lundi 15 juillet 2019

Les fantômes de Manhattan

Vengeance, trahison, secret, manipulation…

Annie ONeill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein coeur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux quelle. Son existence est bouleversée par la visite dun nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, quelle na pratiquement pas connus. Lhomme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte lhistoire dun certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais. Quel rapport avec lhistoire intime dAnnie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsquelle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce quelle a pu imaginer.

Commentaire:
C’est le premier roman de R J Ellory que je lis et si je me suis décidée à le faire, c’est parce que j’ai lu de nombreuses bonnes critiques sur lui. J’ai donc entamé cette lecture avec beaucoup d’attentes et je dois dire que j’ai failli abandonner et laisser sur le carreau ces fameux fantômes. J’ai trouvé que l’histoire commençait mollement, je ne voyais pas le rapport entre cette jeune femme libraire, vivant une vie horriblement banale et la vie de ce Haïm.
Mais je me suis accrochée et j’ai bien fait car mon intérêt a grandi. Dans la vie d’Annie si monotone, surgissent soudain deux hommes : un certain Forrester qui affirme avoir connu son père et tient à lui faire découvrir un manuscrit écrit par un inconnu et qui raconte l’histoire d’un jeune juif rescapé des camps. Et en même temps, elle fait la connaissance de David Quinn agent travaillant pour les Assurances maritimes avec qui elle a une liaison enflammée. J’ai vite compris que ce David Quinn était bien trop beau pour être innocent d’autant que la lecture du manuscrit a confirmé mes soupçons sur les liens qui existent entre Annie et Forrester. J’ai deviné avant elle ce qui allait lui tomber dessus. J’ai vite basculé de son côté, vivant avec elle sa joie comme sa douleur provoquées par sa liaison tumultueuse avec David, me demandant pourquoi elle devait payer pour les péchés de Haïm. Par contre, je ne m’attendais pas à la fin. Je l’ai trouvée brillante, j’ai eu l’impression d’entendre le rire triomphant  de Haïm dit Harry Rose à l’encontre de son ancien partenaire.
Je résume : une intrigue bien ficelée, une écriture sublime ! De quoi passer un très bon moment de lecture.
Challenge Babelio Pavés 2019
Challenge Babelio Multi-défis 2019

Ce qui nous consume

Maltraitance, violence parentale, amour, secret…

Violette, au passé troublé mais au brillant avenir, vient d’intégrer une école dart. Elle sest installée chez sa mère et son nouveau mari, et a fait la connaissance du fils de celui-ci, le solitaire et énigmatique Adam. Après s’être ignorés puis déchirés durant des semaines, ils ont trouvé la paix dans les bras lun de lautre et se sont déclaré leur amour. Violette doit désormais apprendre à lui faire confiance, mais les secrets qui voilent le ténébreux regard dAdam pèsent sur leur couple. Parviendra-t-il à lui révéler ses démons et à accepter son aide?

Commentaire:

Ce roman est la suite de « Ce qui ne tue pas », on retrouve nos deux personnages principaux Violette et Adam. Après s’être tournés l’un autour de l’autre dans le premier tome, ils approfondissent leurs relations même si chacun garde ses secrets : Violette a été harcelée l’année de sa terminale et Adam cache la violence physique et morale de son père. Des secrets qui deviennent intenables pour eux surtout s’ils souhaitent vivre leur amour au grand jour. C’est surtout le secret d’Adam qui doit éclater, ne serait-ce que pour lui permettre de se libérer d’un père ignoble et dévastateur, mais surtout de pouvoir se sentir libre d’aimer Violette. Celle-ci soupçonne bien que le père exerce une autorité abusive contre son fils mais elle est loin de se douter de la vérité. Quand celle-ci éclate, elle est bien plus terrible que prévu.
Cette suite m’a beaucoup plu, l’auteure a su à la fois me toucher avec cette histoire d’amour pleine de fragilité et de délicatesse tout en abordant avec beaucoup de justesse un thème difficile, celui de la violence parentale. Ludwig, le père, est un être ignoble qui tyrannise son fils depuis des années, le bat et a réussi à le persuader qu’il n’était qu’un raté. Le pire c’est qu’aux yeux de la société Ludwig apparaît comme un bon père. Le personnage d’Adam est bien construit, par rapport à ce qu’il vit, il aurait pu être caricatural, Georgia Caldera aurait pu tomber dans une forme de surenchère morbide, ce qui n’est pas le cas. Adam est un garçon fort et fragile en même temps qui trouve enfin la personne qui lui permet de sortir de ce cauchemar, Violette !
Un beau roman que je recommande !

jeudi 4 juillet 2019

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air

Catastrophe nucléaire, secret d'état, destin, tragédie...

En URSS, en 1986.
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture, et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières de l'aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante.
Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer.
La vie de ces quatre personnages va changer. Le monde ne sera plus jamais le même...

Commentaire:

Cette lecture m’a été inspirée par la série « Tchernobyl » dont je ne me remets toujours pas. J’ai voulu lire des ouvrages sur cette catastrophe et je suis tombée sur ce roman. Certes c’est une fiction mais l’auteur a fait des recherches avant de l’écrire, et je dois dire, que j’ai dévoré ce roman en quelques jours.


Tout commence le 26 avril 1986 quand la catastrophe a lieu et on suit le destin de quatre personnes : Artiom vit non loin de la centrale ; Grigori est un chirurgien doué et, malheureusement pour lui, il a été remarqué par un représentant du parti chargé de se rendre sur place ; son ex-femme Maria travaille à l’usine à Moscou depuis qu’elle a été virée de son journal pour propos séditieux ; enfin Evguéni le neveu de Maria découvre la musique sans en comprendre encore l’essence.

Le roman s’attache à la fois à la manière dont le parti communiste a géré la catastrophe à travers les personnages d’Artiom et de Grigori et montre en même temps la déliquescence d’un régime avec Maria et dans une moindre mesure Evguéni. J’ai préféré les chapitres consacrés à Artiom et Grigori : Artiom est un adolescent de 13 ans qui, quelques jours, après l’explosion du réacteur, est expulsé sans ménagements de chez lui avec toute sa famille et balancé (il n’y a pas d’autres mots) dans les environs de Minsk dans des bâtiments sans confort. Une fois sur place, ils sont livrés à eux-mêmes, les premiers moments de compassion sont vite remplacés par la peur d’être contaminés si on les approche trop près. Le père d’Artiom, lui, est réquisitionné comme liquidateur, et envoyé dans la forêt pour couper les arbres. Sans véritable protection, avec un matériel qui rend l’âme rapidement, non remplacé, le verdict tombe rapidement : le père meurt dans des conditions effroyables dans le dénuement le plus absolu, sans infirmières  auprès de lui, ces dernières effrayées ont quitté l’hôpital ! Quant à Grigori, ce chirurgien doué, il est écarté et menacé d’être envoyé dans un hôpital psychiatrique s’il continue de vouloir faire ce pour quoi il était venu : chercher à protéger tous ceux et celles qui sont dans les parages. Quand il s’aperçoit qu’au-dessus de Minsk planent des nuages radioactifs, il aimerait qu’on évacue la ville mais il se heurte à l’intransigeance du parti communiste. Pas question d’évacuer une ville de la taille de Minsk, il en va du prestige de l’URSS, de ce système grandiose qui a su maîtriser le nucléaire… Tout cela fait froid dans le dos surtout quand on sait qu’on ne sait toujours pas exactement combien de gens sont morts à cause de cette catastrophe. A lire de toute urgence !

samedi 22 juin 2019

Au loup

Pédophilie, viol, accusation mensongère, secret, famille...

L'accusé : Nick, prof de théâtre au collège, époux et père comblé, est un homme épanoui. Un soir, une visite de la police. Le voilà accusé d'agression sexuelle par une de ses élèves de douze ans. En quelques heures, l'angoisse, la honte, l'épouvante s'abattent sur sa vie. Alors que l'opinion publique crie au loup, Nick doit faire face au raz de marée qui menace d'engloutir sa réputation, son travail, sa famille.
La victime : Angela déteste ses parents, ses camarades, sa vie. Après un suicide raté, elle explique son geste à sa mère : son professeur de théâtre l'a touchée, contre son gré. Le mot est lâché. La voilà soudain propulsée au centre de toutes les attentions, mais aussi la cible des pires ragots au collège. Dépassée par les événements, elle se réfugie dans un mutisme qui sonne comme un appel au secours.
Coupable ou innocent ? Victime ou menteuse ? Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Pour ces deux êtres blessés, le salut ne pourra advenir qu'à une seule condition : que la vérité éclate au grand jour. 

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Belfond et Netgalley d’avoir pu découvrir ce roman d’une auteure que je ne connaissais pas. J’ai plongé rapidement dans l’intrigue : une très jeune adolescente, mal dans sa peau, violente avec les autres et avec soi-même, accuse son professeur de théâtre de l’avoir touchée.

 Aussitôt, l’homme est arrêté, questionné puis relâché avec interdiction d’approcher des enfants alors qu’il est marié et père de deux jeunes enfants. Son monde s’écroule, il est considéré comme coupable alors qu’aucune preuve réelle n’existe contre lui. La seule chose qu’il puisse faire, c’est attendre que l’enquête suive son cours. Cette attente est insupportable à vivre car elle laisse Nick dans une situation terrible. Coupable aux yeux de la société, suspicieux aux yeux de sa famille, à commencer par sa femme,  même si elle veut se persuader que Nick est innocent, il n’empêche que sa vie ne sera plus jamais la même innocenté ou non. Le voilà avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.


Quant à la jeune fille qui l’accuse, on se comprend rapidement qu’il y a anguille sous roche. Elle a essayé de se suicider, ne supporte pas sa mère, aimerait vivre avec son père tout en ayant du mal à l’accepter, garde dans son agenda des photos et des dessins de Nick, celui qui l’aurait agressée et n’arrive pas à parler. Que cache-t-elle ? Pourquoi avoir accusé Nick alors que visiblement elle a le béguin pour lui ? Assez vite, j’ai plus ou moins compris qui était celui qui l’avait violée. La vérité n’en est plus qu’insupportable.

J’ai bien aimé la construction du roman car l’intrigue est vécue par 4 personnages fondamentaux : Angela, Nick, Donna et Stephen, ce qui donne du rythme mais aussi des indices au lecteur qui aimerait savoir la vérité avant d’arriver à la fin. Un bon roman à lire !

lundi 17 juin 2019

Une étincelle de vie


Prise d'otage, avortement, libre conscience...


Alors qu’il célèbre son quarantième anniversaire au poste de police, Hugh McElroy, un négociateur de crise, est appelé sur le site d’une prise d’otages. Une heure plus tôt, un homme armé a fait irruption dans une clinique et a ouvert le feu, faisant plusieurs victimes. Il devient vite évident que le forcené a délibérément ciblé le dernier établissement de santé du Mississippi à pratiquer l’avortement. La situation s’avère délicate ; elle devient cauchemardesque quand Hugh apprend que sa fille unique âgée de quinze ans se trouve à l’intérieur du bâtiment. Mais que fait-elle là ?
Dans le Nord de l’État, une adolescente se réveille dans un lit d’hôpital. Un policier en faction garde l’entrée de sa chambre et une avocate se tient à son chevet. Beth a dix-sept ans et ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Ayant dépassé le délai légal, elle a avorté par ses propres moyens en commandant des médicaments sur Internet. Hospitalisée à la suite d’une hémorragie, elle apprend quelques heures plus tard sa mise en examen. Pourrait-elle être condamnée pour meurtre ?

Commentaire:

A l’heure où certains Etats des USA tirent à boulets serrés sur les quelques centres d’avortement qui subsistent, où on restreint les lois des femmes à pouvoir avorter quand on ne cherche pas à demander la peine de mort contre celles qui avorteraient puisque avorter serait comparable à un meurtre, je vous conseille de lire le nouveau roman de Jodi Picoult « Une étincelle de vie ». Ce roman évoque, à travers une prise d’otage, ce thème douloureuxt et ce que j’ai aimé c’est que l’auteure ne prend pas parti. Elle fait entendre aussi bien la voix de ceux et celles qui cherchent à préserver ce droit que les arguments de ceux et celles qui considèrent que ce droit est une autorisation de tuer. Au lecteur de choisir en son âme et conscience sa position.


L’intrigue se concentre donc dans le dernier centre du Mississippi ouvert pour les femmes qui souhaitent avorter. Un homme surgit et tue quelques personnes avant de prendre en otage les quelques malheureuses présentes. Parmi elles, une adolescente Wren qui venait simplement demander la pilule, une jeune femme, Joy, qui vient d’avorter, une autre, Janine, en mission secrète pour le compte du groupe anti-avortement auquel elle appartient, une infirmière, Izzy, le médecin qui pratique les IVG. A l’extérieur un flic, Mc Elroy, qui négocie avec le tueur tout en sachant que sa fille est à l’intérieur. La prise d’otage est donc ainsi racontée par ces femmes et ces hommes, chacun vivant différemment les événements. De plus, elle est racontée à l’envers car le roman commence en fin de journée au moment où la prise d’otage va s’achever. Remonter le temps permet de découvrir peu à peu les raisons pour lesquelles ces femmes se sont trouvées là au mauvais endroit au mauvais moment, pour lesquelles le tueur est intervenu et a décidé de s’en prendre à ce centre. C’est l’occasion aussi d’apprendre à quel point la législation de certains Etats conservateurs fragilisent la condition des femmes qui cherchent à avorter en dernier recours. Et plutôt que de hurler après ces femmes désespérées, on ferait peut-être mieux de les aider financièrement à élever leurs enfants. De toute façon interdire l’avortement légal n’y mettra pas un terme. Ce sera plus dangereux pour les plus démunies, quant aux plus riches, elles auront toujours les moyens de le faire sans danger.

Un très bon roman que je conseille vivement !

dimanche 9 juin 2019

Deux femmes dans la tourmente

Seconde guerre mondiale, traumatisme, infirmière, occupation...

 La guerre leur fait vivre le pire, mais révèle le meilleur d'elles-mêmes. Sur le front français, Jo prend en charge un groupe d'hommes blessés. Des vies fragiles dont elle est le seul espoir et qu'elle entend protéger jusqu'au bout. Aux Philippines, Kay découvre l'enfer des camps de prisonniers japonais. Pour l'une et l'autre, la vie est devenue un défi quotidien. Les innocentes étudiantes d'hier se découvrent femmes et combattantes. Se retrouveront-elles à l'issue de cet interminable conflit ?

Commentaire:

C’est un premier roman et je remercie les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de découvrir cette auteure.  Je dois dire que c’est le résumé qui m’a attirée au premier abord car l’intrigue se déroule pendant la Seconde guerre mondiale (une période historique dont je ne me lasse pas) et évoque le sort des infirmières, sujet qui n’est pas souvent évoqué.

Jo et Kay sont deux amies qui, après leurs années d’apprentissage à New York, ont été séparées et envoyées sur deux fronts différents : Jo en Europe et Kay dans le Pacifique. Le roman alterne entre les voix de Jo et de Kay qui au début de 1945 se trouvent toutes les deux dans une situation difficile. Jo est quelque part entre la France et l’Allemagne,  au moment de la dernière offensive allemande, et alors que son équipe médicale a reçu l’ordre d’évacuer, elle se retrouve seule avec 6 blessés à sa charge. S’ensuivent quelques jours périlleux où elle doit faire face aux souffrances de ses blessés, tout en restant dans l’ignorance de ce qui se passe.

Son amie Kay, elle, est encore en plus mauvais posture car elle est prisonnière avec bon nombre de civils  dans un camp d’internement à Manille.  Depuis des mois, ils subissent la tyrannie des Japonais, à la moindre incartade, c’est la mort assurée. De toute façon, tout le monde est condamné car il n’y a pas assez à manger et Kay glisse lentement vers la mort. Entre deux moments de lucidité, elle se souvient de l’attaque de Pearl Harbor, de son mari mort dans la jungle, des attaques des soldats japonais, des blessés qu’on peut difficilement soigner, etc.

J’ai un avis mitigé sur ce roman : d’un côté j’ai beaucoup aimé l’évocation du travail et de l’abnégation des ces infirmières dont la vie était aussi aléatoire que celle des soldats qu’elles soignaient car elles n’étaient pas à l’abri des bombes ou des rafales de mitrailleuses. J’ai préféré d’ailleurs les chapitres consacrés à Jo, ce sont eux que j’ai trouvé les plus crédibles. Par contre, j’ai trouvé que l’auteure ne parlait pas assez de l’occupation japonaise dans le Pacifique. L’histoire de Kay aurait demandé plus de développement, notamment pour comprendre exactement comment elle s’est retrouvée à Corregidor puis dans ce camp d’internement. Pas assez d’informations  non plus sur les conditions d’internement. J’avais en tête un roman de Neville Shute « Le Testament », lu il y a des années, et qui abordait les mêmes thèmes et qui m’avait beaucoup plu, je le conseille d’ailleurs. Du coup, Je me suis moins intéressée au sort de Kay qui, paradoxalement, est bien plus douloureux que celui de Jo.

Ceci dit malgré ces quelques faiblesses, c’est un premier roman à découvrir et j’espère que l’auteure continuera dans cette veine. 

samedi 8 juin 2019

Le violoniste

Goulag, arrestation arbitraire, secret, famille...

Moscou, 1948. Alors que le célèbre violoniste Ilja Grenko quitte la salle de concert sous des tonnerres d'applaudissements, son stradivarius à la main, il est arrêté et conduit à la terrifiante Loubianka, le siège du KGB, sans comprendre ce qu'on lui reproche. Après des jours de privations, d'humiliations et d'interrogatoires, Ilja signe des aveux absurdes qui le condamnent à vingt ans de goulag. Sa famille est envoyée en exil au bout du monde, dans un enfer à ciel ouvert, le Kazakhstan. Et le violons de Grenko, d'une valeur inestimable, disparaît à jamais.
Deux générations plus tard, le petit-fils de Ilja, Sacha, se met en quête du stradivarius et découvre les heures les plus sombres de l'histoire de sa famille, broyée par le régime totalitaire et ses hommes de main, indifférents à toute dignité humaine.

Commentaire:

J’ai découvert Mechtild Borrmann avec son « Sous les décombres » que j’avais dévoré. Comme toujours quand je découvre un auteur et qu’il me plaît, je vais voir ce qu’il a écrit. Et j’ai découvert « Le violoniste » récompensé par le Grand Prix des Lectrices Elle. Je l’ai lu d’une traite, je peux même dire que j’ai eu du mal à lâcher le livre tant j’avais hâte de connaître le destin de cette famille Grenko écrasée par le régime communiste soviétique.


1948 : tout commence par l’arrestation brutale et arbitraire d’Ilia Grenko à la fin d’un de ses concerts. Il se retrouve catapulté dans une cellule, confiné à l’isolement, accusé de faits absurdes. Le fait qu’il clame son innocence importe peu, le voilà obligé de signer des aveux et d’être envoyé dans un goulag près de Vorkouta. Pendant ce temps, sa femme et ses deux enfants sont à leur tour arrêtés et envoyés à Karaganda au Kazaksthan, sa femme Galina est persuadée qu’Ilia a réussi à passer à l’Ouest et que le régime les punit, elle et ses enfants. Chacun de leur côté, Ilia et Galina vont souffrir mille morts, le froid, la faim, le travail abrutissant pour tenter de survivre car sans travail, pas de nourriture, la brutalité des autorités…

Soixante ans plus tard, leur petit-fils, Sacha, est contacté par sa sœur dont il a été séparé dans sa jeunesse car elle a quelque chose à lui révéler qui est lié à leur passé. Mais quand il la retrouve, elle est assassinée sous ses yeux. S’engage alors une course-poursuite pour comprendre qui, dans l’ombre, cherche à éliminer tous les Grenko et pour quelle raison le sort s’acharne sur eux.

J’ai beaucoup aimé ce roman construit autour de trois personnages : Ilia, Galina et Sacha. Ils nous permettent des aller-retours entre  passé et présent qui éclairent un peu mieux le système répressif mis en place par les communistes pour se débarrasser de ses opposants ou de n’importe quel citoyen qui n’avait pas l’heur de plaire comme Ilia propriétaire d’un superbe Stradivarius…J’ai préféré d’ailleurs tous les passages qui décrivent la vie, si on peut parler de vie, d’Ilia au goulag. Dans cet enfer polaire, Ilia sait qu’il ne va pas tenir, chaque jour, il sent que son être se délite et qu’il perd ce que fut la clé de son existence à savoir la musique. Ilia ce sont tous ces milliers d’individus soviétiques éliminés par un système politique reposant sur la terreur. Un roman à lire !

jeudi 6 juin 2019

Déviance, tome 1: De roses et de sang

Violence, trafic de femmes, désir, sexe...

Sloane
Je ne suis pas fière de ce que j’ai fait. De ce que j’ai dû faire. De ce que j’ai dû abandonner. Mais je recommencerais tout, encore et encore, pour la retrouver. Même si cela finit par me tuer. Je dois trouver Alexia.
 Zeth
Elle veut que je l’aide.  Mais je m’y refuse. Elle veut que je sauve sa sœur. Mais j’en suis incapable. Elle veut faire de moi son héros. Mais je ne suis pas un homme bien. Je suis sa malédiction.

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions M§M Bookmark et Netgalley de m’avoir permis de découvrir cette auteure. Si vous aimez les romances sombres avec héros torturé et pas particulièrement regardant avec la loi, ce livre est fait pour vous.


 Zeth est un individu dangereux que n’importe quelle fille sensée devrait  éviter comme la peste. Il travaille pour un type qui se livre à des trafics en tout genre, n’a aucune morale ou alors la sienne seulement et n’hésite pas à faire chanter les gens si besoin est. Sloane, de son côté, est issue d’une famille catholique, a trimé pour faire ses études de médecine et travaille depuis peu dans un hôpital. Elle ne devrait donc pas fréquenter  Zeth, encore moins être attirée par lui. Mais, il y a toujours un mais, sa sœur a disparu depuis deux ans, kidnappée plus exactement et cette situation hante Sloane qui a essayé de la retrouver. Son seul espoir c’est Zeth mais se rapprocher de lui est très risqué car il ne l’aidera pas gratuitement. Et qui sait jusqu’ où il va l’entraîner ?

Vous l’aurez compris, ce roman évoque le désir et l’interdit : Sloane qui a l’air si raisonnable est incapable de rejeter Zeth et ses exigences troubles même quand il la met dans des situations humiliantes ou dangereuses. Heureusement, Zeth n’est pas le personnage répugnant auquel on pourrait s’attendre, il est plus complexe et s’avère attachant. Ensemble, ils ont le même but, celui de retrouver la sœur de Sloane, ce qui les met en danger à la fin du roman d’ailleurs. Mais pour savoir s’ils vont s’en sortir, il faut lire la suite ! Un roman à découvrir, une auteure à suivre!

vendredi 31 mai 2019

La librairie des rêves suspendus

Bad boy, amour, rêves, livres...

Sarah, libraire dans un petit village de Charente, peine à joindre les deux bouts. Entre la plomberie capricieuse de l’immeuble, les murs décrépis et son incapacité notoire à résister à l’envie d’acheter tous les livres d’occasion qui lui tombent sous la main, ses finances sont au plus mal. Alors, quand un ami lui propose un arrangement pour le moins surprenant mais très rémunérateur, elle hésite à peine avant d’accepter. C’est entendu : elle hébergera Maxime Maréchal, acteur aussi célèbre pour ses rôles de bad boy que pour ses incartades avec la justice, afin qu’il effectue en toute discrétion ses travaux d’intérêt général dans la librairie. Si l’acteur peut survivre à un exil en province et des missions de bricolage, elle devrait être capable d’accueillir un être vivant dans son monde d’encre et de papier… Une rencontre émouvante entre deux êtres que tout oppose mais unis par un même désir : celui de vivre leurs rêves.

Commentaire:

Je remercie les Editions Harlequin et Netgalley de m’avoir permis de lire cette romance rafraichissante  lu en deux jours. La couverture m’a paru pleine de vie et de gaieté et  l’intrigue de base m’a plu dès le départ car une grande partie de l’action se passe dans une librairie, un lieu que j’adore fréquenter, et le personnage principal est une jeune femme qui aime tant les livres qu’elle en achète bien trop par rapport à ce qu’elle peut vendre !


Sarah possède cette librairie transmise par sa grand-mère et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle a du mal à en sortir et à se frotter au monde. Son commerce marche mal et elle est près de mettre la clé sous la porte quand elle reçoit une proposition pour le moins inattendue. Contre un beau chèque, elle accepte d’héberger Maxime Maréchal, jeune acteur au talent prometteur mais bien trop impulsif, qui, après une énième altercation à la sortie d’une boîte, doit passer deux mois avec un bracelet électronique à la cheville et effectuer des travaux d’intérêt général. Lui qui déteste la province, rester enfermé, rendre des comptes aux autres, cette « peine » de deux mois c’est mission impossible. D’autant que quand il voit Sarah la première fois, il la range dans la catégorie coincée. Entre les deux, la cohabitation s’annonce difficile mais peu à peu entre la timide et le rebelle le courant passe.

C’est une romance toute mignonne qui nous est proposée. L’intrigue n’est pas très originale et son déroulement assez convenu mais cela fait du bien de lire de temps en temps des histoires d’amour fraîches et qui se terminent bien. Emily Blaine a le talent nécessaire pour nous permettre d’adhérer à ce couple que tout sépare, à semer rires et émotions en tout genre. Une belle réussite.

jeudi 30 mai 2019

De bonnes raisons de mourir

Meurtre, vengeance, nucléaire, corruption, radiations, trafic...

Un cadavre atrocement mutilé
suspendu à la façade d'un bâtiment.
Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.
Deux enquêteurs, aux motivations divergentes,
face à un tueur fou qui signe ses crimes
d'une hirondelle empaillée.
Et l'ombre d'un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé...

Commentaire:

En ce moment à la télé, passe une mini-série en cinq épisodes produite par HBO qui s’appelle tout simplement « Tchernobyl ». Cinq épisodes terrifiants car ils montrent qu’on est passé à un cheveu d’une catastrophe nucléaire qui aurait pu dévaster une grande partie de l’Europe. Aussi quand ai-je vu ce roman, il m’a semblé logique de le lire car l’intrigue se déroule de nos jours en Ukraine, et notamment à Pripiat ville fantôme depuis son évacuation en catastrophe en 1986.


Le cadavre du fils d'un oligarque russe a  été retrouvé sur la façade d’un immeuble de la ville. Son corps a été atrocement mutilé, on a même retrouvé une hirondelle empaillée dans son ventre… Deux hommes vont alors enquêter, un policier ukrainien Melnyk qui vit dans la région et un policier russe Rybalko, engagé par le père de la victime considérant sans doute que l’enquête ne va pas assez vite et surtout parce que Rybalko connaît la région, il vivait à Pripiat en 1986… Très vite, les deux hommes comprennent que le meurtre est lié à une ancienne affaire, celle d’un double meurtre qui eut lieu le jour où le réacteur 4 a explosé.

J’ai beaucoup aimé ce roman, on est embarqué séance tenante dans une intrigue palpitante à la recherche d’un tueur complètement dingue et passionné de taxidermie. Melnyk comme Rybalko sont deux personnages qui ne laissent pas indifférents, ma préférence va à Rybalko pour son côté désespéré et border line. Il vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer, il n’a rien à perdre, alors il s’enfonce dans la résolution de cette affaire, cherche, prend des coups, qu’importe ! Il continue à pister le responsable.  Le décor est à la hauteur de cette histoire : une grande partie se déroule autour de Tchernobyl, dans cette zone interdite où pourtant circulent de nombreuses personnes, des gens qui n’hésitent pas à récupérer des matériaux contaminés qui seront revendus en Europe. Où on peut visiter Pripiat ( !) comme on visiterait un musée, alors que la ville montre des doses fortes de radiation… C’est l’occasion pour l’auteur d’évoquer aussi un conflit qui n’intéresse pas grand monde, celui qui oppose les Ukrianiens prorusses à ceux qui veulent conserver intact le territoire ukrainien. C’est donc dans une atmosphère de morts et de radiations que se déroule « De bonnes raisons de mourir ». Je vous le recommande !

samedi 11 mai 2019

Les confessions de Frannie Langton

Meurtre, esclavage,violence,  racisme, manipulation...

Londres, 1826. Toute la ville est en émoi. La foule se presse aux portes de la cour d’assise pour assister au procès de Frannie Langton, une domestique noire accusée d’avoir tué Mr et Mrs Benham, ses employés.
Pour la première fois, Frannie doit raconter son histoire. Elle nous parle de sa jeunesse dans une plantation de canne à sucre en Jamaïque, où elle a été le jouet de chacun : de sa maîtresse, qui s’est piquée de lui apprendre à lire tout en la martyrisant, puis de son maître, qui l’a contrainte à l’assister sur nombre d’expériences scientifiques, plus douteuses les unes que les autres. Elle nous parle de son arrivée à Londres, où elle est « offerte » aux Benham, comme un vulgaire accessoire, de son amitié avec la maîtresse de maison, de leur même appétit pour la lecture, la culture. De leur passion…
Elle se dévoile pour tenter de se souvenir de cette terrible nuit, qui lui échappe complètement. Mais une question la ronge sans cesse, comment aurait-elle pu tuer celle qu’elle aime?


Commentaire:


Je remercie tout d’abord les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de découvrir ce roman palpitant à plus d’un titre.

 Quand le roman commence, Frannie Langton est en prison déjà reconnue coupable aux yeux de la société anglaise du double meurtre dont on l’accuse. Cette mûlatresse a été retrouvée dans le lit de sa maîtresse les mains rouges de sang et la seule chose qu’elle accepte de dire c’est qu’elle ne se rappelle pas de ce qui s’est passé. En attendant son procès, Frannie écrit ses confessions. Car elle n’est pas une sauvage sans âme comme on se plaît à la présenter, elle est instruite et cultivée. Elle est née en Jamaïque, propriété d’un couple infâme, les Langton, et si elle a reçu une instruction, ce n’est pas par bonté d’âme de leur part mais pour suivre un plan concocté par M. Langton. Peut-on instruire un noir ? Et si oui, qu’est-ce cela veut dire de leur nature ? En grandissant, Frannie va servir Langton de la plus ignoble des façons : il se targue d’être un scientifique et il étudie les corps des esclaves morts (et même vivants d’ailleurs), cherchant à déterminer ce qu’ils sont. Des expériences répugnantes dont Frannie est le témoin mais aussi la complice. Quand la grange dans laquelle se déroulent ces expériences brule, la femme de Langton en profite pour se débarrasser du mari. Le voilà de retour en Angleterre avec dans ses bagages Frannie, qu’il laisse aux bons soins des Benham. Installé dans la maison du couple, en proie à la méchanceté d’une gouvernante qui ne voit en elle qu’un suppôt de satan, Frannie devient la « dame » de compagnie de Mme Benham dont elle s’éprend. Frannie se retrouve alors le jouet d’une femme mariée insatisfaite de sa vie et d’un mari, se posant en homme de bien, alors qu’il n’est qu’un hypocrite de la pire espèce. Dans ces conditions, elle ne peut rien contre la tragédie qui va se manifester sous ses yeux. Qu’importe la vérité, Frannie est la coupable parfaite pour une société figée dans ses certitudes bien pensantes.

Ce n’est pas une lecture facile car la vie de Frannie n’est qu’une suite de maltraitances, de violences, de trahisons. On l’exploite, on la manipule, on la juge, on lui accorde des miettes d’attention, on la rejette… On a envie de hurler avec elle contre ces blancs qui ne la voient que comme un objet et non un être humain. Ce qui est terrifiant c’est cette pensée partagée par Langton et Benham que les noirs sont inférieurs, qu’on pourrait certes abolir l’esclavage mais que pour autant, on ne peut les laisser vivre comme ils le souhaitent et leur accorder leur libre arbitre. Une manière comme une autre de justifier le colonialisme et l’exploitation de milliers de gens. Le roman m’a certes secouée mais je le recommande.   

mercredi 8 mai 2019

Les filles d'Ennismore

Amitié, différences sociales, amour, insurrection

Irlande, début du XXe siècle. À huit ans, Rosie croise le chemin de Victoria, la jeune héritière du domaine d'Ennismore. Celle-ci s'ennuie et voit en la fille d’un métayer, l'amie dont elle rêve tant. Au grand dam de sa mère, elle arrive à convaincre son père de partager ses heures de leçon avec Rosie. Au fil des années, leur amitié grandit. Mais à 17 ans, Victoria quitte Ennismore pour Dublin afin de faire son entrée dans le monde, laissant Rosie déchirée entre les aspirations de ces années d'éducation aristocrate et sa modeste position. Elle est bientôt contrainte d'accepter un poste de domestique au domaine. Servir une famille qu'elle a côtoyée pendant dix ans est d'autant plus douloureux que Rosie est amoureuse depuis toujours du frère de Victoria, Valentin.

Alors que l’Irlande s’embrase, le destin de Rosie et Victoria emprunte le chemin de la révolte.

Commentaire:
Ce roman fait penser au premier abord à la série Downton Abbey puisqu’il raconte aussi bien l’histoire de la famille Ennis, propriétaires du domaine d’Ennismore que celle de leurs domestiques. Victoria Ennis a 7 ans quand elle convainc son père de lui accorder  la possibilité de prendre comme amie et compagne d’études Rosie, la sœur de Bridie domestique dans la maison. Cette décision va surtout peser sur le destin de Rosie car cela va la mettre dans une position inconfortable, éduquée comme une lady mais condamnée, plus tard à devoir récurer les marches de la demeure. De plus, Rosie est amoureuse de Valentin mais c’est un amour impossible. Elle choisit alors de quitter Ennismore pour se rendre à Dublin où l’attendent d’autres désillusions et infortunes. Victoria, de son côté, ne se satisfait pas de la vie qu’on lui fait mener, pire, elle la remet en question en s’affichant avec un domestique. Pour éviter le scandale, elle part s’installer chez sa tante à Dublin et se fait engager comme infirmière dans le cabinet d’un médecin. Alors que les deux jeunes femmes vivent dans la même ville sans se côtoyer, l’insurrection irlandaise éclate.


Ce n’est pas que je n’ai pas aimé, j’ai trouvé le roman intéressant par bien des aspects, notamment la description des rapports sociaux entre les domestiques et les maîtres, la vie miséreuse menée à Dublin par Rosie, le récit des événements de Pâques 1916 –Les Pâques sanglantes- où certains Irlandais tentèrent d’instaurer une République d’Irlande. Mais j’ai trouvé que l’intrigue allait trop vite : les événements défilent et on n’a pas le temps d’en savoir plus. J’aurais aimé par exemple que l’auteur développe le moment de l’insurrection, qu’on en sache un peu plus sur cette période historique.  Il en est de même avec les personnages qui ne sont pas assez fouillés, du coup je n’ai pas réussi à m’attacher à l’un d’entre eux. J’ai trouvé Rosie pénible par moments, son refus d’adresser la parole à Victoria m’a agacée. J’ai eu un peu de mal à croire à la reconversion soudaine de Victoria qui passe de la jeune fille gâtée à l’infirmière exemplaire qui décide de travailler dans un hôpital pour pauvres. Quant à Valentin, quel personnage falot… C’est dommage car l’époque et le contexte me plaisaient. Une lecture donc agréable à défaut d’être passionnante.


La tristesse des éléphants

Disparition, deuil, relation mère-enfant...

La mère de Jenna, Alice, a disparu lorsque celle-ci n'avait que trois ans. Aujourd'hui, elle en a treize et est bien décidée à retrouver sa trace. Elle n'a qu'une certitude : jamais sa mère ne l'aurait abandonnée. Jenna se met à relire le journal de bord d'Alice, une scientifique qui étudiait le deuil chez les éléphants. Pour progresser dans sa quête, elle s'adjoint les services de Serenity Jones, une voyante qui prétend être en lien avec l'au-delà, et de Virgil Stanhope, l'inspecteur qui avait suivi l'enquête à l'époque. 

Commentaire:

J’ai découvert cette auteure il y a quelques mois et je me suis en tête de lire son oeuvre au fur et à mesure car j’aime ses intrigues et son écriture. « La tristesse des  éléphants » me conforte dans ce projet. Encore une fois, j’ai été très touchée par l’histoire, par le thème abordé, celui de l’amour qui existe entre une mère et son enfant. Et j’ai beaucoup aimé toutes les pages consacrées aux recherches d’Alice sur le comportement des éléphants envers leurs petits. Il y a là des sentiments puissants dès lors qu’une éléphante met au monde son bébé, j’en ai eu parfois la gorge nouée quand on évoque les moments de perte et de deuil notamment.  Une éléphante est capable de rester des jours entiers près de son petit, mort,   comme pour veiller sur lui, sans se nourrir et sans boire. Un amour absolu que la mort ne parvient pas à briser.


Mais l’histoire ne tourne pas seulement autour de l’univers des éléphants, c’est aussi une recherche : Jenna est la fille d’Alice. Elle a 13 ans, et ne se remet pas de la disparition de sa mère 10 ans plus tôt à la suite d’une tragédie qui s’était déroulée dans une réserve d’éléphants géré par ses parents. Jenna est persuadée que sa mère est encore vivante quelque part. Alors elle décide d’avoir de l’aide : d’abord une médium Serenity, qui est en lien avec l’au-delà, du moins le prétend-elle et ensuite Virgil Stanhope qui était intervenue dans la réserve 10 ans plus tôt. Drôle de trio, presque invraisemblable même… Entre Serenity qui a perdu depuis longtemps sa capacité à « voir » des choses, Virgil devenu un détective alcoolique et Jenna une jeune adolescente fragile, comment les uns et les autres pourraient découvrir la trace d’Alice ? Et pourtant en revenant sur les lieux, ils vont découvrir un indice, mince fil qui les conduira à la vérité. Une vérité que je n’avais pas vu venir et qui m’a complètement bouleversée d’ailleurs.

C’est donc une belle histoire racontée par plusieurs personnages : les chapitres alternent les voix des quatre protagonistes (Jenna, Serenity, Virgil et Alice) de cette quête qui semble absurde au départ et qui se révèle déchirante. Chacun d’entre eux trouvera au terme de cette recherche un apaisement. Celui d’être aimé, d’avoir compté pour quelqu’un, d’avoir été consolé.