lundi 31 décembre 2018

Bilan lecture 2018




C’est la fin de l’année 2018, le moment du bilan de lectures ! Et cette année a été riche, variée car j’ai participé en tant que jury à deux prix, celui de Lectrice de Elle et celui du Prix Polar organisé par le Livre de Poche. J’ai donc lu en tout 174 livres dont :
Ø  43 romans policiers
Ø  42 romans sentimentaux
Ø  25 romans jeunesse
Ø  24 romans
Ø  11 romans historiques
Ø  9 bandes dessinées
Ø  7 romans fantastiques et/ou d’horreur
Ø  7 témoignages
Ø  2 livres d’Histoire
Ø  1 biographie

Parmi tous ces ouvrages, j’ai découvert de nouveaux auteurs comme:
  •  Jodi Picoult « Mille petits riens » (Ici ); 
  •  Luke Mc Callin auteur d’une trilogie qui se déroule pendant et juste après la Seconde guerre mondiale, le dernier tome « les cendres de Berlin » qui se déroule à Berlin en 1947 est excellent (Ici
  • Eva Dolan et son excellent roman policier « Les chemins de la haine » (Ici )
  • Alice Zéniter et son sublime « L’art de perdre » (Ici )
  • Un très joli roman sentimental de Rosie Walsh « Les jours de ton absence " (Ici)

Je tiens à remercier le magazine Elle, les Editions Livre de Poche ainsi que les sites Netgalley et Babélio qui m’ont permis de m’adonner à mon péché favori : lire, lire et encore lire !

Je vous souhaite tous une bonne année 2019 et qu’elle vous apporté santé, bonheur, richesse et lectures !!

mercredi 26 décembre 2018

le passe-miroir, tome 1: Les fiancés de l'hiver

La passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l'hiver par Dabos
Imaginaire, conflit, pouvoir, complot...

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel. Une héroïne inoubliable, un univers riche et foisonnant, une intrigue implacable. Découvrez le premier livre d'une grande saga fantastique et le talent d'un nouvel auteur à l'imaginaire saisissant.

Commentaire:

Après avoir lu tant de commentaires élogieux sur ce roman, je me suis décidée à le lire et je dois admettre que je n’ai pas regretté. Je me suis retrouvée embarquée dans un monde incroyable, fait de faux-semblants et d’illusions dans lequel une héroïne, à première vue bien frêle, parvient à surnager dans une mer hostile, cernée par des requins prêts à la dévorer.

 Ophélie qui  menait une vie calme sur son arche, se retrouve fiancée à un individu aussi sympathique qu’une porte de prison, Thorn,  et obligé de vivre à Citacielle, dans la demeure de la tante du fiancé, Bérénilde, une belle femme qui, derrière des grands sourires, peut se montrer cruelle. De plus, personne ne doit savoir qu’elle est la fiancée de Thorn, donc interdiction de sortir, d’être vue, tout juste lui accorde-t-on la possibilité de voir son fiancé, de temps en temps. Ophélie comprend très vite qu’elle est tombée dans un nid de crabes et qu’une lutte de pouvoirs s’est engagée sans qu’elle comprenne très bien tous les aboutissants.
Ce premier tome est foisonnant dans tous les sens du terme : intrigue, personnages, tout concourt à nous faire passer un très bon moment de lecture.
Je lui mets 5 chats!

Le monde de Christina

Le monde de Christina par Baker Kline
Destin, infirmité, solitude, peinture...

Du monde, Christina Olson n'a rien vu. Paralysée depuis l'enfance, elle vit recluse dans la ferme familiale, perchée sur une falaise du Maine. Sa seule ouverture sur l'extérieur : une pièce remplie de coquillages et de trésors rapportés des mers du Sud par ses ancêtres, farouches marins épris d'aventures, et dont les histoires nourrissent ses rêves d'ailleurs. L'arrivée de nouveaux voisins, la pétillante Betsy et son fiancé, le jeune peintre Andrew Wyeth, va bouleverser le quotidien de cette femme solitaire. Alors qu'une amitié naît entre elle et le couple, Christina s'interroge : pourra-t-elle jamais accéder à la demande d'Andrew de devenir son modèle ? Comment accepter de voir son corps brisé devenir l'objet d'étude d'un artiste, d'un homme ? L'art est le reflet de l'âme. Et sur la toile, Christina redoute de voir apparaître ses failles, et celle qu'elle aurait tant désiré être...

Commentaire:

Connaissez-vous le tableau d’Andrew Wyeth « Le monde de Christina » ? Dans un paysage nu avec en arrière-plan une maison sinistre, on voit une femme de dos, en robe rose, semblant ramper vers la demeure. On ne sait pas quel âge elle a, ce qu’elle fait dans cette position mais l’impression qui se dégage de cette scène est perturbante. Eh bien, le roman de Christina Baker Kline raconte l’histoire de cette femme sur le tableau et de sa rencontre avec le peintre qui a débarqué un jour dans sa vie, alors qu’elle avait plus de 40 ans, et qu’elle vivait seule avec son frère dans la maison familiale décrépite et sans confort. Au-delà de la rencontre entre ses deux personnes, c’est toute la vie de Christina qui nous est racontée : une vie difficile car une maladie dégénérative l’a peu à peu empêchée de marcher. Quand Andrew la voit pour la première fois, elle est clouée sur un fauteuil. Mais cette infirmité n’a pas atteint son caractère qui reste fort, et d’ailleurs il lui en faut de la force pour vivre ainsi dans cette maison désolée, avec pour toute compagnie un frère, certes aimant, mais taciturne ; pour accepter son sort et l’abandon qu’elle subit de la part du seul homme qu’elle a aimé ; pour accepter d’être à jamais la vieille fille qu’on invite lors des fêtes mais qu’on relègue dans un coin. Il y a beaucoup d’amertume et de tristesse dans ce roman, je l’ai fini avec une boule dans la gorge. Je vous le recommande.

Je remercie les Editions Belfond de m'avoir permis de découvrir ce beau roman!

Méfie-toi de nous, tome 1

Méfie-toi de nous, tome 1 par Bonte
Mort, culpabilité, drogue, amour...

Il est prêt à tout lui donner. Elle n'a plus rien à offrir. Wade n'a peur de rien. Il a toujours avancé seul, sans l'aide de personne. Et il doit rester discret s'il veut continuer à travailler pour l'un des plus gros dealers de la ville. Alors, pas question de se laisser approcher par qui que ce soit. Mackenzie a peur de tout. Peur des autres, d'aller au lycée, de ses crises d'angoisse. En lui prenant sa meilleure amie, la vie lui a aussi volé son insouciance. Alors, pour se protéger, elle évite désormais tout contact.
Lorsqu'ils se rencontrent, chacun entrevoit sa propre solitude dans le regard de l'autre. Dès lors, les promesses comme les barrières tombent. Car c'est plus fort qu'eux : ils ont besoin l'un de l'autre.

Commentaire:

Au premier abord, on se dit qu’on va lire un roman Young adult comme on en voit beaucoup : une jeune fille en souffrances qui rencontre un bad boy dans un univers scolaire et leurs relations sont houleuses. Eh bien ce n’est pas tout à fait ça. Mackenzie est effectivement une jeune fille fragile, la mort de sa meilleure amie l’a profondément perturbée et elle a du mal à supporter les autres. Wade est un jeune homme solitaire, dealer pour un affreux bonhomme, mais il le fait pour des raisons que l’on découvre plus tard dans le roman. Cela n’excuse pas pour autant ce qu’il fait mais on comprend mieux pourquoi il le fait. Quand ils se rencontrent la première fois, Wade perçoit tout de suite le malaise de Mackenzie et il va lui permettre d’exprimer sa souffrance en lui faisant découvrir l’art du tag. Taguer pour Wade, c’est une respiration, un moyen d’oublier pendant un temps ce qu’il est. Ils deviennent bientôt inséparables mais la jalousie de certains va détruire leur relation naissante. 

L’intrigue est solide, les personnages sont touchants, ma préférence allant à Wade : jeune homme en proie à une immense solitude même s’il a un ami Jax qui cherche à le protéger, il est obligé de vendre de la drogue et s’enfonce de plus en plus dans une spirale dévastatrice. La fin d’ailleurs est haletante, les dernières pages nous laissent sur un événement dramatique. Vite la suite ! Elle arrive en janvier et je vais m’empresser de la lire. En attendant, je vous conseille vivement cette belle histoire !

mercredi 21 novembre 2018

L'hôtel du lac des ombres

Nazisme, espionnage, secret, meurtre...

Libraire chevronnée, Maya a toujours aimé les histoires. En particulier celles que lui racontait sa grand-mère, Martha, avant de disparaître brutalement l’été de ses 16 ans. Aussi, quand la police découvre, trente ans plus tard, sa dépouille dans l’arrière-pays de New York, Maya se croit soudain l’héroïne d’un mauvais polar : que faisait sa grand-mère à des milliers de kilomètres de son Allemagne natale ? Surtout, quel secret la liait à l’hôtel Montgomerry, près duquel son corps a été retrouvé ?

Commentaire:

J’ai lu ce roman dans le cadre du Challenge Week-end à 1000 pages, je l’ai intégré à une petite sélection de livres choisis pour cette occasion. La lecture en a été facile mais je n’ai pas été particulièrement emballée par cette histoire. Sans doute parce qu’elle part dans toutes les directions, qu’elle traverse trois époques (1938, 1991 et 2017) et que le personnage principal –Maya- manque tout particulièrement de relief. Cette dernière apprend que sa grand-mère disparue 26 ans plus tôt a été retrouvée enterrée dans un parc appartenant à une famille célèbre et riche, les Montgomerry. La voici donc partie sur place pour découvrir la raison pour laquelle sa grand-mère 1) est allée voir les Montgomerry 2) a été tuée et 3) qui l’a tuée ? S’ensuit alors une narration qui fait des va et vient entre 1938 et 2017 et qui nous plante une histoire improbable d’espion américain en plein cœur de l’Allemagne nazie et encore plus improbable une histoire d’amour entre ce dit espion et Martha la grand-mère de Maya. A cela vient s’ajouter une idylle entre Maya et un des petits-fils Montgomerry sans relief. Je commençais à m’ennuyer quand, tout d’un coup, on nous révèle qui a tué. Et là c’est carrément invraisemblable ! Je vous en laisse juge si vous souhaitez le lire.

Je remercie cependant les Editions Mazarine et Netgalley de m'avoir permis de découvrir ce roman.


Une présence dans la nuit


Coma, meurtre, jalousie...

Infirmière en soins intensifs, Alice Taylor le sait : séparer travail et sentiments est primordial dans son métier. Mais l’arrivée d’une nouvelle patiente fait bientôt chavirer cette ligne de conduite…
Fauchée par un automobiliste anonyme, Cassie Jensen est plongée dans un coma dont personne ne sait si elle sortira un jour. Mais alors que la famille de la jeune femme se précipite à son chevet, Alice s’interroge : pourquoi nul ne semble dévasté de chagrin ? Ignorent-ils tous la grossesse de Cassie ? Se pourrait-il qu’elle ait caché d’autres secrets à ses proches ?
De son lit, face à celui de Cassie, Frank aussi observe. Il sait que Cassie est en danger ; il connaît même l’identité du chauffard et son mobile. Pourtant, Frank ne peut rien révéler. Atteint du syndrome d’enfermement, cet homme est prisonnier de son propre corps, et seules ses paupières peuvent bouger… Mais parviendra-t-il à se faire comprendre d’Alice, avant qu’il ne soit trop tard ?

Commentaire:

Je remercie tout d’abord les Editions Belfond et Netgalley de m’avoir permis de découvrir cette auteure qui nous livre son premier roman. « Une présence dans la nuit » est présenté comme un suspense psychologique qui se déroule dans une unité de soins intensifs où les malades sont souvent dans l’incapacité de parler donc de se défendre.

 Le roman nous fait entendre trois voix, celle d’Alice, une infirmière dévouée à ses malades ; Franck un malade qu’on croit plongé dans un coma profond alors qu’il entend tout ce qu’on lui dit et qu’il voit tout ; et enfin Cassie qui vient d’arriver dans cette unité après un accident qui l’a plongée dans le coma. L’intrigue principale tourne autour de Cassie : cette belle jeune femme, mariée depuis peu à un homme parfait sous toutes les coutures, a été renversé par une voiture dans la nuit du réveillon du 31 décembre. Que faisait-elle dehors à ce moment-là, fuyait-elle quelqu’un et qui, pourquoi l’avoir renversée ? Les chapitres consacrés à Cassie permettent au lecteur de découvrir peu à peu sa vie et sa personnalité, sa relation avec son mari et sa belle-mère. Peu à peu le drame se dessine mais le seul à comprendre que Cassie est en danger c’est Franck qui, gisant sur son lit, voit et entend tout. Mais qui pour entendre Franck ?

 L’intérêt du roman repose, on le voit, sur Franck et les aspects de la vie de Cassie. Le personnage d’Alice ne m’a pas convaincue par contre, l’auteur a voulu nous la rendre sympathique en nous faisant part de son drame personnel mais je trouve que ce n’était pas nécessaire à l’intensité de l’histoire. Et l’autre reproche que je ferais, c’est un dénouement trop rapide. Ceci dit, j’ai passé un agréable moment de lecture. 
Je mets 4 chats.

Au bord de la terre glacée

Expédition, Alaska, photographie, journal...

Hiver 1885. Les terres de l'Alaska demeurent inexplorées. Le colonel Allen Forrester, héros de guerre décoré, remonte la Wolverine River pour en cartographier les abords. Il consigne son expédition dans un journal à l'intention de sa femme Sophie, dans l'espoir qu'elle puisse le lire s'il ne revenait pas. Sophie est restée à Vancouver après avoir découvert qu'elle était enceinte. Elle vivra seule sa grossesse, au sein d'une société peu apte à lui reconnaître la liberté à laquelle elle aspire. C'est l'art naissant de la photographie qui lui permettra de s'émanciper et de célébrer la beauté de la vie sauvage qui l'entoure. Au cours de cette année fatidique, Allen et Sophie seront, chacun à leur manière, confrontés à la nature grandiose et cruelle. Les épreuves qu'ils surmonteront changeront leurs vies et ce qu'ils sont à jamais.

Commentaire:

C’est la couverture du livre qui m’a attirée, cet oiseau semblant foncer sur sa proie et ce paysage glacial en arrière-plan. Je me suis dit que j’allais voyager. Et effectivement, le roman mêle le journal du colonel Allen Forrester qui doit s’aventurer dans des territoires encore mal connus de l’Alaska et celui de son épouse, enceinte, qu’il a dû laisser derrière lui, dans sa garnison. J’ai préféré d’ailleurs les passages consacrés au colonel, non pas que la vie de Sophie soit inintéressante mais je ne suis pas une passionnée ni des photos ni des oiseaux et j’ai eu un peu de mal à m’enthousiasmer sur les heures qu’elle passe à photographier le moment où un oiseau prend son envol.


Ce que vit son mari, par contre, m’a passionnée. Quand il suit la Wolwerine River pour en cartographier les abords, quand il traverse des territoires encore vierges de la présence des « blancs », on a l’impression d’être avec lui, marchant des jours durant parfois avec entêtement, malgré la fatigue et souvent la faim qui creuse son estomac, sans savoir exactement quel est le but de cette expédition. La nature qu’il traverse est sauvage, violente et cruelle pour la mission qu’il conduit et il manque plusieurs fois d’être anéantis lui et ses hommes : emportés par les courants trop forts, égarés dans la montagne, assaillis par des êtres fantomatiques ou bien est-ce une hallucination ? Au bout de sa mission, le colonel Forrester retrouve sa femme mais restera marqué à jamais par ce voyage « au bord de la terre glacée ».
Je mets 4 chats pour ce souffle épique venu d’Alaska.


dimanche 4 novembre 2018

Les Brestois dans la guerre


Seconde guerre mondiale, siège, destructions, courage...

Un témoignage inédit des bombardements et des destructions qui ont eu lieu à Brest durant la Seconde Guerre mondiale.
Dans ce livre d'histoire d'investigation, Olivier Polard retrace la vie des Brestois durant la Seconde Guerre mondiale. Des années 30 à la libération de Brest par les Américains en 1944, en passant par la période d'occupation et les destructions subies par la ville, le propos est précis, illustré et accompagné du journal inédit d'un Brestois. Une vie faite de privations et de dangers s'organise dans une ville en destruction.


Commentaire:

J’ai découvert ce livre en me rendant à Brest cette semaine pour un court séjour que j’ai beaucoup apprécié. C’est en flânant dans une superbe librairie (du même nom que les éditions d’ailleurs) que je suis tombée sur cet ouvrage, la couverture m’a happée et je n’ai eu de cesse de l’acheter et de le lire immédiatement. J’ai beaucoup aimé notamment parce que j’ai appris des informations nouvelles sur un sujet dont je ne me lasse pas, à savoir la période de l’Occupation en France. Olivier Polard évoque la vie des Brestois durant cette période avec beaucoup de précisions, insistant particulièrement sur le fait que les Allemands ont fait du port, un lieu privilégié pour réparer leurs sous-marins, attirant du même coup la fureur des bombardements alliés. La ville a subi des destructions importantes mais c’est à partir de juillet 44 qu’elle va connaître l’enfer –le mot est encore trop faible ! Patton avait parié qu’il prendrait la ville au mois d’août… Elle fut « libérée » le 18 septembre si on peut parler de libération quand il ne reste plus rien, juste des murs noircis. 

C’est d’ailleurs à ce moment-là de l’ouvrage qu’Olivier Polard insère le témoignage d’un brestois Stéphane Massé, agent de liaison pour la Résistance et qui est resté à Brest avec son épouse alors que la plupart des habitants avaient été sommés de s’en aller. Le journal de ce monsieur est tout simplement hallucinant ! Entre le 7 août, date de l’Etat de siège décidé par les Allemands et le 18 septembre, il a été témoin de la destruction systématique de Brest. Ce ne sont pas seulement les bombardements alliés qui en sont responsables, des soldats allemands aussi, notamment des parachutistes, ont mis le feu jour après jour aux immeubles comme s’ils prenaient plaisir à voir partir en fumée l’un des plus importants ports de guerre français. Jour après jour, Stéphane Massé a assisté à l’effondrement de sa ville, évoquant au fil de ses pages le destin de compatriotes tués dans des bombardements ou encore la tragédie qui frappa l’abri Sadi-Carnot. Quand on lit ces pages, on se demande par quel miracle, il a pu sortir vivant de ce siège et on peut que pleurer comme Jacques Prévert sur le sort de cette ville. Les nombreuses photos prises après la reddition des Allemands nous permettent de voir l’anéantissement de cette ville. Elles laissent une impression de gâchis et d’amertume.  

 Olivier Polard reprend ensuite la parole pour évoquer Brest après la guerre, il a fallu 25 ans pour « gommer les plaies béantes que la guerre a laissées dans son sillage »… Un ouvrage remarquable à lire absolument.

Je lui mets 5 chats!

samedi 3 novembre 2018

Orphelins 88


Lebensborn, antisémitisme, famille, identité...

Munich, juillet 1945.
Un garçon erre parmi les décombres…
Qui est-il ? Quel âge a-t-il ? D'où vient-il ? Il n’en sait rien. Il a oublié jusqu’à son nom. Les Alliés le baptisent « Josh » et l’envoient dans un orphelinat où Ida, directrice dévouée, et Wally, jeune soldat noir américain en butte au racisme de ses supérieurs, vont l’aider à lever le voile de son amnésie.
Dans une Europe libérée mais toujours à feu et à sang, Josh et les nombreux autres orphelins de la guerre devront panser leurs blessures tout en empruntant le douloureux chemin des migrants.
Si ces adolescents sont des survivants, ils sont avant tout vivants, animés d’un espoir farouche et d’une intense rage de vivre.

Commentaire:


J’ai lu le précédent roman de Sarah Cohen-Scali,  « Max » qui évoquait les Lebensborn mis en place par les nazis pour obtenir une race aryenne destinée à régner sur le IIIème Reich. Ce roman m’avait marquée car la vie de Max était épouvantable. « Orphelins 88 » parle à nouveau des Lebensborn mais cette fois, en s’intéressant aux conséquences de cette expérience délirante. Le personnage principal, surnommé Josh au début du roman car il ne se souvient de rien, a vécu dans un de ces centres. Depuis la fin de la guerre, il erre sans savoir où aller. Récupéré par des américains, il est envoyé dans un orphelinat où on accueille tous les enfants arrachés à leur foyer : Josh se retrouve avec d’autres enfants qui ont vécu la même chose mais aussi des enfants juifs rescapés des camps. Les nuits de Josh sont difficiles car il revit des événements épouvantables qu’il ne parvient pas à comprendre. Qui est-il ? Un allemand , un juif, un polonais ? Décidé à retrouver son passé, Josh se décide à partir en Pologne en espérant découvrir des indices. 

C’est un roman passionnant que j’ai dévoré car cette quête amène Josh à traverser des territoires en proie encore au chaos, à affronter mille dangers car toute rencontre peut être dangereuse. J’ai été particulièrement frappée par une scène qui se déroule en Pologne, dans une gare dans laquelle se trouve Josh (Jona de son vrai nom). Horrifié, il assiste à une attaque menée par des polonais contre des juifs, survivants des camps, et qui ont le malheur de se trouver là. C’est un épisode qui donne froid dans le dos et rappelle que l’antisémitisme polonais était encore très présent juste après la Seconde guerre mondiale. Alors aujourd’hui ?... Tout au long du roman, on espère que Josh retrouvera son identité, volée par les nazis, la trace de sa mère… Je ne dirai rien sur la fin du roman mais celle-ci vous laisse sur le carreau. Un roman fort à lire absolument !
Je mets 5 chats !

Furious


Viol, renaissance, justice, amour...

Il avait tout prévu. Sauf le désir qu’elle lui inspire...
Bane. Un homme dangereux, impétueux, sans limites. Tout le monde le sait, même Jesse qui, depuis qu’elle s’est fait violemment agresser, s’est complètement coupée du reste du monde. Alors, le jour où elle le croise en sortant de chez son médecin, elle est immédiatement sur ses gardes. Car, elle en est persuadée, cette rencontre n’est pas un hasard. Bane la cherchait. Mais qu’est-ce qu’un homme comme lui, capable d’avoir le monde à ses pieds, peut bien vouloir d’une femme brisée comme elle ? En temps normal, Jesse n’aurait pas tenté de le savoir. Malheureusement pour elle, l'insistance de Bane ne lui laisse guère le choix..

Commentaire:

Ce quatrième tome de la série « Sinners » se situe quelques années après l’histoire de Trent et Edie (Scandalous) dans laquelle apparaissait Bane Protsenko en personnage secondaire. Il était déjà un adolescent atypique flirtant avec l’illégalité. Dans ce roman, il est devenu un jeune homme dangereux qui rackette des commerçants et baigne dans des affaires douteuses. Ce qu’il cherche c’est s’enrichir à tout prix ; aussi quand il est contacté par Darren Floyd Morgansen, un riche homme d’affaires, Bane est prêt à tout accepter pour obtenir l’argent nécessaire qui lui permettra de réaliser un projet immobilier. Le deal est simple : il doit approcher la belle-fille de Darren et l’amener à sortir de sa dépression. Mais interdiction de la toucher. Curieuse demande qui va attiser la curiosité de Bane qui accepte ce curieux marché et va lui permettre de rencontrer Jesse. Elle va tout de suite déclencher chez lui des sentiments dont il n’a pas l’habitude. Jesse est une rescapée, violée par son ex-petit ami et deux copains à lui, elle vit dans l’ombre depuis. A l’époque, sa mère et sa belle-mère ont fait étouffer l’affaire et depuis elle survit. Sa rencontre avec Bane va la réveiller.


 C’est une intrigue qui se dévore, qui scandalise et émeut : on en arrive à se demander pourquoi justice n’a pas été rendue à Jesse deux ans auparavant. Bien évidemment la lecture de cette histoire intense nous amène à comprendre pourquoi. Une fois de plus, l’intrigue est bien ficelée, l’écriture addictive et les personnages très forts. Je vous le recommande vivement.

mercredi 17 octobre 2018

Des fleurs dans la tourmente

Amour, maladie, différence sociale...

Richissime et séduisant, le duc de Jervaulx est aussi un mathématicien de génie et un brillant orateur. La vie l'a comblé de dons et de privilèges qu'il considère comme un dû. Jusqu'au jour où tout s'écroule...Foudroyé par une apoplexie, il se retrouve incapable de communiquer et d'accomplir les actions les plus simples. Sa famille, désemparée par ses accès de violence, le fait interner. Christian préférerait la mort à cette déchéance. Mais une jeune infirmière va de nouveau faire basculer son destin. Elle s'appelle Archimedea et, alors que tout les oppose, va devenir sa seule lumière dans un monde dont il ne maîtrise plus les règles...

Commentaire:

Ce livre a été écrit en 1992 mais n’avait jamais été traduit avant cette année et on se demande bien pourquoi il a fallu attendre si longtemps. J’ai beaucoup aimé cette histoire à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle déroule une intrigue forte et bien menée tout du long du roman. Rien n’aurait jamais dû réunir Christian, le duc de Jervaulx, brillant dans tous les domaines et une simple roturière, quakeresse de surcroît, Archimedea. Mais voilà, victime d’une attaque d’apoplexie, Christian est incapable de communiquer avec sa famille, ce qui le met dans des états de fureur telle que sa mère, bigote, y voit des signes de démence et le fait interner. C’est dans l’asile de son oncle qu’Archimedea, surnommé Maddy, va le retrouver. Et elle va l’aider, d’abord à sortir de l’asile puis à fuir une famille pressée de le déclarer dément pour s’approprier sa fortune. Une intrigue solide qui ne démérite par rapport à toutes celles qu’on peut lire actuellement et qui parfois se résume à une seule ligne !


Ce que j’ai beaucoup aimé ensuite, c’est que l’auteur nous fait vivre l’histoire selon le point de vue de Christian. Non seulement il est incapable de communiquer mais il ne comprend pas toujours ce que les autres lui disent. Et Laura Kinsale nous le fait comprendre dans le langage même : les propos de Maddy ou d’un ami par exemple parviennent par bribe dans le cerveau de Christian. « Jervaulx ! Papa besoin. Peur moi. Dois rentrer ! » entend-il à un moment où Maddy aimerait pourvoir retrouver son père parce qu’elle s’inquiète pour lui. On comprend alors à quel point l’attaque a non seulement affaibli Christian mais en plus réduit ses capacités de réflexion et de compréhension, ce qui le met dans une rage noire, lui qui avait l’habitude d’être écouté. On assiste à sa lutte pour recouvrer la parole et surtout  pour rester un homme libre, libre de sa vie et de ses choix. A ses côtés, Maddy est un personnage moins complexe et parfois même plus agaçant dans ses réactions. Mais les deux forment un beau couple et on suit avec beaucoup d’émotion leur parcours.

En résumé, une belle histoire, un personnage fort et émouvant qu’on aimerait accompagner encore après la fin de l’histoire. Laissez-vous tenter ! 

Je mets 4 chats et demi!

Les Ravenel, tome 4: L'inconnu


Amour, médecine, complot, trahison...

Qui est le mystérieux Ethan Ransom?
Un simple policier respecté pour ses talents d’enquêteur ou bien un assassin à la solde d’une éminence grise du ministère de l’Intérieur?
Le Dr Garrett Gibson a beau se méfier, elle est fascinée par cet homme au charme trouble. Elle qui a bravé les préjugés pour vouer sa vie à la médecine n’aurait jamais imaginé tomber amoureuse d’un homme sans foi ni loi, expert en manipulation. Pourtant, après une nuit d’ivresse dans les bras du bel Irlandais, Garrett, femme libre et de conviction, est prête à affronter tous les dangers pour vivre au grand jour cette irrésistible passion…

Commentaire:

C’est le quatrième tome d’une série « Les Ravenel » qui se déroule en Angleterre pendant le règne de la reine Victoria. Lisa Kleypas s’intéresse au destin d’une famille « Les Ravenel » et chaque tome conte les amours d’un des membres de la famille (proche ou éloigné). L’intrigue met en avant les amours d’Ethan Ransom lié aux Ravenel et de Garrett Gibson, femme médecin de son état. Les deux se rencontrent, sont fascinés l’un par l’autre et se retrouvent dans des circonstances dramatiques qui vont les amener à s’avouer leur amour réciproque.


Rien de très original mais vous allez me dire que c’est une romance, donc il est normal qu’on nous raconte les amours de Garrett et d’Ethan. Et c’est bien ce qu’on a. Mais l’auteur n’a pas été en verve cette fois-ci. Je lis Lisa Kleypas depuis très longtemps et très souvent ses histoires m’ont fait passer des moments de lecture délicieux. Mais là, je me suis ennuyée : pas de surprises, pas d’émotion, pas beaucoup d’humour alors qu’il y en a souvent dans son œuvre. On ne s’attache pas aux personnages, même le Dr Garrett Gibson ne nous touche pas alors que Lisa Kleypas s’est inspirée de la première femme médecin en Angleterre qui pratiqua son métier malgré les tollés de la société. Je m’attendais à une femme de caractère, ne s’en laissant pas conter et menant la baguette au héros… Tout le monde reste sage et donc on s’ennuie un peu. Dommage car je considère que Lisa Kleypas est une référence dans le monde la romance. Je vous conseille de lire ses autres œuvres.
Je mets 3 chats

mardi 16 octobre 2018

Juste de l'autre côté de la mer


Intolérance, exploitation, immigration...

Chaque printemps, depuis plus de dix ans, Eric, le parisien, passe une semaine au Maroc dans la vallée idyllique du Dadès, au sein de sa famille de cœur. Il partage des moments chaleureux avec Kenza et ses jumeaux de 14 ans, Mehdi et Lilia. Eric est un peu le père que ces derniers, qui ont grandi sous le signe de l’amour, du rire et de la liberté, n’ont jamais eu. Mais cette année, Eric trouve l’atmosphère pesante. Un nouvel imam est arrivé, et tous les prétextes sont bons pour réduire les libertés individuelles, et diffuser des messages religieux. Quant à Mehdi, il semble plus distant, plus taciturne. Il aimerait quitter le Maroc pour découvrir d’autres horizons. Il rêve d’Europe. Lilia, joyeuse et rebelle, est devenue une belle adolescente. Quand Eric repart, il comprend, impuissant, que la vallée du Dadès est en train de changer…

Commentaire:

Lilia et Mehdi sont deux jeunes orphelins de père qui vivent avec leur mère Kenza au Maroc, dans la vallée du Dadès. Leur vie est simple et heureuse mais en grandissant Mehdi est de plus en plus insatisfait : il s’ennuie dans cette région où on ne capte pas Internet, où il n’y a rien à faire, à part pêcher. Cette frustration d’ailleurs s’accentue avec la visite d’Eric, ce français qui vient les voir tous les ans. Car avec Eric, c’est l’Europe qui s’invite et dans l’esprit de Mehdi, ce n’est que là-bas qu’on peut vivre selon ses envies. A cela s’ajoute la présence d’un imam curieusement hostile à Kenza la maman des deux jeunes adolescents qui, un jour, apprend qu’on ne veut plus d’elle à l’école. Désemparée, elle confie ses enfants à son frère sans s’imaginer que le pire va leur arriver.


C’est un très beau roman pour adolescents mais qui peut très bien aussi intéresser les adultes que nous sommes car il traite de sujets d’actualités brûlants qui font la Une des journaux. Mehdi incarne ces jeunes gens attirés par les lumières de nos villes, persuadés de vivre dans l’opulence. D’ailleurs ils connaissent des amis qui ont fait fortune…. Du moins ce sont les bruits qui circulent mais il y en a d’autres qu’ils refusent d’entendre : personne ne les attend en Europe, et s’ils viennent, ils rencontreront surtout le rejet, la violence et le racisme. A l’opposé de Mehdi, il y a sa sœur jumelle Lilia, bien plus lucide et qui cherche de toutes ses forces à réveiller son frère. Plutôt que de rêver à une Eden utopique, Lilia s’efforce de vivre selon ses principes. Mais il est difficile de lutter contre l’eldorado européen. Un livre à lire avec, cependant, un regret, celui de ne pas avoir assez exploité le personnage d’Eric.

Je lui mets 4 chats