaçante, ses partenaires ne sont pas en reste d’ailleurs. Enfin, il y a le manoir de Combe Carey, personnage à lui seul, lieu isolé, vide la nuit car personne n’ose y rester, mais habité d’une multitude d’esprits qui gémissent, pleurent, hurlent. Cela m’a fait penser au film de Robert Wise « La maison du diable »même si, je le souligne à nouveau, ce roman n’est pas fait pour terroriser. En tout cas, je le verrais bien adapté au cinéma.

Ce livre fait partie de mon Challenge Multi défis 2019 (Babélio)

L'éternité c'est compliqué

Maltraitance, reconstruction, culpabilité, amour

Depuis sa plus tendre enfance, Mallory Dodge se drape dans le silence. Se taire, c'était survivre. Voilà quatre ans que son cauchemar a pris fin, quatre ans qu'elle n'a pas revu Rider Stark, son protecteur. Entourée de parents adoptifs aimants et à l'aide de cours particuliers, Mallory a repris le chemin des mots. Elle s'apprête également à faire le grand saut en reprenant celui du lycée pour son année de terminale. Le jour de la rentrée, la jeune fille était loin de se douter qu'elle tomberait sur son ami. Leur complicité est intacte, mais si Rider n'a plus rien d'un enfant, il reste habité par de nombreux démons. Quand les ombres du passé menaceront de les séparer, Mallory aura-t-elle le courage de prendre la parole pour exprimer ce qui doit l'être?

Commentaire:

J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix eRomance organisé par les Editions J’ai Lu. C’est un Young adult, ce qui veut dire que les protagonistes principaux de la romance sont des adolescents en dernière année de lycée. Leur jeunesse n’enlève rien à l’amour qui les consume ni aux tourments qui y sont liés.


Dans cette histoire, Mallory et Rider sont deux orphelins qui ont vécu ensemble pendant de nombreuses années dans une famille d’accueil particulièrement épouvantable : coups, hurlements, punitions, privations de nourriture, etc. Durant ces années, Mallory a appris à se taire et a surtout pu compter sur Ryder qui l’a protégée du mieux qu’il a pu. Puis le cauchemar a pris fin, les deux enfants ont été sauvés puis séparés. Mallory a eu de la chance d’être recueillie par un couple de chirurgiens, d’être prise en charge par des thérapeutes, ce qui lui a permis de guérir. Elle est donc décidée à retourner à l’école, à suivre là-bas son année de terminale. Et c’est ainsi qu’elle retrouve Ryder, son chevalier servant qui, automatiquement, reprend son rôle.

C’est une très jolie romance entre deux jeunes gens fragiles qui ont longtemps pu compter l’un sur l’autre pour survivre aux années terrible de leur enfance. Leur séparation a été brutale et quand ils se retrouvent, ils reprennent immédiatement le rôle qu’ils tenaient : elle, libellule fragile, et lui, le protecteur. Mais leurs retrouvailles ne plaisent pas à tout le monde, les parents adoptifs de Mallory ont peur que la fréquentation de Ryder fasse replonger Mallory. Et du côté de Ryder, son entourage craint qu’il ne s’effondre si Mallory le rejette. Et ils n’ont pas tort car le plus blessé des deux n’est pas Mallory car elle a eu de la chance en étant adoptée par Rosa et Carl, elle a pu trouver sa place et surtout elle a pu suivre une thérapie. Ce qui n’est pas le cas de Ryder qui se sent de trop même si sa famille d’accueil se montre aimante. C’est ce que j’ai bien aimé dans ce roman, découvrir que le chevalier servant a des failles et que son armure s’appelle Mallory.

Une romance délicate donc et que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. J’en remercie les Editions J’ai Lu.

samedi 9 février 2019

Investigation, tome 1: L'homme de l'ombre

Disparition, culpabilité, enquête, amour...

Depuis plus de dix ans, Emery recherche en vain sa cousine Tiffany, disparue du jour au lendemain sans laisser de traces. Son enquête l'amène à se tourner vers Wren, un homme intriguant qui agit secrètement pour le compte de grands noms de la politique. Il semble être le seul à pouvoir résoudre cette énigme. Mais ce professionnel au passé trouble a bien des raisons de rester dans l'anonymat. Prendra-t-il le risque de s'exposer aux regards des autres afin de retrouver Tiffany? Pour aider Emery, qui l'attire irrémédiablement, sans doute que oui...

Commentaire:

J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix eRomance organisé par les Editions J’ai Lu. Je n’aime pas particulièrement les romances contemporaines, les intrigues se déroulant de nos jours et mettant en scène des individus qui travaillent ne me font pas vraiment rêver. 
Alors, certes, nous avons un héros énigmatique à souhait, et très protecteur. Nous avons aussi une intrigue teintée d’enquête policière : Emery est une jeune femme traumatisée par la disparition de sa cousine et, pensant avoir découvert une nouvelle piste, déclenche une série d’événements qui lui permettent de rencontrer Wren. Leur rencontre est agréable à lire : un peu de joutes verbales, un peu de piquant au lit, un peu d’émotions aussi et une fin prévisible (je parle du méchant qui est responsable de la disparition de Tiffany). Bref, pas désagréable mais le roman ne me laissera pas un souvenir impérissable.

La maîtresse de Clarewood

Pauvreté, mésalliance, amour, secret...

Angleterre, Régence. Après le décès de sa mère, Alexandra Bolton a dû renoncer à ses rêves de jeune fille pour se consacrer à l'éducation de ses sœurs. Une tâche d'autant plus ardue que leur père a préféré noyer son chagrin dans l'alcool et dilapider dans les salles de jeu le peu d'argent qu'il leur restait. Pour Alexandra, le seul moyen de sauver les siens de la ruine est d'accepter la demande en mariage d'un vieil aristocrate fortuné. Un sacrifice auquel elle consent sans ciller... jusqu'à sa rencontre avec Stephen Mowbray, le très scandaleux duc de Clarewood. Dès le premier instant, celui-ci ne cache pas son désir de faire d'elle sa maîtresse - une parmi tant d'autres. Une tentation affolante à laquelle Alexandra, partagée entre devoir et désir, va devoir résister. Car si la jeune femme ne peut nier la passion que le duc éveille en elle, elle refuse de céder à ses avances : l'honneur de sa famille passe avant tout. Mais Stephen, n'est pas homme à renoncer aussi aisément. D'autant qu'aucune femme, jamais, n'a su lui résister. Et lorsque la passion flambe enfin entre les deux amants, un terrible secret menace cette fois de les séparer à jamais... 

Commentaire:

Il y avait très longtemps que je n’avais pas lu une romance de Brenda Joyce, aussi quand j’ai vu que ce titre était disponible sur Netgalley, je me suis dépêchée de le demander. Ce que j’aime chez cette auteure c’est qu’elle conçoit des intrigues amoureuses compliquées entre deux êtres que tout oppose car ils possèdent un orgueil démesuré qui les empêche de comprendre pendant une bonne partie du roman qu’ils sont faits l’un pour l’autre.


« La maîtresse de Clarewood » n’échappe pas à cette règle puisqu’elle met face à face Alexandra Bolton, fille aînée d’un aristocrate ruiné et alcoolique qui dilapide le moindre sou dans le whisky, et Stephen Mowbray, duc de Clarewood. Ils se plaisent immédiatement dès la première fois qu’ils se voient mais le caractère, le statut social de l’un et l’autre vont constituer de multiples obstacles avant une fin, certes, évidente, mais qui nous aura fait passer par tout l’arc-en-ciel des émotions. Je me suis même surprise à avoir les larmes aux yeux en lisant les tourments subits par Alexandra. Il lui en faut de la constance et de la force pour résister aux événements qui lui tombent dessus dès qu’elle rencontre le fameux Duc, parfois particulièrement obtus. Mais c’est là, la force de Brenda Joyce, on parvient à apprécier des personnages antipathiques, parfois même cruels,  au premier abord,  car elle parvient toujours à glisser quelques allusions qui changent notre regard. Stephen est l’être qu’il est car il a été façonné par un père particulièrement détestable. Cela n’excuse pas complètement son comportement mais permet à Alexandra de mieux le comprendre.  J’ai donc retrouvé avec plaisir cette auteure qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Je remercie encore une fois Netgalley et les Editions Harlequin d’avoir pu redécouvrir Brenda Joyce.

dimanche 3 février 2019

Le dernier gardien d'Ellis Island

Exil, immigration, espoir, solitude...

 New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé.
Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.

Commentaire:

Ellis Island c'est cette île qui se dresse devant New York, le dernier obstacle pour tous les émigrants avant de pouvoir accéder à la terre promise, celle où on trouvera la liberté, du travail et des rues pavées d'or. Pendant des décennies, cette île a vu débarquer des milliers d'exilés, ayant tout laissé derrière eux, pour une promesse d'un avenir meilleur. Parfois, cet avenir se fracassait à peine arrivés, car n'entraient pas les malades, les débiles, les anarchistes, les communistes, tous ceux qui pouvaient représenter un danger pour cette jeune démocratie. 

Dans ce court roman intense, on entend une voix, celle de John Mitchell, le dernier directeur d'Ellis Island. le 8 novembre 1954, le centre fermera définitivement ses portes. En attendant, Mitchell erre à travers les étages, les couloirs, les dortoirs. Il ne reste plus rien, sauf les fantômes de ceux qui sont morts sur place. Il se souvient de sa vie passée là, de sa femme morte trop tôt et de Nella, jeune migrante venue de Sardaigne, qui hante son esprit. Alors il écrit pour se confesser ou se délivrer, il ne le sait pas vraiment, de toutes ces arrivées, des drames qui ont pu se produire, de ce qu'il a dû faire et taire.
Le roman est court mais poignant et rend hommage à ces hommes et à ces femmes déracinés, venus par milliers, rejoindre un continent neuf, porteur d'espoir. Il donne envie de me rendre à Ellis Island, le centre est devenu un musée de l'immigration, pour contempler à mon tour New York si près, si proche…

samedi 2 février 2019

L'appel du renard, tome 1: Traqué

Paranormal, M/M, meurtre, secret, amour...

Pour des métamorphes qui vivent cachés, l’amour est peut-être le plus grand des dangers... 
Après avoir vécu l’enfer en Afghanistan, l’ex-lieutenant Sander Jolan est de retour dans sa petite ville natale du Wyoming. Devenu shérif, il y mène une vie tranquille... jusqu’à ce qu’on découvre dans les bois attenants un corps atrocement mutilé. Sander pense à une bête sauvage, et ce n’est pas le ranger Will MacBoyd qui va le contredire. Le shérif n’a pas le choix : grand solitaire dans l’âme, il doit faire équipe avec ce bel homme mystérieux pour retrouver l’animal.
Ce qu’ignore Sander, c’est que Will sait qu’il ne s’agit pas d’une simple bête, mais d’un métamorphe, comme lui-même. Car Will fait partie d'une meute de renards installée non loin, et il est là pour retrouver le coupable avant qu’il ne trahisse leur existence. Mener l’enquête tout en poussant Sander sur une fausse piste ne va pas être facile, sans compter l’irrésistible et inexplicable attraction qui va naître entre les deux hommes, à leur corps défendant...

Commentaire:

Bienvenue dans le monde des métamorphes c'est-à-dire dans un monde où des êtres capables de se transformer en animaux vivent à côté d'humains qui ignorent leur nature profonde. Will est un renard, la plupart du temps, sa bête est invisible aux yeux des hommes; elle ne fait surface que lorsque sa meute est en danger ou quand l'envie lui prend de se fondre dans la forêt. Il est le bêta, c'est-à-dire, l'homme de main de Llyod l'alpha qui dirige leur petite communauté. C'est lui qui est chargé de faire régner l'ordre à l'intérieur et à l'extérieur de leur territoire. Aussi quand il apprend qu'un homme a été tué déchiqueté par un animal, se rend-il sur les lieux pour constater de lui-même les dégâts. Sur place, il fait connaissance avec le shérif local, un ancien GI, Sander, un homme bien trop perspicace et bien trop troublant à son goût. Et il y a aussi Ty, un métamorphe comme lui, chassé de la meute depuis des années, coupable idéal. Comment résoudre cette affaire dangereuse pour la meute tout en laissant le shérif dans l'ignorance? C'est là tout le noeud du roman.


L'intrigue est longue à se développer, du coup le rythme est lent, l'auteur insiste longuement sur l'univers des métamorphes, la relation qui existe entre "l'homme" et son animal. Aussi, la relation qui s'installe entre Will et Sander, devient presque secondaire et, pour un bêta, habitué à être écouté, j'ai trouvé que Will manquait d'envergure. Le couple qu'il forme avec Sander est certes attachant mais on n'est pas touché par eux.

Ce n'est pas désagréable à lire mais je n'ai pas été enthousiasmée par cet univers. Je remercie les Editions Milady de m'avoir permis de découvrir cette auteure.

L'étranger dans la maison

Meurtre, manipulation, secret, amour...

Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d'avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s'est volatilisée. Alors qu'il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d'un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d'ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l'hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d'amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu'un s'introduit en leur absence dans la maison.

Commentaire:

J’avais lu le premier roman de cette auteure « Le couple d’à côté » et j’avais été séduite par cette intrigue pleine de surprises. Aussi quand j’ai vu que les Editions Presses de La Cité me proposaient de lire ce nouvel opus, j’ai été ravie de cette opportunité. On retrouve les mêmes ingrédients que « Le couple à côté » : une banlieue résidentielle chic où rien ne se passe, un couple aimant au premier abord, une voisine et meilleure amie charmante mais intrusive. Le meilleur des mondes ? Tout se fissure un soir où Tom trouve sa maison vide et apprend que sa femme est à l’hôpital. Les circonstances de son hospitalisation le surprennent : sa femme conduisait vite, dans un quartier malfamé et elle a perdu le contrôle de sa voiture. A partir de là, toutes les certitudes de Tom s’effondrent : que faisait-elle dans ce quartier, pourquoi la police s’intéresse de plus en plus à elle, comment peut-il se débarrasser de sa voisine de plus en plus collante ? Je n’en dirai pas plus sur les péripéties qui attendent Tom car en parler serait tout dévoiler et ce serait dommage.


En tout cas, l’intrigue est addictive, on tourne les pages, pressés de savoir ce que cache Karen, cette jeune femme si aimante, si parfaite, dont le passé resurgit, brouillant un peu plus l’image qu’on se faisait d’elle. Encore une fois, l’auteure s’amuse à manipuler le lecteur jusqu'au bout de l’intrigue car, quand on referme le livre, on a l’impression que l’histoire ne fait que commencer.

 J’ai passé un très bon moment à lire ce roman et je remercie encore une fois les Editions Presses de la Cité et Netgalley d’avoir pu lire « L’étranger dans la maison ».

samedi 26 janvier 2019

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres


Enfance, imaginaire, monstre, famille, meurtre, secret...

Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, est une fan absolue des fantômes, vampires et autres morts-vivants. Elle se voit d'ailleurs comme un petit loup-garou : d'après elle, dans ce monde, il est plus facile d'être un monstre que d'être une femme. Un jour de Saint Valentin, au retour de l'école, Karen apprend la mort de sa belle voisine, Anka Silverberg, une survivante de l'Holocauste. Elle décide alors de mener l'enquête et va vite découvrir qu'entre le passé d'Anka au coeur de l'Allemagne nazie, son quartier en pleine ébullition et les drames qui, tapis dans l'ombre de son quotidien, la guettent, les monstres bons ou « pourris » sont des êtres comme les autres, complexes, torturés, fascinants.

Commentaire:

Ce roman graphique est un chef d’œuvre ! Et pourtant, la première fois que je l’ai vu en librairie, j’ai été presque rebutée par la couverture et par les quelques pages feuilletées. Grosse erreur de ma part quand, après l’avoir emprunté à la bibliothèque, j’ai commencé à le lire, puis à scruter attentivement les planches. C’est époustouflant ! L’intrigue tourne d’une petite fille Karen qui vit à Chicago en 1968, elle partage sa vie avec sa mère et son frère qu’elle adore et qui lui a fait découvrir la peinture.
Elle adore les films et les magazines d’horreur, passe son temps à en redessiner les couvertures, elle est rejetée par ses camarades d’école, se rêverait en monstre pour pouvoir se rebeller, venger les humiliations qu’elle subit. Et puis il y a sa voisine du dessus : Anka silverberg, une juive allemande rescapée de la Shoah et qu’on retrouve assassinée. Karen se lance dans une enquête, grâce au mari d’Anka, elle écoute des cassettes enregistrées par cette dernière qui raconte sa vie en Allemagne : dominée, exploitée par des hommes pervers, humiliée, stigmatisée parce que juive et déportée… Une longue litanie de malheurs qu’écoute cette petite fille en cachette. Car derrière ses airs bravaches, c’est encore une petite fille confrontée à la tristesse de son grand frère, à la maladie de sa mère et à un secret familial.

Ce roman graphique développe plusieurs thèmes comme l’enfance, la violence de la société (celle vécue par Karen mais aussi celle vécue par Anka), la figure du monstre (pour Karen, tous ceux qui la blessent ou la rejettent sont des monstres) , la sexualité qui définit chacun d’entre nous (Karen aussi jeune soit-elle sait déjà qui elle aime), la famille (Deeze le frère est un personnage ambivalent, repère essentiel pour Karen, qui cache des secrets).

Visuellement c’est superbe, chaque planche révèle les multiples inspirations de l’auteur : j’ai beaucoup aimé les pages consacrés à la découverte d’un musée L’Art Institute dans lequel se promènent Karen et Deeze son frère. Ils s’arrêtent notamment devant le tableau de Georges Seurat « Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte » et quand on regarde de plus près, on s’aperçoit qu’Emil Ferris a dessiné les visages de Karen et Deeze à la manière de Seurat. 



Plus loin, l’auteur évoque la déportation des juifs et leur transport dans ces wagons infâmes : la double planche muette est à la fois tragique,  empreinte de dignité et de résignation.



 Je pourrais évoquer encore d’autres planches mais ce serait dommage de tout dévoiler. Je vous conseille donc de vous précipiter sur ce roman graphique de 416 pages qui vous laissera pantois.

Je mets 5 chats car c’est un coup de cœur pour moi.


vendredi 25 janvier 2019

Méfie-toi de nous, tome 2

Retrouvailles, vengeance, drogue...

 Aujourd’hui, Mackenzie est devenue une brillante journaliste. En apparence, elle est cette femme forte qui a réussi. En réalité, elle n’a jamais pu oublier ce jour, il y a sept ans, où Wade l’a trahie avant de disparaître. Elle s’était alors fait une promesse : plus jamais elle ne ferait l’erreur de baisser la garde et de s’attacher. Pour cela, elle a érigé avec soin de nouvelles barrières, plus nombreuses et plus solides encore qu’auparavant. Pour que rien ni personne ne puisse plus l’atteindre ni la faire souffrir. Personne sauf Wade.

Commentaire:

L’histoire de Mackenzie et de Wade reprend sept ans plus tard. Mackenzie travaille comme  journaliste : son credo ? Lever tous les secrets des gens sur lesquels elle enquête sans se soucier d’états d’âme. La femme qu’elle est devenue n’est pas très sympathique, froide, arrogante et seule. La disparition subite de Wade l’a profondément blessée d’autant qu’elle n’a jamais pu obtenir d’explications de Jaxton, pourtant le meilleur ami de Wade. Alors qu’elle mène des recherches sur une artiste mystérieuse qui fait fureur, elle s’aperçoit que l’artiste en question n’est autre que Wade ! Pire, ses quelques recherches l’ont sorti de l’anonymat  qui lui permettait d’échapper à Crown, le trafiquant de drogue qu’il a dénoncé (voir tome 1). Au-delà des retrouvailles difficiles entre Mackenzie et Wade, le couple va se retrouver confronté à un danger, celui que représente Crown sorti de prison.
Ce deuxième tome se lit tout aussi vite que le premier mais je l’ai trouvé moins prenant que le précédent. Je n’ai pas aimé la transformation de Mackenzie, elle est trop rigide et têtue dans ses opinions pendant une bonne partie du livre. Et on se demande bien pourquoi Wade insiste autant pour renouer les liens d’autrefois. Heureusement, les chapitres où les deux amants sont en danger redonnent de l’intérêt à leur histoire et on dévore les pages pour espérer une fin heureuse.

Je remercie en tout cas les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de lire la suite de « Méfie-toi de nous ».

Haine pour haine

Meurtre, racisme, immigration...


À Peterborough, deux hommes d’origine étrangère ont été sauvagement assassinés dans la rue à quelques semaines d’intervalle. Les caméras de surveillance montrent leur agresseur masqué exécutant le salut nazi après les avoir tués à coup de pied. L’inspecteur Zigic et sa partenaire, le sergent Ferreira de la section des crimes de haine mènent l’enquête lorsque survient un autre drame : trois travailleurs immigrés sont renversés devant un arrêt de bus par une voiture. Les deux policiers vont se confronter aux pressions de leur hiérarchie. Il ne faudrait pas que la piste raciste, peut-être commune aux deux affaires, s’ébruite auprès des médias, au risque de réveiller des tensions déjà explosives dans la ville.
Un autre personnage s’inquiète de cette publicité malvenue, c’est Richard Shotton, député local d’extrême droite qui entend bien se faire réélire dans cette région où il est particulièrement rentable de surfer sur la frustration engendrée par la présence d’immigrés tout en se défendant d’être raciste. Ferreira a-t-elle raison de penser que son parti garde des liens souterrains avec la mouvance néonazie, au cœur de l’enquête ?

Commentaire:

« Haine pour haine » est le deuxième roman d’Eva Dolan traduit en français et mettant en scène une petite brigade de crimes de haine dans la ville anglaise de Peterborough. J’ai lu le premier tome « Les chemins de la haine » l’année dernière quand j’étais jurée pour le Grand Prix des Lectrices de Elle. Et j’avais beaucoup aimé ce roman policier plus sociologique que noir. Car, au-delà de l’enquête policière, Eva Dolan s’intéressait aux problèmes de l’immigration, de la difficile intégration pour ne pas dire acceptation de ces migrants venus d’Europe ou du monde qui peinent à trouver leur place dans une société en proie à des difficultés économiques.

On retrouve le même arrière-plan socio-économique avec une histoire tout aussi macabre que la précédente. La brigade doit mener de front deux enquêtes qui, au départ, ne semblent pas liées : une voiture renverse trois personnes devant un arrêt de bus, le chauffard s’est enfui. Particularité, ce sont des travailleurs immigrés qui ont été renversés. Est-ce un crime raciste ? La brigade peine à trouver un coupable et a d’autant mal à faire son travail  qu’elle doit aussi résoudre trois meurtres d’immigrés, tabassés à mort par un individu qui s’est débrouillé pour faire un salut nazi devant une caméra de surveillance comme pour les narguer. Ces crimes racistes n’arrangent pas les affaires d’un député local d’extrême-droite qui s’inquiète, c’est un comble, des conséquences qu’ils pourraient avoir sur les prochaines élections. On voit là le cynisme d’un individu qui fait campagne contre l’immigration et tient des propos nauséabonds mais qui ne veut pas être débordé par des groupuscules néo-nazis jugés trop remuants. Zigic qui mène la brigade n’a pas beaucoup de temps pour résoudre ces meurtres qui pourraient déboucher sur des émeutes et des règlements de compte entre les différentes communautés de Peterborough.

J’ai beaucoup aimé ce roman et le climat dans lequel évoluent les deux personnages principaux, il montre le danger de tous ces replis communautaristes qui, si on ne fait rien, pourraient faire émerger les pires pouvoirs extrémistes. A lire donc !


Le royaume des rêves

Enlèvement, otage, guerre, amour, loyauté...

Pour avoir refusé d'épouser le vieux barbon que lui destinait son père, lady Jennifer a été envoyée au couvent de Belkirk. Un jour, le village est attaqué par l'armée de Royce Westmoreland, surnommé le Loup noir : un colosse aussi redouté que le diable, qui prend la jeune fille en otage. Une digne Écossaise ne saurait se soumettre à l'ennemi anglais! L'indocile Jenny ne peut s'empêcher de défier son terrifiant ravisseur et, contre toute attente, de céder à ses baisers passionnés.

Commentaire:

Cette année, je participe en tant que jurée au Prix e Romance organisée par les Editions J’ai Lu. C’est donc à ce titre que j’ai lu ce roman de Judith MC Naught. Précisons tout de suite que je l’aurais lu même si je n’avais pas fait partie de ce jury car j’aime beaucoup cette auteure que j’ai découverte il y a plus de vingt ans. « Le royaume des rêves » a été écrit en 1989 ( !) et traduit seulement maintenant et quand on le lit, il a les caractéristiques de la romance que j’appréciais alors. Prenez un contexte historique bien décrit : l’action se passe en 1497, le roi Henri VII d’Angleterre est en guerre contre l’Ecosse qui soutient un prétendant au trône. Ajoutez deux personnages que tout oppose : Royce Westmoreland, un guerrier redoutable, surnommé Le Loup par ses ennemis et qui combat pour Henri VII,  prend en otage Lady Jenny Merrick, une jeune écossaise qui n’aura de cesse de lui échapper. Mélangez quelques ingrédients : tentatives d’évasions, manipulations et séductions de la part des deux protagonistes, interventions violentes de la part du clan écossais,etc. Et vous obtenez un bon roman sentimental sans trop de mièvrerie. Je précise tout de même, qu’après avoir attendu si longtemps de le lire en français, je n’ai pas eu le coup de cœur espéré. Ce qui n’enlève rien au talent de Judith McNaught.
Je remercie en tout cas les Editions J’ai Lu qui m'a permis  de participer à cette aventure !



Un drôle de mariage

Mariage de convenance, amour, traumatisme, rejet...

Le duc d’Ashbury est confronté à un gros problème : il doit se marier afin d’engendrer un héritier au plus vite. Mais quelle femme serait assez désespérée pour accepter d’épouser un homme défiguré ? La réponse se présente en la personne d’Emma Gladstone, la fille d'un vicaire qui travaille comme couturière. Elle est aux abois financièrement, et elle n’a pas froid aux yeux. Elle répond donc à tous les critères requis. Elle est même assez jolie, mais cela n’a aucune importance puisqu’il compte se désintéresser de son cas dès qu’elle sera enceinte. Sauf que la nouvelle duchesse, loin de le trouver repoussant, prend très vite goût à ses hommages... 

Commentaire:

« Un drôle de mariage » fait partie de la sélection du prix e Romance, et c’est donc à ce titre que je l’ai lu. Le roman est agréable à lire dès lors qu’on accepte la situation invraisemblable du départ, à savoir un duc qui épouse sur un coup de tête une couturière débarquée dans son salon pour réclamer ses gages. Ce même duc, défiguré lors d’une bataille contre les Français (ah, ce Napoléon !), rejeté par sa fiancée, jette son dévolu sur Emma, car il veut un héritier. Et après avoir dûment mis sa femme enceinte, il l’installera à la campagne et passera à autre chose. Mais la demoiselle, bien vite épousée, n’a pas l’intention de se laisser faire. Et tout le roman tourne autour de la question éternelle : sauras-tu m’aimer ? C’est léger, parfois amusant à lire car il y a quelques répliques qui font rire. Mais c’est justement trop léger, les personnages secondaires sont inexistants, pas assez développés : je pense à l’ex-fiancée du duc qui revient sur le devant de la scène et on s’attend à des scènes de crêpage de chignon. Même pas, elle disparaît rapidement à mon grand dépit, j’aime bien quand il y a des rivalités féminines. Au final, un roman certes agréable mais que ne me laissera pas grand souvenir.

Je remercie les Editions J’ai lu de m’avoir permis de lire cette auteure.

jeudi 17 janvier 2019

Sous les décombres

Meurtre, secret, famille, Seconde Guerre mondiale...

Juste après la Seconde Guerre mondiale, Hanno, 14 ans, fait tout pour survivre dans Hambourg en ruines. Durant l'hiver 1946, en fouillant les décombres, il découvre un jeune garçon de 3 ans à côté d'un cadavre de femme. Recueilli par la famille d'Hanno, ce petit garçon est prénommé Joost. Des années plus tard, Joost fait la connaissance d'Anna,dont la mère semble cacher un lourd secret. Tous les deux vont partir à la recherche de leurs origines...

Commentaire:
En janvier 1947, on découvrit quatre cadavres entièrement nus dans les ruines de Hambourg. La police ne sut jamais qui les avait tués, pourquoi, et qui étaient ces gens. Cette sombre affaire jamais élucidée a déjà été mise en scène par un auteur allemand Cay Rademacher. Dans son roman « L’assassin des ruines », son inspecteur principal Stave résolvait ce quadruple meurtre.

Le roman de Mechtild Borrmann reprend la même affaire en la présentant sous une autre manière. Et j’ai adoré ! Le roman croise trois époques différentes qui, au départ, laissent perplexe le lecteur. En janvier 1947, Hanno Dietz , adolescent de 13 ans, fouille les décombres à la recherche d’objets qu’il pourrait revendre au marché noir, il tombe sur un petit garçon bien habillé, dans sa main, un bouton… Mai 1945, la famille Anquist, riche propriétaire d’un manoir et de terres, se voit confisquer son domaine et expulsée de chez elle par ordre des soviétiques. Pour Clara Anquist et son père, la seule solution c’est l’exil. 1992, Anna Anquist, fille unique de Clara, décide de fouiller dans le passé de sa mère quand elle apprend que l’ancien domaine est à vendre. Elle contacte d’ailleurs un certain Joost Dietz, architecte chargé des travaux de restauration.

Quels liens existent-ils entre la famille Dietz et Anquist ? Pourquoi ces aller et retours entre le passé et le présent (du moins celui de l’époque de l’intrigue) ? Peu à peu, à travers l’évocation de la fin de la guerre, de l’occupation du pays par les quatre grands vainqueurs, de la dénazification de l’Allemagne, l’auteur construit peu à peu une histoire, celle d’allemands humiliés, contraint de fuir et qui voient sur leur route de l’exil les obstacles s’accumuler jusqu’à la tragédie finale.
Encore une fois, j’ai beaucoup aimé ce roman, bien construit, au rythme soutenu et au contexte historique bien documenté. Je vous le recommande !
Je mets cinq chats car c'est un coup de coeur!